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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/
Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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Des poèmes post-ado merdiques, j'en chie des tonnes au kilomètre. Simplement, également, je retranscris les propos de mon frère mort au milieu des années 90. Il a été une vedette punk/rock qui, simplement, s'est bousillé. Un grand classique. Si aujourd'hui, j'ai choisi de dévoiler ses cahiers, c'est avant tout parce que je pense qu'il n'était qu'un gros fils de pute, et pour cause, je sais de quoi je parle, je suis son frère...
"Je me sens bien mieux. Vraiment. On a joué près de Clermont-Ferrand hier soir. Un mec est venu me voir après le concert. Il était super collant et je n'ai pu faire autrement que de l'inviter à notre repas. Je ne sais pas encore rejeter les gens qui m'admirent et qui veulent sympathiser avec moi. Mais au fond de moi je sais que je ne suis rien du tout pour eux. Ils m'idéalisent tant qu'ils ne peuvent concevoir que je puisse chier comme tout le monde, ou m'angoisser pour des factures impayées. Ils sont accroc de moi. Et moi je ne rêve que des plages, des heures passées à rouler des pelles à ces filles ados du temps où je l'étais aussi. Encore. Inconnu. Chétif. Malheureux. La vie entre des bungalows, et des cadavres plein la tête.Hier soir, j'ai écrit un texte, un truc qui ferait un bon début pour un roman. Mais on vit sous les années Mitterrand, le pognon, le ministre de la culture qui finance que des saloperies. J'ai vue une Mercédès, une 220D, comme je rêve d'en posséder une depuis des années. Ils ont encore menti. Bon alors le mec est assis à l'autre bout de la table. Je n'ai pas envie de baiser, juste boire et prendre de la coke. Vraiment, c'est la seule chose qui maintient le niveau d'enthousiasme après les concerts. Je suis porté par de plus en plus de public. C'est pas le Nirvana, mais on remplit des salles de 2000 personnes maintenant.
L'autre jour, on a joué dans un festival avec les Mano Negra et les Kortatu. Ils nous prennent pour des cons parce qu'on n'a pas d'ourlets aux futals, parce qu'on n'a pas leur culture de MJC, qu'on vient de province. Qu'on préfère Black Sabbath à Sex Pistols ou à Clash. Je sais pas. Moi j'ai jamais rejeté les chevelus, j'aime bien le disco même si c'est has been et je déteste les Michel Rocard, les films de Lelouch et ... Merde.
Plus je fais de concertset plus je vois qu'ils puent les gens. Le mec s'est levé, défoncé et s'est rué sur moi. M'a insulté. M'a dit que je n'étais qu'un prétentieux minable. Je l'ai chopé par les cheveux, et j'ai fait signe aux autres de pas bouger. Je l'ai trainé. Il tiquait. Il grimaçait, avec son futal rouge stretch du début des années 80 et son sweat-shirt branchouille Chevignon. Le genre de mec à te casser les couilles avec la variétoche de Barbelivien et d'Etienne Daho. Il avait le genre de ces has been d'Indochine. Les frangins Sirkis et leurs faces de tarlouzes. Je me sens mal informé du SIDA avec capote. Je me sens mal concerné par la chute du mur... Moi je vois qu'on va dans le mur sans capote, et que ça, je n'y arriverai pas.
Ensuite, dans l'escalier de secours, j'ai pris la gueule en face de ma gueule en face. Le type, ce fan de merde était un crottin pas mauvais à renifler. J'avais envie d'un truc. Et je l'ai contraint au truc. « Suce-moi face de clochard ». Souvent quand on se fait sucer par une fille, nous les mecs, on prend plaisir à imaginer leurs clottes défoncés par nos glands... Mais quand c'est un homme qui s'active, c'est plus excitant d'imaginer qu'il pompe un bout de bambou ou la queue d'un bouc. C'est plus excitant. Plus direct. A l'en faire vomir sur mon sexe. « Lèche tes hauts-l'cœur ! Lèche pute de mec de merde ! Lèche ! » Ensuite je suis retourné à table pour boire et finir mes pâtes. De la rouille sur le bord de la vieille fenêtre. »
Fin de l'extrait. Duno, c'est un peu comme découvrir que le Père Noël n'existe pas, et que, surtout, il n'a jamais existé. J'ai l'esprit trop spongieux pour continuer. Andy VerolPublié par hirsute à 21:48:13 dans Andy Verol | Commentaires (4) | Permaliens
« On vend tout dans cet Occident à la con. On vend des maisons, des appartements à des affamés, on vend des disques, de l'huile d'olive, des lubrifiants pour l'anus, des 4x4. On vend. En Occident, on vend des vacances, des séjours tout compris, des pensions complètes, des maisons sur plan, des morceaux de Tour Eiffel, de mur de Berlin, des boîtes de Zyklon B, des Durex périmées, des vacances sociales, solidaires. On vend en Occident. Des enfants d'Orient, des enfants d'Afrique, des matières fissiles aux dictateurs/néant/encore vivants du XXème siècle, en Irak, en Iran, en Occident. Aussi.
En Occident, on vend du féminisme, de la liberté de la presse, de l'égalitarisme, de l'homophilie, de l'islamophobie... On vend. Aussi. On vend des voyages dans l'espace, des portes-clef de gorille qui bande quand on presse son bide, de l'alcool moins cher que des jus de fruit, des contrats d'assurance pour tout et tout le temps. En Occident, on vend le savoir, on vend les idées, on brade les luttes, on spécule sur l'ignorance des plus pauvres. En Occident on vend pour les âmes pour empêcher Dieu, on vend Dieu pour empêcher les poètes. On vend pour que rien, plus rien ne soit gratis.
Les mecs ne bandent plus s'ils voient une jambe mal épilée, une lèvre pas peinturlurée, une chatte mal rasée... Alors on vend des crèmes d'épilation, des rasoirs jetables, des parfums chimiques, des maquillages, des magazines sur les régimes, des chaussures fabriquées dans les prisons, des capotes multi-formats, multi-goûts, des fringues, des modes, des périodes de soldes, des vigiles à l'entrée, des parkings payants, des campagnes onéreuses, des autoroutes à péage, des nuits en boîte de nuit, des jours au centre commercial, des yaourts comme faisait mémé mais au prix triplé.
On vend. On veut que l'on vende. Que l'on achète pour vendre. Que l'on travaille pour acheter. Que l'on achète pour que d'autres puissent vendre...
On vend des œuvres d'art dénuées de sens et de talent, on vend des livres qui racontent des histoires, des histoires de gens qui vendent, qui achètent pour que d'autres vendent. On vend des scènes de meurtre, de baise, de viol dans des films. On vend des chansons mièvres, des chanteurs moribonds de 20 ans, des Kurt Cobain et des Elvis Presley morts.
En Occident, on doit acheter la guérison de son âme en achetant des heures chez le psy, en partant trois semaines en Thalassothérapie, en tapant 36 15, tapez "psychiatrie"...
Et puis en Occident, on te vend des stages et des journaux pour t'aider à trouver du travail. On te vend des contrats pour que quand tu meures, et bah, ça sera bien. On vend... Tout, partout, tout le temps. On vend parce qu'on n'a rien à donner à personne, rien à offrir. Parce qu'à force de vendre, on est simplement devenu les zombies acheteurs, les assoiffés de biens compensatoires.
Quand je dis ça, ben je suis banal, crétin, je rabâche. Tout le monde sait ça. Blah blah blah. Un jour, je n'ai pas acheté. Je n'ai rien vendu. En montant les escaliers, je n'étais pas bien. Je me disais (je me rappelle de ça comme si c'était hier) qu'il n'y avait pas d'espoir. Que je ne comprenais pas pourquoi je ne parvenais à écrire que des trucs bien sombres. Que je ne faisais que faillir dès que je songeais à voir, analyser le monde avec un regard positif. Je ne savais pas pourquoi des gens voient, ou semblent voir tout en rose, malgré des conditions terribles, et pourquoi d'autres n'étaient capables que de voir tout en noir. Je me disais que penser de cette manière-là, c'était nul... J'avais ce quelque chose du petit garçon que j'avais été. Le petit couillon qui s'imagine qu'un jour il aura une belle vie, avec plein de bonheurs, plein de voyages, plus de misère, plus de pauvres, plus de méchants.
Arrivée devant la porte de l'appartement, j'ai hésité, puis j'ai sonné. Puis j'ai attendu. Puis j'ai sonné de nouveau. Puis j'ai attendu. Puis je suis entré. La porte était ouverte (J'ai senti que c'était un acte volontaire). Et j'ai crié : « Sofiane ?! » Pas de réponse. Et pour cause, il était étendu sur le lit. Le corps entièrement nu, tordu, pas serein. Pas net. Il avait une peau très brune, douce. Imberbe. Il était mort. Il était sans doute mort après avoir été pris par de violentes convulsions... Se tuer au détergent, c'est chercher à voir, à regarder sa propre mort en face. Moi ça m'a fait réfléchir, ce quatrième suicide de pote.
Ça m'a fait penser que je pouvais tout aussi bien m'adonner à mon activité enivrée préférée... J'ai appelé les flics avec son téléphone. Je leur ai dit que j'étais un de ses potes qu'ils aillent se faire foutre pour connaître mon nom. Que le plus important, c'était qu'ils viennent s'occuper du cadavre avec tout le vomi et les veines qui ressortent sur le visage tout le bordel simplement...
En picolant un whisky de merde, le soir, j'ai demandé à Elo d'arrêter de me sucer comme une truie. Je pensais déjà que ce pourrait être jouissif de m'éventrer un jour, un truc dans le genre... »
Je ne suis pas inspiré ce matin. Je trouvais ça bien de simplement retranscrire ce texte de mon frangin « dead »...
Andy Verol
Publié par hirsute à 11:13:56 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
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