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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/
Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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Cher Président de la République, cher père,
Je suis persuadé que vous êtes étonné de recevoir ce courrier, mais il semblait inévitable pour moi de me manifester auprès de vous. Je m’appelle Malik Dilemme. Vous connaissez sans doute déjà mon existence, du moins saviez-vous, jusqu’à ce jour, que vous aviez un enfant illégitime. A l’orée de mes 40 ans, je ne pouvais plus vivre avec ce secret pesant si terriblement sur mon esprit que j’ai passé près de dix années de ma vie en hôpital psychiatrique. Aujourd’hui, je suis guéri, au RSA et sans emploi. Mes journées sont faites d’heures passées devant la télé, de solitude et de rêves alcooliques.
Au début de cette année, ma mère, Juliette a été emportée par un terrible mal. Elle était mon soutien, ma charpente. Cette femme que vous n’avez connue qu’à ses dix-huit ans, était brillante, mais la vie ne lui a jamais fait de cadeau. Vous alliez décrocher votre bac quand vous l’avez rencontrée. Pour vous, elle ne fut qu’une amourette, une passe fougueuse dans votre existence dorée. Ma mère est tombée enceinte, vous a sollicité, mais vous l’avez ignorée et marquée au fer rouge du mépris et de l’oubli.
Entendons-nous bien. Je ne vous écris pas pour régler des comptes, et encore moins pour réclamer une quelconque légitimité tardive. Je ne vous écris pas non plus pour vous communiquer la moindre haine, mais tout de même, sachez-le, je ne vous aime pas.
L’idée de vous écrire m’est venue au fil de ces derniers mois. Le fait que vous soyez de nouveau papa, que votre vie soit si heureuse et glorieuse, m’a fait l’effet d’une baffe. Comme je le disais plus haut, mes loisirs se limitent à l’absorption d’alcool et à la boulimie du téléphage fauché. Et c’est en vous regardant, au journal de 20 heures sur TF1, en mars dernier je crois, que j’ai compris que tout ce que vous disiez, à chaque fois que vous parlez de la France, en réalité, vous vous adressez à moi, votre fils illégitime. Tout ce que vous dites sur la France m’est destiné. Je le sais, je ne suis pas fou, c’est vous qui êtes fou de jouer ainsi avec tout un peuple et avec moi.
A suivre...
Publié par hirsute à 16:07:02 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par hirsute à 20:51:01 dans Infos cul-ture | Commentaires (0) | Permaliens
J'ai idée d'un nouveau roman, et alors? Rien de provoc', juste un tableau de ma quartier, la quotidienne qui pue plus les épices que la dépression blancs-becs. La traduction des cieux radasses vautrés par terre.
Andy Vérol, Choisi par CroCnique:
Publié par hirsute à 20:07:06 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
Une fois, la grosse Emmanuelle s’était fait voler tous ses bonbons en sortant de l’école. Certains disaient que les coupables étaient les arabes de la Caserne, mais personne ne pouvait en être certain parce qu’Emmanuelle préféra se murer dans le silence plutôt que dénoncer ses agresseurs. Je savais que Papy irait faire un raid contre les soupçonnés et que les papas, manches retroussées, descendraient pour mettre une raclée aux papas rebeus, à la sortie de l’usine. Ces derniers étaient accusés de tous les maux, peu à peu échaudés par les attaques dont ils faisaient l’objet, ils finirent par rester entre eux, buvant du thé dans les jardins en friche qui jouxtaient les murs de la Caserne. Aux premiers effluves doux de printemps, les hostilités reprenaient. Dans l’odeur entêtante des fleurs qui avaient éclos, il y avait, mêlés, les shoots de sueurs/bastons et les explosions de sang.
Chez nous, Margaret Tatcher était de gauche et n’aimait que les rebeus.
Elle s’appelait Yvette, était la maman adorée d’Emmanuelle.
Robert de Niro n’est plus un héros…
Andy Vérol
Publié par hirsute à 15:33:48 dans Andy Verol | Commentaires (4) | Permaliens
Manuel repeint le mur. Il nous regarde à travers la vitre sale, le gras des mains, la crasse de l’air. Pas une seule voiture n’est passée par là depuis quatre jours. Manuel dort sur un lit dépliant, dans l’ancien garage de mécano. « On y est bien, même si c’est sale, c’est vrai qu’on y vit bien, bleu, on y fait du verdâtre, et on n’y entend pas les mamans qui ne parlent pas la rentrée des classes. Le divorce m’a bouffé, fallait pas qu’on dit, mais c’est fait. J’ai pris le baluchon et bouffé du pain durant cinq semaines. A l’ouest, me demande si les chinois aussi vont à l’ouest. A l’agence Pôle Emploi, c’était la dépression. Les gens qui y trainaient, étaient glauques, souvent idiots. Je n’avais rien à faire dans ce monde-là, même si c’était là que l’on touchait la pitance. Le divorce ne fut pas que ruineux, les sous on s’en fout, les sentiments un peu moins. C’était moins grave que d’être fauché par un obus, mais ça ne faisait pas du bien, que du mal. Plus de croix, pas de dieu, des emmerdes et le Palais d’injustices… On est bien, même si le duvet est comme l’eau, saumâtre, du jus de nerf et des liens du corps/sommeil qui se fond aux tissus. L’étoffe de dodo qui gratte et la grippe même en été, les narines épaisses plombées par les poussières noires des cambouis asséchés. Comme tous les jours, je me fesse sur la chaise et j’attends que le vent se lève, qu’une pluie orageuse saccage l’horizon. C’était minable de faire la queue pour dire « j’ai rendez-vous avec Madame Bertier, c’est ma conseillère ». On vous appellera et t’attendras, tu te sens coupable et un pue-de-la-gueule peste contre l’autorité, te « hontifie » monstrueux devant tout le monde en te prenant à partie. Prenant. C’était usant, c’était du seul, des moments coincés dans l’appart’ tombeau. Les trucs du passé, j’en voulais plus. Les lamentables du quotidien, j’en pouvais plus. La chaise craque et le bois la poutre soutient le toit. La station service n’attire plus, n’est plus l’escale moderne. »
Andy Vérol
Publié par hirsute à 15:08:15 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
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