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Andy Vérol - N'est pas ton ami

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

A lire et à écouter

Présentation

 


Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/ 


 



Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


Me cracher à la gueule, m'adorer, m'éclairer, m'obscurcir, me soumettre une opinion, un texte: hirsute.hirsute@orange.fr


 


 


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Mes carnets perso: L'urine des SDF... | 21 juillet 2009

11 mars 2009: une vraie grosse baisse de régime. J'ai pris douze kilos et ne parviens plus à maintenir mon attention sur l'écran d'ordinateur, plus de deux minutes.

12 mars 2009: le chat a faim, moi aussi... Je regarde toujours l'heure tourner sur l'écran de TéléMatin. Leymergie me fait triper, avec son regard méchant et ses remarques d'inculte. Ses chroniqueuses ont le côté salope des fausses bourgeoises. Je - bois - mon - café - bien - sucré.

13 mars 2009: Un mec de Flammarion m'a appelé pour me proposer un projet. J'ai raccroché comme on raccroche à la gueule des mecs qui essaient de te vendre des double-vitrages. J'ai regretté ensuite.

14 mars 2009: C'est une fille de Grasset qui m'a appelé cette fois pour écrire une biographie sur... Téléphone... L'horreur. Je préfère encore être parolier pour Patrick Sébastien.

15 mars 2009: journée normale, sur mon canapé, à courir vomir dans les chiottes tous les trois heures. J'ai lu un carnet entier de mon frangin. Ce Duno était furibond, j'ai de son sang et de sa mort dans mes veines.

16 mars 2009: je dis à Nico qu'il faut qu'il continue à s'appeler Vidal, qu'il doit lâcher son boulot de journaliste pour devenir biographe, au moins chroniqueur dans des trucs underground. Il m'a dit que j'avais un parcours super, "à la Obama avec des glaviots dedans", a-t-il rajouté. Puis il a décliné mon offre de collaboration. J'avais idée d'aller casser la gueule à Mikailoff avec lui. J'irai tout seul.

17 mars 2009: une fille m'a indiqué dans un mail, qu'elle avait envie de coucher avec moi... enfin "coucher avec toi Andy, oh oui, dis-moi oui"... Et si j'écrivais une bio des Rita Mitsouko? J'ai chié de la merde avec du sang. Je recule mon lynchage à demain mais...

18 mars 2009: Je ne sors plus depuis un moment. Je reste enfermé chez moi à bouffer, à boire et m'enquiller des rails de coke... Le SDF que j'héberge commence à me gaver. Je vais appeler les flics pour qu'ils le foutent dehors. M'en fous de l'humanitaire. J'ai pas d'amis. Je crois.

19 mars 2009: j'ai fait une lecture dans un rade dans l'Oise. J'y suis allé seul. Il n'y avait que des pochetrons et des femmes de 30 - 40 ans , ex-punks, toutes maigres qui essayaient de me lécher la bouche. Je leur disais que je n'étais pas Costes, que je n'étais pas Bukowski... J'ai bu comme eux pourtant. J'ai lu avec ma voix de merde, mes textes de merde, et ça n'a pas tellement plu, sauf aux meufs qui savaient que j'étais un peu connu. La lèche. Elles lèchent. Je n'ai baisé avec personne, ai parlé de cyclisme avec un vieil ivrogne au bar. Il était cool, il trouvait ça super que j'écrive et que je me tue au vin et la coke.

20 mars 2009: mon éditeur m'a appelé pour me proposer une nouvelle attachée de presse. J'ai dit non, j'ai dit que je voulais pas de suceuse, que mes livres je les défendrais seul. "Mais Andy, tu les défends pas tes écrits, tu les lapides, tu les massacres, tu les décrédibilises auprès de ceux qui peuvent parler. T'es trop agressif, trop intègre, trop con, ordurier et fanatique." J'ai raccroché après lui avoir dit que je ne voulais plus écrire pour lui.

21 mars 2009: j'ai t'chaté avec mon shemale rebeux. Il était chaud et a étalé ses grosses couilles d'éléphant sur le faux cuir de son fauteuil de bureau. J'ai bandé, puis débandé, parce que je me suis rappelé que je n'étais qu'une merde en écriture.

22 mars 2009: deux meufs sont venues chez moi. On a bu de la bière et du vin. Elles ont commencé à se lécher sur mon clic-clac. j'ai réalisé que je ne savais même pas comment j'avais pu les faire venir chez moi. En buvant du lait, je les ai regardées puis me suis branlé super vite comme un ado... C'était super.

23 mars 2009: le mec de Flammarion m'a relancé. Je l'ai laminé en raccrochant. Finalement je pense que je vais missionner mon shemale pour pecho en missionnaire le Mikailoff. Ou l'inverse.

24 mars 2009: j'ai fait du ménage, la vaisselle et j'ai regardé un reportage sur un SDF qui pissait dans la bouche de sa copine... Elle s'est quasiment noyée comme ça. J'ai un morceau de Dany Brillant dans la tête depuis le réveil.. Je vais me faire exploser la tête pour que ça sorte de moi.

A suivre?

Andy Vérol

Publié par hirsute à 19:21:04 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

Du chômage, des coups et des cris étouffés… | 21 juillet 2009

Le travail salarié est une façon simple et efficace d’infantiliser les citoyens. Sitôt déchus de son statut de salarié, l’individu devient un demandeur d’emploi (Alors qu’on réserve ce terme, en économie, à l’employeur, c'est-à-dire l’entreprise, l’association ou la collectivité publique), un chômeur - plus vulgairement - et se voit jeté dans l’existence et le marché du travail sans aucune arme, sans plus aucune capacité à se prendre en main.

 

Parce que le drame de notre belle époque réside-là. Pour ceux qui ont toujours galérés, qui ont vécu dans des zones, qui connaissent l’exclusion sociale, les choses paraissent parfois moins compliquées que pour un ingénieur, un  responsable de projet ou encore une secrétaire polyvalente. Sans aucune capacité réelle à décider de leur destin, certains s’enferment dans la complainte, la dépression, la colère, pire, dans la logique de chasse aux boucs émissaires…

 

Sébastien est dans ce cas-là. Il vient simplement de casser le crâne d’une conseillère à l’emploi qui sortait de son boulot… Il bave, a du mal à déglutir, respire fort, et avec quelques éclairs de lucidité, il sent la trouille lui durcir l’estomac, contracter ses intestins. A 31 ans, il sent qu’il vient de signer son arrêt d’existence…

 

En traversant le centre commercial Parly 2, il se rend parfaitement compte que les gens le reluquent. Il est sale, boueux, parce qu’il s’est roulé par terre avec sa victime avant de la fracasser. Son cœur bat fort, puis ralentit, puis accélère de nouveau. Il a parfois des débuts d’érections, et urine par à-coups dans son pantalon noir marque Levi’s qu’il s’était payé avec ses indemnités de licenciement.

 

Il bossait chez Alcatel jusqu’en novembre 2008. Il occupait un poste d’agent de maintenance informatique, payé 2230 euros brut par mois plus les avantages du type mutuelle, comité d’entreprise et autres réjouissances. Cela faisait  six ans qu’il occupait cette fonction et s’entendait bien avec ses collègues. Pour l’essentiel, ses relations avec ceux avec qui il bossait se cantonnaient à tous les clichés rébarbatifs liés au statut de salarié de grande entreprise : grosses blagues, copinages dans les pubs le soir, histoires de cul pathétiques, petites guéguerres sous-jacentes pour bouffer la prime au mérite, etc. Conversations insipides, résumés de séjour au retour de congés, discussion sur les actualités « t’as vu encore un crash d’avion, c’est de pire en pire », « encore un violeur récidiviste qu’on a libéré ».

 

La belle vie pour Sébastien qui avait des horaires, un revenu régulier pour payer ses crédits immobilier et automobile, qui avait une fiche de poste claire, des habitudes, des certitudes sur le travail, sur la vie, sur le bien, le mal…

 

Quand le DRH lui a notifié son licenciement, il a été surpris, un peu vexé, mais il était confiant. Avec un dispositif financier avantageux pour les licenciés économiques et son parcours de formation et professionnel, il retrouverait vite un emploi.

 

Donc, quand en décembre 2008, il annonça à Julie, sa meuf, qu’ils allaient se barrer quinze jours à Bali pour profiter de cette période de répit, celle-ci devint blême et lui demanda de retrouver rapidement un taf. Ce qu’il ne fit pas.

 

Un matin, le lendemain d’une énième soirée d’engueulade (Elle avait été licenciée à son tour le 17 décembre 2008), il lui apporta le petit déjeuner au lit, une rose et deux billets d’avion pour New York New York, la Grosse Pomme, son gros musée d’Art contemporain, ses sirènes de flicaille et son trou béant ground zero tout le tralala…

 

Elle souriait et se dit qu’après tout, ça leur ferait du bien, qu’ils se lanceraient à fond dans leur nouvelle vie, à leur retour…

 

Il n’y a pas plus con qu’un européen qui voyageait à NY. Les visites, les marches forcées pour mater tout ce que cette ville peut offrir pour en mettre plein la vue. Ça n’avait pas de sens ce séjour. Sébastien était toujours dans sa logique de salarié à la con, avec ses envies de voyages, de « découverte » dans un confort réel… La vie égoïste d’un merdeux occidental.

 

Tous deux baisaient assez peu. Elle n’avait plus tellement envie de ses à-coups. Pour elle, le chômage n’était pas l’occasion de se la couler douce… Bien au contraire. L’image de son mec s’était modifiée en raison de l’espace-temps qui se tordait peu à peu, au fil des jours. Plus de contraintes réelles, plus d’horaires, plus de missions journalières, plus de pression…

 

« Le chômage, c’est comme un saut à l’élastique sans élastique » lui lança un jour Béatrice, la sœur de son con de tonton. Les esprits deviennent tellement flasques dès qu’il s’agit de parler de crise, de maladie, de chomedu mais aussi d’avenir… Ils étaient les prisonniers de leur milieu. Leurs proches qui, eux, avaient encore du travail, qui savaient tout sur tout avec leur « quand on veut on peut », « ceux qui cherchent du travail en trouvent », etc. C’est tellement beau l’entourage quand tu moulines dans la merde et la boue. C’est tellement classe cette pression incessante, ces phrases couperets durant les repas de famille, ces gros clichés sur le « trouver un job », ce fac-similé de pensée sur des destins éventrés par la perte d’un emploi, la désocialisation, le bannissement sourd de ceux contre ceux qui n’ont jamais eu ou qui ont tout perdu.

 

Au retour de NY, Julie ne défit pas ses sacs. Elle les garda bien en mains et décampa chez ses parents, installés, à la retraire dans une grosse maison havraise. Grosse chienne de vie qui consiste à retourner chez ses vieux, remplir le lave-vaisselle, se promener le dimanche, se rappeler papa qui aimait sa grande fille comme la prunelle de ses yeux.

 

Et Sébastien s’accorda le droit de sombrer. Il donnait des gages à sa conseillère à l’emploi en acceptant de participer à des ateliers « CV » ou encore « lettre de motivation ». Il répondait mollement à des offres d’emploi, mais surtout, il « profitait de la vie », en déprimant complètement.

 

Il réalisa qu’il aimait cette fille vraiment quand elle lui dit d’aller se faire mettre et de ne plus jamais l’appeler. Il l’aimait parce qu’elle répondait à son schéma de vie dictée par son éducation de mec de classe moyenne. Elle avait été le rythme, le dessein et le dessin. Elle avait été le frigo plein qui nourrissait son sexe en orgasmes. Elle avait été l’aspirateur, l’idéal, le chemin tout tracé. Elle avait été celle qu’il enlaçait en famille, faisant le branleur « t’as vu qu’elle est belle, parfaite, classique ma gonz’ ? ». Elle avait été la capote anglaise qui le préservait de la réalité. Elle avait été sa femme, sa chose, sa connasse, son vide-nerfs. Il l’aimait. Il se branlait en pensant à elle. Elle, ses nibards, sa chatte, sa façon salope de l’avoir laissée.

 

Il l’appelait en pleine nuit, sur la ligne fixe de chez ses parents. Son père se fâcha un jour : «Tu laisses ma fille tranquille maintenant ou j’appelle les flics pour harcèlement. »

 

Il perdit onze kilos en un mois, se mit à picoler beaucoup et seul. Il devenait le dépressif type, cet être humain pas comme les autres qui fait chier tout le monde.

 

Il voyait les fantômes et s’astiquait le viandeux en vociférant devant son écran plat. Ne se lavait pas, s’astiquait encore, et regardait les fantômes. Il se viandait dans la baignoire et bouffait des boîtes de thon. Il insultait les fantômes et reniflait ses caleçons. Il était bien. Il était vide. Flasque. Il était humain. Plaintif. Isolé, coupé du monde. Il s’en foutait bien du monde. Leur famine, leurs attentats, leurs guerres, leurs crises économiques… Leur planète… En orbite autour de la bouteille, vautré dans une nappe de fumée de shit.

 

A suivre ?

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 11:48:07 dans Andy Verol | Commentaires (3) |

Doutes | 21 juillet 2009

Ils mettent de beaux tee-shirts violets, les joueurs. Je zappe. Le foot me fatigue.

AV

 

Publié par hirsute à 08:14:45 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Le doigt et l'ongle... de l'amour qui arrache... (Et ta gueule qui m'envahit) | 20 juillet 2009

Tu es

une fille

qui fait des bulles avec sa bouche comme un petit poisson. Quand tu me ...

J'insiste pas. C'est pas ça... Les menus mètres qu'on utilise pour mesurer sa télé...

Tu me dis toujours que tu ... veux m'embrasser... quand j'agonise ... sur ma serviette de plage... en hiver... pour faire discret... avec mon corps ses restes, ces morceaux de restes de corps de ma jeunesse...

Tu dis toujours... que je suis une rage de dents... alors que je ne suis plus qu'un bleu

sur ta cuisse.

Et je dis

"je me sens décalé par rapport à toi... Tu aimes pousser le caddie maintenant alors que ça continue à me faire chier..."

Bruits de bulles éclatées avec ta salive. Tu n'as plus qu'une boucheeeee de poissonnnnn.... C'est si subtil et doux une séparation, une torture, une nuit qui bascule car le shoot, la foncedé de trop, les mauvais moments... Mais mens... toi, à moi... Dis que je ne dis que des conneries...

"Tu veux que je t'écorche, que je te mette du côté matelas uuusé, pour te déchirer avec mes ongles et mon sexeeee... mon soleil en peau, mes vitres les veines..."

On commence toujours par s'embrasser... on se tremble l'un sur l'autre... On se croque, on s'allonge l'un sur l'autre... On respire des pets de silences... L'inodorant... La route longue d'une nuit que l'on commence... C'est... un peu, comme se mordre et se mentir avec les crocs...

"Je vais essayer de te péter les os... t'arracher la peau avec mes ongles, même rongés... Tu ne dis jamais la vérité..."

Si je dis la vérité.... Je ne parle que DE çA... de toi de nous, de la pierre que j'ai jetée sur ta gueule...

"Tu m'as eu, j'ai un sourire de mort, la bave blanche et sèche... Le bruit de poisson de bulles qui éclatent de ma bouche à présent..."

C'est...

Andy Vérol

Publié par hirsute à 22:06:07 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

Des araignées dans la chatte du fantôme qui me surveille | 20 juillet 2009

Juste pour rappel, pour ceux qui n’ont pas suivi. Depuis deux ans maintenant, je mets en ligne certains textes de mon frère Duno. Ce dernier s’est suicidé dans les années 90 et je n’ai eu connaissance de son existence en tant que frère qu’au début des années 2000. Il était le chanteur d’un groupe qui connut un grand succès en France et dans quelques autres pays francophones. Par soucis de discrétion et de respect pour les autres membres de sa formation, je ne dirai jamais quel était ce groupe.

 

Enterré près de Bordeaux, il avait laissé des carnets, de très nombreux écrits, des journaux intimes où il vidait ses colères, ses rancoeurs, sa folie…

 

Andy Vérol

 

22 octobre 1996 - Nouvel extrait d’un cahier vert numéroté : 22ème lamentation. Italie fasciste:

 

On a joué à Rome hier. Mille connards pogotant comme des malades devant nous. J’ai pas aimé. J’aime pas aller en Italie. Les italiens puent le fascisme pour l’essentiel. M’en branle que ce soit pas vrai. Pour moi, ils puent ça et la magouille. Me demandais combien de ces petits keupons Aldo Maccione faisait du trafic, des activités de mafieux. C’est pas compatible avec l’anarchisme qu’ils exhibent sur leurs tee-shirts. La Major nous a payés un prix d’or pour aller à Rome. Mais dans le car qui menait à la salle, j’ai fait la gueule.

 

Les autres étaient contents et mataient un film de guerre à la télé. Moi je ruminais, je faisais attention de ne pas regarder dehors. Prendre soin de ne surtout pas se faire infecter par cette mentalité du tout-trafic-tout-football… Les italiens sont viraux, et traversent les vitres. Ils sont nuls en guerre mais très forts pour envoûter.

 

Ils ont l’arrogance des loosers, la prétention des fins de civilisation. Je matais mes pompes, des Nike hideuses qu’une ex m’a offertes sans aucune raison. C’est très confortable. On a plein de pompes en Occident. On aime ça les fringues, les shoes, les sous et les grands discours sur l’Humain. On  s’habille « bien » pour faire la leçon aux autres… Le rêve de cuisines aménagées des maîtres du monde et de leurs peuples connards.

 

« T’as quoi Duno ? » m’a demandé le guitareux.

 

J’ai rien répondu, ai allumé un joint. J’avais mal aux seins… Les tétons durs qu’une minette de 18 balais m’avait mordillé la veille dans ma loge… Elle était pas mal. Bourgeoise, propre sur elle, pas destroy. Ce que j’aime. La bourge qui s’encanaille avec Duno. Quand elle me suçait, je lui tirais les cheveux à fond. Comme j’étais bourré, je ne bandais pas des masses, mais ça suffisait. Je ne pense qu’à ça. Je n’envisage plus jamais de respecter aucunes femmes, sauf Patricia, et Noëlle… Quoique.

 

A la salle de concert, j’ai fermé ma gueule jusqu’à la balance. J’ai bu, j’ai fumé. J’en n’avais rien à cirer des ritals qui se pointeraient. Le fric coule à flot. Le jambon de Parme aussi. Mon ventre palpite d’angoisse. Cette vie de merde. J’ai une vie de merde.

 

J’avais décidé de ne mettre qu’un pauvre sweat et un jean. Pieds nus à la Yannick Noah… Les autres ont gueulé. Je leur ai dit qu’on ne jouerait que les morceaux cool, les slows, tout ça. Pas de morceaux speed.

 

« Eh mais t’es pas net Duno ! On peut pas faire ça !

- Si on va le faire. C’est tout ce qu’ils méritent ici.

- C’est quoi ces grosses conneries ! »

 

Notre manager était au bord de la syncope. J’ai insisté.

 

« Bon on fait la balance Duno, et ensuite, on voit. »

 

C’était tout vu.

 

Un quart d’heure avant, ce sont nos gars qui ont réglé tout. Mais j’ai insisté pour qu’on fasse la balance nous-mêmes pour une fois.

 

« T’es complètement parano Duno, les Italiens bossent aussi bien que nous.

- Fuck »

 

Ensuite, j’ai gueulé sur l’ingé-son. Angelo machin-chose a vite été agacé. Je n’avais pas particulièrement envie de l’emmerder ce viandard, mais j’étais suspicieux. J’avais l’impression qu’il voulait saboter mon live.

 

Finalement notre manager est venu temporiser. Il m’a filé de la coke et c’était reparti. Plus de déprime. Presque.

 

« Trouve moi une italienne avant que je monte sur scène ».

 

Je sais qu’ils en ont tous marre que je me comporte comme ça. Mais jusqu’à preuve du contraire, c’est grâce à moi que notre business tourne. Ma réput’ de connard fait venir toujours plus de jeunes crétins.

 

L’italienne avait 37 ans. Ouha ! Une vieille du tonnerre. Electrisante. Silencieuse, timide, réservée, nulle en pipe et franchement excitée de la hanche. On a fait ça dans ma loge. Une demi-heure avant le concert. Sans parler. Sans que je sache son prénom. Une italienne. Simplement. Ma spécialité locale. Je ne sais pas. Je suis mal. J’ai gerbé, presque sur elle, à force de trop boire du whisky… Romantique. Les tocs sexuels de Duno. Elle a décampé. J’ai remis mon jean et je suis allé sur scène illico.

 

Direct, je me suis foutu du public. Je n’ai pas parlé italien, ni anglais, ni français. J’imitais les singes en les montrant du doigt. Ça a commencé à siffler, à huer… alors les musicos ont commencé à jouer « Roule sur elle ». Le pied, je pensais encore à l’italienne.

 

Finalement, c’était à chier. On m’a balancé une tomate dans la gueule, ainsi qu’une chaussure. Alors, au bout de trois morceaux, je me suis barré. Définitivement.

 

Pas aliéné… J’étais mal dans le car. J’avais honte. Comme d’habitude. Alors j’ai bu. A fond. Je ne me rappelle que des araignées dans la chatte du fantôme qui me surveille.

 

Duno

Publié par hirsute à 14:59:22 dans Andy Vérol & Duno | Commentaires (0) |

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