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Andy Vérol - Une dernière usine avant extinction

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Du Chômage, du cynisme, de la crainte et de l'évidence | 15 janvier 2007

 Photo de 6Mic - Toute utilisation sans autorisation est passible de poursuites.


Putain ! Je me suis bien marré, « jaunement j'avoue », parce que je m'y suis
retrouvé dans ton  ressenti, Andy.



Y a matière à flipper grassement dans son froc ! c'est clair !
D'ailleurs, l'espace d'un instant je me suis vu en train de me faire
fouetter le cul à grands coups de Nem Royal par une bande d'ouvriers_libéraux
Asiatiques : « Méchant petit français, on va t'en donner du Capitalisme dans
ton p'tit cul  biactolé, NiiiiAAA ! » .

En fait, tu vois, moi hier, je me suis laissé aller fragilement à mater un
reportage sur M6 (les condescendants thermomètres sociaux du PAF). Un de ces
reportages « qui te fait aimer l'espace d'un instant, ton canapé pourri que
t'hésite parfois à changer, par effet de mode ».
On y voyait en 16/9 et en stéréo les effets pervers de la précarité dans
notre pays. C'était un truc sur le « peuple/décharge» vivant aux abords du
périphérique parisien. Dégueulasse et émouvant.

_ Et bien je me suis dit l'espace d'une minute, que c'est pas qu'un mythe «
la merde »_
Et ça  pend au nez d'un paquet de gonze, si tu fais pas un peu  gaffe à tes
réelles capacités d'adaptation à l'ambiance capitaliste exfoliante. Pour si
peu qu'en plus tu ais un penchant pour le laisser-aller anisé, et la
mélancolie, tu peux finir en moins de deux à dormir dans des sacs en
plastique, le cul et la gueule défoncé par l'indifférence et la dalle (quand
c'est pas par tes nouveaux potes aux mains gonflés par le froid).




J'ai frémi à l'idée que ma femme pourrait, un jour, me foutre à la porte pour
une vulgaire histoire d'adultère (ben quoi, j'y peux rien si elle a insisté
pour me sucer la stagiaire merde, je sais pas dire non moi, tu le sais comme
je suis faible toi putain!).




J'aurais l'air de quoi moi et mon sac de fringue, comme un con sur le
trottoir, une photo de ma fille dans la poche, ma CB et mes 300 euros
d'économie qui partirai aussi sec dans l'alcool et la défonce, mon portable
et ma liste vide d'amis.  Saurais-je me démerder ? Je ne crois pas trop.
Juste le temps de 300 euros, quoi !

Bref, cette projection de  schéma (tellement palpable), m'a laissé
légèrement anxieux quand à la modification pernicieuse de la sphère
capitalistique et de ses conséquences sur ma vie, mon confort et ma tronche
de pucelle laiteuse (on pense toujours à sa gueule quand on flippe, c'est
très con).

Mais que veux tu, comme tu le dis, y à plus rien à dire, on l'a eu notre
part du gâteau (en même temps on était peu nombreux à avoir la recette). On
a rien anticipé. Que dalle ! On n'a fait que  tourner autour de son propre
cul, sans se méfier de  « l'émergence »_ et du tonnerre « marchand » qui
grondait a des milliers de miles de son petit quotidien de baltringue.
Comme des gros con, on à bien consommer, on a bien bouffer, on s'est bien
défoncé, on à bien baisé sans capote, on à bien gueuler pour bosser moins,
on à bien pleurer dans la rue pour gagner plus,  on a bien branler sur les
bancs de l'école,  on a bien paresser, bien philosopher, bien sucer notre
histoire «  la putain de fierté hypocrite », parallèlement on a bien fait
les enculés de puissances dominantes, sans analyser une seule seconde «
l'effet papillon » et le revers « smashé » de nos actes aveuglés.

Bref, moi j'ai pas été éduquer à anticiper (je crois qu'on a le même age
vieux, il me semble, et on a dut être impacter grosso_modo par les mêmes
valeurs, peut-être _ le genre « j'avance, je prends, je suis pas un enculé,
mais je me fais plaisir, j'aime pas tout le monde, mais le monde est petit,
je suis un peu révolté, mais c'est normal, je suis un occidental, j'aime pas
trop les normes mais je fais pas trop avancer les choses_ etc. ! ? »).

Alors ouais je suis mal ! Je suis mal parce que je sens bien que les choses
partent en couilles, que ça va bientôt être fini le temps à papa, les acquis
sociaux, la gauche, les allocations, le gratuit, la pseudo-solidarité
sociale, la pseudo-tranquillité dans son studio subventionné.
Je suis mal parce que je prends conscience de manière violente, que je 
risque de pas suivre, et je commence à flipper parce que je rends compte que
j'ai pas  la culture de la gagne, que j'ai pas les bons diplômes, que j'ai
pas trop de pognon pour spéculer et surfer sur le putain de CAPITAL, que
j'ai pas les armes pour m'expatrier et sucer la bite au nouveaux noyaux durs
de l'économie, que j'ai  pas la trempe de faire partie de l'intelligentsia
marchande,   que j'ai pas la foi dans le pognon, que j'ai pas l'énergie, ni 
l'insouciance, ni l'adaptabilité d'un mec de 20 piges, que j'ai plus le goût
à l'effort et la remise en question.

Et je  me  réfugie dans le cynisme, la crainte, l'evidence_ et j' attend la
sentence. Et j' attends que tout ça se termine vite, sans souffrir .Putain !

C'est pathétique, je me sens pathétique, parce que faible et spectateur.
Alors que le spectacle c'est moi. J'aurais dut, j'aurais put et j'ai gâcher,
paresseusement, indifférent et débonnaire,  un pseudo potentiel qui m'aurait
permis d'anticiper. Au contraire, j'en suis à me chier dessus, en matant la
TV.

Fais chier, en plus je crée rien d'autre, qu'un misérable petit profit pour
l'entreprise qui m'emploie. J'ai plus envie de bosser pour des chiffres et
des valeurs boursières, j'ai plus envie de cette prostration/sidération, et 
je me perd en nostalgie et divagations, j'ai commis un enfant, déboussolé,
comme pour détourner mon attention, Obscène, c'est terrifiant_ j'ai crée une
douleur de plus , la sienne à venir et la mienne à contenir. J'ai en plus
mal pour une chair autre que moi !
Une chair à capitaliser _ouais..Mon amour



HH

Publié par hirsute à 18:40:31 dans HH | Commentaires (5) |

15-01-2007  09:53  15-01-2007 09:53
mazette  De  HH  Sujet:  mazette
Putain, c'est troublant, j'ai reellement l'impression que c'est moi sur cette photo ! : quel "clonard" !
14-01-2007  21:27  14-01-2007 21:27
oui!  De  lol  Sujet:  oui!
"commis un enfant, déboussolé, comme pour détourner mon attention, Obscène, c'est terrifiant" peu sont conscient de cela/ça boussille la gueule mais c'est bien de le savoir de soi/enfin moi c'est id'M_qu'importe
14-01-2007  21:13  14-01-2007 21:13
texte  De  lol  Sujet:  texte
"Elle pleurait souvent en voyant son enfant. On lui demandait : "pourqUOi pleures-tu?"" Elle répondait "parce qu'il est mortel". C'est sublime. La responsabilité de donner la vie. .j'ai l'habitude de dire que l'on fait des enfants pour être sûr d'aimer plus que soi-même. Par aimer j'entends, je veux dire : tenir à la survie plus que soi-même../c'est la culpabilité de donner la vie, culpabilité puisque ça doit mourir. J'ai crée quelqu'un de mortel, c'est à dire qu'il va savoir qu'il va mourir. "
14-01-2007  21:03  14-01-2007 21:03
BON!  De  lol  Sujet:  BON!
bon faut que je ferme ma gueule la, faut que je ferme ma gueule parce que .........faut que je la ferme ma bouche prête à hurler. Et l'autre la qui léche le cul (remarque ça la change pas de son my space)Il est pas superbe ce texte il est déchirant il est à hurler_putain merde HH_tu nous la joue la morve au nez tu veux qu'on en chiale aussi_t'as raison à toi de savoir si tu continue ou non dans le sillon de merde que tu t'es tracé_mais je vais clore ma bouche_parce que sinon_tu vas nous repartir dans des les silences_et c'est bien d'en dire_de t'en dire surtout_ça approche_tu vas peux être arrêter ta cecité auditive. Je vais me la fermer moi la j'te mettrais juste ce texte de M.D ou dionys mascolo (je sais pas trop pi on s'en fou,et pour k2 oui c'est toujours de la merde_et encore de la merde_) HH_vérol_ ils comprendrons se sont des homme-femme (et je vénére d'autant vérol qu'il n'a pas eu la faiblesse de cela)ils ont pas eu à l'extraire de leurs corps pour comprendre, le texte viens :
14-01-2007  19:12  14-01-2007 19:12
superbe  De  k²  Sujet:  superbe
texte, vraiment. Pour le fond et la forme et ce qui coule entre les lignes. Merci.

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