Sortie du premier roman d'Andy Verol,le 02 avril 2008: Les Derniers Cowboys français. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
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Sans doute le meilleur roman de Franca Maï, L'Amour Carnassier. Infos ici: http://www.francamai.net/
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©Andy Vérol - Discretos - 2008
J'ai repris un carnet de mon frère Duno (pour les nouveaux venus, mon frère était le leader d'un groupe de punk-rock-électro qui eu un certain succès dans les années 90. Il s'est suicidé, et je n'ai appris son existence que récemment. Je recopie et mets en ligne, parfois, des extraits des carnets qu'il écrivait presque quotidiennement).
Carnet sans numéro. Un cahier vert Clairefontaine. 06 janvier 1994:
"La réalité, c'est qu'il n'y a pas d'amour, de régimes efficaces et de mouvements politiques vraiment généreux. Il n'y a rien d'autre à faire que se bouffer la bouche en se persuadant qu'on sert à quelque chose...
La scène, c'est du parquet, avec ma sueur et celle des musicos aussi. Je gueule dans le micro que je vais me suicider, je répète que je vais me suicider et le public trouve ça cool, ils aiment que je sois une loque humaine. Ils aiment ce genre de héros maintenant, dans les années 90. ça les fait bander et mouiller à ces cons d'être désespéré dans un pays où il n'y ni guerre ni menaces physiques directes réelles... Ils prient pour que je me suicide sur scène ce soir, leur messie XXème siècle est un Jésus suicidaire et punk, ou l'inverse. Ils se branlents la queue quand une infirmière ou autre connasse leur annonce qu'ils ne sont pas séropositifs. Ils se promettent de remettre des capotes, de plus baiser sans, même s'ils sont raides défoncés... Ils sont lâches, payent gentiment leurs billets et lèvent les bras vers le ciel, pogottent, mimant lamentablement les punks des années 70... Ils trouvent ça bandant qu'un mec sincère déjanté comme moi, leur annonce son suicide. Ils auraient aimé les soldats crevés au front en 14-18, maintenant les matyrs de leurs causes vides, c'est le chanteur keupon qui sue et jure qu'il se shootera jusqu'à la mort, parce que la mort c'est cool quand on est mal dans sa peau... Ils savent pas que je me suis fait enculer hier par un roady, que j'ai pas aimé ça, mais tout le long où je morflais des boyaux, j'ai pas une seconde pensé à la vie et à l'envie de mourir. Il me limait dans la caravanne. Il avait une grosse bite cet espingouin dégueulasse de pédé de merde. Il m'enculait en m'injuriant dans sa langue de peuple qui a trempé dans l'massacre d'indiens d'Amérique et d'anti-franquistes et d'anti-royalistes... Et plus il m'enculait, plus je le haïssais, je n'avais que sa queue dure dans mon fion qui me tapissait le crâne... Je gueule au public que je vais me faire sauter la gueule à la drogue alors que je n'ai que la bite dure de ce roady espingouin pédé que je vais faire virer... Me faire mettre comme ça, c'est prolonger ma vie, me sortir de mon nihilisme mon instinct suicidaire, ça me sauve, ça fait de moi un poilu dans la tranchée boueuse canardée par les obus des boches devant, ces gueules crasseuses qui parle le choucroute et chante la bière... Un espagnol roady punk pédé, c'est un boche casque à pointe... C'est la vie. Il m'a éjaculer dans l'intestin... ça a coulé toute la nuit, un fluide qui me donnait l'impression de ne plus avoir de rectum... Ma nuit sur la cuvette, le matin même, à faire des diarrhé à répétition... J'ai bu et chié, c'était mieux que me flinguer... Je pense qu'à ça quand je braille dans le micro. Je sais qu'un suicidaire est beau pour tous ces petits blancs-bec blindés d'hormones, incapables d'accepter qu'ils ne joueront plus au Playmobil, qu'ils deviendront des reproducteurs comme leurs cons de parents, pour faire les petits soldats du prochain conflit mondial. Armes."
Duno & Andy Vérol
Publié par hirsute à 15:42:01 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
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