Sortie du premier roman d'Andy Verol,le 02 avril 2008: "Les derniers cowboys français". Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Me cracher à la gueule, m'adorer, m'éclairer, m'obscurcir, me soumettre une opinion, un texte: hirsute.hirsute@orange.fr
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Sans doute le meilleur roman de Franca Maï, L'Amour Carnassier. Infos ici: http://www.francamai.net/
Y a de quoi devenir agoraphobe avec des soirées pareilles !
Elles se ressemblent toutes à vrai dire et je comprends à ma manière la colère de Vérol : comme si sans gueuler fort (ce qui revient à parler normal de mon point de vue) il se sentirait pris au piège et incarcéré dans une tribu de "tous habillés pareils" à taper des poses de gaucho résistants à la mord moi le noeud et compagnie !
Je ressens le Vérol dans mon ventre et j'y peux rien ! Je "juge" sans savoir on va m'dire là où justement je ne suis pas du tout dans le jugement mais dans l'obsession d'une méga parodie démocratique sans précédent au sein de laquelle on peut même acheter en kit "le bon comportement anarchiste dans le vent" prêt à penser et prêt à porter sans aucune espèce de forme d'impact politique hormis "la teuf" parce que faire "la teuf" c'est méga-révolutionnaire surtout en des lieux institués !
Tout m'agace car je sais que la fourberie est généralisée de A jusqu'à Z !!! Disons que Vérol c'est un accident comme un coup de foudre ! Le moindre de ses excès a par avance toutes circonstances atténuantes ! Que voulez-vous que je vous dises bon sang ? Je me fatigue à rabâcher que l'ère contemporaine est à la stupidité totale ! Il n'y aura strictement rien d'autre à faire que d'assister à la connerie pour l'éternité ad-vitam eternam ! Pas un pour racheter l'autre !
Je n'invente rien, c'est dans l'air depuis au moins Tchernobyl !! Il n'y a rien, there is nothing nom d'une pipe !! Quelle chance alors cher Siège Passager que d'avoir pu partager ne serait ce que le trajet en métro avec le Vérol ! Là est l'essentiel ! Et qu'un noir soit venu dire "See ya" à Vérol ça ne me surprend pas non plus car il y a une logique à l'histoire ! Même s'ils ne valent guère mieux, sachez que mes collègues des banlieues éthniques arabisantes voient les soirées Rock N'roll des blancs telles des soirées entre enfants de bourges même si c'est des gauchos qui remplissent les salles ! Oui c'est vu comme tels des évènements culturels entre blancs bourges qui parlent une autre langue que la leur ! C'est même vécu telle une organisation scientifique généralisée d'évenements culturels tribaux à caractère raciste ! C'est comme ça et quand bien même le "chanteur" braillerait des trucs antiracistes dans ses chansonnettes poétiques ! L'abîme mental et culturel est tel !! Tout est quiproquo et tout est choc des cultures quoiqu'il se produise !!! Et en voulez vous en voilà des multi-tiroirs identitaires à n'en plus finir et qui avaient forcément vocation à finir en noeud de boudin hyper-individualiste sans précédent dans l'histoire de l'Humanité !
Malbrouck
Publié par hirsute à 13:03:50 dans Malbrouck | Commentaires (2) | Permaliens
Concert d'Arnaud Michniak, au Glaz'art. Comme tu y étais pas, et que tu m'as donc pas rencontré, ben v'là l'truc en vidéo: ici
Parce c'que Michniak est un zombie, comme les autres, même si c'est bien avec ses cernes et son accent de Toulouse qui sent le cassoulet à la saucisse (ouais je sais). Mais c'est vrai que ça pue la sueur dans les salles de concert maintenant. D'autant plus que les gens, et malgré le réchauffement climatique, ils te mettent des gros manteaux genre camouflage alors qu'on s'en fout qu'ils se camouflent, on s'en fout bien, parce qu'ils sont rien. Ils sortent de la salle tout le temps, pour fumer des clopes, puis ils te traversent toute la salle pour prendre un verre, puis ils traversent dans l'autre sens pour s'entasser devant la scène. On se croirait à un concert de variété avec des gens habillés en "ravers" des années 90.
Et puis là-dedans, j'avoue que même si je bavarde, je préfèrerais me casser et être sur mon canapé, et éviter d'avoir à subir les reproches, les regards qui jugent (c'est qui c'connard qui parle si fort et qui rit comme un phoque, c'est ça l'Vérol? Pitié), les regards qui ignorent, et ceux qui méprisent. Savent qu'ils sont des zombies prétentieux... J'accoste Michel Cloup au bar. Je suis presque jamais avec Siège Passager, qui a des clopes à fumer et des conversations à avoir. Et Michel Cloup, je lui parle comme un péteux, comme un gamin devant l'instit qui a les cheveux frisés là, qui dit "au tableau" avec une voix grave sévère, qui a les doigts plein de craie... Je suis submergé de colère. Je me dis que je suis qu'une carpette. J'essaie d'être gentil, mais j'aime pas l'mépris. Siège Passager m'a dit qu'il fallait que je me calme, que je fasse pas le scandale, la grosse voix, que je me mette pas à insulter les gens alors que c'est ma seule façon à moi de ramasser un bol d'être et de sensation. J'suis pas agoraphobe... Je suis michelclouphobe... Je le sens pas. Si je lui dis de se faire enculer, il va se la jouer rock n'roll et me péter l'pif. Il s'éloigne. Fend la foule. Je sais pas quelle pitrerie lamentable j'ai pu lui dire. J'ai envie de chier, mais tu peux pas chier dans des chiottes où les gens camouflages s'agglutinent pour fumer des clopes, comme au collège, planqué, pour pas se faire choper par le CPE, pas se faire serrer par l'surveillant, le chevelu-là qu'est trop maigre, qu'a trop une tête de con avec sa bouche plein de bave et de mots compliqués.
C'est ça la sensation. Je suis pas attentif pendant que Michniak fait l'expérimenteux sur scène. Je suis attentif à moi, à la colère qui monte et cette musique de fada n'arrange rien c'est sûr c'est moins bien que Programme... Et après, je suis sombre. Je suis terré dans ma gueule à con. On m'a dit de me calmer, d'être cool, de rien dire, alors que les gens ici sont des pseudo-intellos parigots déguisés en camouflage parce que ça fait mec pas comme les autres. Mais ça va fumer dehors, ça applaudit comme une grand-mère après que l'autre il ait fini de vomir ses morceaux.
Après Siège Passager me dit que c'était pas terrible, qu'il est déçu. Moi j'en sais trop rien. J'ai trouvé ça bien. Qu'est-ce qu'on s'en fout que je puisse trouver ça bien. Michniak a refusé mon entretien en novembre parce qu'il en avait marre des interviews. Il refuse pas tout ce qui fait vendre du disque et de la place de concert genre des mags qui ont pignon sur rue, mais moi il refuse, il se fout des hirsutes, des autres blaireaux qui viennent ici et tout le tralala. Il accepte les applaudissements de grand-mère du public. T'en a qui gueulent comme des collègiens attardés qu'ils sont à se planquer dans les chiottes du Glaz'art pour fumer leur clope... C'est chaud, je gueule qu'il y a encore que des blancs dans cette soirée. ça gène Siège Passager qui aimerait être Harry Potter pour me faire taire avec une baguette magique... ou qui aimerait juste m'en mettre une parce que je le saoule. ça sent que je le saoule. J'aimerais bien dire à Michniak qu'il faut qu'il arrête. Qu'on ne peut pas impunément venir dans une salle de concert, brailler dans un micro et se faire applaudir par des mecs grand-mère camouflage qui fument dehors, ou dans les chiottes qui boivent que quelques bières...
ça sert à rien de mimer le rock n'roll quand on fait tous ces trucs qui font pitié, qui montrent bien qu'ils sont soumis comme des chiennes et rien d'autre...
Alors apparaît le messie. Tout ce qui compte, c'est pas que tu saches qui il est vraiment. Parce qu'on s'en fout. Deux seules choses comptent: c'est un fan d'Andy vérol venu exprès pour me rencontrer, et il est noir. "Salut t'es Andy Vérol". Comme je suis pas habitué, je me comporte vite comme un gamin à qui on a offert un gros camion de pompier avec l'immense échelle et le volant qui tourne les roues...
Après, on parle. Et je me casse avec Siège Passager, pendant 100 mètres. Je prends le métro. Le RER. J'ai des bières, le MP3 à fond dans la gueule que c'est du Prince Paul les morceaux. Et voilà.
Arnaud Michniak n'est pas un héros
Andy Vérol
Publié par hirsute à 11:19:04 dans Andy Verol | Commentaires (3) | Permaliens
ça a lieu dimanche 17 février, à 19 heures, au bar "le Zicadelic", contre 2 euros. "L'art de la joie", c'est du vrai cinéma underground, et plus encore... Un réalisateur Hirsute! Précipitez-vous là-bas. J'y s'rai j'crois bien...
Bande-annonce: ici
A.V.
Publié par hirsute à 11:12:33 dans Andy Verol | Commentaires (1) | Permaliens
On peut revenir sur le mot « racisme » et ce qu'il porte comme sens, non-sens et contradictions.
Tous les samedis, tata passait l'aspirateur dans la grande maison locative que nous habitions. Comme le bruit de l'aspirateur l'agaçait, elle mettait la musique à fond, un pur gueuloir qu'on appelait chaîne Hi-fi. Généralement j'avais droit à Mike Brant, Richard Clayderman (voir le site officiel actuel. C'est riche, c'est beau, c'est pas bobo : http://www.clayderman.co.uk/ ) ou encore Michel Delpech. Enfin, je dis « j'avais droit », devrais-je dire que « nous avions droit », moi le frêle abruti et l'ensemble du quartier... ça ne dérangeait personne. Les polonais et les italiens savaient que, le samedi matin, c'était la culture musicale de haut vol de ma tante, qui s'imposerait aux oreilles de chacun. Les phrases que j'fais. Je sais pas, il m'a paru bien de changer un peu de style pour raconter mon enfance, cette partie là tout du moins. Bref, t'as compris encore une fois. Je reprends un café et j'arrive.Tout ça pour dire un truc qui n'a strictement rien à voir. Dans ces Ardennes de la fin des années 70, des années 80, je l'ai dit dans un texte en 2007, le racisme était omniprésent. Un racisme performant, bigarré, métissé, multiculturel. On entretenait ça dans le quartier. Et bien sûr le racisme, même s'il est composé par des souchards et des immigrés de première, deuxième troisième génération, génère des hiérarchies.
On était très loin du racisme décomplexé du sud de la France, où ceux qui n'aiment pas les arabes ne se gênent pas pour le brailler dès que possible. On était loin aussi du racisme de l'est, purement silencieux, lourd, plein d'une hypocrisie condescendante. On était aussi fort éloigné du racisme de cités, ce truc de couches populaires anéanties qui distillent un racisme peu hiérarchisé et plein d'piments. Ce racisme n'avait rien à voir avec celui de Vendée, de Corse ou de Bretagne, ces régions qui résistaient à l'autre pour conserver des traditions et des coutumes pathétiques (genre élever des fromages, des choux, des chèvres, des menhirs et des cochons sauvages...). A des années-lumière du racisme de beaux quartiers, de centre-ville qui, en plus de colporter une haine de tous les étrangers et ceux qui y ressemblent, s'attache à considérer les plus pauvres comme une sale race. Egalement.Le racisme de mon quartier mélangeait la xénophobie millénaire pecquenode des « souchards », les préjugés fascisants des ritals, la haine quasi-religieuse à l'encontre de l'étranger des polonais et le racisme technique, industriel hérité des années d'occupation allemande des années 40. Et très loin, au loin, un bâtiment que l'on appelait « La caserne » cloîtrait les arabes, tant haïs, de façon unitaire, par toutes les autres « ethnies ». D'ailleurs, on les haïssait tellement ces arabes, qu'il était honteux de les nommer. C'est pourquoi, lorsque nous avions besoin d'intégrer ces pestiférés dans nos conversations, nous disions « ceux d'la caserne ». Dans la hiérarchie, ils étaient au plus bas avec les manouches. Enfin, il y avait les sempiternels juifs, que nous considérions comme un peuple sournois et vénal, comme tous nos ancêtres l'avaient pensé et ressenti et ce, malgré un massacre assez récent dont nous avions vaguement entendu parler à l'école. Quant aux noirs (négros) et aux asiatiques (chinetoques), ça n'existait quasiment pas, puisque nous n'en voyions qu'à la télé.
Celui que j'appelle Papa Schultz était un maigrichon, en fait. Je le surnomme ainsi mais nous ne regardions pas Stalag 13 à cette époque-là. Enfin, je n'en ai pas le souvenir. C'est passé sur la 5 à la fin des années 80, mais là n'est pas le sujet.Son vrai nom, c'était Richard Rodriguez, le seul vrai portugais du quartier. Père et mère venus de là-bas. Accent portuguèche et travail dans la maçonnerie. Encore que c'était pas la seule activité de Papa Schultz. Depuis quelques années, il s'était mis à faire de l'élevage « por arrondir les fins d'mois ». Ce type était un rustre isolé, mais bien intégré, que personne n'emmerdait parce qu'on racontait qu'il avait zigouillé sa femme pour cause d'adultère. A 50 balais, il vivait donc seul, avec ses chiens, ses poules, ses lapins et ses cochons... Vaste dépotoir, la cour de son sale chez-lui.
Un printemps doux. C'était un printemps doux et attendu. Les hivers étaient encore rudes à cette époque-là, et le printemps ressemblait à une renaissance annuelle réelle. Nos visages gris, fatigués s'illuminaient dès les premiers jours de douceur, de bourgeons et de soleil limpide. Ouha la poésie t'as rêvé j'aime pas ça fait chier l'écriture mélodico-bucolico-nostalgique...C'était en début d'après-midi. Je jouais aux cartes avec mes potes Hutch et Papy sur un carton, là, juste devant la maison de tata... Douceur. Calme. Paix. Pas école. Putain qu'c'était bien. Jusqu'à ce que Léni surgisse du quartier d'en haut pour nous interpeller : « Eh les mecs v'nez l'Richard il a chopé l'voleur ! Y va y foutre la gueule en vrac ! V'nez ». C'était bien dans cette vie minable où l'on se fait chier presque tout le temps, de vivre des événements comme ceux-là.
En fait, Richard s'était fait piquer sa mobylette, deux trois semaines plus tôt. Sa mobylette, c'était sa fortune au portugais. Avec ça, il pouvait aller au bistro espagnol (espinguoin), à l'autre bout du patelin pour se bourrer la gueule en parlant de foot avec ces braillards de la péninsule ibérique... Il avait fait un scandale dans tout le quartier, et avait même cassé les dents, par erreur, de Cliff Barnes (peu avant qu'on ne le pécho dans l'bois avec JR) qu'il avait d'abord suspecté. Mais Cliff, en bon souchard sans courage qu'il était, s'en était sorti avec la phrase efficace à tous les coups : « T'as pensé à ceux d'la caserne ? »Le mot était lâché. Papa Schutz, en toute discrétion, avait fait son enquête de ce côté-là, se planquant avec des jumelles sur les hauteurs qui surplombaient la caserne. Il avait repéré, quelques jours plus tôt, Ahmed, un cancre qui zonait dans ma classe (toujours l'air méchant, des crottes de nez badigeonnaient ses lèvres et son menton, à dégueuler), qui roulait en mob devant la caserne. Celle-ci n'était pas rouge, comme la sienne, mais bleue. Mais Papa en avait déduit que l'arabe l'avait repeinte, en roublard voleur arnaqueur qu'il était.
Des dizaines d'enfants, d'adultes ont convergé vers le terrain pourri dégueulasse de Papa. Le garde-champêtre était déjà là, tentant de tempérer le portugais. « Richard, ne faite rien, laissez faire la police. » Mais Richard s'en tapait parfaitement. On se tenait tous là, derrière le grillage, à reluquer silencieusement les allers et venus du bonhomme...Il surgit avec Ahmed, les poignets liés dans le dos, bâillonné, le regard horrifié semblant nous implorer. Mais personne ne bougea. Ça me donnait envie de pleurer. Il était humain pour moi, mais pour les gens du quartier, ça n'était qu'une sale race qu'on ne pouvait mettre dans le même panier.
Ce qui arriva de plus atroce suivit. Justice soi-même. Justice moyenâgeuse... Le garde-champêtre était foudroyé de trouille. On l'appelait Louis de Funès, parce qu'il lui ressemblait tout craché.Richard attacha Ahmed à un poteau métallique puis s'engagea dans la porcherie d'où il sortit un porc adulte gueulant terriblement... On était entassé. Un type dit : « Fais pas ça Richard, déconne-pas. » Les yeux rouges de Papa se tournèrent vers nous : « Fermez ta gueule toi ! »
Pour faire bref, parce que j'écris pas des thrillers, Richard égorgea le cochon. Voir un cochon mourir est une horreur totale. Mais la suite était pire encore. Il chopa Ahmed par la nuque et les plongea la tête dans la plaie ouverte du porc encore tremblant... Evidemment, lorsque tu vois un truc comme ça, tu comprends rapidement que ça va être chaud pour ta gueule, à l'avenir. Tu sais que l'Humanité, c'est très exactement ça. Un pauvre musulman de 14 ans, dont on plonge la tête dans la plaie sanglante d'un porc, reluqué par des dizaines de blancs silencieux, venus de partout en Europe, l'œil torve, la bouche tordue par la crispation et le cerveau-pensée en bouilli..Quand il relâcha Ahmed, nous sommes partis. Quelques hommes adultes allèrent taper sur l'épaule de Papa pour le féliciter.
Il y eut des représailles, quelques semaines plus tard. Richard fut tabassé à mort par une vingtaine d'hommes venus de la caserne... Alors que Papa Schultz avait purement et simplement détruit un jeune homme (qui était innocent tout de même, la mobylette qu'avait vu le portugais, étant bien la sienne, la police le révélera bien plus tard.), il n'avait pas été inquiété par les autorités, alors que le garde-champêtre, seul représentant de la République, avait assisté à la barbarie... En revanche, trois hommes de la caserne qui n'avaient fait que venger Ahmed, ont passé plus de 15 ans en taule...Bon. Nous étions débarrassés de tous ces malades. Ahmed ne vint plus à l'école. Je ne sais pas ce qu'il est devenu aujourd'hui. Je sais simplement que, malgré l'action des adultes de son quartier, il fut considéré comme un « mangeur de cochon » par les musulmans... Il devint un paria et dut s'en aller...
Robert de Niro n'est plus un hérosAndy Vérol
Publié par hirsute à 13:32:50 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
J'en suis pas content de ce texte, mais je le mets en ligne, en attendant d'le rectifier...
Le quartier se divisait en trois. Ceux qui vivaient en bas étaient les inexistants. Ceux du milieu où je vivais, chez tata, et ceux d'en haut, nos ennemis. Cette division du lotissement avait des répercussions sur notre quotidien. Avec Papy Boyington et Hutch (Hutchinson putain ! T'as vu ?), on ne s'aventurait pas en haut, à certaines heures de la journée... Nous étions en classe ensemble, mais dès que nous franchissions la sortie de l'école de
Les guerres entre les « Hauts » et les « Milieux » étaient récurrentes... Parfois nous étions victorieux, parfois ils étaient les maîtres. Ces combats se déroulaient durant les vacances scolaires, ou le samedi. Nous déboulions sur le Maroc, et nous nous battions à coups de caillasses, de bâtons, de parpaings, de lance-pierres, de poings américains...
Généralement, cela se terminait avec un blessé ou deux. Pour ma part, j'ai échappé, à plusieurs reprises aux coups, grâce à Papy et Hutch qui me protégeaient (Je leur retournais la gueule pour qu'ils deviennent mes gardes du corps).
Puis nous rentrions en haillons, crottés, dégueulassés, dépités, fatigués. Gaufres au Nutella chez tata, les crêpes au sucre trempées dans un chocolat bouillant. « Alors vous vous êtes bien amusés les garçons ? » Tu m'étonnes qu'on s'amusait bien... Putain.
Une fois seulement nous avions du stopper l'une de nos batailles sans qu'un camp ne se détache. En fait nous avions été interrompus par un événement incroyable.
C'était l'été, vers 1980, il faisait une chaleur de merde, celle qui te fait dégouliner de partout. Nous nous battions à coups de bâtons. Rien de plus. Une vingtaine de gosses d'en haut et une quinzaine du milieu, dont moi, mais t'as compris quoi.
Il y a avait plein de poussière, de brindilles... Et soudain, Olivier, le chef-adjoint de la bande adverse s'est mis à gueuler : « Oh putain les pédés r'gardez ! » Au loin, un noisetier vibrait... Des membres, des morceaux de silhouettes... Nous nous sommes tous approchés, à pas de loup...
Inutile de dire que nous avons ri aux éclats lorsque nous avons vu sortir, toutes braguettes ouvertes, les pères de Julie et de Michaël, ces deux vieux pédés qui se suçaient sans vergogne, dans les bois... Ceux qu'on appelait JR et Cliff Barnes, copains comme cochons, étaient en fait des homos... Ils allaient, eux et leurs familles, vivre un putain de calvaire... jusqu'à ce que JR ne se tire un coup de fusil dans la face et que Cliff se barre avec sa famille dans
A suivre...
Robert de Niro n'est plus un héros
Andy Vérol
Publié par hirsute à 13:43:37 dans Andy Verol | Commentaires (1) | Permaliens
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