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Andy Vérol, ne vous aime jamais

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Blog à vocation satyrique - Tous les textes sur ce site appartiennent exclusivement à l'auteur aux termes des articles L 111-1 et L112-1 du code de la Prop. intellectuelle.


Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Opération Autodafé 4: Rêverie érotique par Jezabel Massy | 15 juillet 2011

Texte publié dans le cadre de l'Opération Autodafé, appel à textes libres:

 

- Il était cloué contre le poteau par la langue. Il tirait dessus, les yeux exorbités pour s’arracher de ce piège. Petit à petit, des morceaux de chaire s’arrachaient contre le clou rouillé, avec lequel il était fixé. Un filet de sang, mêlé de bave, glissait le long du bois. Cet homme pouvait tirer de toutes ses forces, il aurait du mal à marcher ou même à ramper, il avait les jambes et les bras brisés, la peau du dos écorchée, les testicules broyées. Mais, il tressaillait encore et voulait vivre. Etrange ! Je passai mon chemin, le laissant là, avec sa langue en pâture aux corbeaux. Autour de moi, les champs d’herbes brûlées s’étendaient à perte de vue. Une brume grisâtre enveloppait le ciel. Sur le sentier, la terre blanche était dure et rocailleuse. Un peu plus loin, je découvris un épouvantail ou plutôt une épouvantail. Elle était plantée dans le sol par les pieds et maintenue droite par un piquet enfoncé dans la terre et auquel elle était attachée. Elle avait été éventrée et ses viscères pendaient encore un peu. Cependant, on avait pris bien soin de relever le tout en la liant avec ses intestins au piquet et en faisant nœud papillon décoratif. C’était une femme après tout ! Ses longs cheveux gris flottaient au vent. Je m’approchai de plus près, elle vivait encore. Quelques larmes coulaient sur ses joues. Mais, elle m’adressa un beau sourire édenté. Voyant qu’elle était satisfaite de la situation, je rebroussai chemin et retournai vers mon sentier. Sur celui-ci, la terre était devenue grise et derrière moi de gros nuages s’amoncelaient. Je marchai de plus belle et arrivai face à une maison ou plutôt ce qu’il en restait. J’en traversai les décombres et découvris un amoncellement d’os humain, de chair et d’organes découpés. Cependant, on avait pris bien soin de classer les membres, les troncs, les têtes et de les ranger sur le côté. Il faut de l’ordre et de la méthode ! Je traversai ce charnier et repris mon itinéraire. Quand j’arrivai au bout du sentier, aux portes d’une cité, il pleuvait des cordes et il faisait nuit noire. Je franchis ses murailles. Des ruisseaux de sang s’écoulaient dans les rigoles. Autour de moi, des hommes et des femmes empalés, servaient de signalisation : -le bras levé à droite, tournez à droite.

- le bras levé à gauche, tournez à gauche.

- les bras en croix, interdiction de passer. J’arrivai devant une fontaine et plongeai dans un bain de sang. Je m’en abreuvai, m’en aspergeai abondamment, sans pouvoir rassasier ma soif, sans parvenir à me calmer. Soudain, un petit garçon blond, un angelot m’apparut et me dit avec une douce voix :

- Viens-tu assez travailler maintenant. Tu es fatiguée et tu dois te reposer. Tu as fait un bel ouvrage ! Vraiment ! Crois-moi et suis-moi.

- Je le suivis jusque de l’autre côté de la ville, enjambant les cadavres amoncelés. Que cela faisait du bien. Ah, les fils de pute ! Nous arrivâmes devant l’autre porte. Elle s’ouvrit et me laissa entrevoir un paradis naturel : un lagon turquoise, un îlot.

- Viens, me dit-il doucement en me prenant la main, laisse-les, ils l’ont mérité ! Viens dans ce paradis que tu souhaitais tant connaître. - En franchissant les murailles, je me retournai : Quel carnage ! Il faut dire que je ne les aimais pas beaucoup.

 

Jezabel Massy, parue dans Bulle d'Ausone

 

Texte humoristique et Sadien : c 'est un psychopathe qui refait l'itinéraire qu'il a parcouru en massacrant des personnes et découvre son massacre. C 'est une fureur, 'une colère aussi (la présence du petit garçon n'est pas innocente). Le titre est volontairement décalé (mais il y a un lien avec l'érotisme : le bain...)

 

blog : sophie.etautresnouvelles.over-blog.com

Publié par hirsute à 12:11:47 dans OPERATION AUTODAFE | Commentaires (0) |

Opération Autodafé 3: Demi-siècle par Corinne Romanzini | 15 juillet 2011

 

Texte publié dans le cadre de l'Opération Autodafé, appel à textes libres:

 

Je n'ai as pris ce train, ce matin de mars. Pourtant nous avions fixé notre rendez-vous à 11h33 précise en gare de V***. J'ai hésité. Je savais que ma vie serait imprégnée à jamais de ce rendez-vous. L'intranquillité me laissait là sur ce bord de quai, en gare de L***. Impossible de poser mon pied gauche sur la première marche du wagon. Les autres passagers se pressaient vers leur destination. Derniers sourires, derniers baisers avant le départ. Un jeune homme me bouscula. S'excusa. J'ai reculé. J'ai attendu que le train s'éloignât. J'ai entendu les portes se refermer, je restais à regarder le lent échappement du convoi jusqu'aux tampons arrondis du dernier wagon et les voies qui reprenaient leur densité métallique.

Je suis revenu à la gare, j'ai acheté des Pall-Mall et j'ai pris un café dans le premier bar en face du parvis. Je me suis souvenu de notre premier voyage en train. Nous avions quitté la France de nuit, nous nous étions éveillés en Italie : Venise. Le parvis de la gare Santa Lucia de Venise, ses marches qui plongent dans les canaux. Nous étions des enfants, nous découvrions la vie ensemble, à peine vingt ans. La joie nous appartenait. La joie de découvrir à deux la vie, son monde, ses sensations. Je devinais que ce voyage symboliserait à jamais tous mes voyages. Je sentais ta main dans ma main.

Depuis d'autres trains m'ont capturé, depuis d'autres compartiments m'ont accompagné le temps d'un voyage à la découverte de nouveaux continents. Tant d'autres trains, tant d'autres continents. Ces transits passagers, mouvants, absurdes à force de tentations, de tentatives, de nouvelles joies aussi.

Comment au bord des mes cinquante ans, aurais-je pu reprendre le même chemin qui me guide incessamment vers toi jamais oubliée, jamais abandonnée au fond de mes tripes ? Il m'aurait fallu détacher toutes mes peaux cramoisies, tatouées, pour retrouver la chair transie, je ne sentais que mon vieux squelette broyé par mes déambulations, tous ces lieux de passage, tous ces visages, ces corps qui avaient accompagné ma propre vie, ma vie de vagabond. Vagabond depuis ton départ, éloigné de mon âme, de mon identité. Je connais à peine mon prénom, mon visage dans les reflets des vitrines comment l'aurais-tu reconnu ? Et dans ces reflets à côté de ma silhouette sombre j'ai perçu ton visage, comme un mirage.

J'ai refait le trajet, depuis le bar jusqu'à la gare, je l'ai traversée, j'étais sur le quai, un second train m'attendait. Les grèves de mars embrouillaient les pistes. Le contrôleur me demanda de me hâter, c'était le dernier train en partance, oui il s'arrêtait à V***. J'étais essoufflé, ce n'était pas ma course, c'était toi que je rejoignais. Je suis descendu sur le quai, tu étais restée à m'attendre. Tu m'as souri. Nous avons pris un café ensemble et nos doigts se sont croisés par-dessus nos tasses fumantes, nous avions retrouvé le chemin, rien n'avait changé, ni nos visages, ni nos c?urs, nous étions en terrain connu et dans le tourbillon de la vie il nous restait un long voyage à poursuivre. En aurais-je la force ?

Corinne Romanzini

Sa bio : 53 ans, femme, aimant Lyon et la Grèce, JE n'est pas écrivain, JE n'est pas poète, IL écrit pour respirer mieux. Jubilation au bout de la ligne, où se mélangent mélancolie et force de vie. J'aime écrire, comme on écrit une lettre d'amour à l'aimé absent trop présent.

 

Publié par hirsute à 11:33:38 dans OPERATION AUTODAFE | Commentaires (0) |

Opération Autodafé 2: Mots dit soient ils & Résurrection par Lilith | 15 juillet 2011

  

Texte publié dans le cadre de l'Opération Autodafé, appel à textes libres:

 

Mots dit soient ils


Des mots han !
des mots hum!
des mots tranche de vie dans l'art
des coups avec des mots bleus
des vœux avec des mots doux
des mots à fleur de lèvres
des fièvres à fleur de peau
émotion des mots sons
démons des mots antres et corps et ventre et veines
mots d'elle et de lui
verve du délit
rimes en verges
dressées contre l'oubli
cris des sexes sur l'écrit de nos restes de vie

Mots à taire l'ennui
terrés dans le vide
où la pudeur excède
mots de mains
mots de vilains
parfums mots obscènes
dérive fantaisie secrète
mots qui se prêtent
et reviennent imprégnés
poème amour vénéré
mots attendus , étendus,
posés comme une main
sur la peau parchemin
mots rêves , mots trêves
se figent et se glissent
démo_lissent
explosent comme des bulles
mots_ roses qui modulent

Maudits soient les mots qui tairaient mon émoi
tant il est vrai qu'ils m'épellent et trahissent
ce que les tiens tracent sur la piste
de mes lignes de vie .

 


Résurrection

Sacrifier l'enfant
Sur l'autel des femmes en noir
Diffuser le venin des servitudes
Implémenter les certitudes
que le mal est dans son sein
Accaparer l'essence

Mais les sens en déroute
Face à l'impudence du doute
Creusent des lignes au cutter
Saignée aux quatre veines
Jusqu'à l'artère-auto-route et
Les aires de l'oubli

Tomber

Tomber

Savoir que tout est vain
Si la raison l'emporte
Dans la veine bleuie
Trouver le passage vers la nuit
L'enfant attend
blotti sous les décombres
Dans les couloirs sombres
des interdits
Il dort, convoité par la mort qui veille
Lourde calme et chaude
comme une nuit d'opium

Sauver l'enfant
Déchirer le voile et la chair
De la femme imprudente
Insensée , abusée
Dans un cri de douleur irréel
Retour à la lumière d'un soleil
Accablant

Tomber , tomber encore
Laisser couler le sang vicié
des années de l'ombre
Les femmes en noir avaient menti
La douleur gronde
et le ciel s'éclaircit

Lilith donne moi du vin

Emporte l'enfant loin , très loin
Et tue le
Il ne pourra jamais grandir

Moi je dois partir
pour un ailleurs dont j'ignore tout
Les souvenirs s'échouent
comme des algues molles
Sur un désert de cailloux
Et se fanent
Dans mes mains qui réclament
un sursis

Un sursaut de vie !

Lilith

http://lilithet-moi.over-blog.com/

Publié par hirsute à 11:19:28 dans OPERATION AUTODAFE | Commentaires (0) |

Opération Autodafé 1: Les Ignares par CLEMENT DUGAST | 15 juillet 2011

Premier texte publié dans le cadre de l'Opération Autodafé, appel à textes libres:

Ça m'a fait comme l'effet d'une taffe sur des glaires. Je voyais ma gueule après une semaine et demie.

Pour me rasé. Sur la surface mouillée et miroitante de la glace, deux taches de mazoute. Putain.

Vingt piges. Des tafs suintant l'aléatoire d'hier, cette insomnie aveugle dans le cache-cache d'une vie.

Du coups, je me suis scruté. Dégoûtante vérité de l’extérieur, ça me fracasse. le regret et ses croûtes ;

Putain.

Ça m'a fait comme l'effet d'un shoot après la bière. Je me suis rhabillé feignant la température et son atmosphère.

Comme le crevard d'une vie qui s'élance dans une droiture du "croire". J'écoute des riffs sales sur mon plumard.

Je me tourne les veines dans le tourne-disque et détourne niaiseries d'un espoir axé sur le dollar.

Préférant les divans et vastes fumées d'orients. Trottoir et la nuit ont l'ombre des gyrophares. Je ne veux pas me faire salopard.

Mais en y traînant la tête et le corps dans vos couloirs : écoles, usines et réfectoires...

On se doit d’être quelque part : Le connard. De l'attente qu'on vous octroie dès votre premier bars.

De s'endormir dans les comptoirs

MOI, Je préfère compter les camés, les putes et les vagabonds du soir.

Pour m'apercevoir

Qu'ils sont autant à nager dans la vague du dragon noir.

Que les étoiles taries par le jaune-pisse atmosphérique de Paris.

Et son foutoir.

Les autres ? Ce ne sont  que des impostures, une merde, dis-je.

Ou pour faire plaisir à la littérature :

Des ignares.

CLEMENT DUGAST

 

Bio de l'auteur: Je suis un écrivain raté de vingt ans qui persiste à écrire par nécessité maladive. Ayant publié " Les Feuillets Terribles ", et un autre renvois courant 2012, je risque de ne jamais me torcher le cul et torcher celui des autres avant de crever. J'déconne. et je m'en tape la coquille vide.

Publié par hirsute à 11:03:50 dans OPERATION AUTODAFE | Commentaires (1) |

Démonte-moi encore dans la R15 | 14 juillet 2011

Tes petits bruits de bouche, ta face juste derrière la vitre et ton pattes/Def'. La limonade du bon goût, la brouette de la labour, la ronflante de la main qui glisse où il faut pas. Les arbres avaient des allures de gros bras d'la Blanche Neige. J'avais bu au point d'en avoir mal le coeur. "Crie-pas, les roues sont pas crevées, chhhhut". Crie pas il tu disais les gros cuisses comme la moitié d'un jambon et le tissu déchiré aux g'noux de ton jean, la chemisette ouverte verte à carreaux, le sternum sueur, pas d'chaine en or, les petits coui-couines des oiseaux voyeurs, ta paluche trempée la pluie à verse, ta paluche les poils bien bruns sur la peau bien blanche, tes doigts les branches, la blanche neigé jaillie du braguette, le guéridon dément et tes mots doux, tes coups durs, ta salive blanche épaisse, la puanteur de tes aisselles, l'artifice de tes coups de reins, ton cou plaqué ma bouche tes poils drus des joues... "Crie-pas, laisse-faire", la lune pleine à bloc du soleil de la lumière l'inverse, tu bourrais mon moltonneux comme un politique entre deux chaises, l'assistant parlementaire plein de cambouis qui change la roue d'la violée... Tu m'avais promis des sous, et tu m'as laissé qu'les bons souvenirs. Qui s'rappelle bien d'un orgasme, ça s'fait et ça s'évapore aussitôt, tes gros doigts pleins de foutraille, la mitraille de tes gicles au moment où ça faisait moins mal, la couleur de ta R15 et le zébré du tableau de bord... "Crie-pas, j'te ramène après", ton souffle, tes façons d'tonton quand tu rangeais le magot. "Tu diras rien hein? Tu l'auras le camping car de Big Jim mais tu diras rien hein?". La R15 faisait un bruit de moteur comme une gonzesse qu'on écoute respirer et que ça donne l'envie. "Tu diras rien hein?". Ta moustache brillait encore de ta salive de seconde salve... "Non j'dirai rien tonton"...

Andy Vérol   

Publié par hirsute à 21:50:35 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

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