Sortie du premier roman d'Andy Verol,le 02 avril 2008: "Les derniers cowboys français". Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
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Sans doute le meilleur roman de Franca Maï, L'Amour Carnassier. Infos ici: http://www.francamai.net/
<< Tu marcheras droit | Tu es ma chair à canon, ducon | To be... un mec qui dit >>
©Andy Vérol - Le corps, pas le cul. Le feu fouette - Janvier 2008
Il neige ici. On s'en fout. Je reste cependant sceptique lorsque j'entends dire que tout initiative au sein d'une association suffit à te rendre bon, te rendre responsable du sort des autres... J'ai un gros doute là-dessus. Quand je servais des cafés à des types et des femmes ruinés, aux Restos du coeur, j'avais plutôt l'impression de faire le petit pansement à bobos... Je ne me sentais aucunement utile. Oui, si c'est sûr, ça leur faisait chaud au coeur que je leur parle, que je me soucie de leurs problèmes. Ils aimaient qu'on se parle d'égal à égal et tout. Mais je ne sentais pas d'utilité fondamentale à faire ça. La société, tout autour continuait à générer de la misère et des fortunes colossales. C'est bien de s'investir dans une association, d'agir. On en sort sans doute grandi, je n'en doute pas. Moi pas. J'ai terminé la saison à la fin du mois de février et j'étais désespéré. Je savais que je n'avais servi à rien.
S'il suffisait de chanter une chanson, faire la conversation ou donner une boîte de haricots à des pauvres pour les sauver, pourquoi ressentirais-je plus que jamais la sueur infecte des puissants dégoulinants sur les crevards comme une attaque en règle à la dignité, à la justice, à l'Humanité? Pourquoi je continue à être plein de rage? Pourquoi je ne sers à rien? Pourquoi suis-je lâche au point de n'être qu'un bénévole compatissant dans une association à becquetance pour homeless? Plutôt que de faire sauter le bureau d'un préfet et prendre le maquis? Pourquoi sommes-nous tous des couilles molles à ce point? Pourquoi sommes-nous de zigouillards aux grands coeurs? Des révolutionnaires à deux sous? Des gueulards en manif genre: "Non à la misère!"? Il n'est plus un jour où je ne me dis pas qu'il vaudrait mieux être complètement torché pour ne pas se voir lucide dans un miroir. Je dis quoi là?
Il n'y a rien à faire. Si le système perdure, les conneries de ce genre continueront... On soulagera un instant les souffrances, un peu comme si l'on carrait une pipette à morphine dans la main d'un SDF. Histoire qu'il s'évanouisse, un instant, du temps qui sent l'inéluctable fin...
Se défoncer alors. Distribuer toutes les réserves d'alcool du pays, à tous ceux qui souffrent. Les déchirer jusqu'au coma éthylique... Je tourne en rond, dans ma médiocrité... Je parle comme ces gens qui ne veulent pas la peine de mort, "sauf pour ceux qui tuent et violent des enfants".
Alors ok, les mecs. On fait ce que vous avez dit. On remet la peine de mort pour les pédos. Mais cette fois, c'est vous les bourreaux. Pas de mecs payés pour ça. Tu vois le gars s'approcher du pédophile au milieu de la place du village. Et le mec lui donne des coups de barre de fer dans la gueule jusqu'à ce qu'il meurt. T'as un gros silence autour. Les habitants qui sont venus voir la mise à mort du salaud de pédo, sont mal à l'aise... Il y a du sang, des viscères, des os du mec répandus tout autour du bourreau bénévole.Tu as des gens qui commencent à pleurer, d'autres à gerber. Le bourreau à plein de sang sur lui. Même le médecin légiste est au bord de l'évanouissement.
Il pleut bien. Le sang devient rose dans les "flops"... Les grumeaux. L'écume d'hémoglobine. Les gens qui s'étaient pointés pour voir s'en vont, écoeurés... C'est bon, on a rétabli la peine de mort, que pour les pédophiles. Paraît que, quand même, les types qui battent et violent leurs femmes jusqu'au sang, faudrait au moins les corriger à coups de bâton dans les couilles. On remet ça, on amène le suivant. Serge, 47 ans. Chômeur depuis 6 ans. A battu sa femme à mort. C'est Patricia, sa voisine, qui va lui infliger les coups dans les testicules. Elle est un peu refroidie par ce qu'elle a vu juste avant. Elle ne sait plus très bien si on a appliqué une peine ou si on a crevé, comme des criminels, l'amoureux des gosses...
Deux flics tiennent le tortionnaire de sa femme. Il gueule comme une merde: "S'il vous plait! Non! S'il vous plait! Je suis désolé, je m'excuse." Tout le monde est un peu chrétien dans ce monde, et pourtant les gens se refusent à pardonner... La Patricia s'avance. C'est le substitut du procureur qui lui donne le baton. Elle a les yeux tout rouges. Elle renifle. Elle retient ses larmes. Mais bon, elle est présidente locale de l'association qui lutte contre les violences faites aux femmes...
L'autre gueule comme un cochon. Le substitut dit: "Allez Patricia, qu'on en finisse. ça n'a que trop duré". Les gens venus reluquer mettent leurs mains sur les yeux. ça sent le sang de l'autre encore. Des flics tournent de l'oeil... Patricia frappe dans les couilles du couillon. Hurlement. Puis encore une fois. Direct. Précis dans les burnes... Puis, comme prise par la rage, Patricia lui inflige des coups en rafale qui finissent par le faire taire, le mettent à terre, le salaud...
Quand le substitut pose sa main sur l'épaule de Patricia, pour qu'elle cesse, il remarque le sang presque marron qui ruisselle entre les cuisses du bonhomme, dans le tissu de son pantalon kaki... Patricia est asphyxiée, hystérique... Les gens la regardent amèrement. Ecoeurés.
A suivre... Ou pas.
Andy Vérol
Publié par hirsute à 01:21:45 dans Andy Verol | Commentaires (1) | Permaliens
03-01-2008 18:00
De Maghnia Sujet:
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