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Andy Vérol, ne vous aime jamais

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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<< Qui nous a vu? Qui n'a pu nous voir? Qui? La position de défense/attaque. Ramassé sur son corps/bidoche. | Un texte de Duno, dans son cahier n°5 du 11 avril 1994 | Carnet n°2 de Duno. La date est écrite au crayon à papier. Seule l'année est lisible: 1990. >>

Un texte de Duno, dans son cahier n°5 du 11 avril 1994 | 16 août 2007

« On vend tout dans cet Occident à la con. On vend des maisons, des appartements à des affamés, on vend des disques, de l'huile d'olive, des lubrifiants pour l'anus, des 4x4. On vend. En Occident, on vend des vacances, des séjours tout compris, des pensions complètes, des maisons sur plan, des morceaux de Tour Eiffel, de mur de Berlin, des boîtes de Zyklon B, des Durex périmées, des vacances sociales, solidaires. On vend en Occident. Des enfants d'Orient, des enfants d'Afrique, des matières fissiles aux dictateurs/néant/encore vivants du XXème siècle, en Irak, en Iran, en Occident. Aussi.

En Occident, on vend du féminisme, de la liberté de la presse, de l'égalitarisme, de l'homophilie, de l'islamophobie... On vend. Aussi. On vend des voyages dans l'espace, des portes-clef de gorille qui bande quand on presse son bide, de l'alcool moins cher que des jus de fruit, des contrats d'assurance pour tout et tout le temps. En Occident, on vend le savoir, on vend les idées, on brade les luttes, on spécule sur l'ignorance des plus pauvres. En Occident on vend pour les âmes pour empêcher Dieu, on vend Dieu pour empêcher les poètes. On vend pour que rien, plus rien ne soit gratis.

Les mecs ne bandent plus s'ils voient une jambe mal épilée, une lèvre pas peinturlurée, une chatte mal rasée... Alors on vend des crèmes d'épilation, des rasoirs jetables, des parfums chimiques, des maquillages, des magazines sur les régimes, des chaussures fabriquées dans les prisons, des capotes multi-formats, multi-goûts, des fringues, des modes, des périodes de soldes, des vigiles à l'entrée, des parkings payants, des campagnes onéreuses, des autoroutes à péage, des nuits en boîte de nuit, des jours au centre commercial, des yaourts comme faisait mémé mais au prix triplé.

On vend. On veut que l'on vende. Que l'on achète pour vendre. Que l'on travaille pour acheter. Que l'on achète pour que d'autres puissent vendre...

On vend des œuvres d'art dénuées de sens et de talent, on vend des livres qui racontent des histoires, des histoires de gens qui vendent, qui achètent pour que d'autres vendent. On vend des scènes de meurtre, de baise, de viol dans des films. On vend des chansons mièvres, des chanteurs moribonds de 20 ans, des Kurt Cobain et des Elvis Presley morts.

En Occident, on doit acheter la guérison de son âme en achetant des heures chez le psy, en partant trois semaines en Thalassothérapie, en tapant 36 15, tapez "psychiatrie"...

Et puis en Occident, on te vend des stages et des journaux pour t'aider à trouver du travail. On te vend des contrats pour que quand tu meures, et bah, ça sera bien. On vend... Tout, partout, tout le temps. On vend parce qu'on n'a rien à donner à personne, rien à offrir. Parce qu'à force de vendre, on est simplement devenu les zombies acheteurs, les assoiffés de biens compensatoires.

Quand je dis ça, ben je suis banal, crétin, je rabâche. Tout le monde sait ça. Blah blah blah. Un jour, je n'ai pas acheté. Je n'ai rien vendu. En montant les escaliers, je n'étais pas bien. Je me disais (je me rappelle de ça comme si c'était hier) qu'il n'y avait pas d'espoir. Que je ne comprenais pas pourquoi je ne parvenais à écrire que des trucs bien sombres. Que je ne faisais que faillir dès que je songeais à voir, analyser le monde avec un regard positif. Je ne savais pas pourquoi des gens voient, ou semblent voir tout en rose, malgré des conditions terribles, et pourquoi d'autres n'étaient capables que de voir tout en noir. Je me disais que penser de cette manière-là, c'était nul... J'avais ce quelque chose du petit garçon que j'avais été. Le petit couillon qui s'imagine qu'un  jour il aura une belle vie, avec plein de bonheurs, plein de voyages, plus de misère, plus de pauvres, plus de méchants.

Arrivée devant la porte de l'appartement, j'ai hésité, puis j'ai sonné. Puis j'ai attendu. Puis j'ai sonné de nouveau. Puis j'ai attendu. Puis je suis entré. La porte était ouverte (J'ai senti que c'était un acte volontaire). Et j'ai crié : « Sofiane ?! » Pas de réponse. Et pour cause, il était étendu sur le lit. Le corps entièrement nu, tordu, pas serein. Pas net. Il avait une peau très brune, douce. Imberbe. Il était mort. Il était sans doute mort après avoir été pris par de violentes convulsions... Se tuer au détergent, c'est chercher à voir, à regarder sa propre mort en face. Moi ça m'a fait réfléchir, ce quatrième suicide de pote.

Ça m'a fait penser que je pouvais tout aussi bien m'adonner à mon activité enivrée préférée... J'ai appelé les flics avec son téléphone. Je leur ai dit que j'étais un de ses potes qu'ils aillent se faire foutre pour connaître mon nom. Que le plus important, c'était qu'ils viennent s'occuper du cadavre avec tout le vomi et les veines qui ressortent sur le visage tout le bordel simplement...

En picolant un whisky de merde, le soir, j'ai demandé à Elo d'arrêter de me sucer comme une truie. Je pensais déjà que ce pourrait être jouissif de m'éventrer un jour, un truc dans le genre... »

Je ne suis pas inspiré ce matin. Je trouvais ça bien de simplement retranscrire ce texte de mon frangin « dead »...

Andy Verol

Publié par hirsute à 11:13:56 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

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