Sortie du premier roman d'Andy Verol,le 02 avril 2008: "Les derniers cowboys français". Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
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Sans doute le meilleur roman de Franca Maï, L'Amour Carnassier. Infos ici: http://www.francamai.net/
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Ses doigts se cripèrent sur le métal de la table d'interrogatoire.
"Alors Carlos? Tu a réfléchis à ma petite proposition?"
Carlos fixa Jacques avec insistance. Il faisait vert dans la pièce. Partout dans le monde, il commençait à faire vert. Il y avait des gens qui restaient des heures au bord de la mer à regarder les vagues s'écraser sur les galets. Carlos pensait qu'ils vivaient tous dans un monde vert, avec des corps verts, des voix vertes, des pensées vertes. Des flics verts à l'entrée de la grande préfecture verte. Les cadavres verts dans la chambre froide verte. Les enfants verts que l'on dorlote là, les enfants verts qu'on frappe là, qu'on installe devant des métiers à tisser, verts.
"Je t'ai posé une question.
- J'accepte la proposition Jacques...
- Ok. Tu seras libéré dès que tu auras parlé"
Ses pensées étaient vertes obscures. Les vacances ailleurs, les temps où l'on prenait des avions à pétrole pour aller se brûler sous les soleils des ailleurs. Les maisons qu'on s'achetait avec des cuisines équipées, des télés, des buanderies. Des salades vertes dans des saladiers, posés au centre de la table de jardin. Les couverts dressés, l'odeur de la viande grillée et des enfants qui courent, crient qu'on appelle. "A table!"
Carlos se leva et s'approcha de Jacques. Il blottit sa bouche près de l'oreille gauche et chuchota: "Mes enfants vivent chez Louise, une amie... Elle possède une maison dans les Iles rouges."
Carlos avait donné ses enfants à l'administration, pour revivre la liberté. Il ne se sentait pas de rester 20 ans, enfermé dans une pièce de 9 mètres carré. Il se sentait de vivre sans ses enfants, mais libre. Il avait déjà abandonné sa femme au suicide. Il avait laissé sa mère mourir d'un cancer, à l'hôpital de banlieue.
Il était bientôt libre. Le monde vert allait de nouveau lui sourire. Il allait boire, jouer dans les tripots qui pullulaient à la frontière de l'Etat. Il aurait des femmes. Il aurait des belles voitures, quelques costumes et de bons vins. Il pourrait terminer son roman...
Juste avant de passer la frontière, il regarderait, une dernière fois, ces millions de quidams accrochés aux parois des immeubles... Le regard de ses enfants qui chialeraient dans une camionnette policière...
Le côté vert de la liberté...
Andy Vérol
Publié par hirsute à 15:43:04 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
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