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Andy Vérol, ne vous aime jamais

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Carnet n°7 - 19 décembre 1995 : Duno a gribouillé quatre visages sans bouffe. Frénétiquement, dans la marge. | 27 août 2007

Mon frère était loin d'être un génie. Deux jours après une note sublime et très poétique, il s'est lancé dans cette analyse boiteuse de la situation, en décembre 1995, alors que la France était figée par un mouvement social énorme. Disons qu'il vivait les choses à vif, et que son désir de mort chamboulait pas mal sa vision. Mon regard sur ce mouvement, à l'époque et jusqu'à maintenant, est qu'il s'est transformé en ultime vague mélangeant nostalgie des mouvements sociaux de masse et un corporatisme exacerbé d'une grosse partie des grévistes des transports. Je faisais partie du mouvement étudiant du mois de novembre qui, très rapidement a été absorbé par les grèves menées par des syndicats liés aux transports... Les étudiants ont toujours été pris pour des merdeux par les représentants syndicaux. C'est un fait. Et une erreur majeure. Le mouvement de décembre 1995 a été une demi-victoire pour une partie des grévistes, mais il a été aussi le point de fracture... Lorsqu'en mai 2007, j'ai vu les représentants syndicats plutôt satisfaits par la rencontre avec le nouveau chef de l'Etat, il est évident que nous étions en présence du cadavre de la lutte sociale... Ce cadavre ère depuis janvier 1996 dans les couloirs des ministères, des entreprises en brassant/ressassant l'inlassable litanie: "Nous sommes là pour défendre les salariés contre les ravages de la dérégulation". Ben voyons.

Je ne veux pas régler des comptes, mais presque. Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de taire un paramètre inadmissible de la pratique syndicale. Les derniers à être licenciés en cas de délocalisation sont les membres élus du CE... A méditer très sérieusement.

« De là où je viens, on ne cherche pas les derniers endroits à la mode, les trucs branchés, les coins à la cool. Dès que je sors du label, je me prends les bouchons monstrueux, amas de tôles en enfilade provoqués par ce gros mouvement social... Tout est bloqué. Chirac a réussi, en 6 mois de présidence à niquer tout.

Sans doute une des dernières fois de mon existence. Je le sens mal. J'ai déconné. Je sais. Mais si je me révolte pas, qui dans cette société de jeunes en quête de Grandes Ecoles, englués dans des rêves de vioques - être proprio pour pas payer de loyer pff pff pff, posséder une voiture pour pas se supporter les transports en commun, avoir une bonne situation, s'en foutre de la politique – et de vieux blafards, soixante-huitards embourgeoisés et autres droitistes fringués stylisés street ? Si Jacques refuse de signer avec le groupe parce que je l'ai simplement traité de « connard », je me tue. Tout simplement. Après ils diront que j'étais un junky, qu'en tant que gamin de la DASS et alcoolique notoire – ayant fait ses premiers pas dans Paris en faisant la manche entre la Place de la Bastille et la rue de la Roquette que ça fait un peu le « cosette » rock n'roll français des années 90 -  mon sort en était jeté. Incapable de m'adapter à un monde turbulent, en total ébullition et en mutation accéléré depuis la chute du mur, et bien moi, Duno, j'aurai failli, j'incarnerai l'ultime daube d'une époque révolue... Après moi, et quelques milliers d'autres, les musiciens, chanteurs, artistes de moins de 25 ans mimeront sans fin les postures de leurs aînés. Ils y ajouteront un peu plus de grossièreté et de vulgarité, pensant évidemment que c'est là que réside la provocation. Ils commenceront à faire des pipes à leurs copains à l'âge de 12 – 13 ans, ils s'essaieront à des expériences homos, à des séances de spiritisme, à des coiffures de con à base de gels ultra-chimiques fabriqués par des travailleurs minables de l'autre bout de la planète. Et ils croiront un peu en Dieu, au cas où l'abus de joints les mènerait dans les bras d'Saint-Pierre. Certains parents n'y comprendront rien. D'autres joueront les cools sous prétexte que 1 – Avec les jeunes d'aujourd'hui on peut pas lutter. 2 – Quand on était jeune, on a fait bien pire. Vision de pute de ces générations d'impropres à la retraite...

Je mélange. Je touille mes idées. Je ne trie pas. Les retraites, entre autres, c'est ce qu'ils défendent... Ils te bloquent toute la région et tu vois les chefs des syndicats dans des putains de salons dorés... Ils négocient dans des palaces ces trous du cul. Ils ont droit à un verre d'eau, trois petites conneries à bouffer, et ils ont les yeux qui pétillent d'admiration/haine en même temps... Ces syndicalistes sont incapables de défendre qui que ce soit... Ce soubresaut de 95 sera un des derniers. Ces cons sont des incapables dans le sens où ils n'ont pas les compétences de ceux qu'ils sont censés combattre. Ils n'ont pas les armes nécessaires. Beaucoup de dirigeants d'entreprise, les hommes politiques de haut niveau et leurs gros copains les journalistes des quotidiens nationaux, des chaînes de télé et des radios, ont des niveaux de compétence tels que ces leaders syndicalistes font l'effet de gamins enragés donnant des coups de pieds dans les tibias de Mike Tyson... Je suis mal placé pour faire la leçon, mais il est évident que les syndicats ne représentent personne, et sont une somme de forces contradictoires. La CGT frappe sur la CFDT qui frappe sur FO qui frappe sur la CFTC qui frappe sur qui frappe sur... Ils abandonnent les salariés. Ils ne sont que des forces d'opposition, et jamais des forces dévolution. Je suis plus en phase avec des forces de destructions telles Action Directe, les Brigades rouges, etc. La CGT a toujours sucé le PCF qui a sucé Staline. La CFDT a sucé le PS qui a sucé les grands patrons français (l'immense génie du capitalisme social est bien sûr ce beauf intégral, B. Tapis).

C'est un merdier. La machine s'affole. L'ordre du monde c'est : bouffe ton voisin, le passant qui passe, le clochard, le collègue. Bouffe tout le monde. Ou couche. Suce. Baise. Laisse-toi fouetter le cul...

Je songe à la manière la plus efficace pour crever. C'est idiot, mais j'ai peur de me jeter par la fenêtre, me poignarder... J'ai envie d'essayer un mélange de whisky et de médicaments... Des anxiolytiques... J'en ai déjà pris en fumant des joints. Je crois que mon père s'est tué comme ça aussi. En 1987. Je ne veux pas me rater. Je vais faire ça dans une suite, dans un palace. La porte fermée à clef.

Je vais faire ça. Comme ça. Ce sera bien. »

J'avoue utiliser cette retranscription comme prétexte pour régler les comptes avec les quatre organisations syndicales qui ont provoqué mon licenciement, et celui de 6 autres salariés. Donc pour l'heure, qu'ils crèvent dans leur médiocrité et leurs certitudes minables, ainsi que dans leurs mensonges...

J'en reparlerai.

Duno & Andy Verol

Publié par hirsute à 11:46:46 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

27-08-2007  19:13  27-08-2007 19:13
les seins d'yka  De  un chouka  Sujet:  les seins d'yka
les syndicats? mais tout s'achète mon chèr, il me semble ! du jour ou le fric a eu le droit d'aller ou il voulait, les gens du bas ,se sont fait foutre a la porte ,vu qu'ils n'avainent de fortune a invèstir a l'étranger,et ne pouvaient compter que sur le commèrce de leur travail ?

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