Sortie du premier roman d'Andy Verol,le 02 avril 2008: Les Derniers Cowboys français. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
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Sans doute le meilleur roman de Franca Maï, L'Amour Carnassier. Infos ici: http://www.francamai.net/
<< Chez nous, Bobby était pauvre et sentait l'pipi | Jacques Attali, c'était Robocop déguisé en Charles Ingalls | Il est ton p'tit Ricard après l'suicide raté >>
Aux alentours de 1983, nombre d'adultes commençaient à faire la gueule. On comprenait assez vite que les années Mitterrand ne ressembleraient finalement pas à une chanson d'amour. Dans tout l'attirail mis en place pour faire illusion auprès des ouvriers commençant à sérieusement croupir dans le chomdu dans les bassins industriels, il y avait des personnages à la mord-moi l'fion comme Jacques, Jacquot (une sorte de Jacquouille avant l'heure comme dans l'navet avec Clavier l'mauvais visiteur et Reno cette tête de pine qui joue la dure avec des lunettes noires argh !), l'Attali, l'Attila sans l'cheval et la bravoure fougueuse du guerrier sanguinaire... Une cohorte de mecs qui te prédisait l'avenir du progrès (forcément technologique et bienfaisant) avec une voix posée, paisible, des phrases bien faites, des beaux costumes bien "rech", des binocles hors de prix et les coiffures furtives de p'tits mecs qui-savent-mieux-que-toi-ce-qui-est-bon-pour-toi-et-ta-mère-et-ta-femme-et-tes-gosses. Ce genre de mecs tu ne les vois jamais trainer leurs guêtres dans les patelins sinistrés par le chômage. « J'ai conscience du malheur subi par les gens mais ça ira mieux grâce à une économie de marché à visage humain ». A te faire plier en douze jusqu'à l'arrêt cardiaque les millions de naufragés de
Mine de rien, son discours était efficace. Sous la coupe d'un président qui en jetait pas mal façon gauche monarchiste, l'Attali distillait, lumineux, ses idées, ses verrous, ses cloaques idéologiques... Il construisait une sorte de barrière blindée autour des utopies et des fous désirs de libération des personnes socialement victimes d'un système capitaliste ouvertement criminel.
Il proférait (et continue encore) des principes idéologiques purement infects sans que personne n'ose l'interrompre, dans les milieux « autorisés », de peur de passer pour un con. Il suffisait pourtant de mettre le mec aux oubliettes, lui dire qu'il n'était qu'une huître capitalisto-socialiste de plus et basta... Mais non.
Nous avions un maire assez inconsistant qui dirigeait, de main molle, la déliquescence de la ville postindustrielle (c'est excellent ce terme « post » que j'utilise aussi à outrance, qui ne signifie simplement qu'une chose : mort. Une société postindustrielle est une société morte... On utilise « post » parce qu'on n'a aucun mot qui pourrait qualifier un système « termitien » hyper-poussé)... Nous savions que le mec qui dirigeait vraiment notre trou, c'était Jean-Pierre M., un docteur en gynécologie, qui avait fait bâtir sa petite maison dans la prairie avec
Jean-Pierre M., c'était notre Jacques Attali local, le mec pas élu, ne se mélangeant surtout pas à la lie du patelin, et passant son temps à dire posément au Maire, durant les fêtes privées qu'ils s'organisaient en toute discrétion (tout en faisant en sorte que tout le monde le sache a posteriori) ce qu'il fallait faire pour insuffler de l'optimisme, de l'espoir et de l'amour à tous les trous du cul paumés que nous étions à ses yeux. Le mec passait ses journées à trifouiller les chattes des femmes de chômeurs et dispensait des cours d'idéologie minable au maire : « L'économie de marché est la seule voie, mais il est vrai que parfois, elle engendre des malheurs. Nous devons tendre à améliorer le système pour qu'il ne laisse personne sur la touche, même si ce sera long et difficile ». Sûr que s'il avait dit ça en face d'un de mes voisins, on lui aurait sans doute coupé ses couilles de gynéco pour les carrer dans l'vagin à sa femme, histoire de le rappeler au pathétique de son humanité...
Tout comme pour Jacques Attali, J.P, le Robocop déguisé en Charles Ingalls, le bipartisme était un système démocratique, et une société sous surveillance était un gage de sécurité, et donc de bien-être... Et là, c'aurait été son cerveau qu'on aurait grillé au chalumeau...
Pour rester dans le rythme de ces souvenirs d'enfance, je vais éviter de prolonger un suspens à deux balles... Sa fille aînée, Lucie, se fit violer par deux mecs de Bogny, venus expressément montrer au Jacques Attali local que le malheur se vivait tout de suite, maintenant, qu'on en sortait jamais indemne et qu'il valait mieux parfois fermer sa grande gueule d'idéologue du progrès, pour le bien de tous... Elle resta clouée à une chaise roulante (Les mecs de Bogny étaient férus de braconnage et de cassage de colonne à mains nues, semblait-il)... et Robocop, l'Jean-Pierre l'Gyneco entra dans une dépression d'où il ne sortit jamais. Il se suicida en 1984, noyé dans les dettes, alcoolique...
La prairie redevint sauvage, sa femme et ses filles allèrent vivre en Région parisienne et nous étions débarrassés de ces amas de conneries idéologiques d'intello-bourgeois de gauche qui n'avait fait que nous déprimer un peu plus encore...
Robert de Niro n'est plus un héros...
Andy Vérol
Publié par hirsute à 14:35:45 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
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