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Andy Vérol - Une dernière usine avant extinction

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Blog à vocation satyrique - Tous les textes sur ce site appartiennent exclusivement à l'auteur aux termes des articles L 111-1 et L112-1 du code de la Prop. intellectuelle.


Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Dans sa main, ce joli liquide blanc... | 09 septembre 2008

"N'écoute pas la voix..." Cette phrase débile lui court toute la soirée dans la tête. Dès qu'il fume, Carlos est assailli par d'inacceptables phrases débiles venues de nulle part... "Je serai plus gros bientôt." Et les autres de lui rire à la face... "Si j'me suis inscrit à un programme pour obèse." P'tit meurtrier: "Les obèses anonymes? Bonjour, je suis Carlos, et je suis un obèse anonyme. Bravo Carlos, bienvenue Carlos! Alors qui veut commencer? Julio? Oui? Bonjour je suis Julio et je suis obèse anonyme! Bravo! Bravo Julio! On t'écoute Julio! Ouais je suis obèse depuis que j'ai 4 ans! ça a commencé quand ma mère voulait que je m'habille en fille. Alors là pour compenser le zizi qu'on m'effaçait, j'ai commencé à bouffer comme un porc... Ouais Julio continue, tu es un gros porc anonyme qu'on adore! L'a perdu combien le Julio? 47 kilos 4? Oh c'est bien! Bravo le gros!"

Carlos balance sa canette de bière en travers de la pièce. "Oh tu fais chier Carlos! On déconne!" Il se vautre de toute sa masse sur la tronche de p'tit meurtrier qui met quelques secondes pour reprendre haleine. Oh pff ho pfff! La toux de p'tit meurtrier est rêche, grasse, pleine des glaires accumulées par une soirée de fumette sans cracher. Il réagit. Enfin. "Tain! Fils de connards!" Les coups pleuvent. Les deux merdeux se bastonnent sur la vieille banquette pourrie. Un instant. Court instant. Et Carlos sur le dos telle la tortue. Carlos battu, humilié. "Tiens r'garde ce que j'fais aux mecs que j'ai buté ducon." Julio chope la main de son adversaire et crache dans l'creux de la paume...

Ils se définissent contre... (Extrait du roman en cours d'écriture).

Andy Vérol

Publié par hirsute à 08:09:51 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

l'envie sous les yeux vitreux de ces potes nouveaux étranges | 08 septembre 2008

Il suinte à l'envie sous les yeux vitreux de ces potes nouveaux étranges qui ont acceptés de l'accueillir dans leur trou à rat. Il ne s'engueule jamais avec queue, dégueule, met des coups d'queue sans qu'eux n'y trouvent jamais rien à redire... La belle affaire. Il fait comme il veut les soirs de trop où les uns les autres se reniflent, se salivent, se rient en face, se mélangent... Carlos est encore l'exclu des ébats mais fait main basse sur les tissus balancés par les poufiasses et les pequenots qui s'entremêlent dégueus-excitant sur le sol dur froid du garage. Fantasme. Ses yeux se referment dans le noir. Son esprit bercé par les ronflements gigantesques de P'tit Meurtrier.

Ils se définissent contre... (Extrait du roman en cours d'écriture).

Andy Vérol

Publié par hirsute à 22:23:44 dans Andy Verol | Commentaires (22) |

T'es fâchée contre moi Amanda? | 08 septembre 2008

Elle n'a pas dit oui, elle n'a pas dit non. Elle n'a juste rien dit. Elle a bien lu ce bout de papier griffonné... Avec les "Amanda", avec les petits coeurs.

Carlos est resté absent devant le regard humide de la belle. L'osseuse (Il a souvent les mêmes opinions que ses camarades le gredin. Il passe son temps à écouter, surveiller, espionner les conversations flasques des supporters de foot - dont il fait partie - pour se faire une idée de ce qu'il faut penser. Grands modèles que sont ces gueulards entassés chaque week-end sur des gradins à la con). C'est bien sûr sa masse corporelle hors norme (encore que, en ce début de millénaire en Occident...) qui tord son esprit, ses comportements en société... Il n'aime plus que le foot et les jeux vidéo Carlos. Il se fait appeler "Karl" parce que c'est plus martial, plus digne, plus allemand... Son lit craque, les lattes de son lit fléchissent sans jamais casser. Sa préoccupation première, c'est l'équipement, s'acheter le meilleur avec ses maigres revenus. Un lit qui craque mais qui ne cède pas. Un lit qui le porte, le supporte sans trop emmerder ses voisins, un lit, ses lunettes posées, repliées, son radio-réveil, comme lorsqu'il était petit, qu'il regardait les minutes défiler dans le noir.

"Si je tiens jusqu'à 57, je perdrai 10 grammes".

Et la 57ème minute jaillissait en chiffres allumés verts, et Carlos poussait encore. Attendait. Jusqu'à ce que maman-sa-grosse déboula dans sa chambre en braillant:

"Qu'est-c'tu fous encore au pieu merdeux! Tu vas encore êt'encore en r'tard à l'école p'tit con! Et tes cons d'profs vont encore me faire chier avec leurs mots dans l'carnet!"

Carlos chopait sa bedaine à deux mains et jaillissait mollement de son lit-odeurs-puanteurs-sueur... Il ouvrait ses volets, déposait un baiser sur son poster de Zidane et se trainait jusqu'à la cuisine, où un bol géant de café au lait l'attendait. Oubliés les 10 grammes... Il découpait de gros morceaux de pain beurrés qu'il balançait dans le bol... Lorsqu'ils étaient imbibés, il les portait à sa bouche gourmande, avec une cuillière à soupe, et les aspirait bruyamment.

"T'arrêtes de fout' ton bordel ducon?"

Papa se levait avec parfois le gland qui sortait du calbute.

Carlos venait de là. Savait, depuis qu'il vivait avec Natif, P'tit Meurtrier et Amanda, qu'il n'avait pas les bons codes, les bons principes, les bons modes de communication, la bonne dégaine... Il se savait cachalot maintenant, quand il se pensait simplement informe auparavant. Avant. C'était son monde. On n'y pensait pas. On faisait comme ça... Alors chaque semaine, quand il va se secouer au stade avec ses potes supporters, il repère, assimile, essaie de comprendre ce qui ne va pas chez lui, ce qui pourrait le libérer, faire de lui un putain de bon gros mec bandant capable de faire papillonner Amanda, ou toutes autres gonzesses sensuelles avec des seins, un cul et des pieds propres...

Ils se définissent contre... (Extrait du roman en cours d'écriture).

Andy Vérol

Publié par hirsute à 08:06:23 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Un premier faux pas dans cette histoire... Partie 2 - Les jours deviennent de plus en plus gluants. | 06 septembre 2008

S'emmerder sans fin dans le garage. Rester comme des bons à rien, des vauriens roupillant tout-le-temps dans l'air odeurs de chaussettes de graillon, la fille qui nettoie et les mecs qui se pètent les pouces sur les joysticks, qui s'poussent des sticks de beuh dans la tête TAN!

Le dernier album des Bérus, Invisible, braille dans la pièce.

Lui l'grand, il gueule par-dessus:

"Putain tu fais chier merde! Ces Béru, c'est des has been de merde, jouent toujours l'même morceau depuis trente ans! La liberté, c'est pas bien l'Amérique ouaiiis les jeunes faut s'agiter! S'astiquer l'manche ouais. Baisse merde."

L'autre il baisse. Les basses se gaufrent comme des crèpes sur le sol poussiéreux.

"Et moi j'vais vous emmener dans des soirées d'noirs! Pas des Antillais les mecs! Non pas des keumés d'la Caraïbe je sais pas quoi! Des africains! Des vrais, avec le cul qui secoue et la gentillesse dans l'regard.

- Oh tu racontes quoi là? Tu dis qu'les autres noirs d'Amérique, c'est des teubés ou quoi?

- Ta gueule toi, parles pas "banlieue" avec moi. Affine ton look pourrave d'Goth qui pue l'vieux savon et l'sang séché, fantasme comme une pucelle sur LA REVOLUTION anarchiste de tes Béru/pauv'cons!

- Vas te faire foutre putain.

- Ouais j'vais aller m'faire mettre, et toi avec moi. Nous tous! On va aller dans une pure soirée, un truc qu'existe pas! Un truc unique au monde! ça s'passe dans un champ dans c'trou d'Cergy-Pontoise, pas loin, dans ce coin -là. Tu vois. Un truc de cinglé. En pleine nuit, loin de tout, loin des keufs, loin des soucis. Une soirée où des africains sur d'la musique de killer genre Dj Mujava, l'mec d'Afrique du sud qu'a fait "Township funk"... Ben t'as pas d'africains du sud dans ces soirées, mais ils ont inventé un truc qui pète, que tu t'enquilles en gueule comme une pipe avec les dents, tu sais quand la meuf se cale la machoire trop fort, que c'est bon, que c'est pas bon en même temps.

- Pourquoi tu parles comme une merde? Fais des phrases normales, on est pas à Secret Story ici.

- Ah quoi? On a la télé maintenant?"

Ils transpirent la défonce. Ils sont comme des cons, la gueule à l'envers, faisandés comme une vieille viande qui a croupie trop longtemps dans un frigo...

Amanda entre à ce moment-là, c'est pas le moment, là, pour la chauffer. Elle a les mains qui tremblent si fort que ça se voit de loin. Elle a la bouche sèche, les yeux livides. La viande faisandée encore...

"T'as quoi Amanda?

- Oh ferme-là Natif. J'me pieute.

- Ouais ok. Alors les mecs, comme j'disais, j'vais vous y emmener là-bas. ça va vous changer la vie. Vous verrez. C'est un peu comme ces artistes parigots-bobos pseudo-revendicatifs à la Kasso... VITE! Ah ah ! L'humour pourrave... Ouais ces artistes-là qui vont bouffer des drogues d'indiens en amérique du sud et qui pensent avoir toucher dieu avec leur petit bout du doigt.

- Oh ralentis merde! C'est chaud de te suivre là.

- Ouais donc dans ces soirées, ça sent la peau qui suinte la sueur, ça sent la snif et surtout on y pratique la Puchy...

- Le quoi? Oh lalala j'dois être trop foncedé.

- La Puchy, bordel! C'est un peu comme dans Fight Club mais en disco, en plus funky."

Natif s'effondre par terre. Sa tête cogne. Humpff...

Extrait de Ils se définissent contre. Roman en cours d'écriture.

Andy Vérol

Publié par hirsute à 02:00:52 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

On casse pas des briques avec le front, ou alors tout juste... | 05 septembre 2008

 

Sa vraie tête est celle d'un ami. Un mieux pour lui qui veut suivre connement le déroulement de chacune des histoires qu'il vit. Il becquete sous sa couette et se coince recroquevillé, contre le mur en parpaing du garage. La rage est dans son ventre. Cinq jours qu'il se retient de se branler. S'abstenir pour laisser monter la pression. Pressurisé par l'envie d'éjaculer tout court.

Ejaculer. Ou écrire.

Et pendant que les autres rament à la fac, embourbés dans leurs quotidiens plein de Sarkozy dans la télé, de prêts étudiants qu'ils ne pourront jamais rembourser, leurs partiels qu'ils réussiront partiellement, leurs soirées dé-li-res à base de filles à talons-bas-gloss brillant la culture la politique c'est bien mais pas trop et de picoles-coke à outrance jusqu'au décès amusant d'un des participants...

Lui n'y est pas. Coincé contre le mur en parpaings du garage. Il aime "roupiller" dans ses pensées, se laisser coton dans le bide trop gras de ses réflexions. Il ne rumine pas. Il fulmine. Il se demande  là, à cet instant du passage du maintenant de sa vie: "Si j'étais pas une grosse larve à chier, un mec qui s'essoufle au bout de 15 mètres de course à pieds, je-me-demande-bien-ce-que-je-ferais-comme-épreuve-au-Téléthon..."

Il a une idée. Shooter les photos de tronches des dirigeants occidentaux à coups de lance-pierres, durant 36 heures... Le truc de malade. Il ne sait plus s'il faut porter le ruban rouge à cette occasion. Il ne sait plus quel numéro il faut faire pour faire une promesse de don (c'est cool, on promet, mais on dit pas quand on va filer la thune, si ça s'trouve). Le 36 46? Non c'est les Assedic ça il croit.

Il se retient encore de se branler. Il se rappelle cet écrivain estampillé "de banlieue", par la presse, qui lui avait dit qu'un flic l'avait appelé pour le menacer de poursuites. Il avait simplement écrit que les flics frappaient les jeunes sans raison. Quoi de plus vrai? Bref. Au Téléthon, il lui faudrait cotoyer les "gentils policiers" de telle ville qui font des épreuves pour aider les petits malades. Beurk. Pas de ça pour lui.

Il effleure légèrement son gland par dessus le lycra de son shorty. Il sent que ça peut exploser à chaque seconde. Un fleuve de semence. Un ouragan Erika de sperme. Un tsunami filmé au portable de touristes d'orgasme... Spasme. Il rallume son splif histoire de spliter une seconde du réel. Réel.

Extrait de Ils se définissent contre. Roman en cours d'écriture.

Andy Vérol

Publié par hirsute à 18:44:17 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

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