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Andy Vérol - Une dernière usine avant extinction

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


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Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Le capitalisme est un système qui nourrit grassement ses ennemis… | 28 octobre 2008

 

... jusqu'à ce qu'il s'écroule...

Je lis la Une du Parisien hier (ouais, c'est ce que lisent tous les collègues là-bas) et je constate qu'il existe des effets positifs à la crise... Ben voyons...

Ça me gonfle, me rend furieux de voir cette manif de masse en Italie où des centaines de milliers de personnes crient leur colère... Leur colère parce qu'un système s'écroule sous leurs yeux, ce même système qui leur donnait des retraites... des assurances de santé... des routes... des écoles... des centres commerciaux... des banques qui prêtaient du fric à tout le monde...

Un monde capitaliste où nous étions inaudibles les opposants, où nous n'étions que les dindons de la farce, les clowns de service... Des opposants au confort, à la course à la consommation, aux rêves de merde d'un Peuple de merde.

Ce monde capitaliste nourrissait ses opposants jusqu'à les faire taire, les faire doux comme l'agneau... Des anarchistes de pacotille vivant ouvertement du RMI, ou des ASSEDIC, heureux qu'ils étaient de dire que ce monde était pourri tout en prenant leur part, même minime... Des communistes plus attachés à organiser leur fête de l'Huma, leurs débats sur le pouvoir d'achat, le dopage... Des socialistes fiers d'être devenus des capitalistes « éclairés », vigilants... Et la droite, égale à elle-même, qui depuis des années, pour sucer le pouvoir, mimait le régime de Vichy, en injectant de la Nation et de la Religion dans la misère, de la culpabilité et de la haine à l'encontre de ceux que le système broyait...

Les ennemis du Capitalisme qui, depuis quelques semaines, se multiplient, se reproduisent presque comme des lapins en rut. Ils vireront facho ou Besancenot. Ils se découvriront des âmes simples... Et pourtant, ils gambadaient tous dans les centres commerciaux, pleuraient leur maman l'Etat quand ils étaient au chomedu... Ils criaient au scandale de ne pouvoir être PROPRIETAIRE... Le mot est lâché. Le bonheur est dans la possession que le Capitalisme promet. Tout le monde en Occident, a mis les mains là-dedans. Chacun a pris sa part.

Le patron de Charlie Hebdo se goinfrant des petits fours du Medef, les socialistes se pavanant comme des putes dans les bordels de droite.

Le maire de Sarcelles qui laissait sa ville pourrie pour aller se faire sucer chez les milliardaires oppresseurs du FMI...

Et les syndicalistes, les dents acérées se jetant sur les commissions paritaires comme des loups affamés sur un bout de bidoche figée dans la glace.

Ces mêmes syndicats détournant le fric pour amuser les encartés d'en bas, leur proposer des vacances comme les bourgeois, à base de circuits à l'autre bout du monde, de cocktails colorés dégueulasses et de serviettes sur le sable blanc de Cuba la rouge...

Les « intellectuels » de « gauche » passant leurs journées à ronfler sous les bras déodorisés d'un bourgeois de Maire de Paris, tout juste bon à défendre des causes sociétales plutôt que sociales... Ces mêmes intellectuels courant les télés pour nous raconter que la misère c'est pas bien, la guerre non plus, la bouffe bio c'est l'avenir, les OGM c'est caca, l'écologie c'est mieux qu'le pipi... Et de se faire la bise avec la bave. Se gaver aussi des petits fours de la mairie communiste de la ceinture rouge qui ouvre la vanne à bobos...

Les ennemis du capitalisme nourris toutes ces années par le capitalisme lui-même... Pas un seul à se battre, à revendiquer ouvertement une République Libertaire, ou un chaos apocalyptique capable de rendre à l'Homme ce qu'il a de meilleur : sa posture de cadavre (le visage tiré, les yeux vides plongés dans un ciel immense qui l'encule enfin)...

Tout juste bon à participer au placebo subventionné qu'est le monde associatif, les ennemis du capitalisme se rachetaient, pour certains, une âme au contact des pauvres, des puants, de ceux qui ne faisaient que refuser, par la force des choses, de se laisser engraisser par ce système. Mais loin de moi d'encenser « le pauvre », le crève-la-dalle. Comme Calaferte, j'ai l'œil affûté et méfiant quand il s'agit de celui qui n'a rien.

Mais les opposants au système, grassement nourris par celui-ci idéalisaient le pauvre tout en se bouchant les pifs quand les odeurs nauséabondes de son corps parvenaient à eux...

Les ennemis du capitalisme, en Occident, ne sont que des lâches, des pervers idéologiques, jouant du couteau intellectuel, de la rhétorique lapidaire tout en lisant le Charlie Hebdo, en seconde classe IDTGV direction le soleil... les vacances...

Le système s'écroule, et les voilà prêts à brandir le bâton en hurlant « j'vous l'avais dit ! J'vous l'avais dit ! »

Alors juste avant l'automne, ils ont bouffé des gambas à la cubaine en se disant que le système était pourri, et qu'ils le combattaient vraiment...

Alors juste avant l'automne, d'autres allaient faire des « fuck » devant la scène des blinbling NTM en braillant « On nique le système »...

D'autres se sont déguisés en punk, s'achetant leur chienlit de look destroy chez H&M ou Agnès B, des pètes-culs blancs se la jouant « je l'bute le système »...

Et dans les fameuses banlieues, celles qui « niquent » tout, on va jouer au foot sur des stades construits grâce au pognon, le saint pognon, vont au Zim's, boîte à putes de cité avec des bagnoles de luxe allemande en gueulant : « On nique le système ! »...

Les fachos aussi, ceux qui, au garde à vous (ou rêvant des garde-à-vous en bande), promettaient de buter l'Europe, sauver la Nation en mettant le « Stop au libéralisme » via des tanks robustes bien placés, cultivaient leurs jardins du terroir de merde en votant Sarko...

Au final, le système que tous ses ennemis bien engraissés promettaient de détruire, s'est effondré tout seul...

Et les héros de l'opposition, les costauds de la banderole, les balèzes de l'associatif, les musclés de l'alternative, goinfrés au commerce (qu'il soit équitable ou pas, il vend, vend, vend... rien de plus, rien de moins. Car tant que le bobo peut s'acheter son stress caféine, le paysan de là-bas peut s'acheter des tee-shirts chinois et manger de la viande tous les jours. Mais quand le bobo devient le chobo (chomeur bohême oui), ben v'là qu'il a plu le sou, qu'il achète plus l'équitable, et laisse le paysan de là-bas avec ses tas de café, ses tee-shirt chinois pourri et sa ration sans viande), prenant leur café le matin, fabriqué dans le Tiers-monde (Et oui, terminé le terme de « Pays émergents », c'est même plus des pays en voie de développement... Oh oui, ce sont des états en faillite, en voie de paupérisation accélérée)...

Alors les ennemis du Capitalisme, en Occident, ceux qui recommencent à proliférer comme le virus apprend à s'adapter et à se métamorphoser en fonction du corps dans lequel il ronge,  un peu de dignité, et apprenez à crever en silence... A crever... Crever... Pour ne plus recommencer...

Andy Vérol

Publié par hirsute à 19:29:24 dans Andy Verol | Commentaires (3) |

Robert Smith, en 1981, s'est suicidé avant de fonder The Cure | 28 octobre 2008

 

Aujourd'hui, nous avons les experts de tous poils, qui nous expliquent qu'untel sera victorieux sur bidule parce que les sondages ci et les chiffres ça. ça n'existait pas ça en 1981. On se demandait surtout pourquoi ce jeune était apparu à Nouzonville, avec sa dégaine étrange... C'était une sorte de punk mais avec des cheveux noirs noirs, du fond de teint et du rouge à lèvres pétant...

On l'appelait: "La tarlouze". J'avais des doutes sur cette dénomination balancée sans aucune forme d'analyse de la part des bourrins habituels du quartier...

Julien avait 14 ans, et se baladait avec ses fringues folles (gabardine: de l'espagnol gabardina signifiant justaucorps, croisement degabán , paletot, et tavardina, jaquette, j'adore la définition j'te la mets pour que tu rigoles devant ton café qui pue ou ton thé qui fouette)...

Il était apparu dans le quartier (Celui d'en haut juste sous l'Maroc tu connais pas? Lis les épisodes précédents) avec ses parents, deux personnes obèses qu'on appelait "les gros porcs drogués" parce qu'ils donnaient toujours l'impression de vaciller d'un côté ou de l'autre lorsqu'ils se déplaçaient péniblement dans la rue. Ils avaient la cinquantaine, si bien que Julien n'était qu'un gosse de vieux (gros contraste avec le reste de la population enfantine qui bénéficiait de parents crétins, rustres, ouvriers sans qualif. mais jeunes)... On ne savait pas ce qu'ils faisaient dans la vie. Leur source de revenus était un mystère.

Moi Julien, il me plaisait. Il avait un style comme j'aimais. Le genre que personne n'aime, qui fait chier le beauf, et emmerde un peu le gaucho de classe moyenne quand même... Il tortillait un peu du cul, et ça me donnait des envies... Avec Hutchinson, on parlait souvent de lui dans "l'arbre à clopes". On pompait sur nos Peter Stuyvesant âcres au creux de la gorge... Du haut de nos neuf ans, nous pensions que ce mec était venu de l'espace. Il avait un regard étrange, en fait des yeux vitreux, pisseux même, rouges-rosés par des veines éclatées...

C'était tellement puissant de voir un mec avec les lèvres rouges comme celles des femmes, qu'on s'était mis, de temps à autre, à se caresser légèrement la pine en mordillant des tiges d'herbe (vas savoir pourquoi... C'est aussi con qu'une pub sur une berline de luxe non?). Hutchinson, sitôt ses esprits recouvrés, se mettait à cracher partout autour de lui: "Bahhh putain la pédale c'mec, la grosse pédé! ça m'dégoûte j'dirai à mon père d'le tuer c'pédé."

Pour moi, finalement, un pédé, c'était une femme accessible... Il suffirait d'être pote avec comme avec tous les autres potes, et comme il était pédé, ben on pourrait jouer ensemble, etc.

C'est ainsi, qu'un mercredi après-midi où les potes étaient allés jouer à Pac Man chez Nono l'robot, j'étais sorti, et avais croisé l'objet d'interrogations entre le quartier d'en-haut et le quartier d'en-bas...

Ce qui m'étonna de prime abord, c'est que le Robert Smith de l'époque (je ne connaissais évidemment pas le leader du groupe de neuneus qui deviendra mythique, pour ces mêmes neuneus, quelques années plus tard) était agressif. Très agressif. Malgré le rouge féminin de ses lèvres, sa voix était grave et sèche: "Quoi tu m'veux quoi toi?" avec le lourd accent des Ardennes... Je ne lui voulais rien. Enfin, j'avais envie de devenir son pote, et une fois de temps à temps, qu'il joue ma fiancée, histoire de vivre l'amour tout en n'ayant pas à lutter contre la timidité monstrueuse qui me paralysait devant les filles.

"T'es un pédé toi?

- ça va pas ou quoi?

- Ben pourquoi tu mets du maquillage de femme?

- Parce que j'suis un punk p'tit con t'y comprends rien.

- C'est quoi un punk.

- C'est un mec qu'emmerde la société..."

Sublime. Etrange. Je n'avais jamais entendu parler d'un truc pareil, un truc aussi con et génial... Emmerder la société? Pas un seul des ouvriers du quartier, qu'il fusse au chomedu ou pas, n'avait en tête de penser une chose comme ça... Il me paraissait évident que ce mec était un gros malade. Un pédé quand même. Un malade assurément. Mais aussi l'objet de tous mes désirs les jours suivants.

Je me fis des caresses légères les nuits qui suivirent en pensant à sa bouche et à ses lèvres articulant nerveusement: "Un mec qui emmerde la société"...

A suivre... (Ouais j'ai des factures à payer, un appart. HLM à chauffer pour l'hiver... Ecrivain qui disaient, fais écrivain qui disaient...)

Robert de Niro n'est plus un héros... (Toujours en cours d'écriture)

Andy Vérol

Publié par hirsute à 08:13:40 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

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