Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/
Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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Ce texte allie finement l'égo-trip à la l'analyse fumeuse vérolée.
En se penchant un peu plus sur le cas des écrivaillons, peinturlureurs et autres musicos, on est saisi par le statut qu'ils s'attribuent généralement: "Je suis différent des autres..." C'est pitoyable... Bon je me rappelle une ex qui trainait avec Philippe Léotard et Richard Bohringer... Ils se voyaient régulièrement pour picoler comme des trous dans l'coin d'Montmartre, comme tout artiste confirmé et enrichi qui se respecte (Tout comme il y a la Beaule pour les bourgeois parisiens, Sainte-Marie de la Mer pour les Gitans ou Davos pour les criminelles du G8). Le mec en avait dans le crâne lorsqu'il ne picolait pas. C'était un putain de mec calé. Disons que c'était ce que me racontait cette fille... Je faisais tout pour éviter ce monde. Ça ne me ressemblait pas. Comme je détestais le monde étudiant, je haïssais celui des artistes, des journalistes, des graphistes, de tous ces gesticulateurs de centres de mégapole qui chient plus haut que leurs culs, en général. Mon côté « agriculteur » et « ouvrier » n'est pas lié à une posture travaillée/harassante... Je suis né et j'ai vécu dans ces milieux de « ploucs » que détestaient ouvertement les artistes confirmés. Détester oui, avec des discours du genre « putain les gens sont vraiment des cons, ils votent comme des cons, qu'ils viennent pas pleurer ensuite. J'suis dégoûté, ils sont incapables de voir que c'est pas en virant les immigrés et en mettant des flics/ces/débiles/nazis à tous les coins de rue, qu'on résoudra les problèmes. Il n'y a que deux trucs essentiels pour sauver le monde : l'éducation et l'art. Parce que l'art, c'est ce qui donne un sens à l'existence. »
Et elle revint un jour dépitée. Presqu'en larmes, en tout cas bien écœurée.
C'est une période de ma vie où je cherchais un moyen de mourir sans souffrir, sans me louper. Si bien que je ne faisais rien. Je picolais. Quelques mois plus tôt, j'étais venu vivre à Montmartre pour rejoindre cette fille qui s'avéra très vite n'être qu'un cauchemar en jupe, et pour vivre à "Paname"... Cette vie était bien loin de celle qui m'habillerait correctement. Le ciel, tu le voyais mal. La foule, les pigeons pourris et les mouvements permanents de carcasses de transport te bouffaient la plante des pieds... ça grouillait dans les membres, la chair... Cette ville de merde, c'est une grosse salope qui te suce et s'arrête juste à l'instant où le sperme commence à affluer dans l'urètre (je crois que c'est la pisse qui passe par là, pas le sperme. Mais je ne suis pas spécialiste de l'anatomie du singe/debout).
Au début des années 90, à Paris, le processus de développement de l'industrie du spectacle, des arts et autres divertissements était bien avancé. Les gens bien inscrivaient leurs gosses à des cours de musique, de théâtre. Les jeunes se devaient de faire du sport ou de l'art. A l'art! Quel fourre-tout! Tout le monde commençait à se jeter dans ce filon parce qu'il était évident qu'il n'y avait plus moyen de becqueter grâce à l'industrie, la guerre, la culture de la terre, l'élevage de chèvres... Et puis c'était plus classe, plus prestigieux. Ça le faisait pas mal d'avoir "une vie de Bohême", de jouer dans une troupe de théâtre où tout le monde se fait des bisous et des "t'étais vraiment super", de peindre trois-quatre merdes dans un carnet au crayon (pour finir graphiste pigiste dans un magazine de mode de poufs), de gratter une guitare en braillant que la droite c'est pas bien, la gauche c'est pas mieux, au fond Il faut bien être amoureux... Je me suis vite aperçu qu'en fait, le but était de devenir célèbre pour "exprimer son art, faire passer un message, agir contre les désordres du monde, pour donner un sens à l'existence."
Mon univers artistique se limitait à trois conneries tapées sur une vieille machine à écrire (tu te niquais les doigts en les coinçant entre les touches C'était en 1993), à deux-trois défonces alcooliques avec celui qui deviendrait plus tard, le président du Groland, à regarder passer Daniel Darc avec un tas de bouteilles de bière sous le bras, assis dans le troquet qui finirait par accueillir cette conne d'Amélie Poulain. Je savais que j'étais un jeune con, avec une belle tête, une peau bien lisse, une façon de fumer des clopes un peu puérile. Et je vivais avec une abrutie avec qui je ne partageais que des engueulades et des soirées pathétiques à la Loco.
Elle ne sanglotait pas, mais elle était mal. Niveau sexe, elle était bloquée, pour des raisons bien cradingues (Un tas de filles se font « pécho » par des mecs durant leur enfance. Le phénomène est gigantesque en fait. Papa, tonton, grand-père, cousin, voisin, etc.), si bien qu'elle fut plus affectée encore, encore que moi, ça m'aurait sans doute bien fait mal à mes certitudes. Bref. Philippe Léotard l'avait invité chez lui. Il était bien bourré, comme à son habitude, et a tenté une approche grosse langue dans sa bouche de jeunette. Elle s'est assise dans un fauteuil. Et lui dans celui d'en face. Ça devait être comme une grosse journée déchirée. Ces jours où tu ne sais plus vraiment pourquoi tu parviens à mouvoir ton corps. L'air est aqueux. L'air respiré est brûlant. Le ventre qui gargouille d'angoisse. Les mains qui tremblent. « Qu'est ce que je fais là ? Je ne peux pas sortir de là. Je suis en prison... » Comme muré dans un handicap, mais un instant seulement. Elle était claustrée comme ça. Empiégée. Philippe était le frère d'un homme politique de droite de première ordre, un de ceux qu'on appelait les « jeunes loups » (Sarko faisait parti de ce pack de sots inquiétants)... Mais Philippe sortit sa queue de son froc. Sa queue mi-dure, un peu gluante, ... et se mit à la branler frénétiquement en la regardant, cette fille. Se branler de plus en plus vite, et plus fort. D'une voix colérique et tremblante, il lui lança : « Tu vois c'que tu m'obliges à faire salope ?! » Elle resta impassible... jusqu'à ce qu'il éjacule en gouttelettes à peine blanches, sur ses mains, son froc, son slip, le frein de son gland... Elle partit sans attendre. Sans un mot.
Quand elle acheva sa petite histoire, j'avais le vertige. Nous étions au plus mal. Notre histoire était vaseuse, foireuse au-delà de tout. Léotard avait fait ce truc et j'eus une pensée très précise, à ce moment-là : « J'espère que je pourrai faire la même chose que lui, à son âge... Quand je serai un artiste célèbre... »
Quelques jours plus tard, je quittais Paris, Montmartre et toute cette vie de Bohême de merde, des artistes, des excités des transports, des touristes à la con, etc. A l'époque, on ne parlait pas de « bobos », mais de la gauche caviar...
Je sais pas pourquoi je dis ça.
Je ne sais pas pourquoi je raconte ça. Je ne vous aime jamais. Et toi?
Andy Verol
Publié par hirsute à 11:46:03 dans Andy Verol | Commentaires (2) | Permaliens
Nous ne pouvons prétendre connaître un rapport d'égal à égal. Nous ne pourrons pas prétendre à ça. Nous n'accepterons pas... Nous allons juste respirer un morceau de paix et de vie, trois jours... Seulement.
A.V.
Publié par hirsute à 23:19:13 dans Andy Verol | Commentaires (3) | Permaliens
Alors je prendrai trois jours en dehors de la peau d'Andy Verol, pour me régénérer... chez Vidal... Avec Verge...
A.V.
Publié par hirsute à 23:15:19 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
C'est pitoyable.
A.V.
Publié par hirsute à 23:13:00 dans Andy Verol | Commentaires (1) | Permaliens
Dame oui. Donnez la petite pièce messieurs dames pour avoir le droit de shooter dans les poules puantes. Les branchages et les orties ont tout envahi, ça repousse tous les quarts d'heure un cauchemar. Tu claques toute ta tune en essence, le pompiste ressemble à un mix entre Renaud et Derrick. Les chasseurs ont le visage rougeatre, ravagé de cratères et de veines ayant explosé sous la pression de l'alcool frelaté, celui qu'on transporte dans des sacs en plastique et qu'on boit dans les caves. A part ça tout va bien. Des kermesses sont régulièrement organisées, tout le monde met ses gosses dans le privé, les tarlouzes sont impitoyablement executées à coup de fusil de chasse.
Vidal
Publié par hirsute à 11:31:04 dans Vidal | Commentaires (1) | Permaliens
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