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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/
Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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Voici le lancement de l'Opération Autodafé, deuxième phase. J'ai lancé un appel à textes libres, pas mièvres auprès des internenéteurs et ça donne ça... Diffusion de ces créations non-stop, les jours à venir...
Premier texte donc:
Se perdre, ça n'a pas de sens. Lâcher sa propre main et se voir disparaître dans les profondeurs d'un canyon aux bords flous, c'est un cauchemar. C'est bête, tu sais? Il suffit parfois d'oublier, de débrancher ce qui fait tant de bruit entre les oreilles, pour retrouver la flamme. J'essaye de le faire, parfois, à la lumière de la lune. C'est parce que la nuit me rassure et m'entoure. Tu sais ce que c'est, toi, cette terrible illusion d'éternité. Un bel infini, comme une victoire sur la mort. Parce que la nuit, c'est le moment où les gens dorment, et que dormir
pour moi, c'est crever. Sauf le matin, parce que j'en ai rien à foutre, des hommes qui se dressent. J'aime mieux qu'ils se couchent pour de bon! Bon! Alors, tu me lis pour passer le temps? Est-ce que tu t'ennuies, le soir? Est-ce que tu détestes le silence qui te tombe sur la tête quand tu fixes le mur de ton salon? Est-ce que tu te sens vivant quand tout le monde veut s'allonger et oublier la journée qui vient de s'éteindre? Est-ce que tu n'en as pas assez de toutes ces questions que j'aligne comme les saucisses qui pendent au-dessus de la tête des charcutiers? Oh, tu peux me le dire! Je ne me vexerai pas. C'est que j'ai le verbe facile et que je me laisse aller. Cette page qui n'existe que sur un réseau que je ne peux pas toucher, c'est ma piste de ski. C'est balisé, mais je peux bomber et déraper. Tu crois peut-être que c'est facile, les métaphores? Non, ça ne l'est pas. Ce qui vient tout seul, par exemple, c'est la haine. L'amour, aussi? Non, pas l'amour. L'amour ça s'apprend, mais surtout ça se fait. Alors j'arrête d'écrire ce mot : je l'ai déjà abîmé. Avec tout ça, les minutes s'effondrent sous mes pieds.
Ça ne me fait pas spécialement peur. Normalement, des minutes, il m'en reste plein. Enfin... plein pour un homme. Parce que je suis jeune (pour un homme). Un jour, je sais, je serai dans un vieux fauteuil, et je serai encore plus vieux que mon trône! Des minutes, il m'en restera peu, et je regarderai la terre avec effroi. Les autres, souvent, ils regardent le ciel. Alors ils voient un avion, qui crache du kérosène sur des kilomètres, mais pas un seul dieu rassurant. Ils refusent d'avoir cru pour rien, alors ils meurent et ils constatent. Moi aussi, je verrai, et peut-être qu'il y en aura, un Bon Dieu!
Et peut-être qu'il sera mauvais comme la gale, ou même qu'il aura l'air d'un poisson. J'en sais rien, après tout! Je ne suis pas un savant, putain! Je suis juste un garçon avec une bouche et des yeux. Et je ne vois rien de plus grand qu'un corps qui vit, avec tous ses muscles et son sang qui roule dans ses tuyaux souples.
Ça, c'est un truc de dingue! Les esprits, tout ça, c'est pour les rigolos. Maintenant, je vais me coucher. Celui qui n'a jamais dormi n'a jamais rêvé qu'il était un autre lui dans un autre monde. Alors même si le lit, c'est un peu un cercueil, je me dis qu'au moins, c'est une tombe avec de beaux films à l'affiche.
Aléric de Gans
Publié par hirsute à 20:52:56 dans OPERATION AUTODAFE | Commentaires (0) | Permaliens
ça vaut bien Dj Majuva d'Afrique du Sud, hein mon gamin?
Et p'tit bonus norman aussi hein?
Publié par hirsute à 22:27:49 dans Infos cul-ture | Commentaires (0) | Permaliens
Appel à textes. Opération Autodafé n°2, c'est parti! Envoyez vos textes libres, pas mièvres, pas sirupeux, sans thème et sans limite à l'adresse suivante: hirsute.hirsute@orange.fr . Les textes sélectionnés seront publiés sur mon blog (10 000 visiteurs par jour) et sur les différents réseaux auxquels je suis "abonné"... Derniers envois autorisés: dimanche 11 septembre of Ground Zero de la fionne...
AV
Publié par hirsute à 18:30:56 dans OPERATION AUTODAFE | Commentaires (1) | Permaliens
Au-dessus, Obama, beau, triomphant...
Il a le goût dur d'un carambar caramel coincé sur la gencive pour "imiter des dents pourries"... Les States, l'Satan d'un demi-siècle qui nous vendaient des chewing-gums comme des humans bombs, la sexy de la Paris, la Hilton, la Rihanna, et la mère Michelle Obama qui plante bio et tortille la mouillasse à la façon tepu, façon tassepé, façon j'me fais les dents blanches. Les US de maintenant, c'est comme quand je trempais mon fion en maillot dans les eaux chaudasses de l'Ibiza, de la Majorqua, la façon Pq de gérer la mondiale avé les patatoes dans la bouche, bing, un porte-clef, la cul, la lick a tit, and fuck a shemale... Après la guerre, y'a la tension d'la dick qui fall, les mains maitres, maitrisent que ch'ti, la USA, c'est le carting à pédales qui dévalait la côte de l'Impasse des bleuets, camion américain dans l'fond et promesse de beautés body-buildées... Hummmmkfffeeee
Andy Vertu! Recommandation de http://crocnique.wordpress.com/ :
Publié par hirsute à 19:10:47 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
Ce qui suit est la suite de ça: ICI
Vous me croirez ou pas, cher père, mais pour vous parler, j’ai éteint ma télé, pour ne plus entendre votre voix ou celle des autres, j’entends par là, les foutre-cons, les journalistes, les analystes, les statisticiens et les pygmées ventrus des médias… Parce que je les reconnais, les vois et les écoute, comme tout à chacun, et j’hume dans leur logorrhée permanente, une façon faux-cul de vous envier. Ils aimeraient pour la plupart, posséder votre pouvoir. Ils s’en défendent, arguant qu’ils préfèrent la vie simple, les choses simples, les instants simples.
Je n’y crois pas, cher père, je crois qu’ils mentent plus que vous, qu’ils jouent de ceux qui les regardent et les écoutent. Vous, vous mettez la lumière sur une vérité : le peuple souhaite des gens qui parlent vrai, direct, rentre-dedans, pas des trimards de la bienséance. Car je l’affirme, ils n’informent pas, ne communiquent pas, ils crachent, paresseux intellectuels, assénant sans fin que vous êtes l’omniprésident, comme si vous étiez omniscient. Ils vous mettent en scène plus que vous ne jouez un rôle. Ils pervertissent tout. Que vous restiez ou non président, vous resterez vous-même, et vous brillerez toujours si fort à mes yeux que j’en deviendrai aveugle.
Pour revenir au début de cette correspondance à sens unique – excusez mes formules – j’ai compris très rapidement que vous parliez de moi, mon être, cette progéniture cachée que vous avez effacée de votre mémoire, mais que votre inconscient ramène à vous, dans vos gestes, vos tics, vos manières brusques et cette lueur de méchanceté qui « geyser » lorsque vous souriez. Car j’ai eu le temps durant tous ces mois, de vous observer, vous analyser. J’ai quelque chose de vous, ne l’oubliez pas, quelque chose qui s’appelle les gènes, le sang, peut-être même le sperme. Alors je suis heureux d’avoir des demi-frères, d’avoir une famille triomphale qui prospère sur ce pays comme des fleurs au printemps. Vous êtes beau lorsque vous êtes corrosif. Vous êtes envoûtant quand vous êtes turbulent…
Mais je vous cache des choses. Je préfère les dires au fur et à mesure pour ne pas trop vous déstabiliser. Peut-être enverrez-vous chez moi quelques hommes en uniformes afin de me menotter, me bâillonner et m’enjôler. Je n’en ai rien à foutre, cher père, je suis déjà mort. Mort avec la mère, mort depuis son ventre, mort depuis que vous m’avez pulvérisé de votre vie comme certains hommes balancent de l’acide à la gueule de leurs femmes infidèles. Je n’ai pas peur, je vous dirai tout ce que je souhaite avant d’être emporté dans les bras de la faucheuse. Un enfant, même illégitime, est en droit de faire savoir qui il est à son père.
Je n’ai pas beaucoup travaillé dans ma vie, à l’inverse de vous. A l’école, je suivais, je rampais derrière le programme scolaire. Et si j’ai décroché mon bac, c’était pour faire comme vous… Si j’ai commencé à travailler, c’était pour vous imiter. L’essentiel de ma vie a consisté à vivre aux crochets de l’Etat. Sans lui, je serais déjà mort ou rendu à la mendicité. Peut-être même aurais-je donné mon corps à quelques vieux dégueulasses pour une poignée de billets. Je n’ai rien fait de tout ça. J’ai déprimé, tenté de me tuer, je me suis drogué, et je suis même allé bien au-delà de ça.
En m’abandonnant, mon père, vous m’avez assassiné. Vous pouvez tenter de le nier. En l’occurrence, en agissant ainsi, vous faites comme la plupart des criminels, vous niez ou vous minimisez. Et je vous regarde vivre et vous affirmer de la manière la plus arrogante qui soit, à l’instar de ceux qui pensent que certains sont choisis et savent se mobiliser pour réussir, que d’autres se laissent aller à la dépression, à l’assistanat et à la violence. Seulement, cher père, vous ne savez rien de tout ça. Vous n’êtes pas né avec une seule jambe, vous n’êtes pas né aveugle, vous n’êtes pas né trisomique. Certes, je n’ai pas cotisé pour recevoir mon RSA, je n’ai jamais travaillé pour payer les retraites de nos aînés, je n’ai jamais, d’une manière ou d’une autre, contribué à la prospérité de la nation. Je n’ai même pas servi ce pays sous un uniforme, et je n’ai jamais été bénévole pour aucune cause. Je n’ai rien fait pour ce pays, la France, et pourtant ce pays, c’est moi, juste moi, rien que moi. Vos discours me flattent sans cesse et ils m’exaltent parfois. Et pourtant je boite, titube, grogne dans mon vomis, certains soirs. Dès mes plus jeunes années, j’ai cessé de rire, et le mot « bonheur » pour moi, est une soupe trop salée que l’on sert à ceux qui ont perdu le goût.
Dans votre agitation perpétuelle et vos certitudes, vous en avez oublié l’Homme qui tombe, celui qui bave sur un lit d’hôpital et qui ne peut plus porter la fourchette à sa bouche. Vous en oubliez – peut-être n’y avez-vous jamais pensé d’ailleurs – que le naufrage de l’être ne se règle pas à coups de gourdins, d’invectives ou de pitié mielleuse… Car vous pratiquez tout cela, cher père, vous en êtes d’ailleurs devenu le champion, le number one, le boss du cassage de tibia. Vous me faites souvent penser à mes jeunes années à l’école, époque anti-bénie où je me faisais savater au fond de la cour par des plus lâches que moi, mais qui maniaient mieux l’insolence, la violence et l’agressivité que moi. Je suis Malik, votre fils, et lorsque j’étais élevé seul par ma mère, je n’avais que l’Etat, ses instit’ et ses flics pour me défendre. Au lieu de ça, on me tournait le dos et on laissait faire mes tyrans chérubins. La justice… Vous en parlez tellement de la justice. Vous m’en parlez à moi, me rappelez qu’elle ne m’est pas réservée ni dédiée, qu’elle est là comme un faire-valoir dans les discours des puissants… Alors, cher père, je n’excuse ni mes actes, ni mes pensées, mais j’ai rêvé de mort, d’abord… Juliette, ma mère, votre maîtresse à court terme, essayait tant bien que mal de m’élever. Elle travaillait dans une usine textile – l’une de celles dont votre frère était le patron – et elle faisait bien, elle se donnait, offrait toute son énergie pour les besoins de son employeur. Elle ne se posait pas de questions, elle pensait que c’était ce qu’il fallait faire… jusqu’au jour où, dans le trou où nous vivions, elle resta sans emploi. Virée, non parce que l’entreprise allait mal, mais parce que son patron voulait garder son train de vie. Un matin, l’un de ses adjoints la convoqua dans son bureau, lui tendit une lettre et la pria de sortir. « Merci et au revoir ». La pauvre femme, son corps encore fin et ferme se courba, s’avachit, devrais-je dire, pour devenir le presque celui d’une vieille. Ces années-là, les biens portants appelaient des personnes comme ma mère, des assistés. Ce mot doit sans doute vous dire quelque chose j’imagine ? Je ne vous en veux pas de taper sur les corps par terre, je ne vous en veux pas non plus d’exhiber votre toute-puissance, mais cher père, je ne vous aime pas, et je ne vous aimerai jamais… Et je le dis, car je suis Malik, et non un échantillon représentatif du peuple français… Je suis un échantillon de votre viande, mais de la façon la plus faisandée qui soit. Soit, passons, rentrez-moi dedans, ou pire, prenez cet air faussement malheureux accompagné des pires mots : « Pauvre garçon ». Ajoutez « mon » devant « pauvre garçon », et nous serons quittes… Je n’aurai peut-être plus cette sensation de n’être qu’un demi-être, de n’être qu’une empreinte de pigeon dans une bouse de vache…
Je ne vous hais pas, je ne vous aime pas. Excusez mon emportement… J’ai décidé de vous écrire sans allumer la télé, sans boire d’alcool, pour vous communiquer mon désarroi. Sachez que je fais 1m86, que j’ai des yeux bleus comme ma mère, que je suis brun bouclé et que mon corps est maigre. Si vous me croisiez dans la rue, vous ne me verriez pas, à peine plus visible qu’une mouche.
Dehors les gens gueulent. Je vis dans un sale quartier où la pauvreté rend agressif. Des couples hurlent, se battent, frappent leurs gosses. D’autres se terrent, comme moi, vautrés en silence dans leur piaule, des nuits pimentées par quelques films de cul sur Internet, des émissions de télé insipides… A l’heure où je vous écris, un couple se bastonne. Je n’appellerai pas la police qui ne viendra pas, et je n’interviendrai pas. Ici, on reste chez soi et on n’attend la fin de l’orage. L’enfant braille mais ils ne l’entendent pas. Le ciel est orange. Voilà mon quotidien, la torpeur infinie dans laquelle je suis installée.
Vous me direz, cher père, « ressaisis-toi et prend ta vie en main ». Mais venez simplement dans mon corps, juste cinq minutes, et vous sentirez la fatigue, la tristesse, l’empêchement… Je clos cette lettre ici, l’homme vient de poignarder sa femme, et ça me sape le courage.
A très bientôt cher père.
Malik.
Publié par hirsute à 13:54:18 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
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