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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/
Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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(Patrice ramait, mais affirmait qu’il s’en sentirait). Les paysans improvisés, acculés à la culture de la terre, pliaient l’échine sur des pans de terre asséchée. Ils piochaient, retournaient la poussière et semaient. Leurs silhouettes fatiguées se dessinaient sous le ciel cagnard. Les muscles cassés par les crampes, ils s’acharnaient, combattaient les sols qu’ils avaient généralement acquis illégalement. «Moi je picole et je maraude ». Les lignes à haute tension étaient, pour certaines, pliées en deux, écrasées par les tempêtes successives qui avaient traversées la région. Nous ne pouvions rien y faire, simplement tenter d’anticiper, humer l’air pour prévoir le pire. Ils couraient dans les abris de fortune construits à l’orée des champs (des cabanons de bois et de tôle), dès que les grosses gouttes nerveuses d’un cumulo-nimbus s’abattaient sur leurs fronts sueur… Ils se terraient en attendant la fin de l’averse… Leurs terrains labourés par les pluies torrentielles se transformaient en lacs de boue, des pans entiers étant impraticables pour quelques jours. « Je maraude et personne n’ose dire quoique ce soit. Je m’en fous, si un seul de ces culs-terreux bronche, je lui décolle la mâchoire ». Achats de semences, marché mafia contrôlé par des sociétés outre-Atlantique qui promettaient la fortune… « Ces cons couinent parce que rien ne pousse. Ils s’échinent des heures pour faire pousser trois carottes et un épi de blé. C’est des marrants, ces cons-là ». « Chez Sonia », c’était le troquet du coin. Ils s’y retrouvaient pour jouer leurs récoltes au Poker, échanger un kilo d’oignon contre deux verres de whisky artisanal. Ils buvaient jusqu’au vomi ou la baston ou les deux. Sonia avait la trentaine mal assumée. Les chagrins d’amour et les rondelles de saucisson dont elle raffolait, l’avait usée. Elle avait rêvé un enfant, elle avait une cinquantaine de gars débiles, grossiers, qui puaient l’alcool et la drague maladroite et graveleuse. Sa chevelure brune était un torrent fouillis dévalait sur ses épaules et son dos. Ses yeux noirs parlaient de tristesse… Un jour, elle se confia, bourrée, à l’un des clients (le gros Tony), lui apprit qu’elle avait été heureuse avec un homme, mais qu’il avait succombé aux charmes d’une relation aventure. « Les hommes sont tous comme ça. Ils sont intenses et torrides au début… Puis nous tentons de les modeler un peu. Ils résistent puis lentement, ils finissent par céder. Ils sont, un peu, à l’image qu’on a rêvé… En réalité, ils deviennent faux, et cachent leur ennui… Enfin le mien, c’est ce qu’il m’a fait. Il s’est tu. Il s’emmerdait avec moi, ça lui pliait la queue vers le sol… J’étais sourde. Je jouais le bonheur, persuadée que c’était acquis. Je sentais en moi que ça n’allait pas, mais il est difficile de décoller des paupières collées, engluées dans la fiction d’une vie idéale… Et puis, il est arrivé ce qui devait arriver. Il est allé respirer ailleurs… Il avait besoin d’air, de sensations, de bander… Et tout s’est effondré, Tony… Parce qu’il était con, il était homme et sa queue… Parce que j’étais conne… J’en étais presque à porter des culottes de petite fille tellement le séduire m’était devenu inutile. Je n’aurais pas du… ». Le gros l’écoutait avec attention, avec l’idée qu’elle se confiait parce qu’il lui avait tapée dans l’œilleton… Il voulait la levée après ce quart d’heure de « con-fesse » chiante…
Extrait de Mon Usine, la suite... Roman en cours d'écriture
Andy Vérol
Publié par hirsute à 19:08:38 dans Andy Verol | Commentaires (1) | Permaliens
Quelque chose en moi me mène à la répétition de l'échec, quelque chose en moi me noie... pour m'apprendre à respirer sous l'eau ou sous un oreiller fermement et puissamment plaqué sur ma face... ça me laisse le temps de regarder les autres, les observer en cachette, les décortiquer... "L'essentiel" est un mot à chier, la "vie" est un mot à chier, le mot "aimer" est à chier, à vendre, à acheter, fabriqué en chinetoque, le mot "guerre" est pur, à offrir, fabriqué par tout occident qui se respecte... Le mot "partouz"e, est un mot rigolo qui gène un peu le corps et l'un des coins de la tête... Le mot "éternité" a été inventé pour permettre à chacun de supporter une diarrhée qui vire à l'enfer... Le mot "char" est beau, non parce qu'il est le nom d'un poète mais celui d'un blindé. Le mot "blindé" est joli comme le mot "travail", ils ressemblent au mot "crampe". Le mot "sommeil" est à chier parce qu'il a mal vieilli, le mot "crevé" - et non "crever" - est plus adapté. Le mot "route" pue le macadam et l'excès de vitesse quand il sentait la poussière, les graviers et les tape-culs sur la langue rappeuse de la lenteur... Le mot "révolution" affirme le nouvel I-Pod, les nouvelles technologies, l'information, plutôt que des culs-terreux qui cravachent en sueur dans une jungle, le fusil lourd dans les mains... Le mot "nazi" est synonyme de l'expression "à toutes les sauces", le mot "couche" est devenu un polluant jetable plein de pisse, de merde ou de sang, plutôt qu'un endroit douillet où s'oublier, un peu... Le mot "homo" est aussi con que le mot "mot", il bouffe des merguez kebab à trifouillis-les-states, juste à 4000 km au nord du Sahel, et sinon?
Andy Vérol
Maintenant la 11ème année de sélection explosive d'Arturo B., ici:
http://crocnique.wordpress.com/2011/08/05/hearsute-summer-mixtape-jai-donne-a-manger-des-morceaux-dursulla-aux-chiens/
Publié par hirsute à 21:35:18 dans Andy Verol | Commentaires (2) | Permaliens
J'écris la dernière usine française, celle qui ne produit que des névroses, des angoisses, de la décadence et des manuels de vivre pour les classes moyennes en déchéance... Vaste programme, roman de merde... Il s'agit d'un homme - ou d'une femme - qui ne sait plus ni faire face à sa propre vie, ni se confronter à la violence du monde et l'impérieuse nécessité de progresser, de devancer, de combattre et même de s'imposer... Cette Usine ressemble à ce petit pays rétrécis qui a remplacée ses chaines de production par de vastes zones commerciales périphériques à chaque ville... Un état calquant les pires idéologues anglo-saxons dans le seul but d'installer - n'ayons pas peur des mots - une dictature du besoin inventé, de la nécessité créée par les forces du fric, du commerce et de la cupidité... Dans cette ultime usine, l'Homme moyen, le français télé-frigo-bagnole-vacances-fausses/recettes/tradition/bio/comme/grand-mère, perd inévitablement ses rêves de retraite, de maladie prise en charge par l'état-providence... La mort d'une époque, dans un endroit donné - ici la France, dont on chante la décadence depuis des dizaines d'années, peut-être même des siècles - est souvent vécu comme un cataclysme, une apocalypse - pour reprendre d'une terminologie chrétienne - alors qu'en fin de compte, il ne s'agit que de la mort d'un temps, d'un monde... "Mon Usine, la suite..." est un titre signifiant: Cette France, cette fin, et puis autre chose, ailleurs. C'est un constat, que je partage avec tant d'autres citoyens clairvoyants, des auteurs passés et présents, ... Seuls les élus, ces imposteurs nous "vendent" un avenir pour cette usine qui n'est plus en friche, nous racontent les balivernes nécessaires à l'encroûtement... Cette usine - que ça leur plaise ou non, à ces élus et leurs électeurs, mais aussi ceux qui se tiennent à l'écart en attendant mieux, un renouveau ou tout autre sornette de reproducteur passif - n'est plus une structure à produire du progrès, de la technologie, des idéaux et des liens sociaux, elle est une structure à bâtir du business, de la solitude, du désamour, du non-sens, de la dépression et du désespoir quoi... Tout est cellophane, sous vide, pseudo-bio, humanisto-commercial, esprit petit proprio et réseaux sociaux virtuels... Derrière, il y a la viande qui crève toujours, qui souffre, qui vieillit ou qui tombe dans la maladie et l'accident. La consommation massive de sexe, de médocs, de drogues, de jeux, de loisirs, d'art, de religions anciennes ou nouvelles sont les seules alternatives... Le rêve ultime est de gagner au Loto, ou de posséder sa petite baraque et son jardin, ou d'aller se prélasser sur une plage, de randonner sur des sentiers prédéfinis, de faire du hors piste contrôlé, de se rebeller le point levé devant des écrans, de manger bio, d'être "nature", de racheter ses pêchers de consommateur aveugle devant des dieux factices, de reproduire des choses qui n'ont jamais existées, de "faire de l'art", de s'inventer un être que l'on est pas, de "rencontrer l'amour"... Mais derrière, il y a toujours cette viande qui vieillit, qui tombe malade, qui fait mal, qui stresse et qui empêche d'atteindre la promesse ressassée par nos "grands penseurs", ces boss du marketing, de la communication et du rêve marchandisé: vivre vieux, se sentir éternel, contenter ses pulsions consommatrices, absorber l'autre et appeler ça "aimer"... Du plus pauvre au plus riche, l'Homme d'ici - toutes couleurs et religions confondues et confuses - construit sa propre disparition, la fin d'une époque en mode accéléré... Il construit son tombeau collectif, le sait et s'effraie... Cette usine, la dernière, avant la suite - que personne ne connait - est donc productrice de dégoût, de trouille, de violence et d'accélération de la chute...
Andy Vérol
Publié par hirsute à 09:37:56 dans Andy Verol | Commentaires (13) | Permaliens
C'est étrange comme tu es de plus en plus belle/// Tu vois bien qu'il suffit parfois de s'apprêter un peu pour retirer le pourri du visage... Jamais une came n'a été aussi forte que ton visage arrangé pour séduire. Et les lignes parfaites de ces rides creusées dans ta peau. La station a la forme d'une trompe d'éléphant. Les murs éclatés et les pompes à essence inutilisables donnent à l'endroit, un air de déjà vu... Tu croises et décroises tes cuisses, assise sur le parpaing, la paluche lissant ton bas filé avec délicatesse. Tu ne feras pas de révolution, tu provoqueras des convulsions. Rares sont les clients qui s'arrêtent pour goûter et acheter tes fruits. Tes mangues surtout, sont très belles, délicieuses et sucrées. Le bras du type s'extirpe de la fenêtre conducteur comme une tentacule de calamar et son encre. Tu récupères son fric - des pièces jaunes - contre l'un de tes melons frais. Sois vigilante, il veut sortir, sentir ton cou et s'y croquer le plaisir... La lent la livre, la valise plus lourde sous l'oeil droit. Une dentition parfaite et ses cheveux gominés. Une voiture est passée, une seule, aujourd'hui, devant ta station désaffectée. Tes fruits sont mûrs et ta langue est chargée, l'agrume pète dans la bouche, le filendreux des asperges s'attaque à l'entre-dents. Tu empoches la tune et lui souhaites une bonne journée. Demain encore, il fera soleil brûlant, et une fois de plus, une voiture, une seule, s'arrêtera devant tes fruits///
T. Zeus.
Publié par hirsute à 13:47:30 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
JE te demande qui t'a permis de me tutoyer... Je ne te détacherai et ne cesserai de te faire mal que lorsque tu m'auras répondu, et je ne couperai pas ce son Electro, Nicolas S.
T. Zeus.
Publié par hirsute à 13:30:32 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
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