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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/
Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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Publié par hirsute à 01:50:23 dans Andy Verol | Commentaires (1) | Permaliens
ça n'a aucun rapport avec une sorte de gloriole personnelle, mais plutôt une curiosité. Une lectrice "fidèle" - Marlène pour ne pas la citer - m'a informé d'un dossier sur les excellentes éditions 13e Note. Dans ce dossier Eric Vieljeu, le boss de ladite maison d'édition, parle d'Andy Vérol. Le soucis, c'est que ce mag' - trop culturel et littéraire pour mon trou banlieusard - n'est pas disponible dans les quelques librairies qui survivent près de chez moi. J'en appelle donc à votre bienveillance sensuelle, verte et asexuée, pour me dire ce que cet homme (que je compte contacter depuis des mois) dit sur le loser de la littérature que je suis. A bientôt les rondelles, et pas un pas d'plus, y'a le goufre qui nous sépare à une capsule de tes orteils.
Andy Vérol
Publié par hirsute à 18:43:04 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
J'aime incruster des prénoms dans le texte, des personnages qui n'apparaissent qu'une seule fois, un court instant, puis qui disparaissent sans raison. ça n'ajoute rien au récit mais ça disloque le rythme de l'ensemble... Lorsque je fais ça, c'est un peu comme si je voulais que le lecteur se sente comme assis sur un canapé trempé. C'est confortable et désagréable à la fois. J'imagine aussi décrire une baraque sur un champ, non parce que ça agrémente le récit, mais parce que je la vois là, plantée dans mon champ de vision. Repérer clairement un énorme tuyau, qui ne sert à rien, mais qui doit se trouver là...
Andy Vérol
Publié par hirsute à 17:51:40 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
« Toni, on l’appelait aussi Tonino… ». Au poker, ils jouaient leurs fringues, la nourriture qu’ils produisaient, des vieux meubles, des futilités matérielles qui avaient fini par devenir indispensable à l’époque de l’avant-crise. Un brin crevé, Toni n’en était pas moins prêt à « donner du love » à Sonia. Les larmes de cette dernière séchèrent et son sourire aphrodisiaque se dessina de nouveau sur son visage. A l’âge des douleurs, le moindre effleurement faisait frissonner jusqu’à l’orgasme. A l’huître, on préférait l’algue. Au flingue, on préférait le couteau… Qui fumait trop, shootait les yeux des joueurs. Ça braillait, ça s’engueulait, ça se levait viril, quelques fois… Et puis ça se vidait, aux alentours d’une heure du matin. Les clients, fourbus d’ivresse, retournaient à leurs cahutes… Nous les connaissions leurs histoires. Nous savions que Bertrand battrait sa femme jusqu’à ce que la fatigue l’accable. Nous savions que Bernard se mettrait dans le lit, un magazine porno dans la main, son flasque turgescent dans l’autre. Nous supposions que Moktar dormirait au salon… que son épouse resterait seule dans le lit conjugal. C’était comme ça depuis qu’elle l’avait surpris avec sa fille Karima. De l’ouest, des orages galopaient jusque la ville, tambourinant sur les réverbères en panne, les portes, les toitures et les carrosseries des quelques voitures carcasses qui gisaient dans la rue principale. Ça faisait des bruits stridents, des sifflements provoqués par les vents violents fendus par des câbles, obstrués par des murs, des haies, des arbres… Il pleuvait plus que nécessaire… Alors tandis que les hommes ivres croupissaient dans leur sommeil sans rêves, le ciel défonçait leurs labours, ratissait leurs productions… et Toni commit l’irréparable… Sonia sortit à deux heures du matin, après avoir rangé, balayé et fait ses comptes. Elle ne faisait pas fortune, mais à cette époque-là, c’était un revenu très confortable. Elle réajustait toujours ses bas avant de sortir – certains la mataient en cachette parfois – avant d’affronter la nuit, cet orage-là et la masse viandeuse de Toni, excité comme un orque en manque. Il lui empoigna le bras. Le reste, on ne sait pas, pas bien, pas trop… On sait simplement qu’il la viola sous le petit pont qui jumpait au-dessus du Loir. Pris de furie – nous avions lu tout ça dans la presse – il la démembra et jeta les morceaux d’elle dans la rivière aux eaux noircies par la boue… Nous étions ahuris d’apprendre ça au petit matin. Les nouvelles battaient des records… Nous étions au courant en quelques heures… On ne sut pas tout de suite que le coupable était Toni. Dans ces cas-là, dans une bourgade trou du cul comme la nôtre, on accuse plus facilement un étranger de passage. Ce dernier était Camille, un gaillard un peu idiot, qui squattait une grange dans le bas du village. Il n’était que de passage… bossant quelques jours dans les champs avant de reprendre son périple vers le sud, dans la zone merveilleuse – mais ravagé par des incendies incessants – du Pays Basque espagnol… Là-bas, disait-on, on y vivait plus libre et plus riche…
Extrait de Mon usine, la suite... Roman en cours d'écriture
Andy Vérol
Publié par hirsute à 10:44:51 dans Andy Verol | Commentaires (1) | Permaliens
(Patrice ramait, mais affirmait qu’il s’en sentirait). Les paysans improvisés, acculés à la culture de la terre, pliaient l’échine sur des pans de terre asséchée. Ils piochaient, retournaient la poussière et semaient. Leurs silhouettes fatiguées se dessinaient sous le ciel cagnard. Les muscles cassés par les crampes, ils s’acharnaient, combattaient les sols qu’ils avaient généralement acquis illégalement. «Moi je picole et je maraude ». Les lignes à haute tension étaient, pour certaines, pliées en deux, écrasées par les tempêtes successives qui avaient traversées la région. Nous ne pouvions rien y faire, simplement tenter d’anticiper, humer l’air pour prévoir le pire. Ils couraient dans les abris de fortune construits à l’orée des champs (des cabanons de bois et de tôle), dès que les grosses gouttes nerveuses d’un cumulo-nimbus s’abattaient sur leurs fronts sueur… Ils se terraient en attendant la fin de l’averse… Leurs terrains labourés par les pluies torrentielles se transformaient en lacs de boue, des pans entiers étant impraticables pour quelques jours. « Je maraude et personne n’ose dire quoique ce soit. Je m’en fous, si un seul de ces culs-terreux bronche, je lui décolle la mâchoire ». Achats de semences, marché mafia contrôlé par des sociétés outre-Atlantique qui promettaient la fortune… « Ces cons couinent parce que rien ne pousse. Ils s’échinent des heures pour faire pousser trois carottes et un épi de blé. C’est des marrants, ces cons-là ». « Chez Sonia », c’était le troquet du coin. Ils s’y retrouvaient pour jouer leurs récoltes au Poker, échanger un kilo d’oignon contre deux verres de whisky artisanal. Ils buvaient jusqu’au vomi ou la baston ou les deux. Sonia avait la trentaine mal assumée. Les chagrins d’amour et les rondelles de saucisson dont elle raffolait, l’avait usée. Elle avait rêvé un enfant, elle avait une cinquantaine de gars débiles, grossiers, qui puaient l’alcool et la drague maladroite et graveleuse. Sa chevelure brune était un torrent fouillis dévalait sur ses épaules et son dos. Ses yeux noirs parlaient de tristesse… Un jour, elle se confia, bourrée, à l’un des clients (le gros Tony), lui apprit qu’elle avait été heureuse avec un homme, mais qu’il avait succombé aux charmes d’une relation aventure. « Les hommes sont tous comme ça. Ils sont intenses et torrides au début… Puis nous tentons de les modeler un peu. Ils résistent puis lentement, ils finissent par céder. Ils sont, un peu, à l’image qu’on a rêvé… En réalité, ils deviennent faux, et cachent leur ennui… Enfin le mien, c’est ce qu’il m’a fait. Il s’est tu. Il s’emmerdait avec moi, ça lui pliait la queue vers le sol… J’étais sourde. Je jouais le bonheur, persuadée que c’était acquis. Je sentais en moi que ça n’allait pas, mais il est difficile de décoller des paupières collées, engluées dans la fiction d’une vie idéale… Et puis, il est arrivé ce qui devait arriver. Il est allé respirer ailleurs… Il avait besoin d’air, de sensations, de bander… Et tout s’est effondré, Tony… Parce qu’il était con, il était homme et sa queue… Parce que j’étais conne… J’en étais presque à porter des culottes de petite fille tellement le séduire m’était devenu inutile. Je n’aurais pas du… ». Le gros l’écoutait avec attention, avec l’idée qu’elle se confiait parce qu’il lui avait tapée dans l’œilleton… Il voulait la levée après ce quart d’heure de « con-fesse » chiante…
Extrait de Mon Usine, la suite... Roman en cours d'écriture.
Andy Vérol
Publié par hirsute à 21:24:11 dans Andy Verol | Commentaires (2) | Permaliens
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