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Andy Vérol, ne vous aime jamais

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Pompe de Djème, salopes! | 19 janvier 2012

moi je croyais qu'elle disait: "Pompez lopes, pompe de Djème, pompez, pompez, pompe!"... bande de salopes... A 15 ans, ça m'a donné envie de "dancer", d'remuer la culasse et chaudasse la dancefleur... Juste après, y'avais une black dans la classe qui faisait flipper tout l'monde parce qu'elle était black, et ben j'ai passé des soirées à m'presser l'asperge en pensant à son cul bombée en écoutant mon 45 de Techno-trop-nique... La chanteuz, elle avait des ch'veux en chantilly caramel et trop hype de l'épauque...

Andy Vérol  Et t'avais aussi celles-là que t'avais envie de les pécho les deux en même temps, obligé t'avais la gaule aussi hue:

Publié par hirsute à 19:55:31 dans Infos cul-ture | Commentaires (1) |

Eviter la deuxième vague d'ivrognes | 18 janvier 2012

C’était détestable, de gros nuages de poussières se soulevaient, remplissant les narines, irritant la le cuir chevelu… J’errais un peu avant de retourner dans l’immeuble, profitant des quelques euros gagnés à branler mes vieux… Un bar faisait l’affaire : Le Martino était tenu par un rebeu d’une trentaine d’années, grand, costaud et chauve, qui ne faisait jamais dans la dentelle : « Un jour Roger, j’vais sortir le fusil et j’t’en mettrai une bonne dans la bombonne ». Avec six euros, je pouvais me siffler six ballons de rouge acide à la saveur de raisins foulés aux pieds de boue. Une torture dans la bouche, une douleur dans la gorge, mais malgré la migraine presque instantanée qu’il provoquait, l’ivresse était précieuse, campant les angoisses et les images de chibres spongieux dans l’oubli. Nous discutions entre poivrots, la face rosée et les discours tranchés. Nous avions raison sur tout, nous nous liions d’amitié avec ce sentiment d’éternité que l’alcool confère à son picoleur. « J’te dis qui faudrait les chars et qu’on les but’rait ces sales porcs ! Ici c’est Marseille, on a notre fierté hein ? Mais eux là, les étrangers viennent ici à cause du Houssam là, ils viennent nous pourrir la vie ». Ils ne savaient pas que je faisais parti de la cargaison de connards attirés par l’emploi de nos rêves. Je leur racontais que j’étais d’Arles – « Ah ça va, t’es encore de chez nous, mais au-dessus, c’est les nortios ! » - et que je bossais dans les quartiers nord en qualité d’assistant de vie en maison de retraite. Ils se faisaient l’accolade, fumaient clope sur clope, et parfois, lorsque l’alcool, la fatigue et le désespoir se shakaient, ils se foutaient sur la gueule. Dédé débita ainsi la trogne de Yoann parce qu’il lui avait dit qu’il était sûrement un homme à putes. Bamby décanilla la mâchoire de Vivien parce qu’il était certain que celui-ci était un flic en civil… L’animation se déroulait généralement sur le trottoir. Les bonhommes sortaient, suivis des enzymes bourrées qui se chargeaient d’alimenter la querelle et de mettre du gasoil sur l’incendie… Une suite d’insultes, de « retenez-moi ou j’le tue », de petites pichenettes légères et d’intervenants, faisant semblant de maitriser les forcenés, rythmaient le préambule à une bagarre d’emmanchés nuls en coups de poing mais agressifs comme des pitbulls. Généralement, ça se terminait par l’abdication d’un des deux teigneux, plié sur le trottoir, bouche et pif en sang… « Alors t’as craché tes dents hein ? Fils de pute ! »… Le vainqueur retournait dans le bar et reprenait la picole tout en vantant son exploit… Le vaincu s’éclipsait et, s’il était un habitué des lieux, ne revenait que quelques semaines plus tard. Excuses, accolades et c’était reparti pour une tournée…

J’aimais. Ça faisait humain, ça faisait ambiance… La musique diffusée était à vomir, tous les tubes du moment et une télé allumée sur une chaine de sport. Avant la tombée de la nuit, je m’en allais afin d’éviter la deuxième vague d’ivrognes, beaucoup plus hardcore que deux de l’après-midi.

 

Extrait de mon roman en cours d'écriture: Mon Usine, ma fin du monde...

Andy Vérol

Publié par hirsute à 18:16:32 dans Andy Verol | Commentaires (2) |

Ceux du nord qui croupissaient dans le chômage et la désolation | 17 janvier 2012

Il fendait la masse grouillante de greluches et de gredins, tutoyant le ciel du haut de ses dix mètres, un monstre de métal flamboyant et peint en jaune sur les flancs duquel était écrit en lettres noires : « HOUSSAM purifie l’air de vos villes ». Le camion était pourvu de cinq containers énormes chargées de recevoir les ordures triées. En permanence, il était escorté par deux 4x4 sur lesquels étaient juchés une dizaine d’hommes en arme. Il n’empruntait que les voies les plus larges de Marseille et contraignait les rares voitures à s’arrêter dans les deux sens pour le laisser passer. La foule reluquait le spectacle avec une fascination mêlée à l’effroi… Depuis quelques mois, la mafia tentait de reprendre la main sur le marché des déchets, mais la compagnie de Léonel Houssam, grâce à ses appuis haut placés et une milice privée armée jusqu’aux molaires, avait maintenu son leadership et refroidit toutes les tentatives des magouilleurs… J’admirais la bête, planté dans la marée humaine gluante de sueur, ne pouvant m’empêcher de penser qu’un jour, moi aussi, je serais l’un des valeureux employés de cette prestigieuse entreprise… « Des semaines puis des mois, des siècles que je croupis dans l’immeuble… Pour dix recrutements, cent autres bouffons comme moi affluent de toute la France et même de toute l’Europe »… C’était un peu comme si les flux migratoires étaient devenus tarés. Ceux qui crevaient au sud, venaient au nord. Et ceux du nord qui croupissaient dans le chômage et la désolation, prenaient le chemin du sud. Tout ça n’était plus qu’une cour des miracles de bras cassés sociaux, éructant dans des tee-shirts dégueulasses et trainant de la sandale dans une ville sans avenir… un trou… une prison… Mille fois nous avions vu ça dans des films américains, des téléfilms, mais la réalité n’avait pas le même rythme, et le scénario était moins haletant. Aucun suspens. Les jours se suivaient, et ne se ressemblaient pas. La démerde, c’était la force… Un gros type nu jaillit un matin d’un groupe de badauds rôtis par le soleil, et se rua sous les roues monstrueuses du camion. Un silence s’installa, et les os craquèrent, la viande du gros splatchant immonde sous le poids d’un pneu noir… « Ah la vache ! Il est crevé comme une limace ». Personne n’intervint. Aider un écrabouillé, c’était aussi utile que de gober une coquille vide… L’engin ne s’arrêta pas, et les roues arrière achevèrent de ratatiner la carne graisseuse du suicidaire. Certains pleurèrent, d’autres vomirent, la plupart regarda, impassible, les visages furtivement traversés par une mimique de dégoût et de douleur…

 

Extrait de la deuxième partie de mon roman : la Pyramide des sans race.

 

La troisième partie sera : « La Ruée vers l’or… dure ».

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 18:22:18 dans Andy Verol | Commentaires (2) |

Nous, on voulait pas devenir africains avant de réussir à être européens | 15 janvier 2012

Une pile le Polo. Alors que le match venait à peine de se terminer que son Porto s’était pris une taule contre Liverpool,  il se lança dans une diatribe rageuse :

« Moi jme suis cassé de la banlieue, j’ai accepté de faire ce taf de poubelleur de merde parce que j’en avais marre du multiculturalisme qu’ils disaient que c’était bon, à la télé, alors qu’eux, ils vivaient pas avec plus d’Africains que de blancs… Eux, ils avaient trois potes blacks, un rebeu et allaient à des concerts de colorés et ils retournaient dans leurs quartiers de blancs. Après ils te faisaient la leçon, ils te disaient que t’étais qu’un raciste parce que t’acceptais plus les voisins. Ils avaient qu’à y venir en banlieue ces cons et venir vivre comme en Afrique parce que quand t’avais pas de fric, t’étais obligé de te faire chier dans des HLM pleins de ces gens-là. Ils étaient pas méchants, mais ils vivaient pas comme nous. Ils parlaient forts et ils s’habillaient en musulmans. Moi j’suis catholique, alors les musulmans, c’est juste des gens qui iront en enfer. Moi j’ai rien contre eux, mais fallait qu’ils m’expliquent pourquoi ils avaient tout le temps la haine, qu’ils ouvraient tout le temps leurs gueules alors que nous, on en chiait autant qu’eux… Les élites là, ils nous disaient de pas être racistes et ils voulaient qu’on soit cool avec des africains alors qu’on n’arrivait même pas à être d’accord entre européens. Ils ont brûlé les étapes les mecs. Ils nous ont foutus dans notre merde avec les autres africains là… Ils nous racontaient qu’on allait être bien en Europe et on se foutait sur la tronche. Tout ce qu’ils savaient faire, c’était augmenter nos impôts et nous sucrer les trucs sociaux que les français d’avant ils avaient eu à coup de saignées. Moi j’avais rien contre les Africains., y’en avait plein des sympas, mais nous, on avait pas le choix. Fallait qu’on aime tout le monde, qu’on reste dans notre merde et qu’on ouvre notre gueule qu’aux élections. Moi j’ suis portos, alors je sais ce que c’est l’racisme. Les français, ils nous ont pris pour des maçons et des boniches, mes parents et mes grands-parents. Après, ils sont devenus cools avec nous, mais on l’avait de travers. On est venu quand la France, elle était puissante et qu’elle faisait fermer les gueules de tout le monde. On est venus quand y’avait du taf. Les français d’avant, ils ont voulu qu’on construise leurs maisons et qu’on nettoie leurs chiottes. On l’a fait. Mais après, on est devenus français et ce pays est devenu un truc en crise. Ça, j’ai pas compris… les autres pays, ils ont dit d’aller se faire foutre aux immigrés d’Afrique. Après c’était la passoire, et nous, on nous a même piqués nos tafs de nettoyeurs de merde et de constructeurs… Voilà c’que c’est de niquer l’avenir parce que les bourges eux, ils trouvent trop merveillleeuuux d’aller bouffer un couscous et danser sur de la musique de black… Vas raconter ça aux chinois ou même aux russes, ils te rient direct à la face… Derrière, tu deviens pauvre, tu vis avec des gens que t’aiment pas plus que ça… Pas étonnant ce qui est arrivé après. Nous, on voulait pas devenir africains avant de réussir à être européens »…

J’essayais désespérément de lire un Voici de 2015 que j’avais chopé dans la table de nuit de Léonel, mais ce con de Polo détruisit mon envie de me rappeler des affaires de fesses des stars de l’époque… Il finit par se taire, s’alluma une clope et s’enquilla une bouteille de Bourgueil cul sec.

 

Extrait de la troisième partie de mon roman en cours d’écriture : Mon Usine, la suite…

Andy Vérol - P.S.: un track pour faire chier Polo:  Ou encore pire, celui-là:

Publié par hirsute à 18:32:18 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Le shoot était ma messe. Ma piaule était mon temple. | 15 janvier 2012

Je m'enfonçais dans l'inviolable tombeau des réseaux, « surfant » sans relâche en attendant que l'opérateur ne coupe les couilles des résidus de vie sociale que j'y entretenais... Je plongeais littéralement dans l'écran, fouetté par les eaux vives d'un monde virtuel immense... Le paravent de ma vie était cette gloutonnerie de geek qui avait tuée toute honte de trainer en savates durant trois jours sans me laver, me changer, actionner les muscles de mon corps... L'autour n'existait plus. Pendant des heures, des jours, je pouvais complètement omettre la réalité de mon corps, le tiraillement de la faim, et même les douleurs d'une gastro carabinée... Il y avait dans l'écran, mon Salut de minable, la réponse immédiate à mes angoisses... Il y avait sur Internet, ma seule raison de vivre... Il y avait tout là-dedans. C'était l'en-dedans contre l'autour, c'était l'âme sans le corps. C'était tout simplement la certitude de toucher l'outre-tombe de son vivant... Un moyen de s'éviter le purgatoire, une solution pour savoir par avance si le paradis ou l'enfer m'étaient prédestinés... Un soir, j'avalai sept bières et gobai 2 Xanax périmés, et je vis l'au-delà, une grosse cuve de merde bien pleine dans laquelle je devais plonger pour accéder à la bonté divine... Le shoot était ma messe. Ma piaule était mon temple.  La défonce me rendait spirituelle (au féminin), à l'opposé de la lucidité qui me plongeait dans un cartésianisme angoissé et dépressif... Dans cette pièce, je n’étais plus l’erreur suggérée par la société, j’étais un messie, un démiurge, je tenais le monde dans mes mimines. L’Apocalypse selon Gros Con, P’tit looser, l’Alcoolo chiant qui pétait les portes à coups de poings… Notre gosse miaulait parfois sur mes genoux, jouant de ses pattes comme le chaton qui tète sa mère… ça me transperçait les cuisses. Cette daube à quatre pattes allait finir dans un trou de terre, démoli à coups de hache… Le cadavre, c’était selon. Une suite d’idées pour l’abattre. Sur des forums, on me conseillait l’asphyxie « pour qu’il ne souffre pas »… Mais je retardais l’échéance, préférant le faire valdinguer à travers la pièce dans un sursaut ultime de colère animale… « NON MAIS T’ES PAS BIEN ? ». Elle venait toujours à la rescousse pour son « bébé », cette fausse génitrice qui préférait mettre des culottes en coton « parce que c’est plus confortable et ça me rentre pas dans l’cul », plutôt qu’un string bien sexe capable de me lever le chibre plus que n’importe quelle tentative de buccale/// Un chouette pays que l’échappatoire virtuel, un univers qui ne souffrait pas de politesses et d’hypocrisies… Entre l’écran universaliste et mes problèmes de bite molle, j’avais choisi… Je crois, de mémoire… C’est si loin et si vulgaire…

 

Extrait du début de la seconde partie de mon roman en cours d’écriture : Mon Usine, la suite…

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 17:31:27 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

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