Sortie du premier roman d'Andy Verol,le 02 avril 2008: Les Derniers Cowboys français. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
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Sans doute le meilleur roman de Franca Maï, L'Amour Carnassier. Infos ici: http://www.francamai.net/
<< Vérol, un mixeur. Mixer des textes, quotidiennement et tenter, au fur et à mesure des mois passant, dément, devenir un produit. | Carnet n°7 de Duno - 05 décembre 1995 - Branlette contre le stress. | "Le spectacle de la cruauté" de Franca Maï >>
Je retranscris ici un texte de Duno sur lequel j'étais complètement passé, parce qu'il est quasiment illisible. Afin d'essayer d'en faire quelque chose, il a fallu que je cesse de me planter devant l'ordinateur (me "dézombéifier") , hier, et me jeter sous ma couette avec le carnet n°7. Je ne sais pas pourquoi, mais ce texte tout infect à lire, m'a interpellé.
Très souvent, Duno, quand il rentrait de concert, défoncé, fini à je ne sais quelle dope, se mettait à raturer plus qu'à écrire dans ses cahiers. Cette fois, et ça fait souvent cette impression quand on regarde des pages d'écriture d'assez loin, j'ai senti que ce bordel en était un faux, et que dans ce faux bordel, il y avait encore de ce Duno fulgurant et cru. J'adore. Nous sommes en décembre 2007, ça ne fait que quelques mois que je me penche sur les textes de ce frère que je n'ai pas connu (en tant que tel) et je me dis que nous nous ressemblons de plus en plus. Les gènes de la colère existent-ils? Et sont-ils transmissibles entre les générations? Je vais demander ça au grand spécialiste de la question Brice H., ou comment un fils de pute transpire la connerie à travers les pores de la peau de son visage. Je m'égare, encore une fois. Place au très regretté et rock n'roll Duno, my brother!
Carnet n°7 - 05 décembre 1995 - Duno a écrit en rouge "qu'ils aillent se faire mettre les conducteurs!"
En ce moment, le truc que j'ai trouvé pour monter sur scène sans trop stresser, c'est me branler dans les loges. Les années passent et je ne sais plus très bien qui je suis. Je ne sais plus ce qu'est la pudeur. Mon esprit est englué dans une noirceur pas belle, pas confortable. Parfois, mais parfois seulement, je peux me lever en me disant que tout ça est impossible, que je ne suis pas le chanteur de ce groupe de merde, que je vais prendre un train pour aller bosser, me faire chier toute une journée comme ces milliers de cons qui viennent nous voir, galèrent à trouver les thunes pour venir me voir brailler dans un micro. Merde. Je me branle donc en loge pour décompresser. Faire gaffe. J'ai la main lourde quand il s'agit de grimper sur des groupies. Il me faut être méfiant, essayer de ne pas trop approcher une gonzesse de trop près. Alors je me paluche, qu'il ait ou non des gens dans la place. Certains s'en foutent, mais d'autres sont sciés par ça. ça n'est rien. C'est une bite pressée entre quelques doigts.
En novembre, nous jouions dans le sud-ouest, à Biarritz. Plus de 2000 spectateurs, et un matos bien puissant. Le public était essentiellement constitué des rebelles-fils-à-papa, les surfers, ces beaux gars et leurs gonzesses hyper fans. Bien sûr, j'étais stressé. L'angoisse. Ces sales cons de surfers sont des connards, des suceurs de grunge, des petits bourges sans idée sur le monde qui passent leur temps à poser, à imiter la rebellion. Ils allaient me gonfler avec leurs cheveux, leurs belles dents et leurs "bring the noise" de tapettes... Une branlette. ça, c'est ce qu'il me fallait. Mais l'alcool et l'héroïne ne favorisent pas la libido. Si je ne prenais pas toute cette saloperie, j'ose même pas imaginer le trac. Pour m'aider, j'ai demandé à une meuf qui trainait dans les coulisses, de bien vouloir m'aider. "Tu vois ma chérie, je te baise pas. Juste tu soulèves ta jupe, t'écartes ta culotte et je mate ta chatte." Elle accepte sans broncher. Il y a pas mal de personnes qui circulent, mais ils ne font pas gaffe à ce que je fais. Le jeu est assez excitant. Une soumise qui s'exhibe, c'est le top. Je commence à faire mon affaire. C'est bien. Je m'en rappelle encore. Relax. Pas tendu. ça serait suffisant pour monter sur scène.
C'était sans compter sur Mohammed, l'un des organisateurs du festival. Celui-ci, évidemment, avait un backstage et faisait pas mal le malin. Le mec qui côtoie des artistes célèbres et qui en abuse. Sans doute, en trainant dans la salle de concert, a-t-il repéré la minette. Il se trouve que la fille n'avait que 15 ans. Alors lorsque que Mohammed lui a demandé si elle voulait aller voir les artistes en loge (sans aucun doute pour se la baiser dans la foulée), un bonhomme, 1m90 au moins, cheveux long, style surfeur, mais de quarante piges, a surgi et proposé de les suivre. Mohammed a sans doute refusé "Je ne peux pas faire entrer trop de monde derrière, vous êtes qui vous?" Et le grand vieux branché, sans nulle doute de lui lancer: "Je suis le papa". Et voilà comment on organise un scandale. A ce moment-là, il y avait un journaliste de Rock n'folk. Le mec s'en fout de me voir faire mon affaire en matant la chatte de la pute. Il attend que je sois prêt pour une interview express avant de monter sur scène. Là, Je sens que je vais éjaculer. J'ai le falzar et le calbute aux pieds, les cuisses bien écartées, complètement aux anges, quand j'entends un "Oh putain de merde!" Je vois, à l'entrée de la loge, Mohammed, la face déconfite, une jeune meuf toute mimi et un gros costaud d'un certain âge... Merde. Je sens tout de suite l'embrouille. Ce con d'organisateur se sentait trop maître à bord. En fait, c'est un moins que rien qui n'organise des concerts que pour sauter des gamines (ce qui ne me pose aucun problème). Tout de suite, le grand repousse la petite qui a la bouche grande ouverte de surprise. Ma pute range sa zezette et le grand daddy, après avoir dégagé sa progéniture, se rue sur moi en hurlant je ne sais quelles conneries. Les coups pleuvent sur ma gueule. Le mec est massif et semble être un expert en cassage de gueule. J'apprendrai plus tard qu'il était un des flics municipaux du patelin. Pas méchant le mec. Mais trop réactif. Ce jour-là, je n'ai pas chanté. C'est le guitareux qui m'a remplacé. Le public était furieux. Le groupe a été hué du début à la fin. Malgré cette lourde expérience, je n'ai pas cessé les branlettes décontractantes. Et je n'ai pris aucune mesure de sécurité. Si par mégarde, un organisateur me ramène encore une fille à papa, je lui pète la gueule, prends mon cachet et me barre.
On est en décembre. C'est gravement la merde. Il y a des grèves qui paralysent tout. ça nous empêche de circuler tranquille. Il faut se coltiner des bouchons infinis en région parisienne. Ce que je vois, c'est que les mecs de
Il y a Seb., avec qui je me bourre régulièrement la gueule. Seb, c'est un anarcho. Il m'en a bien parlé. Et j'ai trouvé ça intéressant. C'est pas con l'Anarchie. C'est le système le moins con dont jai entendu parlé. Si j'avais un camp politique à choisir, si j'avais pas la tête pleine de merde, de dope et d'envie de baise, si la politique m'interessait vraiment, je crois que mon breuvage idéologique serait l'Anarchie. C'est mon truc. Alors ces fonctionnaires, je comprends pas leur mouvement. Ils ont "signé" avec l'Etat. L'Etat, c'est leur patron et basta! Ils ne sont pas si mal payés pour la plupart. Ils ont un taf à vie. Alors qu'ils ferment leurs gueules... Moi, si je faisais de la politique, je serais pote des mecs et des meufs d'Action Directe. Je me leurre pas. Les fonctionnaires, s'il y avait un coup d'état, ils te les déporteraient encore les juifs, ou les immigrés, ou je ne sais quel bouc émissaire... Quand t'as une conscience, tu deviens pas le chien d'un patron ou de l'Etat. Tu te démerdes, tu te prends en main, et tu craches à la face d'un système qui n'est fondé que sur les "Master/Slave Relationships".
De toute façon, tout me fait chier. Je vois plus la différence entre un troupeau de vaches et des foules de connards qui s'engouffrent dans des trains, le matin, pour aller bosser... Je vais pas le faire chier longtemps ce monde. Je sens que je vais pas le faire chier longtemps ce monde.
Duno & Andy Vérol
Publié par hirsute à 10:35:44 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
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