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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/
Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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Je pense précisément à quelqu'un en écrivant ce texte. Il est chanteur - Pas mauvais du reste - Il "anti-babylone" un peu beaucoup pour finalement vomir dans les pompes de ses alliés. Il s'est longtemps pavané, mais maintenant, il est fini.
Andy Verol
Le 30/01/2006
Publié par hirsute à 23:57:20 dans Archives - Hirsute 1 | Commentaires (0) | Permaliens
"04 février 1994,
Pour récupérer l'argent, j'ai gentiment baffé la conne. "ça c'est à moi. ça c'est ma tune!". Je riais intérieurement. Je savais que cette pute ne pourrait rien. Je l'avais ramassée dans le bois de Boulogne. Première pute. Première demande: "Fais-moi cadeau d'la passe. Ok?" . Elle avec sa grosse bouche: "ça va pas non? T'es dingue?" J'avais mis une cassette de raggae dans l'auto-radio. J'aime pas le raggae, j'trouve que c'est de la musique pour mec qui va aux putes. Je ne savais pas ce qu'il fallait faire. Je bandais sérieusement. Alors j'ai roulé. J'ai parlé. Je sentais l'excitation monter. La violence d'un désir.
"J'suis jamais allé aux putes. J'suis chanteur". Ses yeux ont brillé. Elle s'interrogeait. "Je suis le chanteur de Duno. On vend plein d'albums. On a fait l'Elysée Montmartre. Tu m'l'as fait gratos la passe? C'est pour essayer juste". Et je l'ai giflé. Et j'ai chopé son sac à main. Et j'ai repris l'argent. Et je l'ai frappée très fort. Et j'ai éjaculé de plaisir. Et je l'ai jetée de la bagnole. Et j'ai roulé tous phares éteins sur 500 mètres."
Je suis allongé. J'écris sur l'ordinateur dans cette position. Quand je lis ce énième texte de mon frangin, je me dis que la nausée est souvent due au dégoût. Cave était un grand malade. J'ai sérieusement peur de continuer à lire ça. je n'en parle pas à celle avec qui je vis, de peur qu'elle fasse des cauchemar. De peur qu'elle fasse l'amalgame. Je crois que je vis dans l'amalgame. Cave, moi, les années après.
"Une fois sorti du bois, j'ai rallumé les phares. J'ai vu les doigts de ma main gauche dégoulinants de sang."
Je ferme le cahier de Cave. A la télé, il y a de la merde. Je n'ai pas envie de dormir. Tout ça me terrifie.
Andy Verol
Le 31/01/2006
Publié par hirsute à 23:55:24 dans Archives - Hirsute 1 | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai eu trois enfants, j'ai vu ma maison rasée par les bombes, j'ai quitté mon mari à 70 ans et tout ça pour me retrouver à suffoquer sous un masque à oxygène dans cette chambre d'hopital glauque, avec vue directe sur le cimetière et, pour seule compagne de chambrée, cette vieille demeurée avec ses bandes sur la tête qui hurle des injures toute la journée.
Je ne sais plus quand ça a commencé à sérieusement merder mais je me souviendrais longtemps de cette nuit passée allongée dans la salle de bain, incapable de me relever, essayant en vain de ramper jusqu'au téléphone de l'entrée, à taper désespérement sur le mur pour qu'on vienne me délivrer.
Maintenant on m'envoit la bouffe directement par perfusion, quel plaisir ! Je vais sûrement voir mes deux filles rappliquer rapidement, j'aimerai bien que mon fils vienne aussi, pour qu'il m'embrasse une dernière fois.
Arturo B.
Le 31 janvier 2006
Publié par hirsute à 23:46:58 dans Arturo B | Commentaires (0) | Permaliens
Dans un enclos plein de sable jaune. Un lasso rêche autour du cou. Tu baves dans la poussière comme un animal malade. Ils sont deux à tirer sur la corde, ils ont retroussé leur chemise, leurs veines sont saillantes. Ils sont couverts de sueur, écarlates. Tu les vois à travers une brume qui alourdit tes paupières. Ils te relèvent petit à petit. Tu es à genoux face à l'arbre maintenant.
TES MAINS SE SONT FIXEES SUR LA CORDE. Tu tentes d'écarter le lien de la peau de ton cou avec tes doigts mais ne parvient qu'à enfoncer tes ongles dans la peau de ton cou et à y faire de minuscules incisions qui se mettent à brûler. Cette nouvelle douleur rétablit ta vision. Tu es debout. La corde est tendue à bloc.
Tes deux bourreaux ahanent ouvertement, ils jurent et s'encouragent. Tu te savais lourd mais pas à ce point.
Tu te sens soudain assommé, tes pieds décollent du sol, quelque chose se disloque dans ton ventre. Tu ne respires plus rien. Ils tirent brutalement en hurlant. Un craquement. Tu es mort.
Vidal
Le 31 janvier 2006
Publié par hirsute à 23:44:20 dans Vidal | Commentaires (0) | Permaliens
"Il se passe de drôles de choses", a murmuré l'employé de bibliothèque quand tu lui a rendu tes bouquins.
"Pardon ?, as tu répondu.
"Vous avez jusqu'au 24, monsieur"
"Qu'avez vous dit, auparavant ?"
"Rien, monsieur"
"Mais si, juste avant"
Il te regarde les yeux ronds et élève la voix. Tout le monde se fige et se retourne vers vous.
"Mais ça ne va pas, Monsieur ?"
La honte. Tu fuis.
"Laissez tomber"
Tu sors précipitemment, tu pousses la porte à battants, vite, pour te retrouver dans la rue. Et là, une douleur atroce dans ta chaussure, non dans ton pied. Une seringue ? NON, pas du tout, c'est pire : un morceau d'acier ultra acéré (tu vois qu'il y a même de la rouille pourtant il est épais) qui t'a transpercé tout l'avant de la chaussure par en dessous. Et le pied aussi, bien entendu. Cela pisse le sang, une nappe sombre qui s'élargit rapidement sur le béton.
Tu hurles, tu cries, paniqué. Tu te sens pale et en sueur. Tu mets un genoux à terre, pas question de boiter. "Aidez moi !". Un type passe à côté de toi et t'ébouriffe les cheveux en rigolant doucement. Tu t'égosilles :
"Non mais attendez aidez moi ! C'est pas du tout une blague, j'ai vraiment mal". Une vieille dame te regarde de travers avec un air extrêmement méchant.
"J'ai maal" ta voix tremble. Tu pleures.
Tu te vides de ton sang. Et personne ne t'entend.
Vidal
Le 31 janvier 2006
Publié par hirsute à 23:42:32 dans Vidal | Commentaires (0) | Permaliens
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