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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/
Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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Les tiroirs dégueulasses et pleins de merde. La vieille était morte comme ça. En une seconde. Son corps adipeux puisant ses dernières forces dans les lambeaux de muscles et d'organes qui faisaient office d'intérieur d'elle (penser aux ailes aux ailes et les grands ponts cons qu'on construit au-dessus des vallées pour faire passer des autoroutes).
Comme bousillée/figé/ridiculisée/paralysée/assommée par un ami Taser, elle s'était effondrée dans la cuisine, sa tempe droite heurtant le coin de la table en pyralex ... Un léger craquement des cervicales et un bruit sourd mais puissant s'était répandu dans toute la maison, expulsant - telle l'arête rétive coincée dans la gorge - Giogio de son sommeil de plomb, sa fatigue d'ouvrier sans emploi...
« Euh mama ? »
Ce qu'il appelait « Mama » était soudainement apparu en cadavre gisant sur le carrelage marron. Une flaque de sang fluide et lent avait inondé la partie droite du visage tendu-ridé de la vieille, tandis que vidé, il tordait ses yeux Inside les orbites pour reconstituer, en vivant, cette masse inerte.
« Mama ? »
Il s'agenouilla. Boum, sur le sol. Près d'elle (Des lambeaux de larmes jaillirent de ses yeux merdeux, plein de dodo-j'ai-rêvé-d'une-salope-poussièreuse-dans-le-désert...), il resta figé comme un con. L'air con des personnes confrontées à la mort. Qui ne savent plus très bien s'il s'agit de se gratter le cul en riant, ou pleurer en faisant mine de réparer le moteur d'une mobylette.
« Mama. »
La vieille Alzheimer avait laissé la radio allumée sur une zone entre deux stations. La neige de la radio comme il y avait la neige dans la télé...
Tous les volets étaient fermés. La vie était fermée. Les murs cloitraient les vivants de cette maison. Les bruits, les pneus gueulaient sur l'eau de pluie s'accumulant sur la route d'en face. Les sourires de la vieille en souvenir (Des souvenirs de voyage en Italie à l'adolescence, entre travelos pédos à grosse bite et monuments en ruines sur le Forum Romain, tiens).
« Mama... »
Il caressa ses cheveux emmêlés blancs, cette broussaille qu'elle avait travaillé des dizaines de milliers de fois pour paraître belle et féminine. Rien. N'en restait rien. Du vent de vie qui s'évaporait et s'accumulait sur le plafond aux mouches... mortes...
« Mama, t'es morte ? »
La vitesse d'un cerveau qui réagit à un drame.
Il se releva péniblement et entra dans le salon plongé dans l'obscurité. Il alluma la télévision et donna un coup de pied dans un tas de cendres de clopes. Ses gros pieds nus et ses pensées arrêtées. Stoppée. Il sortit le pistolet frêle et le reluqua tout en écoutant les résultats de la Ligue 1.
« Putain, on s'fait chier avec le championnat en France. On y est dans le futur. Le futur pue de la gueule Mama. Tu disais qu'il fallait toujours croire en l'avenir Mama. Tu disais ça parce que t'étais pleine de fric et que t'avais toute ta tête. Heureusement, maintenant, le PMU, c'est sur Canal +, la chaîne des putes qui font des chroniques cinéma/culture avec des bords-la-moule ».
Giogio, c'est Julien. Et Giorgio arma le chien. De son pistolet. Puait. Et reniflait ses doigts qui avaient trainé dans les rides de ses graisses. Tant aimées. Ça n'était pas le commencement de... « C'est pas le début d'un livre de flicard à la con hein ? »
Des images de Mireille Mathieu devant et derrière des drapeaux tricolores et un nain qui bougeait le grand pif comme on gesticule la queue d'pervers dans la machine à viande.
« Mama, je vais aller faire un tour hein ? »
Les odeurs étaient lourdes comme du plomb en vapeur. Mais il ne sentait plus rien, de puis tant et tant et tant d'années.
Son village était une route principale avec des maisons basses aux murs noircis par les pots dégueulant des milliers/voitures qui vaquaient chaque jour à leurs délires...
« J'ai un morceau des Clashs dans la tête. Maintenant on se sert de leur zic pour illustrer des pubs. C'est bien. J'évite Mama, je mets mes pompes talons plats usés, et je gêne plus, je gicle d'ici. »
C'est un froid de temps gris qui dure des jours entiers d'affilée, d'enfilés, s'enfiler : humide, perçant et plus efficace qu'une overdose d'antidépresseurs. Sûr. Des idées de kartings à pédales. Des blagues de pédales avé des strings... Son nez gerçait. Il pensait.
A suivre...
Andy Vérol
P.S.: Rock The Casbah, c'était bien, mais putain Guns Of Brixton, c'est comme rouler des pelles à ta grand-mère, c'est la kiffaille sa mère hue...
Publié par hirsute à 22:58:20 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
Comme dit la chanson "Y a pas que les grands qui rêvent...". C'est sans doute à cause de ce type de niaiserie que Sabrina, chaque matin, armée d'un tailleur et de lunettes D&G se pointe à son poste d'assistante de direction. Elle fait la bise à patron, elle fait la bise à fils à patron, et débute sa journée sur les chapeaux de roue: consultation des e-mails, de l'agenda de patron, petit coup de rimmel à l'arrache (elle avait repéré un défaut dans son maquillage). Elle n'a pas regardé les informations hier soir "ça me déprime" et "parce qu'en ce moment avec mon mec, ça va pas super."
Il y a Adama qui passe chaque matin, afin de vider sa poubelle, passer un coup d'aspiro et de chiffon sur son bureau. Elle pense: "Il est beau comme un dieu ce noir. Quelle paire de fesses." Adama est représentant syndical, mais tout le monde se fout de ses combats. Il a des horaires de merde, un salaire de merde, et clairement, il a à subir la condescendance avenante de tous les humanistes non-racistes que sont devenus les blancs... Pour Adama, c'est que dalle le racisme. Il trouve ça limite normal. Il aime pas les blancs en général lui. Mais il sait que ces cons de blancs se reluquent les uns les autres pour savoir qui l'est, qui l'est pas. Comme ça, Adama, peut les haïr et leur souhaiter malheur sans qu'ils n'en sachent rien, trop focalisés qu'ils sont (comme d'habitude), sur eux, rien qu'eux, et ce que eux pensent des autres, etc.
Mais Adama, en sortant des bureaux, se rue aux toilettes pour se branler. Les jambes de Sabrina lui retournent la queue. Alors il gicle sur les chiottes, le mur. Puis il passe un coup d'éponge et s'en retourne à son boulot de merde.
Généralement, il croise patron. Patron est un homme qui entretient son apparence. Il a le visage "carotté" aux crèmes auto-bronzantes et polo Lacoste, sans doute les poils de la bite rasés et le mollet ferme... Il est plutôt pour qu'on donne du fric de l'Etat pour couvrir les conneries de gestion des chefs de l'économie. Il aime à dire qu'il est PDG, qu'il aime le golf mais qu'il est aussi branché par l'opéra, la techno de David Guetta et quelques morceaux de Michel Sardou. On l'imagine bien la gueule fracassée par une bastos tirée à bout portant...
Y a un gros rouleau de pq triple épaisseur dans ses toilettes à lui.
A suivre?
Andy Vérol
Publié par hirsute à 08:22:15 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
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