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Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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La suite le lendemain. Finalement.
Les yeux tournés vers l'arbre, le lampadaire. J'étais la pute de cette pute. J'avais pensé à essayer de me faire un travelo, parce que ça me faisait quelque chose d'en voir, d'en croiser, d'en sentir croisés dans la rue, l'odeur de leurs eaux de toilette achetées chez Tati, leurs fausses fourrures piquées derrière chez l'Michou, un truc comme ça. J'avais envie d'essayer. C'était obligatoire. Il fallait se toucher les nerfs à toucher une peau brune, des seins faits aux hormones, aux opérations... Les vergetures tardives. L'accent. L'accentuation de la gravité dans la voix. Et surtout frotter sa queue contre la queue de ce corps de femme... La shemale, sa capacité à se bastonner à te retourner ta gueule de client vicelard à gros coups de poings. Sa jupe. Ses jambes musclées, fines et douces. Palper ses couilles comme des abricots, doux, un peu trop mûrs dans la caisse en plastique du supermarché du coin. Branler son chibre comme un mat. La peau douce. Etre un peu dans la peau d'une femme excitée, pas la frigide, pas la violée, la folle de queue, comme le corps étranger qui excite par la douleur/frisson qu'il offre. La culotte. La shemale. Les bois. La nuit. L'alcool à mort dans les veines pour se motiver. Les brindilles qui cassent, la respiration plus forte, plus rapide qui étouffe. Exténué comme en cours de sport... Que c'était harrassant de tenter de suivre tous ces futurs crétins. Ces anti-pédés qui se branlent dans les cheveux de leurs meufs en pensant à leur maman, leur soeur, leur grand-mère.
C'est.
Je sais pas si il s'appelait le shemale, le trav. Moi je le pensais chomedu. Ses gros seins ronds, fermes, sa grosse bouche de mec peinturlurée, ses épaules parfaites, ses hanches un peu trop étroite, ce cul bombé. J'étais mal.
J'étais super mal. Quand il a pris ma queue, l'a enfoncé dans son anus huilé/expérimenté. Sa queue molle posée sur mon bas ventre et mes doigts qui la caressent. Ses bras, ses avant-bras que je saisissais fermement. Sentir sa silhouette de pute/femme, sa bite contre moi, son anus fluide. J'avais du bien. J'avais les mains partout sur elle. Et la honte mélangée à la fierté. Etre passé par dessus tout. Avoir passé le cap de la pute qu'on paie/c'est/pas/bien, avoir réussi à m'entrer fort au fond d'un mec plus belle que la plus belle des femmes plastocs de tous les magazines du présent/monde... Entre les arbres. Le dos dans la terre et les brindilles. L'éjaculation dans la Durex. L'envie de se suicider vite, juste après. Mais après, j'ai oublié...
Andy Verol
Suite ici: http://arturob.hautetfort.com/
Publié par hirsute à 21:45:49 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
Ce texte allie finement l'égo-trip à la l'analyse fumeuse vérolée.
En se penchant un peu plus sur le cas des écrivaillons, peinturlureurs et autres musicos, on est saisi par le statut qu'ils s'attribuent généralement: "Je suis différent des autres..." C'est pitoyable... Bon je me rappelle une ex qui trainait avec Philippe Léotard et Richard Bohringer... Ils se voyaient régulièrement pour picoler comme des trous dans l'coin d'Montmartre, comme tout artiste confirmé et enrichi qui se respecte (Tout comme il y a la Beaule pour les bourgeois parisiens, Sainte-Marie de la Mer pour les Gitans ou Davos pour les criminelles du G8). Le mec en avait dans le crâne lorsqu'il ne picolait pas. C'était un putain de mec calé. Disons que c'était ce que me racontait cette fille... Je faisais tout pour éviter ce monde. Ça ne me ressemblait pas. Comme je détestais le monde étudiant, je haïssais celui des artistes, des journalistes, des graphistes, de tous ces gesticulateurs de centres de mégapole qui chient plus haut que leurs culs, en général. Mon côté « agriculteur » et « ouvrier » n'est pas lié à une posture travaillée/harassante... Je suis né et j'ai vécu dans ces milieux de « ploucs » que détestaient ouvertement les artistes confirmés. Détester oui, avec des discours du genre « putain les gens sont vraiment des cons, ils votent comme des cons, qu'ils viennent pas pleurer ensuite. J'suis dégoûté, ils sont incapables de voir que c'est pas en virant les immigrés et en mettant des flics/ces/débiles/nazis à tous les coins de rue, qu'on résoudra les problèmes. Il n'y a que deux trucs essentiels pour sauver le monde : l'éducation et l'art. Parce que l'art, c'est ce qui donne un sens à l'existence. »
Et elle revint un jour dépitée. Presqu'en larmes, en tout cas bien écœurée.
C'est une période de ma vie où je cherchais un moyen de mourir sans souffrir, sans me louper. Si bien que je ne faisais rien. Je picolais. Quelques mois plus tôt, j'étais venu vivre à Montmartre pour rejoindre cette fille qui s'avéra très vite n'être qu'un cauchemar en jupe, et pour vivre à "Paname"... Cette vie était bien loin de celle qui m'habillerait correctement. Le ciel, tu le voyais mal. La foule, les pigeons pourris et les mouvements permanents de carcasses de transport te bouffaient la plante des pieds... ça grouillait dans les membres, la chair... Cette ville de merde, c'est une grosse salope qui te suce et s'arrête juste à l'instant où le sperme commence à affluer dans l'urètre (je crois que c'est la pisse qui passe par là, pas le sperme. Mais je ne suis pas spécialiste de l'anatomie du singe/debout).
Au début des années 90, à Paris, le processus de développement de l'industrie du spectacle, des arts et autres divertissements était bien avancé. Les gens bien inscrivaient leurs gosses à des cours de musique, de théâtre. Les jeunes se devaient de faire du sport ou de l'art. A l'art! Quel fourre-tout! Tout le monde commençait à se jeter dans ce filon parce qu'il était évident qu'il n'y avait plus moyen de becqueter grâce à l'industrie, la guerre, la culture de la terre, l'élevage de chèvres... Et puis c'était plus classe, plus prestigieux. Ça le faisait pas mal d'avoir "une vie de Bohême", de jouer dans une troupe de théâtre où tout le monde se fait des bisous et des "t'étais vraiment super", de peindre trois-quatre merdes dans un carnet au crayon (pour finir graphiste pigiste dans un magazine de mode de poufs), de gratter une guitare en braillant que la droite c'est pas bien, la gauche c'est pas mieux, au fond Il faut bien être amoureux... Je me suis vite aperçu qu'en fait, le but était de devenir célèbre pour "exprimer son art, faire passer un message, agir contre les désordres du monde, pour donner un sens à l'existence."
Mon univers artistique se limitait à trois conneries tapées sur une vieille machine à écrire (tu te niquais les doigts en les coinçant entre les touches C'était en 1993), à deux-trois défonces alcooliques avec celui qui deviendrait plus tard, le président du Groland, à regarder passer Daniel Darc avec un tas de bouteilles de bière sous le bras, assis dans le troquet qui finirait par accueillir cette conne d'Amélie Poulain. Je savais que j'étais un jeune con, avec une belle tête, une peau bien lisse, une façon de fumer des clopes un peu puérile. Et je vivais avec une abrutie avec qui je ne partageais que des engueulades et des soirées pathétiques à la Loco.
Elle ne sanglotait pas, mais elle était mal. Niveau sexe, elle était bloquée, pour des raisons bien cradingues (Un tas de filles se font « pécho » par des mecs durant leur enfance. Le phénomène est gigantesque en fait. Papa, tonton, grand-père, cousin, voisin, etc.), si bien qu'elle fut plus affectée encore, encore que moi, ça m'aurait sans doute bien fait mal à mes certitudes. Bref. Philippe Léotard l'avait invité chez lui. Il était bien bourré, comme à son habitude, et a tenté une approche grosse langue dans sa bouche de jeunette. Elle s'est assise dans un fauteuil. Et lui dans celui d'en face. Ça devait être comme une grosse journée déchirée. Ces jours où tu ne sais plus vraiment pourquoi tu parviens à mouvoir ton corps. L'air est aqueux. L'air respiré est brûlant. Le ventre qui gargouille d'angoisse. Les mains qui tremblent. « Qu'est ce que je fais là ? Je ne peux pas sortir de là. Je suis en prison... » Comme muré dans un handicap, mais un instant seulement. Elle était claustrée comme ça. Empiégée. Philippe était le frère d'un homme politique de droite de première ordre, un de ceux qu'on appelait les « jeunes loups » (Sarko faisait parti de ce pack de sots inquiétants)... Mais Philippe sortit sa queue de son froc. Sa queue mi-dure, un peu gluante, ... et se mit à la branler frénétiquement en la regardant, cette fille. Se branler de plus en plus vite, et plus fort. D'une voix colérique et tremblante, il lui lança : « Tu vois c'que tu m'obliges à faire salope ?! » Elle resta impassible... jusqu'à ce qu'il éjacule en gouttelettes à peine blanches, sur ses mains, son froc, son slip, le frein de son gland... Elle partit sans attendre. Sans un mot.
Quand elle acheva sa petite histoire, j'avais le vertige. Nous étions au plus mal. Notre histoire était vaseuse, foireuse au-delà de tout. Léotard avait fait ce truc et j'eus une pensée très précise, à ce moment-là : « J'espère que je pourrai faire la même chose que lui, à son âge... Quand je serai un artiste célèbre... »
Quelques jours plus tard, je quittais Paris, Montmartre et toute cette vie de Bohême de merde, des artistes, des excités des transports, des touristes à la con, etc. A l'époque, on ne parlait pas de « bobos », mais de la gauche caviar...
Je sais pas pourquoi je dis ça.
Je ne sais pas pourquoi je raconte ça. Je ne vous aime jamais. Et toi?
Andy Verol
Publié par hirsute à 11:46:03 dans Andy Verol | Commentaires (2) | Permaliens
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