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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/
Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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Tout ce qui suit est totalement vrai, ou pas, ou si…
Tu as un énorme complexe industriel Arselor Mittal à l’entrée de la ville, une sorte de décor hallucinant à la Blade Runner avec l’accent belge, un truc du genre…
On était des stars : Thalys, première classe, servis par des meufs qui avaient l’déhanché d’une hôtesse de l’air et la voix d’une voix off eud’film classieux. C’était ce samedi 9 mai, et Chloé Delaume, Coralie Trinh Thi, Johnny Hallyday, Claude Piéplu et Dominique de Villepin, nous dirigions vers l’un des festivals les plus populaires et les plus bordéliques de Charleroi, une sorte de Soweto blanc en marge de Bruxelles, une ville commercialement fantôme…
On le savait. Dans le train, c’était tendu, on ne pouvait pas se saquer. C’est toujours comme ça entre stars. On peut pas se fumer, on flippe d’être le moins idéalisé, le moins « centre-of-the-world-of-the ».
Johnny envoyait des textos à des meufs, Claude Piéplu faisait le mort et les autres, nous tentions de savoir comment allait se dérouler ce festival : « Tu crois qu’ils mettent des bains bouillonnants dans les chambres d’hôtel ? Tu penses que le fils de Sarkozy va venir comme prévu ? Tu crois que les belges font des frites spéciales pour des stars comme nous ? »
Moi j’étais le plus cool du voyage. Forcément. J’avais un petit poste et je passais des trucs de zic à fond la caisse. Des remix de Cabrel, des morceaux de reggae que j’ai enregistré en 1976 à Londres avec Joe Strummer, des conneries comme ça. Avec Johnny, entre deux textos de cul, on comparait nos tiags. Lui c’était du croco blanc, et moi c’était de la peau de vache du Far West avec des fausses taches de dentifrice pour faire funky, cool, un peu trashos.
Evidemment, entre stars, on se disait qu’on avait tout lu de l’autre, tout entendu, et qu’on adorait. On pensait évidemment que leurs œuvres, c’était de la merde.
A la sortie du train, on a été accueillis par trois grands blacks massifs, des mecs qui avaient été gardes du corps de Tupak et de Plastic Bertrand, à d’autres époques. Ces mecs étaient super froids, mais ont porté nos tonnes de valoches blindées de fringues à la cool et de produits cosmétiques hors de prix. Moi je n’avais pas ça dans mes valoches. Je n’ai pas encore assez de thunes pour ça. J’avais juste emmené quelques livres, des médocs, du shit, de la beuh, des capotes, un livre de Sudoku et des bouteilles de vin.
On est montés dans des limousines avec des sièges en léopard, des vieux téléphones, des écrans plasma et, évidemment, un bar. Claude Piéplu a tout de suite fait un rail de coke que Villepin s’est empressé de nariner comme un crève-la-dalle.
On ne savait pas très bien pourquoi le festival l’avait invité là. Hormis son rôle de héros franchouillard, on ne voyait pas très bien son rapport avec le thème : littérature et Rock n’Roll, un truc du genre.
Pendant qu’ils faisaient de faire les cool ensemble j’ai voulu parler avec le chauffeur : « Et Dutroux, on va le voir ? Y’a du monde ? C’est pas trop dur de conduire des limousines ? T’as déjà bouffé un bon hamburger à Las Vegas ? Moi pas. »
C’était chaud. Un artiste, ça va toujours se pavaner dans des trucs comme ça pour se faire mousser, répondre à des questions débiles et surtout pour partouzer dans les chambres d’hôtel.
On est arrivé devant l’entrée monumentale du festival. Un bâtiment de 10 étages, néo-design, avec des centaines de personnes excitées qui braillaient de chaque côté de la route, derrière des barrières, fermement tenues par gros mecs bâtis comme des pylônes électriques sa mère.
En sortant, les applaudissements, les hurlements, les mains qui te touchent, les bouches qui t’embrassent, les larmes qui t’inondent, le stupre qui te fait légèrement glisser sur les marches de l’entrée du festival Livresse, ben ça fait plaisir. « Vérol par ici ! Un sourire Vérol ! »
Tout le tralalala habituel, rencontré en Afrique, sur la Lune, au Japon ou à Los Angelès.
You si wad’aïl mine…
Ce fut Bruno, mon pote belge qui vint m’accueillir le premier, avec son beau costume blanc à paillettes. En fait, ce mec a vraiment des goûts de chiottes. A l’intérieur de lui, ça doit sans doute ressembler à une cave malodorante.
Et d’emblée, ce p’tit cochon a tenté de m’embrasser sur la bouche : « Arrête Bubu, y’a toute la presse, tu crains. »
Il a rougi comme une poule en fleur. C’était émouvant et aussi sensationnelle que l’invention des ponctuations dans les textes…
A suivre…
Andy Vérol
Publié par hirsute à 16:30:00 dans Andy Verol | Commentaires (6) | Permaliens
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