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Andy Vérol - Une dernière usine avant extinction

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Du chômage, de la colère et des CRS | 19 novembre 2006

 



Les territoires socialement  ravagés de mon enfance.




La fermeture des usines Thomé-Génot à Nouzonville, dans les Ardennes, est l'illustration parfaite de l'escroquerie intellectuelle, sociale et économique qu'est le capitalisme moderne (Mettez-y du libéralisme si vous voulez, peu importe, c'est exactement  la même chose).
Avez-vous entendu parler des Ardennes? Oui sans doute, ses forêts, Rimbaud et les braconniers. Mais les Ardennes, ce coin totalement oublié et naufragé qui se dresse en pic au nord de la carte de France, ne sont jamais traitées que pour l'asphyxie économique subie. Les corps d'ouvriers de toutes origines crèvent la dalle. Il ne reste rien. Une misère infâme...
L'Etat, en réponse à la fermeture et à la colère des ouvriers frappés par l'abandon économique, envoie ses CRS, tabasse ces citoyens de « seconde zone » et distribue quelques pièces par pitié... L'Etat, français, la France, l'Europe qui établissent les limites de la lutte. Le désarroi et le dégoût qui broient nombre de travailleurs lynchés par des patrons bornés traduisent l'incapacité des masses actuelles à comprendre que la mort douce/violente est au bout de ces destins.




Envie de changements et de lutte décapitée.




Si l'on me qualifie de « déclinologue » parce que je ne fais que le constat sans faire de propositions, peu m'importe. Il est frappant, cancrelats de moralistes progressistes ou libéraux, que vous n'avez pas, à l'évidence, réfléchi à  une réalité lourde de conséquence : vous demandez à des gens dont vous avez sectionné les jambes, de courir un marathon (et dans la bonne humeur avec ça).
Si je parle spécifiquement de ce cas, de ces ouvriers-là, c'est parce que j'ai vécu mon enfance dans cette ville... Cette situation m'est tellement familière, que mon désir de lutte en leur faveur a aussi le goût du lien inaliénable... A cette occasion, et même si je vis dans d'autres lieux, d'autres quartiers sans faveur (je n'ai pas dit défavorisés pour ne pas être un « misérabiliste » tant décrié), je me rappelle d'où je viens, ou je suis, et où je ne veux en aucun cas aller...
J'ai vécu 7 ans dans cette petite ville enclavée entre les collines boisées : Nouzonville. La vallée de la Meuse.  Les usines immenses désaffectées, et les quelques-unes qui perduraient, plus petites...
Nous vivions dans un quartier construit en 1978... Mes parents avaient choisi l'impasse des bleuets parce que c'était neuf, accessible... Les maisons étaient grandes et le terrain dont nous disposions était géant... C'était un peu comme si nous possédions enfin un morceau du monde moderne. Les promesses liées à des supermarchés flambants neufs, des routes goudronnées, des télévisions couleurs multi-chaînes, l'Europe, les Droits de l'Homme, la démocratisation des vols aériens,... Etc.
Dans ce quartier qui s'est rempli très rapidement, la population était ouvrière essentiellement, à 90%. J'allais à l'école avec des gosses d'ouvriers... Mais le drame. Les années passaient. Même si l'endroit était sublime, verdoyant, presque magique, peu à peu, la fermeture répétitive et permanente des usines aidant, un climat lourd s'est posé sur la ville. Nombre de pères tombaient en dépression, dans l'alcoolisme  le plus dur... Naturellement, tous ces gens étaient simples, avec un bon fond (qu'ils touchaient sans faire d'efforts), mais déjà radicalement sacrifiés sur l'autel du capitalisme triomphant.
Mes voisins étaient des français d'origine polonaise, italienne et maghrébine. Loin de ces Ardennes paysannes, très focalisées sur la fortune céréalière et le vote franco-traditionnaliste, nous vivions en bonne intelligence, une hémorragie sociale dramatique.
Les uns après les autres, les foyers étaient confrontés au chômage et tout ce qui s'ensuit : pas de mutuelle (trop chère), bouffe pas chère (grasse et de mauvaise qualité), alcoolisme, dépression, endettement, etc. Mes parents passaient pour des bourgeois avec leurs salaires de fonctionnaires... Ces ravages entraînaient une sédentarisation de la misère. Plombés par le chômage, les petits boulots et la liquéfaction familiale (femmes battues, suicides massifs, guerres de voisinage, démotivation, engourdissement psychique, liquéfaction des rapports affectifs, etc.), chaque voisin n'était plus que l'ombre de lui-même.
La pulvérisation des existences n'est pas neuve. L'Humanité a eu à subir les pires souffrances. Une minorité qui accapare l'ensemble des biens et affame délibérément la majorité. Une marche forcée que l'ensemble des humains a eu à subir.
Mais les promesses du capitalisme moderne sont loin d'être réalisées.
A Nouzonville, on se rassemble dans les rues, après s'être entre-déchirés (« Tiens regarde ce salaud, il s'est ach'té une nouvelle bagnole... c'est ça de sucer les patrons... »), s'être jalousés, critiqués, entre-tués, la population s'est aperçue, avec cette ultime fermeture d'usine, que les pontes de la croissance et de l'industrie sidérurgique puis métallurgique, préfèrent offrir  à leurs enfants le meilleur, quitte à déchiqueter les enfants des autres, des petites mains, des exécutants, des ouvriers qualifiés ou non...




Un patronat socialement cynique et assassin.




Les propriétaires de l'usine Thomé-Génot de Nouzonville avaient prémédités le meurtre social des 320 salariés « trop coûteux » qui grossiraient leur porte-monnaie jusqu'alors... Une préméditation revient à parler d'un assassinat social, alourdissant ainsi le caractère néfaste d'une société régie par la loi du profit, du bénéfice à tout prix.
Il n'est pas question, pour moi de disserter sur des gens que je ne connais pas... Celui des investisseurs, des promoteurs, des actionnaires. Rappelons simplement que chaque contribuable, mais aussi chacun des ouvriers paie la note. L'enrichissement des patrons français, et sans aucun doute ceux du reste du monde est assimilable à celui des mafias.
Les salariés ardennais acceptent des salaires minimums, refoulent leurs désirs de lutte, de changement pour garder un emploi, des revenus pour ainsi, nourrir leurs familles et vivre sous un toit. Ils se taisent, se tairent. Ils restent polis avec le patron... Mais ce dernier joue la menace. « Si vous voulez que je laisse mon usine dans votre trou pourri, voici mes conditions : pas de revendications salariales, aides financières de la commune, du département, de la région et de l'Etat, avantages fiscaux, embauches de personnes à mi-temps, en stage, par intérimaire, etc. » Ce deal dure quelques années. Les bénéfices sont juteux et les ouvriers, la gueule enfarinée, se disent qu'ils arriveront jusqu'à la retraite s'ils plient encore l'échine, pour conserver leur emploi... C'est sans compter avec le peu de férocité des représentants syndicaux, la mollesse d'action des élus politiques, l'absence de projet des intellectuels et la certitude qu'un jour, avec le capitalisme, tout le monde peut s'en sortir s'il le souhaite.




Un ravage. L'envie de dégueuler.




En repassant, l'hiver dernier, dans cette ville où j'avais vécu, j'ai vu la disparition des commerces, des maisons abandonnées, l'absence de vie dans la rue... C'était une ville pleine de vie... J'ai roulé, sillonné les quartiers que je fréquentais quotidiennement, et j'y ai vu l'abandon, la peine, les solitudes, l'amertume, un peu de dépit, de la colère, l'anéantissement volontaire des volontés.




A en devenir fou.




Le sens. Je pense au sens. Je me suis souvent caché, derrière l'espoir. Les jours meilleurs... Alors ce texte ne parle pas à ces travailleurs là, qu'il ne faut pas sacrifier un peu plus. Il est à l'attention de tous les autres, ceux qui ne sont pas encore sclérosés. Sans doute des jours meilleurs se profileront. Bien sûr l'Homme a un énorme potentiel pour se sortir de la merde. Mais l'Homme accepte des sacrifices humains gigantesques avant même de condamner les responsables. Ma pensée est pour eux, ceux qui ne s'en sortiront pas. Ceux qui sont déjà morts, avec des millions d'autres...




A lire : http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=4323
http://fr.news.yahoo.com/photos/061110203441.0tjr0nhh-photo-les-ouvriers-de-thome-genot---nouzonville-ecoutent.html


http://www.dailymotion.com/visited/search/Thom%C3%A9-G%C3%A9not%20%C3%A0%20Nouzonville/video/xn3l0_olivier-besancenot-vs-mam



 


Andy Verol

Publié par hirsute à 17:11:28 dans Andy Verol | Commentaires (14) |

L'esprit | 19 novembre 2006

Bizarrement je suis une fois de plus confrontré à l'infecte sclerose mentale des journalistes... Un mec radical, qui écrit, qui vomit, qui met dans la gêne le petit bourgeois puant, qui ne dit rien de particulier, mais qui hait, déteste à l'ultimum, les excècre à l'optimal n'est pas "médiatisable". Abd al-Malik est symptômatique: un discours pronfondément blanc/bien-pensant glissant sur le fascisant en peignant leurs propos avec des grands principes pseudo-humains/humanistes.



Ce mec était un membre du groupe hip-hop plus radical NAP. Mais aujourd'hui, les journalistes semblent vouloir "réhabiliter ce mec de cité'. Voici ce qui justifie la qualité de son oeuvre (on ne parle presque jamais de ses textes): il est musulman "mais" pacifiste. Il mélange le rap avec du "rock, du jazz et même de la chanson française" (si si, je l'ai entendu tel quel). Il "se sent français" et même s'il est d'origine africaine, il affirme aujourd'hui qu'il est avant tout français". J'en passe... Pour ma part, vivant dans la banlieue nord-ouest de Paris, je n'ai jamais demandé à mes potes blacks ou rebeus s'ils se sentaient français... Sauf si j'avais l'intention de jeter l'oprobe sur eux...


Il est amusant de constater que pour le journaliste blanc français, une bonne racaille est une racaille morte. Un bon rappeur est un rappeur qui chante de "la chanson française".



Andy Verol

Publié par hirsute à 12:04:54 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Mon bondage. L'usure. L'heure court. Le cuir de son soutien-gorge sent sa sueur âcre/C'est/délicieux | 19 novembre 2006

L'image la plus stupide qu'il nous ait été de cromprendre c'est: "L'amour c'est beau..." Eluder la question de la grosse baise sociale, la sodomie sèche qu'on nous impose, c'est un peu comme vouloir bouffer un steak par les narines... J'fatigue. C'est mort...


Andy Verol

Publié par hirsute à 01:42:44 dans Andy Verol | Commentaires (3) |

On ne veut pas s'oublier les uns les autres, les uns dans les autres | 19 novembre 2006

Il n'est pas question d'oublier ou d'être oublié. Mais tout de même, ça fait tellement peur tous ces gens qui parlent de toi quand tu n'es pas là...


Andy Verol

Publié par hirsute à 01:37:12 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

On veut du love, du vieux, d'la vulve veineuse... | 19 novembre 2006

On rôde lui et moi, dans le grand hall de l'aéroport, et comme des porcs/putasses, on mate le cul des femmes flics, on passe la langue sur les lèvres en matant les auxiliaires de service des chiottes.



L'avion sera à l'heure. On mate un instant les infos concernant notre vol, et on repart en chasse, vite fait, la main dans le fond de la poche du futal. Fuite.



Andy Verol

Publié par hirsute à 01:25:03 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

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