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Andy Verol & Hirsute

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Dans la boutique à cons (suite du texte d'avant si tu vois c'que j'veux te dire...) | 04 avril 2008

Dans la boutique à cons, y a une péteuse flippante sur-maquillée qui pense me renseigner correctement en utilisant des formules telles que « c'est très branché ça », « c'est ce qu'il se fait de mieux », « vous n'avez pas vu ? Même l'ami de Jenifer Aniston porte cette chemise ? », « ça vous va très bien, vous ferez craquer votre dame » ou encore « pour vos soirées en boîte de nuit, ça sera du plus bel effet. » Rien que ça, avec ça, tu sens la pression monter... T'as juste envie de lui dire à la vendeuse sur-colorée : « Et à vous ? ça vous plait ? Vous vous taperiez la queue d'un mec fringué comme moi ? Avec votre grosse bouche rouge ? Pour pas un rond ? » Je ne lui ai rien dit. Il y avait du Goldie super-fort... Je lui lançai en baissant tout net un froc en lin fripé sa mère : « Putain vous mettez du Goldie dans vos boutiques ? ça craint non ? » Elle n'a pas réagi, presque pâli sous la couche sur-cutanée de fond de teint qui envahissait sa gueule comme une vague molle de sable mouvant (c'genre-là tu vois)... Le bout de mon gland jaillit subrepticement d'une « jambe » courte d'mon caleçon noir mollasson... Ses yeux roulèrent les billes dans le trou d'ses orbites crâniens « rimmelisés »... Sa voix passa de chaudasse fidèle à son mec-belle-bagnole-mais-il-est-chiant-avec-son-foot-mais-on-va-se-marier-ça-va-être –magique à une voix vieillote rauque et peu assurée...

Sûr que j'allais pas la lâcher la belle. Je m'assis suant, en caleçon sur un pouf puant le cul des précédents clients et décidai de lui faire la causette pendant qu'elle me proposait des futals des vestes des pulls-à-pisse des sweat-shirts des tee-shirts que je refusais en bloc quoiqu'il put se produire – han j'maîtrise ma poule – et lui expliquai qu'avec la Chine et ses milliards de dizaines de milliards de milliards de chinetoques méthodiques on allait tous y passer et vice et versa et leurs chars et leurs bombes nucléaires qu'Al Qaïda ça y est c'est nos alliés parce qu'il faut s'allier tous pour essayer de les niquer ces chinetongues jaunâtres anti-Tibet et droits de l'Homme ils s'en foutent t'as des centaines de milliers de personnes au chom'du à cause d'eux et leurs usines nous avez vu ils ont même reproduit la Tour Eiffel Notre Tour Eiffel et bientôt ils vont cloner le peuple français et Goldie et les américains et on sera tous leurs chiens ils mangent du chien les chinetoques alors ils nous mangeront les chinetoques roulés dans des nems et des raviolis ou je sais pas quoi et ils sont si fort qu'ils referont le pôle nord quand la calotte glacière (pas celle de mon gland chaudasse va) elle aura fondu à cause de nous des amerloques et d'eux surtout. Ils seront si puissants les chinois qu'on finira en couches pour les règles de leurs femmes qu'ils en ont moins que d'hommes avec leur politique de l'enfant unique j'espère qu'on aura quand même deux trois médailles sa mère pour leur montrer aux chinetoques on va boycotter la cérémonie c'est super bien ils ont tellement d'armement et de soldats qu'ils pourront envahir le monde manger nos enfants voler notre argent ils parleront même français si ça se trouve ils nous voleront le français ils fabriqueront des écrivains français dans leurs geôles et revendront les romans des écrivains français dans le monde entier, ils reproduisent tous les chinois ils copient tout ils feront même des faux bouquins de Balzac des faux disques de Johnny ça me fait peur mademoiselle vous êtes partante pour une pipe en attendant cette horrible chinoiserie mondiale catastrophique...

Tu as compris, j'ai rien dit de tout ça. J'essayais les habits habités par l'omniprésence de ces idées en vrac... On n'en est plus à la phase de mondialisation, mais de chinoisisation du monde, putain... Avec cette vendeuse, tous les deux, je me disais que nous étions les survivants de cette colonisation mondiale, cette catastrophe horrible. Je me disais que tant pis, plutôt qu'une île déserte, on était enfermés dans une boutique de fringues à Cannes, que dehors ça puait la radioactivité chinoise ayant ravagée les corps des passants riches et cons d'ce coin-là du monde... Elle, la vendeuse pas fufute qui n'aimait que ces gros ringards de mecs beaux, et moi l'écrivaillon hardcore que tout le monde lisait gratos sur Internet mais que personne voulait mettre un kopec dans son book, histoire de bien lui dire que c'est bon ça va tu saoules si ma mère vient chez moi et qu'elle voit le bouquin de la Vérol elle me tue direct au moins sur Internet je peux effacer l'historique...
 
J'ai dit à la vendeuse, une fois rhabillé :
 
« On fait quoi maintenant ?
Elle : Pardon ?
Moi : euh rien désolé... Vraiment rien ne m'a vraiment touché... Vous êtes gentille, passez le bonjour à vot'mère de ma part, au revoir... »Les bourgeois de Cannes me reluquaient étrange à cause de mon tee-shirt pro-Mao, pro-Chinois... Difficile pour moi d'expliquer que je suis Vérol, que ça mange pas de pain, que c'est pas si grave, que je ne suis pas l'armée chinoise parce que je porte un tee-shirt comme ça, que je suis pas ces salauds de chinois que personne ose le dire, parce que je porte ce tee-shirt... Même le vent est venu me faire chier quand je suis allé m'asseoir sur le sable tièdasse de la plage eud'là-bas... Une bourrasque terrible qui m'envoya des millions de petits grains de sable jaune comme du Chinois dans mes yeux d'un bleu intense et jouissif, là juste derrière mes lunettes Ray-Ban (ça aussi ils copient les copistes-copieux du pays juste avant celui du Soleil Levant han !)...
 
Je suis rentré me planquer et écouter Broken Language et Face Blast et Nannita (Merci Arturo l'disparu, t'aurais pas des origines eud-là-bas toi par hasard ? Mais planqué dans un corps d'occidental aux yeux d'un bleu intense et jouissif)...

Andy Vérol

Publié par hirsute à 14:11:15 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

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