Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Andy Vérol - N'est pas ton ami

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

A lire et à écouter

Présentation

 


Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/ 


 



Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


Me cracher à la gueule, m'adorer, m'éclairer, m'obscurcir, me soumettre une opinion, un texte: hirsute.hirsute@orange.fr


 


 


Les publicités Google affichées sur ce blog sont le fait de l'herbergeur. Je considère ces pubs comme une intrusion abusive sur cette espace...


 


 


 


Avertissement: Le contenu de ce site risque de heurter la sensibilité de certains lecteurs, particulièrement les mineurs.



 


Compteur

Depuis le 22-09-2006 :
3784761 visiteurs
Depuis le début du mois :
276053 visiteurs
Billets :
3300 billets

....

Rechercher

Robert Smith, en 1981, s'est suicidé avant de fonder The Cure (Suite...) | 29 octobre 2008

Suite du texte d'ici

Mais ça donnait envie ce qu'il faisait...

Comme un cachotier, un espion de Moscou (et oui on était toujours du mauvais côté du mur de Berlin en 1981. A l'Est ou à Ouest, c'était toujours cette irritation puissante au cul qui prenait les citoyens pauvres quand ils pensaient aux dirigeants de ce monde-là), j'expliquai à Hutchinson qu'il fallait absolument parler avec Julien... savoir le pourquoi de cette pensée qui faisait soudain de mon quotidien, une catastrophe.

« Mais c'est une pédé ce mec ! Si mon père me voit avec, c'est moi qui va tuer oh ! »

Je finis par le persuader et nous nous retrouvâmes perchés sur l'arbre à clopes, avec l'objet de mes désirs intellectuels sensuels tout ça tout ça...

Il y a des souvenirs qui se transforment en présent tellement ils sont prégnants (J'donne la définition tellement elle est bonne celle-là aussi :

« Qui porte en soi un germe de reproduction, en parlant d'une femelle. J'ai six brebis, dont trois prégnantes »).

Il faisait gris, le gris acier, pas celui qui brille, mais l'usé. Le gris décris dans dix mille livres par des centaines d'auteurs aguerris à la description... Un ciel qui bavait sur nous, nous cramponnait à une dépression partielle et profonde. Le feu du froid, le glacial aussi de nos sexes rétractés, dans nos slips à poche, par un peu trop de tristesse.

J'avais allumé une Peter Stuyvesant le premier. Les « blondes » étaient encore plutôt des clopes pour les femmes... et pour les enfants finalement. Hutchinson avait piqué une bouteille de pinard rougeasse cradasse qu'il avait rempli à moitié d'eau « comme ça, ça fait du rosé et on est moins bourrés ». On se servait dans des verres Duralex (un tas de jeunes bobos pseudo-hippies trouvent ça « coool » ces mochetés transparentes) et on buvait par petites gorgés alternativement, avec de petites taffes (la fumée n'entre pas de la même manière durant l'enfance... C'était un peu un étouffement, une façon de se réinsérer de force dans le ventre d'une mère de passage, juste croisée sur le trottoir... Oula).

Julien trouva ça absolument fabuleux. Sous l'acier terne du ciel, entre les branches humides et les quelques feuilles survivantes, nous avions l'impression d'avoir notre empire de quelques mètres carré. « Et si tu veux tu te mets debout sur la grosse branche là et tu peux pisser sans que les adultes y te voient ».

Il avait eu, un instant, dans ses yeux rougis, une lueur enfantine... Il n'était plus le vieux de 14 ans, mais un gosse microscopique fasciné par notre trouvaille. L'arbre aux clopes, dressé dans une clairière au milieu d'un bois d'épineux urticant proliférant.

« Vous faites que fumer des clopes et boire du vin ici ?
-         
Non des fois on regarde des magazines de cul aussi, genre Lui ou La Redoute... »

Grosse fascination. Nous aussi. On ne pouvait s'empêcher de le regarder fixement. Mater son maquillage, son duvet de moustache, son menton tranchant, ses cheveux braqués broussaille en l'air à l'aide de savon de Marseille, ses fringues étranges, son look (oui je répète que ce mot était nouveau, tout comme le mot cool ou « c'est mode »)...

Hutchinson n'y alla pas par quatre chemins, tout épuisé qu'il était par l'absorption de tabac et d'alcool :

« T'es une pédé comme gars toi ?
-         
Putain arrête ! Vas te faire enculer !
-         
C'est moi que tu vas enculer la pédé ? »

Je ne savais pas vraiment ce que voulait dire ce mot. « Enculer » était, pour moi, le verbe qui définissait l'acte d'enquiller un bâton énorme en bois dans le trou du cul... Et je n'en voyais pas tellement l'intérêt, sauf de faire très mal à un endroit qui ne le méritait pas...

Je tendis le Duralex rempli à Julien :

« Bois. On s'engueule pas. Y font quoi tes parents ?
-         
Ben avant ils conduisaient des péniches. Mais maintenant ils font plus rien. Ils ont de l'argent dans une banque. Et ils font que se promener.
-         
Pourquoi vous êtes ici si vous êtes riches ?
-         
On n'est pas riche. On a juste assez pour vivre comme tous les jours, mais pas plus. »

Hutchinson râlait « Spèce la pédé, spèce la pédé »... Quelque chose de ce genre là.

« Mais toi Julien, t'es un pédé contre le monde alors ? ça veut dire que tu veux enculer la société c'est ça ?
-         
Ouais c'est ça. Je l'emmerde. Je l'encule. Je l'enfile !
-         
Tu lui mets des coups de batte de baseball ouais ! C'est bien ça ! C'est fort ! T'es fou.
-         
Ouais !
-         
C'est comme une personne la société. Tu lui mets des baffes.
-         
Ouais je lui crache à la gueule.
-         
Yeh ! Tu lui vomis sur la bite !
-         
Ouais ! Je lui fous des coups d'ongles dans l'ventre !
-         
Yesss ! Tu lui arraches les ch'veux et tu l'enfonces dans l'trou d'sa bite !
-         
Ouais !!!!! J'lui mets des coups d'boule et j'lui roule des patins !
-         
Ouahhh ! »

On était en transe. L'air était froid, limite fin du monde. Le jour s'effondrait dans la grisaille et nous partions quelque part où personne ne pourrait nous rattraper. Hutch soufflait comme un taureau prêt à ruer sur l'mec moulé en doré dans l'arène. Julien allumait clope sur clope. Je buvais le pinard à la bouteille...

Nuit. Extinction immédiate du souvenir...

On ne se vanta évidemment pas de cette rencontre auprès de nos potes d'école. J'avais ça en tête comme une obsession, telle une nouvelle paire de shoes qu'on porte à ses pieds et qu'on ne cesse de zyeuter dans les miroirs croisés dans les galeries (merde ça sort d'où cette phrase de merde ?).

Julien était au collège en bas de Nouzonville. Je le voyais passer à pieds, en bas, sur la route principale... Il était seul, la tête baissée comme tiré par un ennui sidérant (merde encore une phrase ignoble !).

Ce fut une période bénie pour moi. Casimir le soir et Julien le matin. Des êtres étranges qui peuplaient mon univers intérieur. J'avais mis de côté mon obsession des érections molles (ça consistait à se demander pourquoi mon sexe n'était ferme d'une fois sur deux, et surtout quand je pourrais le mettre dans un autre être humain pour savoir ce que ça ferait)... J'aimais, alors, les extraterrestres, l'astronomie (surtout tout ce qui touchait à la Lune), les bodybuilders et les punks... C'était tout ce qui pouvait véritablement m'intéresser.

Une nuit du début de l'hiver, alors que Mitterrand faisait encore illusion dans la tête des citoyens populos, on eut droit aux sirènes de pompiers et de flics. Tata enfila son peignoir et sorti sur le perron.

« Alors el'Richard, tu sais dont c'qui s'passe ?
-         
Ben j'sais pas trop, mais ça vient d'chez les gros drogués ! »

L'attente en pleine nuit et les plus curieux d'aller questionner le garde-champêtre. Ce dernier, bien qu'intègre, était évidemment un ivrogne notoire qui, parfois, allait à toute berzingue sur sa mob, urinant comme le cochon sur la selle de sa monture hue ! Il ne retint pas sa langue chargée de vinasse et déballa illico la vérité des faits à Voitek, le routier violent du numéro 16...

Julien, le Robert Smith, avait tenté de poignarder ses parents dans leur lit. Il y était partiellement parvenu, tranchant le bras droit de son père et le sein gauche de sa mère. Mais rien de mortel. En revanche, sans doute paniqué par ce qu'il venait de tenter, il retourna la lame sur sa carotide et la trancha de bon cœur... Pisser le sang. Le corps qui s'écroule... Les cheveux hirsutes vautrés sur la moquette du salon...

J'en avais pris pour mon grade... Personne, bien sûr, n'alla à l'enterrement du Julien qu'on appela « la salope de tarlouze tarée »... J'organisai dans la chaleur torride du dessous de mon drap et ma couverture (y avait pas encore de couette non), une cérémonie en son honneur, avec mes playmobils cosmonautes et deux stylos Bic en forme de croix (pas à l'envers, à 8 – 9 balais, je ne pouvais pas soupçonner à quel point il est bon délicieux d'être anticlérical, anti-dieu, anti-cureton et tout l'tralala religieux gerbant, ...).

Robert de Niro n'est plus un héros... (Toujours en cours d'écriture)

Andy Vérol

Publié par hirsute à 19:52:45 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

PAN! DIMANCHE #15 AU-DESSOUS DU VOLCAN / DIA DE LOS MUERTOS | 29 octobre 2008

 

Skull_by_dom


 

.

Le Cercle Pan! présente PAN! DIMANCHE #15 Au-dessous du Volcan / Dia de Los Muertos dans une sorte de hors-cadre du Festival de la Loose de Thierry Théolier : le dimanche 02 novembre 08 à partir de 17h à la Maison du Cercle Pan!, une fête des morts mexicaine, une exposition de morts, fous, et autres squelettes enchantés, des lectures et concerts autour du génial roman Under the Volcano de Malcolm Lowry, la présence distinguée d'un certain Docteur Mezcal, un autel dédié à nos, vos propres morts (il est conseillé d'amener ses photographies, ex-voto, icônes, reliques), des masques, des dégustations, de la folie... De la folie !

.

Lectures : Mathieu Diebler, Tristan Ranx, Mathilde Tixier, Aurore Laloy, Charles Von Strychnine, Philippe Adam, Leila Fares, Jean-Pierre Théolier

.

Musique : Cheval Blanc & Victoria Davis, Automne Lajeat, Guignol's Band

.

Exposition (sur rdv jusqu'au 16 novembre) : Mattt Konture, Dom Garcia, Marjo-Lain, Magali Brien, Mathilde Tixier, Isa Kaos, Pierre Yves

.

.

Entrée libre / Bar pas cher / 17h-1h / Maison du Cercle Pan! 45 r du Fbg du Temple PARIS 10 / cerclepan@gmail.com / Pan !

Publié par hirsute à 14:53:30 dans Infos cul-ture | Commentaires (0) |

Le capitalisme est un système qui nourrit grassement ses ennemis… | 28 octobre 2008

 

... jusqu'à ce qu'il s'écroule...

Je lis la Une du Parisien hier (ouais, c'est ce que lisent tous les collègues là-bas) et je constate qu'il existe des effets positifs à la crise... Ben voyons...

Ça me gonfle, me rend furieux de voir cette manif de masse en Italie où des centaines de milliers de personnes crient leur colère... Leur colère parce qu'un système s'écroule sous leurs yeux, ce même système qui leur donnait des retraites... des assurances de santé... des routes... des écoles... des centres commerciaux... des banques qui prêtaient du fric à tout le monde...

Un monde capitaliste où nous étions inaudibles les opposants, où nous n'étions que les dindons de la farce, les clowns de service... Des opposants au confort, à la course à la consommation, aux rêves de merde d'un Peuple de merde.

Ce monde capitaliste nourrissait ses opposants jusqu'à les faire taire, les faire doux comme l'agneau... Des anarchistes de pacotille vivant ouvertement du RMI, ou des ASSEDIC, heureux qu'ils étaient de dire que ce monde était pourri tout en prenant leur part, même minime... Des communistes plus attachés à organiser leur fête de l'Huma, leurs débats sur le pouvoir d'achat, le dopage... Des socialistes fiers d'être devenus des capitalistes « éclairés », vigilants... Et la droite, égale à elle-même, qui depuis des années, pour sucer le pouvoir, mimait le régime de Vichy, en injectant de la Nation et de la Religion dans la misère, de la culpabilité et de la haine à l'encontre de ceux que le système broyait...

Les ennemis du Capitalisme qui, depuis quelques semaines, se multiplient, se reproduisent presque comme des lapins en rut. Ils vireront facho ou Besancenot. Ils se découvriront des âmes simples... Et pourtant, ils gambadaient tous dans les centres commerciaux, pleuraient leur maman l'Etat quand ils étaient au chomedu... Ils criaient au scandale de ne pouvoir être PROPRIETAIRE... Le mot est lâché. Le bonheur est dans la possession que le Capitalisme promet. Tout le monde en Occident, a mis les mains là-dedans. Chacun a pris sa part.

Le patron de Charlie Hebdo se goinfrant des petits fours du Medef, les socialistes se pavanant comme des putes dans les bordels de droite.

Le maire de Sarcelles qui laissait sa ville pourrie pour aller se faire sucer chez les milliardaires oppresseurs du FMI...

Et les syndicalistes, les dents acérées se jetant sur les commissions paritaires comme des loups affamés sur un bout de bidoche figée dans la glace.

Ces mêmes syndicats détournant le fric pour amuser les encartés d'en bas, leur proposer des vacances comme les bourgeois, à base de circuits à l'autre bout du monde, de cocktails colorés dégueulasses et de serviettes sur le sable blanc de Cuba la rouge...

Les « intellectuels » de « gauche » passant leurs journées à ronfler sous les bras déodorisés d'un bourgeois de Maire de Paris, tout juste bon à défendre des causes sociétales plutôt que sociales... Ces mêmes intellectuels courant les télés pour nous raconter que la misère c'est pas bien, la guerre non plus, la bouffe bio c'est l'avenir, les OGM c'est caca, l'écologie c'est mieux qu'le pipi... Et de se faire la bise avec la bave. Se gaver aussi des petits fours de la mairie communiste de la ceinture rouge qui ouvre la vanne à bobos...

Les ennemis du capitalisme nourris toutes ces années par le capitalisme lui-même... Pas un seul à se battre, à revendiquer ouvertement une République Libertaire, ou un chaos apocalyptique capable de rendre à l'Homme ce qu'il a de meilleur : sa posture de cadavre (le visage tiré, les yeux vides plongés dans un ciel immense qui l'encule enfin)...

Tout juste bon à participer au placebo subventionné qu'est le monde associatif, les ennemis du capitalisme se rachetaient, pour certains, une âme au contact des pauvres, des puants, de ceux qui ne faisaient que refuser, par la force des choses, de se laisser engraisser par ce système. Mais loin de moi d'encenser « le pauvre », le crève-la-dalle. Comme Calaferte, j'ai l'œil affûté et méfiant quand il s'agit de celui qui n'a rien.

Mais les opposants au système, grassement nourris par celui-ci idéalisaient le pauvre tout en se bouchant les pifs quand les odeurs nauséabondes de son corps parvenaient à eux...

Les ennemis du capitalisme, en Occident, ne sont que des lâches, des pervers idéologiques, jouant du couteau intellectuel, de la rhétorique lapidaire tout en lisant le Charlie Hebdo, en seconde classe IDTGV direction le soleil... les vacances...

Le système s'écroule, et les voilà prêts à brandir le bâton en hurlant « j'vous l'avais dit ! J'vous l'avais dit ! »

Alors juste avant l'automne, ils ont bouffé des gambas à la cubaine en se disant que le système était pourri, et qu'ils le combattaient vraiment...

Alors juste avant l'automne, d'autres allaient faire des « fuck » devant la scène des blinbling NTM en braillant « On nique le système »...

D'autres se sont déguisés en punk, s'achetant leur chienlit de look destroy chez H&M ou Agnès B, des pètes-culs blancs se la jouant « je l'bute le système »...

Et dans les fameuses banlieues, celles qui « niquent » tout, on va jouer au foot sur des stades construits grâce au pognon, le saint pognon, vont au Zim's, boîte à putes de cité avec des bagnoles de luxe allemande en gueulant : « On nique le système ! »...

Les fachos aussi, ceux qui, au garde à vous (ou rêvant des garde-à-vous en bande), promettaient de buter l'Europe, sauver la Nation en mettant le « Stop au libéralisme » via des tanks robustes bien placés, cultivaient leurs jardins du terroir de merde en votant Sarko...

Au final, le système que tous ses ennemis bien engraissés promettaient de détruire, s'est effondré tout seul...

Et les héros de l'opposition, les costauds de la banderole, les balèzes de l'associatif, les musclés de l'alternative, goinfrés au commerce (qu'il soit équitable ou pas, il vend, vend, vend... rien de plus, rien de moins. Car tant que le bobo peut s'acheter son stress caféine, le paysan de là-bas peut s'acheter des tee-shirts chinois et manger de la viande tous les jours. Mais quand le bobo devient le chobo (chomeur bohême oui), ben v'là qu'il a plu le sou, qu'il achète plus l'équitable, et laisse le paysan de là-bas avec ses tas de café, ses tee-shirt chinois pourri et sa ration sans viande), prenant leur café le matin, fabriqué dans le Tiers-monde (Et oui, terminé le terme de « Pays émergents », c'est même plus des pays en voie de développement... Oh oui, ce sont des états en faillite, en voie de paupérisation accélérée)...

Alors les ennemis du Capitalisme, en Occident, ceux qui recommencent à proliférer comme le virus apprend à s'adapter et à se métamorphoser en fonction du corps dans lequel il ronge,  un peu de dignité, et apprenez à crever en silence... A crever... Crever... Pour ne plus recommencer...

Andy Vérol

Publié par hirsute à 19:29:24 dans Andy Verol | Commentaires (3) |

Robert Smith, en 1981, s'est suicidé avant de fonder The Cure | 28 octobre 2008

 

Aujourd'hui, nous avons les experts de tous poils, qui nous expliquent qu'untel sera victorieux sur bidule parce que les sondages ci et les chiffres ça. ça n'existait pas ça en 1981. On se demandait surtout pourquoi ce jeune était apparu à Nouzonville, avec sa dégaine étrange... C'était une sorte de punk mais avec des cheveux noirs noirs, du fond de teint et du rouge à lèvres pétant...

On l'appelait: "La tarlouze". J'avais des doutes sur cette dénomination balancée sans aucune forme d'analyse de la part des bourrins habituels du quartier...

Julien avait 14 ans, et se baladait avec ses fringues folles (gabardine: de l'espagnol gabardina signifiant justaucorps, croisement degabán , paletot, et tavardina, jaquette, j'adore la définition j'te la mets pour que tu rigoles devant ton café qui pue ou ton thé qui fouette)...

Il était apparu dans le quartier (Celui d'en haut juste sous l'Maroc tu connais pas? Lis les épisodes précédents) avec ses parents, deux personnes obèses qu'on appelait "les gros porcs drogués" parce qu'ils donnaient toujours l'impression de vaciller d'un côté ou de l'autre lorsqu'ils se déplaçaient péniblement dans la rue. Ils avaient la cinquantaine, si bien que Julien n'était qu'un gosse de vieux (gros contraste avec le reste de la population enfantine qui bénéficiait de parents crétins, rustres, ouvriers sans qualif. mais jeunes)... On ne savait pas ce qu'ils faisaient dans la vie. Leur source de revenus était un mystère.

Moi Julien, il me plaisait. Il avait un style comme j'aimais. Le genre que personne n'aime, qui fait chier le beauf, et emmerde un peu le gaucho de classe moyenne quand même... Il tortillait un peu du cul, et ça me donnait des envies... Avec Hutchinson, on parlait souvent de lui dans "l'arbre à clopes". On pompait sur nos Peter Stuyvesant âcres au creux de la gorge... Du haut de nos neuf ans, nous pensions que ce mec était venu de l'espace. Il avait un regard étrange, en fait des yeux vitreux, pisseux même, rouges-rosés par des veines éclatées...

C'était tellement puissant de voir un mec avec les lèvres rouges comme celles des femmes, qu'on s'était mis, de temps à autre, à se caresser légèrement la pine en mordillant des tiges d'herbe (vas savoir pourquoi... C'est aussi con qu'une pub sur une berline de luxe non?). Hutchinson, sitôt ses esprits recouvrés, se mettait à cracher partout autour de lui: "Bahhh putain la pédale c'mec, la grosse pédé! ça m'dégoûte j'dirai à mon père d'le tuer c'pédé."

Pour moi, finalement, un pédé, c'était une femme accessible... Il suffirait d'être pote avec comme avec tous les autres potes, et comme il était pédé, ben on pourrait jouer ensemble, etc.

C'est ainsi, qu'un mercredi après-midi où les potes étaient allés jouer à Pac Man chez Nono l'robot, j'étais sorti, et avais croisé l'objet d'interrogations entre le quartier d'en-haut et le quartier d'en-bas...

Ce qui m'étonna de prime abord, c'est que le Robert Smith de l'époque (je ne connaissais évidemment pas le leader du groupe de neuneus qui deviendra mythique, pour ces mêmes neuneus, quelques années plus tard) était agressif. Très agressif. Malgré le rouge féminin de ses lèvres, sa voix était grave et sèche: "Quoi tu m'veux quoi toi?" avec le lourd accent des Ardennes... Je ne lui voulais rien. Enfin, j'avais envie de devenir son pote, et une fois de temps à temps, qu'il joue ma fiancée, histoire de vivre l'amour tout en n'ayant pas à lutter contre la timidité monstrueuse qui me paralysait devant les filles.

"T'es un pédé toi?

- ça va pas ou quoi?

- Ben pourquoi tu mets du maquillage de femme?

- Parce que j'suis un punk p'tit con t'y comprends rien.

- C'est quoi un punk.

- C'est un mec qu'emmerde la société..."

Sublime. Etrange. Je n'avais jamais entendu parler d'un truc pareil, un truc aussi con et génial... Emmerder la société? Pas un seul des ouvriers du quartier, qu'il fusse au chomedu ou pas, n'avait en tête de penser une chose comme ça... Il me paraissait évident que ce mec était un gros malade. Un pédé quand même. Un malade assurément. Mais aussi l'objet de tous mes désirs les jours suivants.

Je me fis des caresses légères les nuits qui suivirent en pensant à sa bouche et à ses lèvres articulant nerveusement: "Un mec qui emmerde la société"...

A suivre... (Ouais j'ai des factures à payer, un appart. HLM à chauffer pour l'hiver... Ecrivain qui disaient, fais écrivain qui disaient...)

Robert de Niro n'est plus un héros... (Toujours en cours d'écriture)

Andy Vérol

Publié par hirsute à 08:13:40 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Le retour d'Arturo B: CroCnique, lis ça ducon, t'auras l'air d'un coureur... | 27 octobre 2008

 

Pour les nouveaux là qui viennent d'arriver sur le site de Vérol et les déchets du collectif Hirsute, Arturo B fait partie avec Vidal et moi-même votre liquidateur eud'principes, des Historiques de la Fondation Hirsute.

Ce mec est plein de talent. Il écrit divinement et a un esprit d'enflure de première, une âme (ça existe pas je sais) à faire vomir le cadavre d'un vieil homme-tronc, mais c'est un feignasse, une espace de mollusque en matière de "j'travaille plus pour l'brûler plus vite le monde..."

Bon alors ponctuellement l'Arturo se remet au boulot. On ne sait pas tellement si ça va durer, si ses petits problèmes de bobo débilitant vont l'arrêter au vol, demain ou dans deux mois. Bref. Cette fois-ci, et il ne faut surtout pas se priver de s'en mettre plein le bide, il gère la suite de Crocnique, un zine d'actu culturelle de pointe... Exceptionnel!

C'est là ducon d'lecteur: ICI

Publié par hirsute à 21:36:07 dans Arturo B | Commentaires (0) |

<< |1| 2| 3| 4| 5| 6| 7| 8| 9| 10| 11| 12| 13| 14| 15| 16| 17| 18| 19| 20| 21| 22| 23| 24| 25| 26| 27| 28| 29| 30| 31| 32| 33| 34| 35| 36| 37| 38| 39| 40| 41| 42| 43| 44| 45| 46| 47| 48| 49| 50| 51| 52| 53| 54| 55| 56| 57| 58| 59| 60| 61| 62| 63| 64| 65| 66| 67| 68| 69| 70| 71| 72| 73| 74| 75| 76| 77| 78| 79| 80| 81| 82| 83| 84| 85| 86| 87| 88| 89| 90| 91| 92| 93| 94| 95| 96| 97| 98| 99| 100| 101| 102| 103| 104| 105| 106| 107| 108| 109| 110| 111| 112| 113| 114| 115| 116| 117| 118| 119| 120| 121| 122| 123| 124| 125| 126| 127| 128| 129| 130| 131| 132| 133| 134| 135| 136| 137| 138| 139| 140| 141| 142| 143| 144| 145| 146| 147| 148| 149| 150| 151| 152| 153| 154| 155| 156| 157| 158| 159| 160| 161| 162| 163| 164| 165| 166| 167| 168| 169| 170| 171| 172| 173| 174| 175| 176| 177| 178| 179| 180| 181| 182| 183| 184| 185| 186| 187| 188| 189| 190| 191| 192| 193| 194| 195| 196| 197| 198| 199| 200| 201| 202| 203| 204| 205| 206| 207| 208| 209| 210| 211| 212| 213| 214| 215| 216| 217| 218| 219| 220| 221| 222| 223| 224| 225| 226| 227| 228| 229| 230| 231| 232| 233| 234| 235| 236| 237| 238| 239| 240| 241| 242| 243| 244| 245| 246| 247| 248| 249| 250| 251| 252| 253| 254| 255| 256| 257| 258| 259| 260| 261| 262| 263| 264| 265| 266| 267| 268| 269| 270| 271| 272| 273| 274| 275| 276| 277| 278| 279| 280| 281| 282| 283| 284| 285| 286| 287| 288| 289| 290| 291| 292| 293| 294| 295| 296| 297| 298| 299| 300| 301| 302| 303| 304| 305| 306| 307| 308| 309| 310| 311| 312| 313| 314| 315| 316| 317| 318| 319| 320| 321| 322| 323| 324| 325| 326| 327| 328| 329| 330| 331| 332| 333| 334| 335| 336| 337| 338| 339| 340| 341| 342| 343| 344| 345| 346| 347| 348| 349| 350| 351| 352| 353| 354| 355| 356| 357| 358| 359| 360| 361| 362| 363| 364| 365| 366| 367| 368| 369| 370| 371| 372| 373| 374| 375| 376| 377| 378| 379| 380| 381| 382| 383| 384| 385| 386| 387| 388| 389| 390| 391| 392| 393| 394| 395| 396| 397| 398| 399| 400| 401| 402| 403| 404| 405| 406| 407| 408| 409| 410| 411| 412| 413| 414| 415| 416| 417| 418| 419| 420| 421| 422| 423| 424| 425| 426| 427| 428| 429| 430| 431| 432| 433| 434| 435| 436| 437| 438| 439| 440| 441| 442| 443| 444| 445| 446| 447| 448| 449| 450| 451| 452| 453| 454| 455| 456| 457| 458| 459| 460| 461| 462| 463| 464| 465| 466| 467| 468| 469| 470| 471| 472| 473| 474| 475| 476| 477| 478| 479| 480| 481| 482| 483| 484| 485| 486| 487| 488| 489| 490| 491| 492| 493| 494| 495| 496| 497| 498| 499| 500| 501| 502| 503| 504| 505| 506| 507| 508| 509| 510| 511| 512| 513| 514| 515| 516| 517| 518| 519| 520| 521| 522| 523| 524| 525| 526| 527| 528| 529| 530| 531| 532| 533| 534| 535| 536| 537| 538| 539| 540| 541| 542| 543| 544| 545| 546| 547| 548| 549| 550| 551| 552| 553| 554| 555| 556| 557| 558| 559| 560| 561| 562| 563| 564| 565| 566| 567| 568| 569| 570| 571| 572| 573| 574| 575| 576| 577| 578| 579| 580| 581| 582| 583| 584| 585| 586| 587| 588| 589| 590| 591| 592| 593| 594| 595| 596| 597| 598| 599| 600| 601| 602| 603| 604| 605| 606| 607| 608| 609| 610| 611| 612| 613| 614| 615| 616| 617| 618| 619| 620| 621| 622| 623| 624| 625| 626| 627| 628| 629| 630| 631| 632| 633| 634| 635| 636| 637| 638| 639| 640| 641| 642| 643| 644| 645| 646| 647| 648| 649| 650| 651| 652| 653| 654| 655| 656| 657| 658| 659| 660| >>

Réseau SDH, adhérez!

Collection Pylône, éditeur d'Andy Vérol

Bibliographie

Vidéo de Gorzar sur un texte "vérolé"

Medias

    Exposition - Art! Anthropophagie! Aujourd'hui!

    Album

    Décembre

    DiLuMaMeJeVeSa
      12345
    6789101112
    13141516171819
    20212223242526
    2728293031  

    e-Torpedo

    e-torpedo.net

    ...


    mesure audience

    • RSS
    • RSS
    • Podcast
    • atom 03