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Andy Verol & Hirsute

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

Présentation

Sortie du premier roman d'Andy Verol,le 02 avril 2008: Les Derniers Cowboys français. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/



Sortie du second livre d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, le 25 juin 2008, aux éditions Scali. Infos ici: http://www.scali.net/




Me cracher à la gueule, m'adorer, m'éclairer, m'obscurcir, me soumettre une opinion, un texte: hirsute.hirsute@orange.fr










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A lire absolument

Sans doute le meilleur roman de Franca Maï, L'Amour Carnassier. Infos ici: http://www.francamai.net/

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Durant ces années, on n'aimait pas les chauves, sauf Kojak... et encore... | 14 février 2008

 

Ce côté New York avec les homeless près des bidons avec le feu dedans... Et les taxis qui perçaient les tas de neige soupe grise... Et tout le reste...

Les samedis, on se retrouvait souvent au Cosec, la salle de sport, pour disputer des matchs de hand ball ou de volley... Le truc, c'est que j'étais frêle, que mes gardes du corps Hutch et Papy – si t'as pas compris à force – étaient des vrais sportifs et qu'ils s'engageaient intégralement dans les matchs. Alors j'étais laissé à moi-même. A ruminer de peur de me faire briser la nuque ou le tibia à coups de smatches rageurs envoyés par ces crétins haineux qu'étaient les gosses de ritals et de polacks. Moi j'étais un peu l'intello au milieu de ces débiles totalement accaparés par l'idée de victoire... par tous les moyens.

C'est ainsi qu'un samedi d'hiver, je fus pulvérisé à la gueule par un ballon d'volley envoyé délibérément par un gros porc qu'on appelait Kojac, du fait de la tonsure anti-poux que lui imposait sa grosse salope de mère...

Je ne sentis quasiment rien durant le choc, justement hanté par l'idée de me manger un poteau ou un mur. J'esquivais avant de suer de douleur. Bonheur. Malheur. La torpeur de ce con d'arbitre adulte, un vieux chômeur dont je ne me rappelle ni le nom, ni la gueule. « Ça va petit ? » Tu m'étonnes ça allait pas. A cette époque-là, si j'avais eu la masse et la gueule que j'ai récoltées à force de bitures et de coups de tête, je n'aurais fait qu'une bouchée de ce gros porc de rital de merde, de Kojak.

C'était tout de même sans compter sur ma façon maladive de diriger, goûter, humer, manger, engloutir les cauchemars de chaque night. Tu comprends rien, ça se voit à ton œil morne posé sur ces quelques mots. Me prends pas pour un con, je sais ho !

Les nuits, dans ma chambre chez tata, il y avait les fantômes. Les dames en robe de chambre rouge, mais aussi les hommes-carpettes rampant ici sur ma queue sans poil, là sur mon ventre creux les côtes qui sortaient... Le tout avec les cris, les bruits de milliers de bulles qui pètent clac clac han. Tout l'toutim habituel... La réalité. Le réel. Le vrai. Les cris étouffés dans l'oreiller pour pas réveiller l'chat qui attaquait souvent les mollets. Bref.

Je m'en sortis pas si mal au fond. Sonné, mais pas blessé. Du moins physiquement. Bien sûr je n'étais ni sportif, ni costaud, ni bastonneur. J'étais manipulateur. Faussement sage. Faussement timide. En fait, je bouillonnais sans cesse de haine. J'étais avec mes fantômes et leurs douces odeurs de chairs faisandées... Leurs respirations nuit et jour, à côté de moi... On s'en fout. Kojak était dans ma tête. Ce gros chauve avec les petites dents dégueulasses écartées.

Ces moments-là, je les passais enfermé en moi. Je restais cloisonné dans mon corps, hermétique aux mouvements extérieurs. Je cultivais ma haine. Je ruminais. Crachant des mollards merdiques sur les bords de routes les trottoirs des talus divers des carrosseries de voitures. Je ne parlais plus à Papy ni à Hutch. J'étais l'Robert de Niro héros, j'étais celui que je découvrirais plus tard : l'homme seul qui refoule et rumine une haine sans borne... qui ne pouvait déboucher que sur un règlement de compte, régler les comptes, t'imagines pas cette jolie expression qui te glisse dans le ventre comme un parpaing en poudre...

Je t'ai dit que je ne veux pas cultiver le suspens ou le côté thriller à la mord-moi l'os... Je vais droit au but.

C'était comme ça. Après quatre –cinq jours de nerfs rongés entiers à l'intérieur, j'agissais tel le Hezbollah se déversant à coups de bombes humaines dans les cafés à bourges et autres lieux de que dalle consuméristes à fond...

Planqué sous le perron qui était planté-là, sur le bord de la côte macadamisée qui joignait l'quartier du milieu au quartier d'en haut, j'ai attendu, après l'école, me privant d'un bon goûter (l'Nutella sur une biscotte hum) d'vant Albator et Casimir, mettant en péril mes devoirs du jour. Et le gros lard eet arrivé. Avec sa démarche de pas avoir l'air d'être plus humain qu'hippopotame... C'est simple, j'abrège. J'ai simplement surgit avec une pierre d'une quinzaine de kilos soulevée par les bras frêles et ma rage en flux continu, et lui ai envoyé en travers d'la gueule.

Basta. Le gros s'est écroulé, plein de sang dégoulinant du front sur les joues... J'avais chaud dans le zizi. J'avais l'anus dilatée de plaisir et des frissons millions micro montagnes qui poussèrent sur tous mes bras, le long de mon échine, sur mes cuisses... Et la sueur. Froide. Et le regard terrifiant de haine, les pupilles dilatées à un tel point que ça en faisait mal à la vue. Viande. Le gros Kojak vautré hurlant sur le pétrole macadam un peu glacé. Je l'avais ma vengeance... J'étais résolu à finir chaque ignoble crétin qui briserait du faible, du freluquet...

Je ne sais plus tellement ce qui s'est passé ensuite. Sans doute ma tante m'a-t-elle engueulé... Sans doute Kojak est revenu à la charge, par la suite... Dans les histoires américaines de souvenir d'enfance, le méchant déboîté par le gentil n'y revient plus... J'crois, enfin j'suis sûr que Kojak m'a mis la misère durant des mois et des mois ensuite...

Il rumine dans sa merde à l'heure qu'il est le Kojak... Il creva d'une leucémie à 14 ans... Je ne ressentis rien quand je l'appris...

 

Robert de Niro n'est plus un héros...
Andy Vérol

Publié par hirsute à 21:50:39 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Il était méchant Henri Salvador, c'est comme Benjamin Biolay et Ségolène Royal, Carlos... Putain, ça gonfle l'que dalle culturel... | 13 février 2008

Avec l'infinité du futur, j'ai un truc à rattraper. J'bois une gorgée. Pour me rassasier. J'ai la raie du cul qui sort du pantalon depuis que j'suis gros. Je parle de moi ok. J'ai inventé un fil à couper les mots moi, à destructurer... J'ai passé un cap qui est celui du décrochage mental. Sérénité. Je sais que tu t'en fous. Presque personne ne passe ici. Quelques centaines chaque jour, un peu moins que sur le site de Kinder ou Total/Fina/Elf. C'est pas présomptueux de faire changer ses pneus en plein campagne, et dire à un vendéen, un breton ou un charentais, qu'on s'en branle bien de l'Erika, la disparition du thon rouge et les pêcheurs dead dans leur chalutier, ou sous le chalutier, ou à côté du chalutier. C'est un peu comme s'il fallait dire systématiquement à un toulousain qu'on adore ses saucisses, les Airbus et son accent de trop... du sud. C'est pareil que dire à un rebeu d'la banlieue de Lille que c'est étrange ce mélange d'larcars et ch'ti (y en a qui ont des auto-collants "ch'ti sur la vitre arrière de leur bagnole"... Je sais pas pourquoi j'ai mis des guillemets. C'est un peu comme demander à un allemand si son grand-père faisait partie de ces fils de pute de criminels de guerre, contre l'Humanité et tout l'tralala...

Je tourne un peu en rond, autour de ma tasse de tisane. Je la bois en grosses gorgés bouillantes inondant mon ventre de repus plaintif... Pas festif... Plaintif... Pas contemplatif... Plaintif.

Andy Vérol

Publié par hirsute à 21:22:58 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

Réponse d'un lecteur à ma chronique du concert de Michniak au Glaz'art... Suivi de ma réponse. | 13 février 2008

Réponse d'un lecteur à la chronique sur le concert de Michniak (à relire ici ):

Coucou Verol

j'ai souvent pensé à toi, tu sais

le bulletin ci-dessous me concernant -tu y parles de moi, entre autres- j'ai décidé de faire un geste. j'étais au Glazart lors du vendredi de tes rêves (le 8/02/08) et je portais mon bon manteau à camouflage. j'incarnais le troupeau que tu conchies avec tant de verve, comme toi tu incarnes le modèle parasitaire-socialiste qui conforte les chefs d'entreprise dans leur opinion (ils abandonneraient tout scrupule si ils te lisaient) et participe à décrédibiliser totalement le système social. on se tient les coudes, Verol; sur un certain plan, toi et moi, on est pareils : on incarne.

hasta la vista baby, etc

jonn toad

 

Ma réponse:

Tu es la première personne à réagir... C'est plutôt très bien. Mais le sens de l'humour et la capacité d'auto-critique n'est jamais de mise dans ce genre de trucs... Ce que je dépeins est hélas une réalité emblématique de ceux qui se prétendent être l'incarnation des idées sociales... Je prends de plus en plus mes distances avec ce "peuple" incarnant la bien-pensance et un simulacre pitoyable de résistance...

Ceci dit, je n'ai aucune haine pour ce type de public. Je le prends pour ce qu'il est: prétentieux, sans modestie et tout aussi aveugle que ceux qu'il prétend critiquer...

Quant à dire que je sers la soupe aux patrons, voyons, ça, c'est exactement ce que je déteste dans la bien-pensance: tout ce qui critique les socialisto-blancs-bien-pensants est fasciste, ou pire encore, un soutien implicite au Capital.

ça me rappelle ce prof qui m'avait traité de Pétiniste parce que je considérais qu'il n'était plus possible d'accepter d'embaucher des profs à l'infini avec des résultats moyens. Comme il était prof d'Histoire, j'ai perçu cette insulte comme une façon de me balayer, s'asseoir sur ma gueule en criant "mon Dieu que je suis l'incarnation du social, je suis la lutte, le combat pour les plus misérables..." ça dégoulinait de haine de me qualifier comme ça. Alors je lui ai simplement dit qu'il puait la merde...

Je ne sais pas si tu as vu Cali à Ruquier. Cali, ça fait un an et demi que je le traque sur son blog... Il a donné raison à tous ce que je disais de lui. Il disait aux deux chroniqueurs agressifs un truc emblématique d'une certaine gauche, comme dirait mon ami Malbrouck, continuant à porter la parodie démocratique à son paroxysme... Il a dit à ces mecs,en substance, "si t'aime l'album, tu le dis, et si t'aime pas, tu fermes ta gueule". Ensuite il a fait le zouave, une pure posture de gaucho-bobo, parlant de résistance, de combat, de lutte avec son regard de pisse, ses cheveux dégueulasses et ses petites phrases à te faire vomir Marx dans sa tombe: "J'ai soutenu Ségolène en 2007. Quand l'autre est passé, on était en deuil, on pleurait". Et tout le tralala sur le nazisme sarkozyen, toutes ces franchouillardises de gauche, de la soupe intellectuelle étalant des clichés, balayant ceux qui n'adhèrent pas à cette mascarade politique en les accusant de n'être que des faschos, ou les "faiseurs d'ultra-libéralisme"...

C'est d'ailleurs pour ça que je ne dis plus jamais que je suis de gauche, parce que ce "peuple" de cons blancs n'a eu de cesse de mépriser, prendre de haut toutes les sortes de souffrances pourvues qu'elle sorte de la parodie démocratique (dixit Malbrouck), du pseudo-métissage,... C'est un ratage idéologique hallucinant... Et pourtant, quand on déteste cette suffisance toute gaucho, on sait qu'on sera taxé d'ignominie, d'égoïsme, blah blah blah...

Je déteste les gens qui s'imaginent être dans le camp des bons, des sauveurs de misère... Ce sont non seulement des prétentieux, mais aussi des inefficaces... Ils se présentent comme ouvert au monde, aux autres cultures, aux idées généreuses, mais ils excluent systématiquement ceux qui n'adhèrent pas à leur suffisance... Cette gauche-là, et elle est majoritaire et puante...

Pour ma part, je suis un héritier direct des situationnistes, entre autres, et du Peuple des connards qui gueulent, et j'y suis bien...


AV

Publié par hirsute à 18:57:44 dans Andy Verol | Commentaires (4) |

T'as l'conscient d'un derche l'fion... Ni bougnoules ni FAF... | 12 février 2008

©Andy Vérol - Remix énième - y a bon ta fionne Malik - 02/2008

Ambiance sonore suck it all: http://www.myspace.com/acidjunkies

T'as l'fion du suffisant. J'ai l'mal l'douleur mais ce soir c'soir j'vais te tenter t'essayer de fond en comble l'Malik avec ma bite qui bande plus, mon alcool puissant, ma gueule d'clébard bidon et mes muscles tendus aux bras. L'rideau d'fumée en boîte j'aime pas les nightclubs j'préfère encore plus tu vois les endroits les en-droits. Où j'peux insulter les flics, déterrer l'corps à pute d'mon père crevé, où j'peux m'sentir libre, mais faut voir, tu crèves...

Et j'écoute d'la musique d'Melbourne. d'mel burnes d'mes boules...

Le désert au loin, d'bout sur mon ... une Jeep Willys MB d'pur cul bien cambré! L'cambré d'son cul à la Jeep... C'est comme aller au 14 juillet avec Polnaref et les gens qui sont contents d'le voir comme au nouvel an ou quand l'équipe d'France gagne au 13 juillet 1998, avec le Zidane qu'a ramené Dati et Amara et tout la populace d'immigrés revanchards à chier qui préfèrent sucer la queue à l'ultra-libéralisme, l'Internationale rien dans la gueule en prétextant République et zombies l'tirailleur sur l'front d'14...

Malik et moi on s'mariait toutes les s'maines, et on les aimait les français qui aimaient les papies et les mamies qui s'ennorgueuillissaient du haut de leurs départements appris par coeur, d'avoir combattu pour la France... Une bande de débiles. Une smala d'glands pestiférant nous chiant aux basques avé leurs soumissions passées aux patrons d'gouvernement d'la République. L'bougnoule, l'négro, l'péquenot, tout ce monde là qui se métissait sur le front et qu'on doit remercier encore aujourd'hui, qui donne le droit aux enfants d'immigrés, les Sarko, les Dati, les Amara, les Estrosi, de nous casser les couilles avec une non-culture pestifère, une façon bien fion béant et béa d'accepter l'Empire et le pire du que dalle... la façon Américaine plutôt que la franchouillarde grosse bedaine...

Avec Malik, on s'mariait, mais on n'aimait pas les vieux, on voulait pas les venger, on voulait rien avoir à leur rembourser... Et pourtant... Malik et ses années de prison, moi et mes années de dépression, lui et son corps décomposé par les incantations pathétiques de ses parents musulmans, et moi ruiné par l'passif de ma famille d'blancs blaireaux, la¨cs judéo-chrétiens...

Et si on f'sait bouffer nos merdes à nos ancêtres, à nos ralalala d'ploucs d'parents grands parents... Si on choisissait enfin de dissoudre la France et nous marier, Verge, Malik et moi et tous les suivants. Han!

Andy Vérol

Publié par hirsute à 22:47:00 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

J'ai pas de héros qui s'appelle Michniak | 12 février 2008

Concert d'Arnaud Michniak, au Glaz'art. Comme tu y étais pas, et que tu m'as donc pas rencontré, ben v'là l'truc en vidéo: ici

Parce c'que Michniak est un zombie, comme les autres, même si c'est bien avec ses cernes et son accent de Toulouse qui sent le cassoulet à la saucisse (ouais je sais). Mais c'est vrai que ça pue la sueur dans les salles de concert maintenant. D'autant plus que les gens, et malgré le réchauffement climatique, ils te mettent des gros manteaux genre camouflage alors qu'on s'en fout qu'ils se camouflent, on s'en fout bien, parce qu'ils sont rien. Ils sortent de la salle tout le temps, pour fumer des clopes, puis ils te traversent toute la salle pour prendre un verre, puis ils traversent dans l'autre sens pour s'entasser devant la scène. On se croirait à un concert de variété avec des gens habillés en "ravers" des années 90.

Et puis là-dedans, j'avoue que même si je bavarde, je préfèrerais me casser et être sur mon canapé, et éviter d'avoir à subir les reproches, les regards qui jugent (c'est qui c'connard qui parle si fort et qui rit comme un phoque, c'est ça l'Vérol? Pitié), les regards qui ignorent, et ceux qui méprisent. Savent qu'ils sont des zombies prétentieux... J'accoste Michel Cloup au bar. Je suis presque jamais avec Siège Passager, qui a des clopes à fumer et des conversations à avoir. Et Michel Cloup, je lui parle comme un péteux, comme un gamin devant l'instit qui a les cheveux frisés là, qui dit "au tableau" avec une voix grave sévère, qui a les doigts plein de craie... Je suis submergé de colère. Je me dis que je suis qu'une carpette. J'essaie d'être gentil, mais j'aime pas l'mépris. Siège Passager m'a dit qu'il fallait que je me calme, que je fasse pas le scandale, la grosse voix, que je me mette pas à insulter les gens alors que c'est ma seule façon à moi de ramasser un bol d'être et de sensation. J'suis pas agoraphobe... Je suis michelclouphobe... Je le sens pas. Si je lui dis de se faire enculer, il va se la jouer rock n'roll et me péter l'pif. Il s'éloigne. Fend la foule. Je sais pas quelle pitrerie lamentable j'ai pu lui dire. J'ai envie de chier, mais tu peux pas chier dans des chiottes où les gens camouflages s'agglutinent pour fumer des clopes, comme au collège, planqué, pour pas se faire choper par le CPE, pas se faire serrer par l'surveillant, le chevelu-là qu'est trop maigre, qu'a trop une tête de con avec sa bouche plein de bave et de mots compliqués.

C'est ça la sensation. Je suis pas attentif pendant que Michniak fait l'expérimenteux sur scène. Je suis attentif à moi, à la colère qui monte  et cette musique de fada n'arrange rien c'est sûr c'est moins bien que Programme... Et après, je suis sombre. Je suis terré dans ma gueule à con. On m'a dit de me calmer, d'être cool, de rien dire, alors que les gens ici sont des pseudo-intellos parigots déguisés en camouflage parce que ça fait mec pas comme les autres. Mais ça va fumer dehors, ça applaudit comme une grand-mère après que l'autre il ait fini de vomir ses morceaux.

Après Siège Passager me dit que c'était pas terrible, qu'il est déçu. Moi j'en sais trop rien. J'ai trouvé ça bien. Qu'est-ce qu'on s'en fout que je puisse trouver ça bien. Michniak a refusé mon entretien en novembre parce qu'il en avait marre des interviews. Il refuse pas tout ce qui fait vendre du disque et de la place de concert genre des mags qui ont pignon sur rue, mais moi il refuse, il se fout des hirsutes, des autres blaireaux qui viennent ici et tout le tralala. Il accepte les applaudissements de grand-mère du public. T'en a qui gueulent comme des collègiens attardés qu'ils sont à se planquer dans les chiottes du Glaz'art pour fumer leur clope... C'est chaud, je gueule qu'il y a encore que des blancs dans cette soirée. ça gène Siège Passager qui aimerait être Harry Potter pour me faire taire avec une baguette magique... ou qui aimerait juste m'en mettre une parce que je le saoule. ça sent que je le saoule. J'aimerais bien dire à Michniak qu'il faut qu'il arrête. Qu'on ne peut pas impunément venir dans une salle de concert, brailler dans un micro et se faire applaudir par des mecs grand-mère camouflage qui fument dehors, ou dans les chiottes qui boivent que quelques bières...

ça sert à rien de mimer le rock n'roll quand on fait tous ces trucs qui font pitié, qui montrent bien qu'ils sont soumis comme des chiennes et rien d'autre...

Alors apparaît le messie. Tout ce qui compte, c'est pas que tu saches qui il est vraiment. Parce qu'on s'en fout. Deux seules choses comptent: c'est un fan d'Andy vérol venu exprès pour me rencontrer, et il est noir. "Salut t'es Andy Vérol". Comme je suis pas habitué, je me comporte vite comme un gamin à qui on a offert un gros camion de pompier avec l'immense échelle et le volant qui tourne les roues...

Après, on parle. Et je me casse avec Siège Passager, pendant 100 mètres. Je prends le métro. Le RER. J'ai des bières, le MP3 à fond dans la gueule que c'est du Prince Paul les morceaux. Et voilà.

Arnaud Michniak n'est pas un héros

Andy Vérol

Publié par hirsute à 11:19:04 dans Andy Verol | Commentaires (3) |

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Collection Pylône, éditeur d'Andy Vérol

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Vidéo de Gorzar sur un texte "vérolé"

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