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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/
Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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©Arturo B - Tunnel of love - Novembre 2007
Des paquets de Kleenex au fond de mes poches, j'avance en imaginant des voitures fantômes qui me rouleraient sur le corps. Le coeur. La peau. Les pipes sans être vu sous les lumières blafardes du tunnel emprunté, seulement, par de gros camions qui flatulent des fumées d'échappement asphyxiantes...
Un semi-remorque freine brutalement et se range sur le côté. Ecrase quelques cagettes jetées là par je ne sais quel porc. Je suis un homme de 35 ans. Un homme qui avait toujours travaillé. Un mec bien on disait, qui gagnait son salaire, s'investissait dans chacune de ses missions.
Puis voilà. Tu sais la suite. C'est sûr. Le changement d'une direction qui voit, soudain, dans toi, dans ta dégaine, dans tes méthodes, tout ce qu'il ne fallait pas faire.
Le Kleenex social, le chomedu en tête et la détresse des jours qui passent sans nom (comment savoir si l'on est vraiment lundi ou mardi puisqu'ils gesticulent tous de la même façon, sans distinction).
Un mec normal avec un jean, un gros pull. Des baskets. Un shorty noir souple et doux, qui regarde approcher ce bonhomme, ce routier au gros bide, moustache noire drue, rèche, le corps petit, trapu... Un type de 35 balais pas beau, au chomedu, sans le sou, ou presque, heureux aux xanax et joyeux à l'alcool. Le routier sert la pince fermement. C'est douloureux aux phalanges. Il donne un regard à droite puis à gauche dans le tunnel. Nous allons derrière le benne verte. Il ouvre sa braguette et sort une queue courte très large et courbée sur la gauche. Je pense aux "Nuits fauves" que je n'ai jamais vu. Je pense que pomper cette bite odorante n'est pas pire que de faire un sourire à cet enflure de mec qui m'a permis d'être viré comme une merde. Et en le suçant le routier qui grogne, j'essaie de me rappeler la date à laquelle je dois envoyer ma facture de téléphone... Je pense aussi, en léchant ses boules, que je pourrais mettre, peut-être un jour, du rouge à lèvres pour changer un peu le côté amer ou piquant de ces routiers rustres.
Il éjacule sur ma gueule. Remballe sa queue. Balance trois billets de vingt, tourne les talons, et retourne d'un pas mou, dans la cabine de son poids lourd.
J'essuie ma gueule avec un Kleenex... Je ne veux pas raconter une histoire de cul... Je veux juste dire que la vie ressemble à toutes les familles, toutes les nations, tous les collectifs: c'est aussi humiliant et excitant qu'une giclette de sperme dans la gueule... Pour quelques billets.
Au supermarché, ils font des promotions sur les jouets en bois. Ben voilà. Y a rien. Je n'ai rien à dire.
Vous êtes tous membres du tunnel de la love...
Andy Vérol
Texte élaboré sur la base de la collaboration avec Arturo B: http://arturob.hautetfort.com/
Publié par hirsute à 21:56:22 dans Arturo B. & Andy Vérol | Commentaires (2) | Permaliens
©Andy Vérol - 2007
En attendant que "l'inspiration" me revienne un peu, voici un texte de Vérol qui fait son petit chemin dans les artères parfois bouchées ou encrassées du réseau mondial Internet. Ma lettre à Guy Môquet semble être l'une des réponses à la démagogie et l'ignominie d'un homme que certains français ont choisi pour président. Celui-ci, en l'espace de quelques mois, est devenu l'ami proche des pires pourritures de la planète: Kadhafi, Bush, Poutine, le président T'Chadien, celui de Chine... Où est-il le premier homme de ce pays de cons qui fustigeait les ignominies, faisait honneur à un Mandela et tant d'autres de combattants de l'Humanité? Où est-il ce monde, pas moins vorace, pas plus juste, pas plus censé, mais où la France et une partie de son Peuple semblaient pouvoir savater les ardents mercenaires de l'argent-roi, des médias-chiens? Où se trouve l'espace d'expression légitime, fiable et efficace pour laisser hurler les voix de l'alternative, du désir de justice, de la lutte contre les pouvoirs, tous les pouvoirs qui éclopent les "presque-tous" pour les "tout-entre-leurs seules mains"?
Il n'y a plus de temps à perdre nous dit-on... Et pourtant, si j'affirme et gueule à la face des gens, y compris ceux qui se disent "gentils" (allez voir ces niais de militants du Modem, les non moins propres-sur-eux du parti socialiste, les braves gens, les gens honnêtes qui eux, ô grand jamais, ne brûleraient de bibliothèque, eux qui ne sont pas racistes, pas nazis, compatissants, voyons...), ils me disent que ce n'est pas comme ça que je pourrai me faire entendre, qu'il faut les respecter, qu'il ne faut pas être grossier. Pour ça je vais raconter un petit morceau de ma vraie vie. Une période où je bossais dans des établissements scolaires où les élèves souffrent de n'être que la merde des médias et des politiques de droite et de gauche en France. J'ai eu affaire à des élèves qui, à 16 - 19 ans, étaient encore en 3ème, au collège, shootés au shit dès le matin. Certains de ces élèves, dans les premiers jours de mon arrivée, ont tenté de me brutaliser. Simulation de "balayette"et de coups de tête, coups d'épaules, insultes ("Vas te faire enculer sale file de pute" par exemple). Certains des élèves étaient mastocs, des costauds, filles ou mecs et étaient vraiment sous tension. Ils avaient en eux la puissance incontrôlable de la colère sans frein. Je ne parle pas de ceux qui s'enfermaient en eux et coupaient toute forme de communication avec "l'autre".
Bref, j'écrirai là-dessus un jour. Je l'écrirai pour cracher à la gueule des gouvernements qui se succèdent depuis des années, cracher à la gueule de ces majorités silencieuses, lâches et souvent perverses, souvent bien éduquées, en partie la même qui en 1940 accepta sans sourcillier le sauveur, Pétain. Je le dis. Devant ces élèves et la tension particulière que j'ai eu à subir physiquement et moralement durant quelques semaines, je n'ai pas bronché. Je n'ai rien dit. Je n'ai pas fait comme tous ces cons de flics ou certains de ces profs bien "sous tout rapport", je n'ai pas exigé de ces élèves un respect qu'ils auraient du me devoir. Non. Et je le promets. Ils étaient des enfants, des jeunes gens qui avaient besoin, au contraire, de respect. Ils avaient besoin qu'on les respecte. Avec autorité oui, avec force, avec tenue, prestance, parfois du courage. Mais du respect que je leur devais pour toutes les souffrances qu'ils subissaient, et leur incapacité à endiguer une colère parfois dangereuse, souvent dangereuse. J'ai donc pris le temps, jour après jour, de leur donner tout le respect que je leur devais... Simplement. Et puis peu à peu, alors on a réussi à bosser ensemble. Et même très bien.
Mes colères sont le fait, d'une écorchure profonde, intérieure, interne. Je ne m'étalerai pas là-dessus. Elles sont aussi le fruit de mes yeux grands ouverts sur le monde et sur sa direction, cette cohorte de possédants, de dirigeants, de maîtres, de démocrates communiquants et autres élites manipulatrices...
La lettre à Guy Môquet écrite en réaction à cette initiative puante d'un président infect avait aussi cet objectif. Sans prétention. Sans visée particulière. Mais cette lettre trouve un écho, et tant mieux. Elle permettra à certains citoyens actuels bien aveugles d'ouvrir voire d'écarquiller leurs yeux plein de cette merde qu'on appelle la connerie...
C'est ma façon à moi d'écrire et d'exprimer mes idées. Je me fous de la politesse, tout du moins celle qui consiste à montrer une marque de respect aux gens de la classe moyenne et bourgeoise, en Europe, en France en tous les cas.
Une dernière chose, pour nombre d'âmes égarées, la lutte pour le pouvoir d'achat est un suicide intellectuel, social, économique et environnemental. La lutte, c'est tout autre chose. La lutte, c'est sortir impérativement de ce système politique et économique qui nous bousille tous.
La lettre à Guy Môquet s'est répandue sur de nouveaux sites.
Ici:
Publié par hirsute à 16:04:26 dans Textes publiés ailleurs | Commentaires (1) | Permaliens
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