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Andy Vérol - Une dernière usine avant extinction

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Interview de Diabologum, par Arturo B et Andy Verol - 1997 | 16 avril 2007

Je sais que le groupe de Michel Cloup, Expérience, est sur le point de sortir un album. Je sais aussi qu'Arnaud Michniak, leader des redoutables ex-Programme,  sortira le 28 mai un mini album "Poing Perdu" (source: http://siegepassager.free.fr/ ). Quant à Fredo Roman et son NonStop prépareraient un maxi... Pourquoi je parle de tous ces trubions, simplement parce qu'ils ont tous liés au groupe mythique des années 1990: Diabolugum. Arturo B et moi-même avions eu à les interviewer das les Yvelines en 1997. Mais il existe un tas d'infos essentielles sur cette formation troublante. A la veille de toutes ces sorties prometteuses et attendues des ex-Diabologum, piqûre de rappel bande de débiles:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Diabologum

Andy Verol

Publié par hirsute à 23:53:55 dans Infos cul-ture | Commentaires (2) |

A la commissure de deux époques ? | 16 avril 2007

Avant que les températures n'augmentent de façon significative, nous vivions une époque étrange où toutes les formes de rituels avaient été supprimées ou commercialisées ou détournées de leur finalité première. Le passage à la vie adulte n'était gradué par aucune phase particulière, ni par aucune forme de cérémonie ou de bizutage... J'avais fait mon service national, mais nous savions tous qu'il allait être supprimé, si bien que nous n'y accordions qu'une importance aléatoire. Nous pouvions rester des petits cons... Il n'y avait plus vraiment d'étape entre l'adolescence et la vie adulte. L'impossibilité de trouver un travail digne de ce nom dès les premiers jours de notre majorité, nous contraignait, pour les plus privilégiés d'entre nous, à rester chez papa/la/maman/la/famille/reconstituée/déchirée et à continuer des études... Pour ceux qui n'avaient pas de famille/bancable, il y avait l'hyper/courage (livrer des pizza et obtenir une licence quelconque en quatre/cinq années), ou la perdition (trafics pour les plus valeureux, suicide pour les plus courageux, shoot permanent pour les plus idéalistes.). Pour les plus privilégiés, issus  des classes moyennes, il y avait les ordinateurs, les portables, le t'chat, les sms, mms, msn, etc. Une communauté virtuelle totalement bordélique se constituait et où se nouaient des liens plus sex-toys que flirts tranquilles. Ceux qui ne souhaitaient pas jouer à ce jeu de procréation animale virtualisé pour se rattraper en diffusant ses morceaux de musique ou ses créations chiassardes à la vue de tous.

Il n'existait plus de monde réel. Ou si peu. De moins en moins. Les papas et les mamans issus d'autres époques réalisaient que c'était bel et bien liquéfié. On mangeait de plus en plus bio comme pour rattraper tous les abus des années 70 – 90 où l'on s'était mis à consommer sans foi, ni loi, sans éthique, sans réflexion... Nous étions tous comme ces chats domestiques qui prolongent un comportement de chaton toute leur existence parce qu'ils n'ont plus à chasser, plus à chercher un abri, leur pitance... Tout était construit sur les enfantillages. La notion de survie nous échappait totalement puisque nous n'avions plus à faire le moindre effort... Nous n'étions plus maître de notre mort.

Ainsi, pour tous ceux qui n'avaient pas à rechercher un toit et de la nourriture au quotidien, il y avait les divertissements. La première industrie du monde occidentale était la production de films, de documentaires, de reportages, de dessins animés, de pub, de parcs d'attraction, de gadgets, de décors, de jeux vidéo, jeux en réseau, jeux de société, jeux olympiques, de livres, de produits artistiques non identifiables, de lieux virtuels ou réels de rencontres, de festivals, de... et le commerce (ça en amusait plus d'un de faire ce type de boulot). Il n'existait, au fond, pour rester calé tranquillement dans nos vies d'enfants/rien et d'adultes immatures, que des loisirs à consommer. S'inventer des addictions, c'était aussi remplir le grand néant de nos existences.

Particulièrement, des êtres exceptionnels étaient mis en exergue systématiquement dans les médias. Ça entretenait le crédit d'une société fondée sur l'illusion de la réussite individuelle. C'est ainsi que des millions de personnes finissaient par vivre des dépressions destructrices tandis qu'ils ne subissaient aucune famine, aucune difficulté liée à la survie, à la maladie... Pour 30 euro, chacun entrait dans un parc d'attractions fait de carton/pâte et de smicards suant dans des costumes en fourrures/chimiques. Pour 20 euro par an, on pouvait devenir le meilleur buteur du canton. Pour 10 euro, on pouvait bousiller et massacrer l'armée des Ogres sur son écran de télévision.

Quand, au 20ème siècle, on offrait un lopin de terre à des ouvriers pour compléter leur alimentation, on donnait aux êtres non-sens que nous étions devenus, des anti-dépresseurs, des jeux vidéos et des super héros en costard qui avaient fait fortune en Chine. Pour les plus nazes, c'était emplois aidés et clubs de sport... Nous ne rencontrions jamais les héros dont on nous parlait, et nous le savions. Nos vies à nous seraient éternellement pathétiques. Pas de Dieu (parce qu'à d'autres époques, ce héro là, lorsqu'on l'implorait, parfois il nous aidait...). La promesse de lendemains statistiquement affreux (réchauffement climatique, vieillissement de la population, appauvrissement contraint si l'on ne quittait pas le continent, élections fondées sur l'image et le baratin, etc.). Et bien évidemment, comme nous n'étions, finalement que des gosses tentant de piger le monde dans lequel nous vivions, nous étions incapables de réagir, par peur de perdre ce que nous considérions comme des choses essentielles pour nos vies : un frigo, un toit, un lit et une bagnole...

 

L'ultra minorité qui conduisait ce système, comme toute élite qui se respecte, faisait en sorte de maintenir un climat de doute permanent. Nourrir les gens de mensonges sur un avenir luxuriant et les noyer aussitôt dans la peur des dangers qui guettaient à nos portes (délinquance purement statistiquement, rarement vécue, menaces nucléaires impalpables, réchauffement climatique imminent, accentuation des problèmes sociaux si nous n'adoptions pas totalement un système ultra capitaliste mondial, et hypocrisie quant à de pseudo forces politiques nationales qui, de fait, n'étaient plus que les joujoux jouissants d'inconnus surpuissants à la tête d'organismes mondiaux qui ne prenaient jamais la peine de communiquer sur leurs actions de modification profonde des structures économiques, sociales et politiques du monde, dans sa totalité.). C'était un peu comme si des êtres supérieurs (et qui se définissaient comme tels) nous contraignaient à une posture de soumission... OMS, OMC, ONU, UNESCO, CEE, CONSEIL DE SECURITE, MULTINATIONALES, OTAN, OPEP, ... 98% de l'Humanité était exclue de son destin. Point.

Suis furieux, suis vraiment totalement furieux. La moitié de ces connards d'ouvriers qui se révoltent. Pathétique. Ils sont si médiocres. Ils sont complètement affreux. Leurs petits culs qui gesticulent sur le cargo. Ils se battent. « On fait quoi la Vérole ? Qu'est-ce qu'on fait merde ?! » Le pilote de l'hélico est un blondinet très excitant. Un fils à papa mort. Je l'ai embauché uniquement parce qu'il sait se soumettre sexuellement à mes clébards de body guards. Il m'a permis de réaliser le meilleur des albums photos porno de toute ma carrière secrète. Parallèle. Réservé aux gros patrons des multinationales de l'économie OGM, durable... Ah je ris. On s'en fout. Ah ! Mais laisse-les faire ! Qu'ils se révoltent ! ça donnera un sens à ce qu'il reste de leurs existences minables ! Laisse-les se boire le sang, les uns les autres. Laisse-les... Un bateau et du matériel, ça se remplace... Je les vois se castagner. Ils sont si désespérés qu'ils massacrent leurs propres collègues.

Juan et moi nous sommes mis à l'écart des autres non insurgés. De l'autre côté du cabanon. Il fait très humide et très chaud. Les premiers panaches de fumée traversent le ciel. Ils ont commencé à mettre le feu après avoir purement et simplement bousiller les ouvriers marins. Certains ont été jetés par-dessus bord, et d'autres ont été tués à coups de bâtons, de pioches et de pelles sur le pont. Ça sent le sang en torrent jusqu'ici.

« Ils sont en train de niquer tout, ces connards... Les révolutionnaires, les rebelles désespérés sont les pires égoïstes qui puissent exister... Et prétentieux avec ça.

- Tu devrais pas dire ça mon vieux... Les rebelles, i z'ont souvent changé lé monde, rétorque Juan.

- Ils ont changé le monde pour eux sous prétexte de défendre les masses opprimées... Ils ont fini par devenir encore plus pourris que ceux qu'ils combattaient... Michaël et ses sbires sont des grosses saloperies d'envieux de gauchistes. Ils ne font rien pour personne. »

Un tonnerre extraordinaire secoue l'atmosphère... Le cargo semble s'être brisé en deux sous le coup d'une explosion magistrale. Ces engins fonctionnent à l'hydrogène. Lorsque ce carburant est mal géré, il peut provoquer des dégâts incroyables...

C'est au ralenti. Des membres arrachés, des troncs déchiquetés, des corps entiers catapultés dans les airs. L'amour. La vibration de l'atmosphère. Je mime le battement des ailes en reluquant ce joli jaillissement lent de viande et de feu. Nous faisons comme des petites pirouettes et des petits cris mioches qui jouissent justement. Juan me fait un sourire. Ralenti. Je lui fais le sourire. Ralenti. Nous fixons la carcasse en flammes/bulles qui coule doucement sur la surface sombre de l'océan/huile. L'amour. Nous ressentons de l'amour pour le massacre. Ralenti. Le ciel. Oh le ciel ! Ralenti. Accélération. Puissance.

Ces rats ont littéralement anéanti la seule barque de secours... C'est tellement beau cette explosion multicolore. Je tapote sur l'épaule du little blondinet/la/salope pour qu'il me reconduise chez moi. « On balancera une grosse caisse de bouffe pour les couillons qui ne se sont pas révoltés. Petites putes. » Je parle ensuite à mon second conseiller, qui est à New York pour un gros contrat sur les ordures de cette ville de merde... « Ici ça a chauffé. Les fils de pute d'ouvriers se sont révoltés en partie... Tu continues à discuter avec ces connards de la mairie de New York pendant que je cherche une nouvelle Ile dans les Caraïbes, avec des ouvriers nègres... Les blancs j'arrête... Qu'ils crèvent dans leurs espoirs... J'veux du fils de pute à g'noux moi ». J'avale mon café. En renverse une goutte sur ma cuisse. C'est chaud. C'est chiant que ce soit si chaud. C'est bien.

Mon Usine, la suite... 

Andy Verol

Publié par hirsute à 18:45:08 dans Andy Verol | Commentaires (2) |

Naturellement. V’là l’texte et v’là l’titre. | 16 avril 2007

Naturellement, le sourire câlin. A l'amertume de ce soda blanc, s'ajoute  la chaleur qui obstrue la cavité. S'y engouffre. S'y enfonce. La bouche. Une boule de chaleur. La pâleur et l'épaisseur de l'air/brûleur. La bouche est le hublot béat du visage congestionné. La couche que je porte est déjà pleine de ma pisse. Pousse. Je reste sur la terrasse comme monsieur le tout le monde. Je reste installé là. Les gens autour ne savent absolument pas. Ils ne savent ce que c'est que re-faire ses besoins sur soi. Avec la honte d'abord puis le dépit de soi. Soit. Je regarde ce séant qui ne provoque rien en moi. Mais non. Simplement. Il n'y a plus rien qui soit plus sensuel avec moi que la douleur... Je pense « finalement, très souvent, les flics sont mal foutus. »

 Andy Verol
 

Publié par hirsute à 18:42:40 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Ah putain les look, les postures... Toi tu ressembles plus à rien dans la rue et ils continuent sans cesse à se déguiser en originaux, excentriques et rebelles... | 16 avril 2007

... LEs mecs  et les gonzesses qui ne ressemblent à rien. Qu'on ne voit pas. Qui répugnent parfois. Qui inquiètent. Jacques est un type énorme avec de la bave blanche séchée à la commissure des lèvres. Il a le regard violent, fagoté n'importe comment, articuler par une brutalité aveugle... Il est l'un des derniers combattants. Un de ceux qui réclame la libération de tous les taulards, la destruction de toutes les propriétés privées, l'égorgement des égoïstes. Il est avachi sur ce fauteuil. Le cancer ronge son corps, Un geste brusque de la main droite: "Regarde ça! On vit dans un monde de merde où il suffit qu'un célébre abruti porte une crête pour que tous les couillons en fassent autant. Et mourir demain, pour moi, c'est un cadeau de la nature qui m'emporte..." Le cancer a déjà largement bouffé son corps/viande. LA souffrance est telle que les traits de son visages sont déformés par des tics/électriques. J'attrape la bouteille de whisky, en avale une de ses rasades dégueulasses et reste assis, à côté de Jacques croupissant, à regarder les voitures défilées. Nuit.

Andy Verol

Publié par hirsute à 12:02:52 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

La machine est en marche | 16 avril 2007

On est bouffé je te le dis, on est bouffé. Les vérités, les toutes faites. Attention. On est bouffé. Un système qui bouffe tes certitudes puis ta vie toute entière. La vie misère. Le chemin qui merde vraiment. Attention, ça grandit, attention on en a marre. Attention. Très attention les élites salopes...

Andy Verol

Publié par hirsute à 00:49:28 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

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