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Andy Vérol - Une dernière usine avant extinction

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.

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Les odeurs de crème et de pets | 25 décembre 2012

Ce réveillon avec ma mamie fut gourmand. La toile cirée à fleurs était impeccable. Elle avait mis sa blouse bleue ciel et des bougies en forme de sapin. Nous avons mangé du foie gras en regardant la télé. On a à peine parlé. Vers 22h00, papy est venu nous rendre visite. Il frappait dans les cloisons et tambourinait sur le plafond. A 23h30, elle m'a donné un panier avec des produits du terroir en guise de cadeau ainsi que "la pièce" (500 euros). Nous sommes allés au lit, le grand avec le gros duvet rouge. Elle a ronflé très fort. Elle avait les odeurs de crème et de pets monumentaux qui se diluaient sous les draps et couvertures. Vers 3h00, elle est allée pisser bruyamment dans le pot de chambre et est revenue se coucher, pour ronfler de nouveau. Papy continuait à colérer dans les murs, mais elle n'en avait rien à faire...

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 16:33:33 dans noDino | Commentaires (1) |

On n'a jamais eu besoin d'un président élu pour vivre | 19 janvier 2012

Publié par hirsute à 21:38:55 dans noDino | Commentaires (0) |

Les indignés cherchent à changer de moule-burnes | 28 novembre 2011

Je ne tape personne... Je dis que c'est creux... Demande-leur quel monde et quelles idées ils défendent, et je peux te dire que leur seule réponse, c'est: « Un autre monde, un monde meilleur », du Téléphone des années 2010... C'est le degré zéro tout ça... Je répète, les Indignés – et leur pendant Hack/Nerds - c'est creux, c'est n'importe quoi. Tout ce petit monde ne sait que dire une chose: « On en a marre, on veut autre chose »... Mais quelle autre chose? Tu as des pros-charria qui côtoient des pro-démocrates libéraux dans les pays arabes... En Occident les Indignés mélangent des petits bourges en mal de sensation, des chômeurs désabusés, quelques fachos, des geeks de la révolte funny et des enfants de bénitier... ça fabrique quel monde des gens qui ne sont d'accord que sur une seule chose? Tu crois qu’il va se passer quoi? Les couleuvres de la lutte, ce sont les nouveaux rebelles aux allures moitiés cradingues, moitié fringués en randonneurs... Des étudiants qui veulent en croquer mais qui ne peuvent pas, alors ça fait la rébellion... Dans 30 - 40 ans, ils seront les  vieux connards qui détiendront tout et que des nouveaux "indignés" voudront foutre dehors... Ce mouvement bohème est un sas de sécurité pour les élites mondiales... Pour ton info, ceux qui ont initié ces mouvements sont des privilégiés qui voulaient que "le peuple" dézingue des vieux dictateurs et vieux démocrates en poste pour l'éternité... Maintenant c'est fait: la Charia dirige la Libye. Le Maroc, la Tunisie, l'Egypte tombent dans le froc des traditionalistes les plus secs de la pensée politique... En Europe, les Indignés sont des que dalle... Au final, c'est le FMI qui a changé les vieilles chiennes qui avaient prospéré depuis les cracks boursiers: Grèce, Espagne, Islande, Irlande, Italie, etc. Les indignés cherchent à changer de moule-burnes, le Capitalisme le fait à leur place… Ils se feront gazer sur des places aux noms évocateurs (Place de la Liberté, ah ah !) jusqu’à la fin des temps… Vautrés dans les tentes Décathlon, l’alcool et le splif au bec pour certains, la bubar de 10 mètres pour d’autres… Oui les Indignés, on fait tomber les pantins autoritaires des instances Conseil de Sécu, FMI, OMC, G20, leurs agences de notation et leurs paradis « fisteux », mais n’ayant aucune forme d’idée au-delà du fait d’être indignés, ils ne peuvent que constater, le froc baissé devant l’ignorance, la naïveté et la bêtise de ceux qui s’affirment « apolitiques », que les remplaçants des méchants furent aussi leurs meilleurs amis… Pour finir, j’dirais une petite morale à  cette histoire : Sois un digne, plus qu’indigné, ignorant…

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 12:28:28 dans noDino | Commentaires (10) |

La rumba des faux-culs | 12 juillet 2011

Des vies sacrifiées, d’autres, pas.

 

Nous entendions les râles à travers cette porte à la peinture écaillée bleue, depuis des jours, des semaines. Daniel, qui avait agonisé dans cette pièce, n’avait pas été conduit à l’hôpital, par vengeance. « C’est un de ces salauds prêts à tout pour le fric », affirma Kamel, un fidèle du « quartier général ». « Connerie, ces faux-culs veulent juste garder la main sur l’immeuble », balança Bertrand, chuchotant, campé, stature roc, juste derrière moi. « Il faisait ce que tout le monde veut ici : gagner la tune. J’t’en parlerai plus tard ». Exceptionnellement, les flics nous avaient autorisés à sortir sur le terrain vague qui chutait devant notre bâtiment. Plongé dans la lumière du soleil, il n’était qu’un amas de monticules et de crevasses dessinés dans les gravats, les blocs de béton, les cadavres de pneus et les déchets métalliques rouillés sur sa partie la plus élevée. Deux fossoyeurs « volontaires » avaient débarrassé un espace d’une quinzaine de mètres carré entre deux talus de déchets ménagers infestés de mouches et de rats (quelques corbeaux, moineaux et mouettes tortillaient, becs à pic dans les sacs et cartons éventrés).

Nous étions peu à assister aux obsèques du scélérat. Les boss de l’immeuble étaient bien sûr présents, comme dans les plus grandes mafias, où les assassins venaient jouer la rumba des faux-culs, crevant une larme en public, tout en déglutissant leur plaisir de voir disparaître le parasite. Quelques sans-grades, tels que Brahim, Bertrand, Camille, Jojo et moi, et puis les badauds, des Marseillais purs souches qui venaient se régaler de la mort d’un de ceux qui leur polluait la vie. Il s’agissait du vingt-deuxième type en transit, enterré ici. La plupart d’entre eux était inhumé un peu plus bas, là où la pente se faisait plus douce et moins polluée par nos rejets quotidiens. Généralement ceux-là avaient été estimés et méritaient des sépultures décorées et visibles aux yeux de tous les passants. Quelques autres avaient été jetés aux ordures - à l’instar de Daniel - parce qu’ils n’avaient pas tout à fait respecté les règles. Bertrand n’avait pas à m’expliquer la raison pour laquelle le renégat était ainsi balancé dans la pourriture. Je l’avais croisé assez peu depuis mon arrivée. L’homme était déjà extrêmement maigre, rongé par un cancer qu’il ne traitait qu’à coup d’aspirine, de défonces à l’alcool et au shit. Il ne mesurait pas moins d’un mètre quatre-vingt dix et affichait un visage dur, une mâchoire de molosse, une barbe auburn disparate et des yeux minuscules, tous ronds, tout bleus, qui faisaient penser à des trous de balles… Comme la plupart des résidents, il ne se changeait que très rarement. Son jean délavé était troué sous une fesse et déchiré aux genoux. Ses poches étaient pleines de pièces, de mouchoirs, de stylos et des ruines de papiers d’identité… Son tee-shirt était d’un blanc crade d’où jaillissaient des bras maigres veineux aux muscles entremêlés comme des tuyaux sous pression… Ses godasses, des espadrilles dépouillées, semblaient résister à l’éclatement depuis des années. Les extrémités de celles-ci avaient la forme de ses orteils… Et puis les poils aux chevilles, au torse, sur la nuque…

Nous ne le voyions que rarement. Jamais il ne participait à la vie de la « communauté », prenant soin de rester calfeutré toute la journée dans un ancien bureau aux vitres éclatées et au balcon de béton nu sans balustrade. J’étais entré, un matin, afin de prendre son sac de draps. Il payait cher pour que son linge soit nettoyé par notre blanchisserie installée au premier étage. « Tiens les draps et les chaussettes sont dans l’sac là, le vert avec marqué Auchan dessus». Il sirotait un café en fumant un joint, vautré dans un fauteuil de cuir bleu. La radio murmurait un tube des années 80 dont le refrain tourna en boucle dans ma tête pour le restant de la journée.

« Tu fous quoi là ? Pourquoi tu m’mates ?

-          Rien rien… L’a l’air bon ton matos.

-          Ouais, c’est d’l’afghan… ça vaut la peau d’la bite.

-          Tu m’étonnes.

-          Y’a que celui-là qui m’soulage.

-          Soulage de quoi ?

-          Qu’est’ça peut t’foutre ? »

J’attrapai son sac et déguerpis sans broncher.

Daniel. Tout le monde disait qu’il était tellement malade qu’il pouvait clamser du jour au lendemain. Ce matin-là, il m’avait paru paisible, serein… En fait, il vivait un court répit dans sa souffrance. Peut-être même était-il de ceux qui résistaient plus que de raison à la douleur. Peu m’importait. J’avais le cul irrité par des diarrhées persistantes, et la besogne consistant à amener le linge de ceux qui étaient solvables, me cassait les nerfs au plus au point… En sortant de chez lui, Ludo, un black en chaise roulante, me balança : « Tu sors de chez l’traitre…

-          Qui ça ? Le Daniel ?

-          Ouais.

-          Pourquoi c’est un traitre ?

-          Il bosse pour la Mairie… Ce connard fait l’hameçon des citoyens honnêtes… »

Je le suivis, afin de m’éloigner plus loin dans le couloir. Ce Ludo n’avait rien à faire ici. Son état physique ne lui donnerait pas de boulot…

« Je suis là parce qu’ici, y’a une ambiance terrible… Et puis j’suis le roi pour faire disparaître un tas de trucs.

-          Ok. Et le Daniel ?

-          Tu sais pas ?

-          Non.

-          Il joue l’hameçon. C’est le mot qu’on utilise quand les autorités veulent dresser les bons français obéissant contre ceux qui luttent pour la survie. Ecoute vieux, j’ai les nerfs avec ça. Ces bâtards provoquent des fausses manifs spontanées, des « mouvements citoyens et démocratiques contre l’insécurité », comme ils disent… Ils font ça un peu partout dans la ville, mais il paraît qu’ils le font partout dans le pays. Avec quelques biffetons et la garantie d’une protection, ils ordonnent à des mecs comme cette enflure de Daniel, de se regrouper dans un endroit, devant un squat, un bidonville ou sur n’importe quelle place, pour demander plus de sécurité. T’as des vrais trous du cul de citoyens là-dedans, qui viennent gratos, ceux-là qui font les caniches devant ceux qui dirigent, la majorité silencieuse, qu’ils disent… Mais t’as la majorité qui est payée pour foutre le dawa et demander un renforcement des contrôles, des arrestations… Les mecs, on leur donne du fric, de la bouffe, et des fringues des fois.

-          Ouais, je connais la technique… ça existe depuis la nuit des temps.

-          Je sais. Mais les mecs, on leur demande de faire l’contraire pour d’autres fausses manifs. Ils vont au rassemblement et ils commencent à faire chier les faux bons citoyens. Des journalistes sont là, et ils les fichent comme casseurs dans les journaux. Après tu vois quoi…

-          Je vois. Nous, ça  change quoi quand il fait ça.

-          T’as encore jamais vu ça, mais la Mairie organise ça aussi devant chez nous. L’année passée, ils sont venus à cinq cents et ils ont cherché la merde. « Dehors les envahisseurs ! » qu’ils hurlaient… Daniel était avec eux. On l’a repéré du toit… Cet enculé.

-          Ah ouais… Pourquoi on l’a pas foutu dehors cette merde ?

-          Il est protégé.

-          Par qui ?

-          Y’a des taupes de la Mairie dans notre direction, mec. Sache-le… »

 

Je balançai le sac sur les autres sacs qui remplissaient mon chariot à linge. Je saluai Ludo et traversai le couloir sombre pour continuer ma collecte…

 

Les chefs étaient en ligne devant la boite dans laquelle gisait le corps de Daniel. Les sans-grades étions groupés derrière, silencieux, frappés par un soleil blanc voilé mais brûlant. José, l’aumônier bénévole de notre monde, bafouilla quelques mièvreries religieuses, avant que les fossoyeurs ne balancent le bougre dans un trou puis le recouvre de gravats, d’ordures et de blocs de boue séchée. Nous scrutions les nuques des chefs. Ils se jaugeaient, cherchant à repérer celui qui vendait ses couilles à la Mairie… Quelques marseillais crièrent : « Dehors ! Foutez l’camp de Marseille ! »…

 

Extrait de Mon Usine, la suite… Roman en cours d’écriture.

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 12:31:46 dans noDino | Commentaires (8) |

Le pas en avant: la chute | 13 juin 2011

C'était étonnant la vitesse à laquelle un empire se cassait la gueule...

"On fait quoi maintenant?

- Rien. Il faut attendre l'arrivée.

- On va où exactement?

- Quelque part dans l'océan...

- On a le droit de savoir, on n'est pas du bétail...

- Ah bon?"

Le mal de vivre avait été submergé par le mal de mer. Nous étions 6 dans une cabine de 4 lits. Un luxe. Il était nécessaire de se relayer... Putain les grandes idées humanistes, les socialismes, les alter-trucs, rien, restait rien, des cendres, de la salive farineuse et de la saloperie de crasse. Olivier, Farid, Damien, Julie, Amédé et moi, voilà la bande de dépravées sociaux voguant vers le paradis des thunes faciles...

Andy Vérol

 

Publié par hirsute à 10:46:55 dans noDino | Commentaires (8) |

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