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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/
Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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Ses grosses paluches tiennent fermement le volant de la voiture. Il ne tremble pas comme ça. Dans sa bouche, il a encore le goût de son sang. C’est si sensuel… Elle adorait le film de vampires. Ça le gonflait pas mal. Elle avait dit qu’elle aimerait se faire mordre. Il l’a fait. Les essuie-glaces ne fonctionnent plus des masses mais ils sont là, ils vont de gauche à droite, de droite à gauche. Le client s’impatiente : « Avec ce qu’on paie, j’trouve ça honteux qu’ils mettent des feux tricolores si longs ! » Il veut lui dire de fermer sa gueule, mais c’est s’asseoir sur un pourboire. Il encaisse donc. Il sent encore l’odeur de leurs sexes mélangés, juste après. C’est tellement nul, con, banal d’écrire toutes ces conneries, ces scènes, c’est à chier…
Andy Vérol
Publié par hirsute à 16:28:31 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
21 décembre 2009: Il y avait un cheveu dans mon café. Un cheveu blanc. Le mien. Je n’ai ni fait la guerre, ni participé à une révolution. J’ai juste eu à me lever pour taffer ici et là, remplir mes journées de missions nulles pour des salaires à chier… Depuis peu, je fais comme un tas d’occidentaux. J’abandonne. Je palpe des droits, je siphonne les caisses de la sécu et autres RSA… Les journées passent dans cette prison que je paie et décore et bordélise à volonté : mon appartement. Le chat pue du fion, nique la litière que je ne lave que tous les cinq jours. Les bouteilles s’accumulent, les ordures aussi. Le tri sélectif que je pratique n’est pas très orthodoxe : le shit d’un côté de la table de salon, les Xanax, la coke et le vin de l’autre côté.
22 décembre 2009 : J’ai créé le pseudo-collectif Hirsute, au début des années 2000, en regardant ma face dans le miroir. Une face déchiquetée par les abus, les nuits à me bourrer la gueule, à baiser des pauvres filles qui kiffaient mes yeux. J’étais nul au pieu, nul en vie, nul en soirée. J’avais une vie de merde… Les années passent, et ça n’a fait qu’empirer… Je suis heureux de cet état. Béat devant ma vieille gueule hirsute avé les cheveux blancs en plus, les rides… Je ne donne pas une thune pour les causes humanitaires…
23 décembre 2009 : un jeune journaliste m’a appelé pour faire une interview. J’ai refusé. Il n’était pas clair. J’avais peur qu’il m’utilise pour faire passer des messages politiques inverses à mes idées. Les journalistes me font de plus en plus peur. Ils n’ont aucune rigueur, du moins la plupart d’entre eux. Leurs reportages et leurs infos ne sont fondés que sur des recherches sur Internet.
24 décembre 2009 : j’ai frappé à la porte du voisin tunisien. Je lui ai dit que j’aimerais faire un cadeau à ses enfants pour Noël. C’était mieux que de ne rien faire. Noël déprime tout le monde en réalité. Le temps est pourri, les gueules sont fades, les vies sont ternes, alors ce simulacre de «fête » en devient d’autant plus pathétique. 80% des habitants de la France-la-Connasse sont gavés de produits achetés. Ils s’en tapent la moule des cadeaux… Ils ont tout. Ils ont rempli leurs vies, leurs maisons, leurs temps libres avec des produits, des gadgets, des robots ménagers, des ustensiles, des consoles, des enjoliveurs et des verrines… La vie de chacun ressemble en fait à la vie de tout le monde. On ne se démarque pas de nos ancêtres péquenots ni des crève-la-dalle du reste du monde-qu’on-ne-jauge-qu’à-travers-un-écran-plat…
25 décembre 2009 : des trous dans les chaussettes. Personne n’a appelé. Ai regardé un DVD de catch.
26 décembre 2009 : Ai reçu une convoc’ pour un entretien à Pôle Emploi en janvier. Cette structure qui ne sert qu’à enjoliver la médiocrité de Sarkozy a décidé de venir me faire chier dans ma vie de reclus. Les chewing-gums me filent des gaz mais ça donne la fraîcheur nécessaire à mon haleine chargée de vin et d’odeur d’ail.
Andy Vérol
Publié par hirsute à 10:27:41 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
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