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Andy Vérol - Une dernière usine avant extinction

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Une colère, des blessures et du chômage… | 07 novembre 2007

 ©Andy Vérol - Landru sur son lit de poison - 11/2007

 

« Si c'est ça la médecine, je préfère la guillotine » (Bérurier Noir)

 C'est un peu mieux aménagé qu'il y a quelques années. Les murs ont été peints, des couleurs pastel à certains endroits. Les blouses sont les mêmes. Les infirmières sont bien, moins belles que dans les films pornos, moins agréables, moins mielleuses, mais tellement plus conviviales, vraies, efficaces. Ça ne s'agite pas comme dans les séries Urgence et autres fac-similes télévisuels... Au contraire. Quelques sans-abris roupillent sur les bancs, des clopeurs clopent dehors et un marmot tousse. C'est assez calme. Je me rappelle avoir écrit quelque chose comme ça dans mon roman. Je vis une scène écrite un an plus tôt. Seul le contexte est différent. Bien sûr, j'ai trop picolé et j'ai mal digéré. On a l'alcool percutant quand on est semé à la volée dans la société... J'entends par là que les soucis cumulés, les incertitudes liées au chômage, et une forte propension à se reluquer le nombril sans cesse en chialant intérieurement « Oh je suis malheureux ! Oh je suis le plus malheureux du monde ! Oh ça me fait chier ! Je n'ose pas dire aux gens que j'aimerais que mes indemnités chomdu courent jusqu'à la fin des temps, au moins la fin de ma vie ! Oh j'aimerais bien que le chômage soit un privilège, avec tes amis qui te disent « C'est bien, tu t'es battu pour l'obtenir ton chômage, maintenant, tu es au summum de l'existence. Tu es là où tout le monde rêve d'être. Rien foutre, tous frais payés, tout en profitant d'une santé physique exceptionnelle que les retraités t'envient ». Oh je suis malheureux ! Je suis mal vu parce que, c'est vrai, je cherche mollement du travail... Mais le travail, c'est à chier ! Le travail, c'est de là qu'on se fait virer comme des merdes ! »

Bon, dans un moment d'ivresse malsaine, accaparé par des idées obsessionnelles (« Je suis une merde » répété sans fin), je me jette toute tête en avant sur la porte du salon... Oui mais, voilà, dans ma rage, je me loupe et défonce la vitre fixée au centre de cette même porte. Voilà. Tu dessoûles en une seconde lorsque le sang gicle en cascade dans tes cheveux, sur ton front, tes yeux, ta bouche, ton tee-shirt H&M tout neuf... Tu dessoûles et tu flippes. C'était étrange. Ça coulait à flot et j'enlevais les morceaux de verre de mon crâne avec un sang-froid digne d'un palestinien combattant des blindés avec des pierres... Mon Intifada à moi, c'était ça sur le coup. Un vrai combat, à genoux sans une marre de sang, à la limite de dégobiller tellement ça pissait. A l'instar d'un militaire amerloque rampant dans la poussière avec la jambe déchiquetée, d'un candidat de Koh Lanta faisant son garrot lui-même pour endiguer le venin du serpent, d'un gros lard se gaufrant dans une rivière dans Vidéo gag, je me prenais en charge, je reprenais le contrôle et me sauvais la vie alone.

Faut pas pousser. Verge était là, éreintée par ma connerie, et catastrophée par ces centilitres d'hémoglobine qui s'étaient répandus dans la moitié de la pièce en quelques secondes. Ensuite tu as les pompiers (Tu penses à leurs fêtes ringardes du 14 juillet... Tu penses aussi que ce sont des gamins qui font fantasmer pas mal de gonzs, ...), le filet sur la tête avec le bandage dessous et les urgences...

Une aide soignante nettoyait les plaies et me parlait en même temps. Il y avait une bonne quinzaine de coupures profondes sur le crâne. Mais ça allait. J'avais enfin l'impression de vivre une expérience extraordinaire. C'était une sorte d'aventure, comme en vivent des millions d'Humains dans la télé. Au fil des semaines de chômage se succédant, j'avais fini par me complaire dans mon ennui et mon train-train de sans-emploi. Levé à 10 heures au moins. Ecrire des textes sur le site. Manger des trucs gras, sucrés. Regarder les séries allemandes, lire des bandes dessinées, jouer à War Craft, ... Puis picoler, à partir de 18h00... Du vin surtout. Ecrire, regarder les émissions de télé réalité, les séries avec des experts, et tout et tout...

Je me sentais bien là, en pleine nuit, avec mes plaies sur le crâne, les douleurs terribles quand l'aide soignante (ou infirmière, ou infirmière stagiaire) passait les compresses stérilisées pour retirer les derniers morceaux de verre... C'était bien. J'étais pris en charge... Ma guerre contre la porte de mon salon avait laissée une victime sur le carreau. Moi. « Je sais que tu aimes ça » m'a dit la petite voix dans le ventre. Je ne lui ai pas répondue. Il ne faut jamais répondre aux voix intérieures, ces intruses envoyées par un dieu accusateur à l'hygiène douteuse (Je n'ai rien trouvé de mieux pour lutter contre ça).

Une attente de dix minutes a suffit pour voir le docteur entrer. Il a dit « bonsoir, alors que vous est-il arrivé ? » J'ai répondu pendant qu'il tritura méchamment les plaies, avant de conclure : « C'est le fisc qui ne va pas être content. Vous allez pouvoir rentrer chez vous. Tout va bien. Vous retirerez les derniers morceaux de verre en faisant un shampoing. » Avec Verge, on s'est regardé, interloqués par la vanne du doc. Je ne sais pas d'où ça lui sortait un truc pareil. Parler du fisc. Ramener mes bobos à des problèmes de fric... Mais je me suis remémoré plein de trucs. Je suis sorti de ma gangue grotesque qui m'obligeait à penser que je vivais une aventure.

En sortant de l'hôpital. C'était pathétique. C'était pas assez froid dehors, pour un mois de novembre. Le médecin, c'est comme plein de médecins. On avait du aller à l'hosto quelques semaines plus tôt déjà. Le doc. Avait demandé si l'on avait une mutuelle. On avait. Alors il nous a dit qu'il allait pratiquer le dépassement d'honoraires. En gros, la Mutuelle que tu paies, paies la bagnole au médecin, ses vacances au soleil et sa maison de 200 mètres carré. Voilà. Tu te fais soigner, éventuellement guérir avec des tarifs élaborés à la gueule du client. C'est méchant comme idée.

Le sang coulait de nouveau sur ma plaie la plus profonde, celle qui laissa passer le désarroi au fond de moi. La plaie. La médecine. J'étais dans la voiture. Je ne parlais pas beaucoup, m'étant déjà excusé pour tout le bordel que j'avais foutu pendant la soirée. Il y avait Burial dans l'autoradio. Une sorte de douceur sonore qu'Arturo B. m'avait donné pour me soulager de la psychiatrisation de mon quotidien. C'est cette manière pudique qu'il a à dire son soutien que j'aime en lui... Et son cul aussi... C'est bien aussi son cul.

Je pensais que ces enfoirés de médecins prennent un malin plaisir à grassement se payer sur la gueule des malades et de la couverture sociale qui va avec. Les docteurs, c'est hardcore, des gros malsains dégueulasses qui aiment toucher la viande des autres, qui aiment retenir des noms de médicaments, triturer des plaies, découper des morceaux d'humains pour te les foutre dans des sacs en plastoc... Et le fric qui va avec...

Je pensais que des médecins ont couvert par milliers des scandales sanitaires tels que les cancers provoqués par l'amiante, entre autres, le sang contaminé, l'irradiation de milliers de personnes, etc. Difficile de les apprécier. Difficile de les considérer comme des sauveurs, avec leurs grosses bagnoles, leurs votes à droite majoritaires, leurs manières de prendre le chèque tendu, du bout des doigts, sans vous regarder... Et puis aussi ces médecins qui refusent les patients disposant de la CMU comme protection sociale, ...

Pas tous les médecins. Ils sont bien certains. Mais certains autres, tant d'autres qui semblent plutôt voler les malades... Ceux qui débranchent et ceux qui s'acharnent thérapeutiquement, ceux qui refusent l'avortement, ceux qui abusent de leurs patients, ceux qui se font graisser le porte feuille par l'industrie pharmaceutique, ceux qui prescrivent aveuglément des médicaments et des arrêts de travail et qui ne dénoncent jamais les propos d'élus tels que : « Les français abusent de la sécu ». Ces médecins qui refusent les soins aux pauvres, aux immigrés, aux sans-abris. Ceux qui pratiquent la chirurgie esthétique, ceux qui refusent d'indemniser lorsqu'ils commettent des erreurs. Ceux qui font des « fausses » grèves, à qui l'on donne en deux jours ce qu'un ouvrier n'obtiendra jamais après des mois de grève.

En rentrant, j'ai nettoyé le sang par terre. J'ai rangé un peu. Je me suis affalé sur le canapé. Et j'ai respiré. Ceux. Eclairage à l'ampoule écolo hyper-cher à l'achat. L'ordinateur allumé.

Tu arrives maintenant à la fin du texte. Que crois-tu que je dois faire ?

1-      J'écris la morale de l'histoire. Qui boit trop de verres, explose le verre... Super.
2-     Je décide de créer un mouvement de lutte contre les médecins occidentaux.
3-     Sûr de ma médiocrité, j'en reste là.
4-     Autre.

Andy Vérol

Publié par hirsute à 17:36:19 dans Andy Verol | Commentaires (15) |

Dis-moi ouhouu dis-moi un peu aussi ça | 07 novembre 2007

Surtout des jeans bien rangés. Et des serviettes dans le cabinet de toilette. C'est comme ça qu'il s'est fait connaître. J'aurais pu inclure ce morceau dans "Catalogue de mode", ou bien dans le roman là avec le truc des cow-boys qui était fait pour rire.

Malgré la confiance qu'on lui a accordé, ça n'a pas suffi. C'est la dernière fois qu'il a rangé les vêtements à leur place. La dernière fois qu'il a "fait la caisse". La fois dernière qu'il a souri au petit black chargé de la sécurité. La dernière fois aussi qu'il a regardé discrètement le tatouage à la cheville de Noémie, sa collègue depuis peu. C'est la dernière fois tout. Tout d'un coup. C'est comme ça. Et le pire dans tout ça, c'est qu'il sait que personne ne comprend la raison pour laquelle il en fait une montagne. "Tu en trouveras un autre de boulot! Tu verras". Mais il n'a pas l'intention d'en chercher un, tout comme il n'a plus l'intention de rien construire.

Il a déjà scénarisé sa fin. Il rentrera chez lui avec le nécessaire de victuailles et de médicaments. Il fermera la porte. Allumera la télé. Se connectera à Internet. Puis il laissera filer le temps. En prenant un somnifère la première heure, avec une salade. Il résistera au sommeil, puis s'enfilera une vingtaine d'autres cachets avant de s'allonger sur le canapé.

Il choisira un programme adéquat. Quelque chose d'assez tranquill-i-sant. Puis il laissera oeuvrer les molécules en sur-nombre dans son organisme... Il regardera sans doute des sketchs sur Internet, en simultané... Vu d'autour, ça paraîtra anodin, un peu pathétique. Sans raison majeure. Sans explication. Une sorte de mort transparente... Comme son existence, et celle de tant d'autres millions d'Occidentaux...

Plutôt que de tuer/ L'appétit coupé/ Il rêvera un instant l'époque du temps palpable... Le reste, il s'en sent bien incapable.

Andy Vérol

Publié par hirsute à 02:23:38 dans Andy Verol | Commentaires (9) |

Quelques minutes plus tôt et quelques minutes plus tard... Les raisons de la lâcheté... | 05 novembre 2007

-es nouvelles sont envoyées directement du passé, via ma mémoire. Il est vrai que je tourne en rond. Que je ne cesse de dire, et redire, et perpétuellement me répéter les mêmes horreurs. Mon frère Duno et son suicide. Je parlerai bientôt de celui de mon grand-père dans un texte long que j'ai proposé à la revue Carbone (qui a été refusé depuis)... Je pense insérer ce texte dans Interlope 4. A part l'édito, je me contenterai d'insérer celui-là.

Bon, les souvenirs jaillissent comme des lasers de Star Wars venus de l'autre bout de l'univers. Des échos lointains aussi. Des images de pattes def's celle de Starsky, parce que je me rappelle que sa famille a été ravagée par le VIH. Mais pas seulement. Des cris sourds. Tout du moins écrasés par la distance. J'ai en mémoire Ebola, et le massacre. Je me rappelle qu'ici, en Europe, nous avions de la peine distante pour ces victimes du virus foudroyant. C'est exactement comme la grippe aviaire ou toutes ces maladies des "ailleurs". On a une forme de compassion distante vite écrasée par une réelle trouille d'être nous même contaminés. C'est un sentiment animal, assez diffus, pas tellement assumé. Le sentiment que, si là-bas ils crevaient tous, et très vite de leur virus infernaux, interdits de circuler par une ceinture imperméable établie par les militaires, nous pourrions être sauvés. Attention. Nous ne souhaitons pas la mort de ces lointains étrangers. Mais plus fort encore, est notre désir à nous de vivre, vivre quitte à être les seuls, les derniers survivants.

C'est aussi ça la raison du Catalogue de Mode... L'ambiance est celle du dernier album de Burial qu'Arturo B. m'a gentiment transféré avant hier... C'est un peu ça qui aide à s'isoler du monde. Le fuir en quelque sorte. Refuser de se battre pour les autres, pour préserver ses biens, le peu qu'il en reste... L'accès privilégié et aisé à l'alcool, aux anxiolitiques, la cocaïne, le shit, des médicaments remboursés... La richesse du pauvre ici, ce sont les services sociaux, les aides sociales... C'est un luxe dont on a du mal à se départir.

Alors les autres... La peur d'être avalés par les maladies des autres, de ceux qui galèrent plus encore. Je ne parviens jamais à me décider à me battre pour eux. Je n'ai pas envie de franchir le pas de la porte. Je veux que tout ça, ce monde, y compris avec ses belles images et ses jolies senteurs, reste dans la boîte à images, que les gens ne communiquent avec moi qu'avec leurs boîtes e-mail, qu'ils ne m'envoient plus leurs postillons, leurs haleines, leurs regards dans ma gueule.

C'est simple. L'introspection et l'acceptation de sa sempiternelle lâcheté passe par ce chemin d'écrire. Mourir sans douleur... La quête absolue.

Andy Vérol

Publié par hirsute à 18:25:48 dans Andy Verol | Commentaires (2) |

ça n'est pas drôle, j'bois plus la tasse hein? | 05 novembre 2007

Pour ceux qui ne trouvent pas leur compte ici, qu'ils se barrent et basta! Je n'ai à encaisser les coups de personne...

Andy Vérol

Publié par hirsute à 12:13:38 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Le détachement, dis, passe par le relâchement... | 05 novembre 2007

Aujourd'hui. Une expérience. Se laisser assourdir. Ourdir cette conspiration mondiale qui s'attèle à tuer, à tétaniser chaque synapse faible d'mon esprit bon enfant... J'parle pas d'moi. J'parle de toi qui en chie, d'eux qui en bouffent d'la merde, de la chiasse j't'emmerde! La grossièreté jamais, en aucun cas bâtard c'est les mots bite chatte enculé salope pute connard pédé! Les grossièretés c'est Capitalisme! L'journalisme moderne! Les discours présidentiels! Les chars qui écrasent les corps! Les actions d'la bourse en Hausse! Les Assedic en baisse! Les puits asséchés! Les puits d'pétrole qui dégueulent à plus d'100 dollars l'baril! Les leçons sur l'tabac, la consommation d'shit, d'alcool, d'anxiolitiques. Les façons de merde qu'ont les élites ! Les façons d'merde que les suiveurs les chiens d'électeurs cultivent! Les critiques incessantes contre l'enseignement, contre la misère dans les quartiers! Ces manières dégueuloirs des blancs-becs de jouer sur plusieurs tableaux idéologiques en fonction d'leurs statuts:  patrons, en famille, touristes, passants, ... La résurgence des religions et de leurs lots de conneries idéologiques... La bien-pensance infecte des "intellectuels" microcosmiques merdiques! La suffisance des faiseurs d'opinion! Les instituts de sondages, les économistes, statisticiens,experts! Les patrons de multinationales, de supermarchés, d'industries chimique, toxiques! Les patrons! Tous ceux qui ont un pouvoir! Qui en usent pour te traiter comme un chien!

Andy Vérol

Publié par hirsute à 07:24:15 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

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