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Andy Vérol, ne vous aime jamais

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Une défonce flambante & neuve | 28 septembre 2011

Les vies étaient en ruine, les corps battus par l'épuisement, les radiations et la faim... On parlait de désespoir, et pourtant, dans l'immense Far East, on sentait l'odeur âcre des terres à conquérir... Mon Usine est gigantesque et triomphante, personne ne connait ma face. Pour eux, je suis Léonel Houssam... Qu'ils tremblent à mes pieds.

 

« Le Far East, Polo! Il est à nous! C'est ici les GI qui libèrent, le rock n'roll nouveau qui a muté en D&B! C'est ici les nouveaux Michael Jackson, les Usines GM, les néo Bronx, les Starsky et Hutch! C'est ici les Taxis jaunes, les rocheuses et Las Vegas! Les S Les States, mon POLO, c'est ici, et on y est! C’est ici qu’ils tournent des films pornos sauvages dans les bus, les trains ou la rue ! A nous les meufs dingues, à nous ! ».

 

Polo ouvrit une ultime fois les yeux. Ils étaient rouges et jaunes, vidés d’âme… Je me relevai et le laissai sécher vivant au soleil. Désormais le mirage se mua en édifice monumental. C’était un shoot, une défonce flambant neuve, la faim, la soif, la chaleur, le corps engourdi, les pieds ensanglantés par des ampoules géantes éclatées, la crasse, le goût de dents cariées et de langue chargée, les démangeaisons, et ce centre qui semblait s’approcher au rythme de mes pas. Un Oasis, une nouvelle terre promise, une joie, une présence de Dieu et ses milles vierges. J’eus un soupçon d’érection à quelques centaines de mètres de la clôture hérissée de fils de fer barbelés…

 

Mon café est trop chaud, mon boxer est trop sale. Un type tente de pénétrer du côté de la Porte Ouest. « On va s’en occuper, d'autant plus qu'il y a quinze cars d'Indiens qui déboulent dans la matinée"...

 

Mon Usine, la suite… Roman en cours d’écriture

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 10:42:37 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Vive Poutine, vive le Far East, vive la Russie, vive la Drum & Bass!!!! | 26 septembre 2011

ET LA TEK HARDCORE!!!!

Publié par hirsute à 19:31:11 dans Infos cul-ture | Commentaires (6) |

Opération Autodafé 52: Un pion alerté par les cris, par Christophe Siébert | 26 septembre 2011

Opération Autodafé, deuxième phase. J'ai lancé un appel à textes libres, pas mièvres auprès des internenéteurs et ça donne ça... Diffusion de ces créations non-stop, les jours à venir... On prend le temps de se digérer les dents hein? Déjà plus de 40 auteurs, et ce n'est pas terminé mes p'tites volailles...

Extrait du prochain roman de Siébert:

Six jours avant Noël Serge Tramoni fut convoqué par le proviseur pour la quatrième fois. Il avait emmené Philippe Garcia de force aux toilettes, lui avait maintenu la tête sous l'eau, avait tiré la chasse à plusieurs reprises avant que l'élève ne pût se dégager et appeler au secours. Un pion alerté par les cris avait ceinturé Tramoni et ils s'étaient battus pendant que l'élève Garcia vomissait et s'enfuyait, tête dégoulinante, cheveux collés au front et ses lunettes brisées.
Tramoni en cinquième mesurait un mètre soixante-trois et pesait soixante-huit kilos. Cette année il se rasait. Il utilisait le Biedermeier que lui avait offert son père, un héritage familial, un coupe-chou grand comme un couteau à pain.
Il portait un pull gris et en-dessous une chemise bordeaux qui sentait la transpiration, un bas de jogging usé aux genoux et aux fesses, des baskets de supermarché. Il avait un cartable. Son père estimait que les sacs c'était pour les voyous. Il avait les cheveux courts, tondeuse, sabot à trois millimètres.
Il était debout dans le couloir et face à la porte vitrée. Il attendait que le proviseur lui dît d'entrer. Pour l'instant le proviseur parlait au téléphone. Le bruit de sa voix se mêlait au vacarme de la cour. C'était l'interclasse, huit cent élèves âgés de onze à seize ans quittaient leur salle et se dirigaient vers la suivante.
Tramoni regardait devant lui. Son visage était sans expression. Ses yeux ne cillaient pas. Ses yeux étaient noirs. Les pupilles étaient noires et étroites. Personne ne soutenait ce regard longtemps. Aucun élève, aucun professeur. C'était peut-être à cause de ça, de ce regard, qu'ils le haïssaient. Le seul qui lui faisait baisser la tête, c'était son père. Lui, ses yeux aurait pu faire fondre de l'acier.

Christophe Siébert

Publié par hirsute à 14:23:19 dans OPERATION AUTODAFE | Commentaires (0) |

Opération Autodafé 51: PARC D'ACTIVITES DE MES COUILLES, par Paul Sunderland | 26 septembre 2011

Opération Autodafé, deuxième phase. J'ai lancé un appel à textes libres, pas mièvres auprès des internenéteurs et ça donne ça... Diffusion de ces créations non-stop, les jours à venir... On prend le temps de se digérer les dents hein? Déjà plus de 40 auteurs, et ce n'est pas terminé mes p'tites volailles...

PARC D'ACTIVITES DE MES COUILLES

 

Comme je n'arrive plus à me satisfaire des endroits considérés comme évidents, je suis bien obligé de chercher ailleurs. Qu'est-ce qu'un endroit évident ? Je ne sais pas, il en existe tant. C'est une affaire de situation, de contexte. Par exemple, je peux de moins en moins déjeuner dans un restau classique, je veux dire, même un snack. Le décor, en fait, joue énormément. Ce n'est pas la peine d'essayer de m'entuber avec des nappes à carreaux rouges et blancs, des instruments aratoires accrochés aux murs. Je sais que les tenanciers se feront leurs marges sur les desserts et les boissons. Vouloir détourner mon attention de ce fait très simple, par le truchement d'un décor étudié, thématique ou non, est un échec. L'arnaque ne m'échappe pas. Le pire (selon moi), ce sont tous ces points de restauration arty, et en particulier les bars à tartines, le style pub Bouillon Kub-pince à linge-fer blanc-France des années cinquante. Ca me fait carrément chier de payer cinq euros pour une tartine qui ne va pas me caler, surtout que, dans cet état, je ne résisterai pas à l'envie d'en manger une deuxième. Il suffit que, par-dessus, je rajoute une bière et un café, et je peux rapidement arriver à quinze euros. Une arnaque, vous dis-je. J'adore voir leurs gueules, à tous ces commerçants, quand je commande une carafe d'eau. A part un jour où j'ai chié comme pas permis, en Bretagne, quelques heures après avoir bu de l'eau du robinet, cette façon de me désaltérer me convient.

 

Sinon, je vais au McDo. Je reprends à mon compte la phrase de Mike (« car j'adore mal manger pour cher »). Mais jaffer à l'intérieur de ce ketchup universe me contrarie de plus en plus. Ou alors je ne sais pas, c'est que je me fais vieux, mine de rien.

 

Ce jour-là, je ne restai pas. J'emmenai dans un sac ma commande à emporter. Je pris le transport en commun le plus proche et filai au terminus, loin en fin de banlieue, au pays des friches industrielles. Après, il doit y avoir des champs. Peut-être. Même quelques arbres. Mais autour de moi, personne, des architectures usées, des façades à moitié crevées, du béton tagué, de la tôle, au sol quelques traces d'engins de démolition durcies par l'abandon et les hivers successifs. Ca ne sert plus à rien. Il se trouvera bien un politicard pour vouloir transformer tout ça en parc d'activités.

 

Je me posai à l'entrée d'un hangar, au bord d'une plateforme de chargement. Je pris soin tout de même de vérifier que des junkies ne traînaient pas. Le soir venait. J'étais seul au bord du gouffre occidental avec deux cheeseburgers, mes frites, mon sundae et mon coca. Cela faisait vingt-quatre heures que je n'avais pas mangé. Dans le sac et les emballages, ça n'avait pas trop refroidi.

 

J'entendis un bruit derrière moi, environ une dizaine de mètres en arrière. Je me retournai. J'avais le couteau de chasse le long d'un mollet, sous le jeans. La fille s'était bien planquée, je l'avais complètement ratée mais, ayant constaté que j'étais seul, elle était sortie de sa cachette, un amas de tôles près d'un mur. Elle trimballait aussi du McDo à emporter. Sans rien dire, nous échangeâmes un sourire. Ca devait être, je ne sais pas, une étudiante, aussi timbrée que moi pour oser manger dans un lieu pareil. Peut-être était-elle quand même un peu mécontente de ne pas se retrouver totalement seule. Moi, ce n'était pas la première fois que je venais ici, j'avais effectué plusieurs repérages auparavant, l'endroit m'avait paru tout à fait digne d'intérêt pour son esthétique involontaire. Elle avait dû se tenir un raisonnement similaire sauf que, pas de chance mademoiselle, je l'avais devancée. Mais en fait, c'était un faux problème. Je mangeai ma tortore en la regardant à la dérobée. Elle fit de même. Nous parlâmes un peu, les politesses d'usage. Une petite jeune, un peu baba en apparence, pas très grande dans son pull de laine un peu tombant, sa parka ; cheveux bruns et longs, un peu frisottants. Yeux noirs. Un tout petit peu potelée comme j'aimais. Gros seins. Bouche bien dessinée.

 

La nuit s'installait pour de bon. Nous baisâmes dans le hangar. Au début, elle rota un peu en me suçant, ce qui faillit me faire gicler prématurément mais bon, à part ça, pas de danger de dérapage incontrôlé. C'était une ardente et il fallait en profiter. Nous savions que les missiles de croisière ne tarderaient plus à s'abattre sur l'agglomération. En quelques secondes, le ciel virerait au rouge incendie. Avec un peu de chance, les radiations ne nous atteindraient pas de suite, ce qui nous laisserait encore un peu de temps pour la baise. Il n'y avait pas trente-six options, de toute manière. Soit on crèverait quand même par l'effet de souffle qui serait plus puissant que ce que j'escomptais, l'entrepôt s'effondrerait sur nous pile au moment où je lui éjaculerais sur le visage. Ce serait une belle mort. Ou alors il ne se passerait rien de tout ça, et on n'aurait plus qu'à attendre que des mecs en combinaison blanche nous emmènent dans un camp de déportés, pour notre bien.

 

En fait, on les attend encore. Je peux même dire qu'aucune ogive nucléaire n'est venue raser le pays. Mon imagination est encore partie en roue libre. Valérie, en revanche, est bien réelle ; pelotonnée contre moi, sa chaleur me fait du bien. Je ne suis pas égoïste : peut-être que moi aussi, j'arrive à la contenter de cette manière. On regarde la friche, sans rien dire. Les derniers détails s'estompent. On rote encore un peu. Le coca fait digérer.

 

On va finir par se lever, épousseter un peu nos sapes. Après, on se trouvera bien encore un bus ou un tram pour retourner en ville. On se fera un film.

 

Paul Sunderland

Publié par hirsute à 12:03:56 dans OPERATION AUTODAFE | Commentaires (2) |

Opération Autodafé 50: Quelques choses à foutre..., par Gatrasz | 26 septembre 2011

Opération Autodafé, deuxième phase. J'ai lancé un appel à textes libres, pas mièvres auprès des internenéteurs et ça donne ça... Diffusion de ces créations non-stop, les jours à venir... On prend le temps de se digérer les dents hein? Déjà plus de 40 auteurs, et ce n'est pas terminé mes p'tites volailles...



Quelques choses à foutre...

 

 

Agenouillé là, dans ces chiottes, j'avais tendance à me sentir un peu con. Comme ça, dans le noir, avec la queue entre les mains comme si j'avais prévu de me l'arracher. J'aurais peut-être dû, tiens... Mais non, finalement : je préférais toujours en rester au truc classique. Glauque. Gluant ; enfin, tout ce qu'on voudra. Qu'est-ce que j'en ai à foutre, après tout, hein ? Ouais, bin voilà justement : rien à foutre. C'est du dépit, non ? Parce que si je suis là, bordel, c'est que j'y suis tout seul. Rien ni personne à foutre, et l'envie de foirer cette érection là aussi, comme les précédentes. Par dépit. Pourtant, tu y arrivais bien, toi...

 

A chaque fois que tu t'enfermais là-dedans ; combien d'heures t'as pu passer là ? Ou ailleurs, tiens : t'aimais bien le faire en cachette, comme si j'étais ton putain de père et que ça avait pu te faire peur que je le sache. Que je m'énerve, que je t'en colle une... Parfois je me dis que c'est c'que t'attendais, en fait. Mais j'ai jamais voulu jouer le jeu, moi, je suis un connard buté quand je m'y mets. Tu veux te faire mal ? Fais-le toi même ! J'ai la gueule d'un bourreau, peut-être ? Et tu y allais, tu remettais le couvert et puis l'ouvrage sur le métier. Tu vomissais tes tripes et ta colère, à en remplir des seaux. Et moi ? Je savais pas vraiment quoi foutre, en fait. A part me tripoter le paquet, furieusement, comme d'autres vont gratter les tickets au PMU. Sauf que je cherchais pas à gagner le pactole, moi : peau d'balle, hein ! Juste à cracher mes forces, évacuer les tensions comme un putain de chimpanzé nain. Et je m'astiquais comme un singe, là, dans ces chiottes ou tu vomissais tous les jours cette société de merde qu'avait pas l'air de vouloir de toi et sur laquelle t'aurais craché tout ce qui te restait de bile, si t'avais pu seulement mettre un pied devant l'autre. Après...

 

Mais non, tu sortais vidée, aussi déglinguée que je me sens inutile avec ma bite comme seul objet de rébellion. Elle serait belle ma révolution, tiens : des torrents de foutre dans les rues, et des enfoirés vidés de toute substance envoyant ça, comme disait Bertrand, aux étoiles. La révolution des branleurs... Branleurs, ouais, parce qu'on en foutait pas une, à part ça. On aurait pu les péter, ces vitrines de merde pleines de nanas-squelettes qui te crient 'MAIGRIS !' avec des sourires obscènes ; personne en veut, pourtant, de ces meufs-là, à part pour passer derrière. Se les faire et partir en courant. Les gros enfoirés de la pub, de la télé, du business quoi, ils aiment bien se rappeler qu'il y en a certaines qui claquent, juste pour devenir leur petite choses, et qu'elles aiment ça, en plus. Et ils se font des saloperies de chef-d'oeuvres de stupidité sur papier glacé, avant d'aller choper le styliste. Un mec, un vrai, métrosexuel comme on fait pas mieux ; tiens, toi la blondasse, tu peux aller te rhabiller. Ah, ça se voit pas sur l'affiche qu'elle s'est fait tèj après, avec un billet dans le soutif et une jolie seringue dans le bras. J'aurais bien dit dans l'cul, mais elles n'en ont plus... Nan, les grosses ça leur arrive pas, ça. C'est peut-être bien pour ça que je reste à me branler dans ces chiottes dégueulasses, à rêver que j'étouffe dans des monceaux de chair.

 

L'orgasme ? Laisse moi rire, c'est pas au milieu des odeurs de vieille pisse que j'en choperai un, tu peux me croire. Sinon, j'aurais pigé la méthode et je m'en serai mitonné un bien gratiné. Un dernier, pour partir en beauté. Alors que là, je tremble et je pleure à l'idée de crever sans jamais avoir eu l'occasion de baiser à nouveau. De le faire avec toi, parce que quoi que je fasse, c'est toujours à toi que je pense : celle qui voulait pas se résigner mais s'y prenait à l'envers, celle qui voulait bien de moi pour des raisons qu'il vaut mieux pas que je connaisse. Celle que je peux plus avoir. Tu t'en rends compte, toi ? Non, sûrement, et c'est peut-être pas plus mal. Qu'est-ce que t'y pouvais, de toute façon, hein ? Tu te dis que je suis rien qu'un satyre, mais un satyre masochiste à la con. Faut l'être, pour préfèrer se taper une bouteille ou sa main plutôt que d'accepter de se voir comme un salopard. Comme sont les autres, en fait, ceux qu'on déteste par ce qu'ils se vautrent dans les trucs auxquels on a décidé de renoncer, lâchement, parce qu'on y arrivait plus. Qu'importe que ce soit par flemme ou par sentimentalisme ? On y croit plus, c'est tout.

 

Alors on s'imagine des choses, de belles images inaccessibles, immaculées, et on se branle le mental avec jusqu'à être submergé de fatigue. Ensuite on sombre dans un sommeil sans rêves, un truc lourd qui fait mal au crâne et dont on ne peut plus sortir. La Petite Mort, ce doit être ça, en réalité. On clamse à petit feu, par petites étapes on se rapproche de la fin. On prend quelques bouchées du dessert, faute d'aimer le plat principal déjà pourri à l'avance. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien. Hé oui chérie, la branlette, en fait, ça ne fait qu'accentuer le vide...

 

 

Gatrasz.

Publié par hirsute à 11:47:03 dans OPERATION AUTODAFE | Commentaires (0) |

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