Sortie du premier roman d'Andy Verol,le 02 avril 2008: "Les derniers cowboys français". Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
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Sans doute le meilleur roman de Franca Maï, L'Amour Carnassier. Infos ici: http://www.francamai.net/
<< Mais putain Vérol! | Et la petite lueur dans le regard. T'as cru que c'était le titre ou quoi? | Penser à ne plus penser >>
Je touche les draps. ça me fait un mal de chien toute cette matière moelleuse, cette douceur, ce confort de folie. Le soleil redevenu l'ami qui baigne la pièce tout entière... Une baie vitrée géante, des draps, un matelas. Une pièce blanche. Une chambre.
Nous avons dormi dans les détritus. Nous nous sommes enivrés aux odeurs de pisse, de merde, de produits toxiques et de corps décomposés. Et j'appuie juste sur le bouton de la télécommande. L'écran plat passe de nuit à images en turbulence. Les émissions de télévision, et les informations, les visages propres, bien propres, ... Les voix. Des textes lus avec précision. Je suis avalé par cette chienne de télé.
Malik aurait aimé renaître avec moi. Il y a des engins militaires qui tirent. Il fait bon dans la pièce.
La télé. La télécommande. Que ça de vrai. Que ça. Plus rien d'autres. J'entends des "eh viens voir putain l'enfoiré il a un putain d'jacuzzi, j'lui foutrai un uzzi dans la gueule à c'fils de pute!" Je zappe à mort. Je veux pas qu'on fasse du mal à Vérole.
"Polo! Chien d'portos! Viens là putain!" Il se pointe en sueur, en transe. Il est submergé par le trop-plein de confort.
"T'as trouvé à bouffer?"
Il me jette un morceau d'viande crue. La crue d'viande dans ma gorge, dans mon estomac. Inondation d'viande crue fraîche fixée malaxée dans mon estomac. Remise en route. J'dégueule. Polo est allongé à poil à côté d'moi. Il zappe et se triture la bite. Il essaie de la faire fonctionner. Mais fonctionne plus nos corps. Plus rien. Toutes les pièces de nos corps/viande sont vidées de leurs fonctions premières. On marche comme si l'on avait des fractures des tibias et des ch'villes combinées. On déglutit à la façon de phoques asphyxiés. On tremble. On tousse pas, on dégueule l'air. Expectorations piteuses de glaires et de bribes d'peau, d'sang, v'nus d'on ne sait où... "Arrête d'zapper Polo... J'veux r'garder ce jeu où ils gagnent des thunes à avaler des rognons en enfilade. Faut pas qu'on soit méchant avecHan! Polo a une semi-gaule d'pute. ça r'tombe direct. Et le poignet avec. "J'ai pas bien mon vieux. On fera ce que tu voudras du... véro..."
Extrait de Mon Usine, la suite... Roman qui sera achevé en 2008 (mais quand exactement?)
Andy Vérol
Publié par hirsute à 21:54:57 dans Andy Verol | Commentaires (1) | Permaliens
02-02-2008 20:16
De Arturo B. Sujet:
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