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Andy Vérol - Une dernière usine avant extinction

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Blog à vocation satyrique - Tous les textes sur ce site appartiennent exclusivement à l'auteur aux termes des articles L 111-1 et L112-1 du code de la Prop. intellectuelle.


Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.

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Femmes grasses dans les champs avec des anges moches | 31 juillet 2012

De gros chlasses sur la peau de son visage de métis, ça faisait dégueu, des genres de taches prêtes à t'exploser à la gueule. Je l'entendis parler dans ma chambre - j'étais revenu soudainement et violemment dans ma vie d'avant - si bien que j'approchai à pas de loup, la fesse irritée par les lattes éclatées du clic-clac... J'avais un goût de sang dans la bouche et l'oreille gauche bouchée (comme par un oreiller). Ce genre de type qui puait l'herbe et cette crasse caractéristique des gens qui ne se lavent pas parce que c'est bourgeois et consumériste... Ses pieds géants et terreux à la plante, dépassaient de la couette fraichement passée à la machine. Il téléphonait avec un casque main-libre et le ton de sa voix était agressif...

« Tu crois qu'j'ai que ça à faire? ».

Il me regarda avec ses blancs d'yeux aspergés de rouge et me balança - jaillissement de ses lèvres lippues asséchées par les splifs - un « casse toi » plombant... La vie d'avant avec lui dedans. Je rebroussai chemin, me frottai les joues et me grattai le cul une nouvelle fois. Planté, en pleine nuit dans le salon, je réalisai que ce mec campait chez moi sans que je l'entende entrer. Un train passa, une cocotte-minute siffla... Une de mes cuisses frissonna. J'y retournai, le béat ballant, les canines-étau et l'échine chahutée par la frousse... « Tu fais quoi dans mon pieu toi? ». « Quoi?! ». « Tu fais quoi dans mon pieu?! ». « Putain, mais j'vais te défoncer toi! Tu m'parles pas comme ça! ». « Et tu m'menaces en plus? T'as rien à foutre dans ma chambre, j'te connais pas ». « Mais vas-y toi, casses toi d'là avant que j'me lève et que j'te déchire ta gueule!! ». Je retournai en arrière, dans le long couloir sombre de l'appartement de ma vie d'avant. J'hésitai contre le mur, une marmite pleine d'angoisses dans le fanion de viande planté au milieu de mon front. J'essuyai mes paupières comme on nettoie des vitres. Un ventre vieux tentant de digérer un collier flatulent. Un sourire sensuel d'une cloche de brebis accrochée au mur et la tristesse « poussiérée » d'un pèse-personne sans piles. Je retournai dans la chambre. Il n'y était plus. Je restai dans l'entrebâillement de la porte, fermai les yeux et le vis de nouveau lorsque je les ouvris de nouveau. « Viens pour voir ».

Sorte de petit garçon dans un corps d'homme mûre, j'approchai timidement du lit et commençai à me déshabiller sans qu'il ne demande rien. Il continuait à invectiver son interlocuteur dans son « main-libre »... « Donne pas dans l'vieillot! J'veux du Bob toute la première partie d'soirée et après du Dubstep »... Il me demanda d'approcher avec son index au gros ongle... Anguleux, il préparait sa bouche aux suçons... « Comme quand on était petit hein? T'aimais bien que j'te laisse des traces sur la peau. T'es pas content d'me revoir »... Je m'allongeai nu sur mon lit. Je n'étais pas encore sûr qu'il s'agissait de Malik (et le miel de ses oreilles que je rêvais de dissoudre avec ma langue)...

« T'as rien à foutre dans mon pieu. J'te connais pas ». « Chut, viens là, allonge-toi bien, pose ta petite tête chauve sur mon beau ventre. T'as vu? J'ai un beau ventre avec des plaquettes maintenant. Ça plait à tout le monde ça. Et t'as vu? J'épile? Et tu sais ça, c'est la prison, ça t'apprend à être beau pour tout l'monde hein? Viens, sers-toi »... J'avais envie de dégueuler, j'étais prisonnier, pris dans les filets, la fuite par l'évanouissement... J'avais les larmes qui grossissaient: « Mais pourquoi on m'a refoutu dans ma vie d'avant? Pourquoi t'es là? J'veux pas que tu restes. J'ai peur tout seul, mais j'ai encore plus peur quand t'es là, avec tes gros doigts, tes goûts de reggae, tes grands pieds sales... Et j'ai peur des gens qui sont allés en prison. J'ai peur des gens qu'on a enfermés. C'est comme si j'étais devant un mur en béton géant qui allait tomber sur moi... Mais toi, je t'aimais bien, t'étais mon ami, ma vie, mais faut pas que tu restes ici, dans mon lit, faut que tu t'en ailles, et que tu me laisses tranquille... ». « T’es comme ces tableaux avec des femmes grasses à poil dans les champs avec des gentilshommes, des anges moches, des gros arbres et des guerres de chevaliers derrière... S'il te plait, sors de mon pieu »... Il serra fermement ma nuque. Je sentis sa puissance. Il souleva un peu plus la cuisse... Ma bouche n'était qu'à deux centimètres de sa queue raide... « Fais-le et j'te ferai des suçons? ».

Il referma la couette sur ma tête... J'avais un goût de sang dans la bouche et l'oreille gauche bouchée (comme par un oreiller).

Extrait de Mon Usine, la suite… Roman en cours d’écriture.

A insérer dans la partie 3, suite de Liam.

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 11:29:55 dans Mon Usine, la suite... | Commentaires (0) |

Current 93 - Black Ships Ate the Sky | 24 juillet 2012

Publié par hirsute à 22:42:39 dans Infos cul-ture | Commentaires (1) |

Chevillée au sternum toute la journée, grelottant de stress | 24 juillet 2012

J’eus l’angoisse chevillée au sternum toute la journée, grelottant de stress tandis que je remuais les déchets qui arrivaient sans cesse. En réalité, je ne maîtrisais pas le monstre, si bien que mon secteur devint, en l’espace de quelques heures, une zone chaotique. Tu penses si souvent à la verdure, aux moments où plus jeune, tu t’en mettais plein la tête, construisant méthodiquement une cathédrale en ruine.

« Une fille qui a une chaine à la cheville, c’est pourquoi faire ? Exciter les mecs ou s’la raconter en couple ? »… Une télé grésillait désormais au-dessus du bar. Un ventru avait eu l’autorisation d’en réparer une. « Y’a que des chaines en espagnol, en chinetoque et en amerloque ici ! ». L’ivresse aidant, j’indiquai au mur merdique contre lequel j’étais appuyé, que je devais aller signaler la disparition de Liam « mais tout le monde s’en fout hein ? Y’a personne qui s’en soucie hein ? C’est comme les trucs qui marchent, les gens s’en foutent, préfèrent regarder ce qui marche jamais hein ? ».

Un décolleté d’où jaillissait sa poitrine, ses côtes, un arrondi du cœur… Les soirs où il ne se passait rien étaient assez exceptionnels. Généralement, j’avais la sensation que tout finissait en baston d’saloon. « J’ai halluciné là ? ». Ahmed était arrivé, habillé en femme. Tu sais, ton désir se déforme lorsque l’abstinence est trop intense. Certains trouvent une forme de rédemption dans la branlette, mais ça ne suffit jamais à personne ça, à d’autre. Au plus fort de la vie, même assommé par des médocs, la bête furieuse gémit dans le ventre visqueux.

« Mort des suites d’une courte maladie ».

Ahmed plia sous les caresses insistantes de certains patients./euh./de clients. Je focalisais sur la télé, même si le son était éteint. Un homme bullait devant une vieille baraque sur laquelle on pouvait lire une enseigne « saloon ». Dans l’odeur de bave, de merde, de souffre et de jus, je n’avais d’yeux que pour ce type, mal rasé, moitié chauve, ou pas, je ne sais plus. Je balayais l’air avec la main pour demander au barman en chemise blanche de s’éloigner de l’écran. Un cri jaillit. C’était un jour sans, et Ahmed en était la victime.

« Et blessé derrière pour service rendu »… Blasé, je tentais de virer ce goût de médoc dans ma gorge. «C’est l’chantier qui crache du chimique j’dirais ». Ahmed criait pendant que tous les autres faisaient mine de ne rien remarquer. Ahmed finit par dire, sous les coups d'butoirs de tous les passants "chibrés": APPELEZ-MOI MAMAN OU PAPA, MAIS DETRUISEZ-MOI! VENGEZ-VOUS SUR MOI!

Extrait de « Mon Usine, la suite… ». Roman en cours d’écriture.

A la suite de Liam, 3ème partie.

Andy Vérol 

Publié par hirsute à 22:16:16 dans Mon Usine, la suite... | Commentaires (0) |

James Holmes n'a pas rangé sa chambre | 24 juillet 2012

Et pourtant la neuroscience est insupportable comme le prix de l’essence… Je teins mes cheveux en orange, je range mal ma chambre, je bute tout le monde, je buterais tout le monde que tout le monde s’en foutrait ! Personne n’existe, on n’existe JAMAIS, on peut tuer tout ce qui bouge, ressembler au méchant dans les films, mais tout le monde s’en fout ! La vie c’est dans l’écran sinon c’est maman qui ment, papa qui pique, c’est l’IRM, la chimio, la dialyse et l’autre qui attend, c’est ça ! Flinguer la breloque, faire sauter la moitié de l'Humanité, juste parce qu’il faut exister, défier la vie métallique, héroïque et sadique de papy plan-plan dans l’fauteuil qui avait jeté des bombes sur les chinetoques, les boches pour faire vivre les amerloques, pour sauver la Liberté, le motel poussiéreux du comté! Se flinguer, ou flinguer les autres… Ils en feront des films, des reportages, des lois et du fric sur moi, mais moi, j’ai deux mains coupées, l’impossibilité de me changer…  Dans le loué, y'a toujours une sorte de patron qui surveille ma maison dans l'salon... Dans le proprio, y'a toujours une sorte de chien mou qui imite son patron... J’ai buté tout ce qui bougeait, maintenant, vous pouvez m’exécuter que ça me rendrait pas la moitié de ma dignité… Flingue ou pas, j'mange ma cervelle en faisant péter la tienne...

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 20:10:38 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Petit message à François Hollande et son premier minisssse | 24 juillet 2012

Publié par hirsute à 19:35:17 dans Infos cul-ture | Commentaires (0) |

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