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Andy Vérol, ne vous aime jamais

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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De microbes, virus et de spores fongiques | 23 mai 2011

... et sortir de l'isolement, brasser l'air, faire son lit. J'avais traversé le boulevard comme un damné, poursuivant le dos carré de Momo, la merde shootée qui avait baffée ma dulcinée du moment. La foule hurlant à notre passage. Je l'injuriais, il se faufilait, vautrant les poussettes par terre, déstabilisant des vieux, des enfants, des gringalets... Les poumons cramés par l'effort, je ne lâchai pas prise, ne pensant à rien, les phares oculaires fixés sur son derche « enjeané »... Moi qui n'avais jamais été qu'un mollusque occidental (canapé, bagnole, une heure de sport par semaine, bouffe à gogo et déprime chronique pour les menus soucis du quotidien), je devenais une bête, un membre robuste de la cour des miracles modernes. L'air était brûlant et asséchait les narines, noircissant les crottes de pif, gélifiant la salive. Levant, la vitre, il réussit à se faufiler dans un immeuble administratif désaffecté. « J'le tuerai, c'est pas une pute, c'est ma meuf, j'le tuerai »... Claqua la vitre, la verrouilla, me laissant gueulard au seuil de sa face de vermine perverse.

 

Car quelques heures plus tôt, en ce jour lourd, l'atmosphère saturée d'humidité, de particules toxiques... de microbes, virus et de spores fongiques, je m'étais réveillé tard, secoué par Bertrand, remonté comme jamais. « Tain' Fais chier tu t'es murgé comme une merde... T'as déconné ! Lève-toi, viens voir comme il est beau le smog... Depuis c'matin c'est à chier, l'enfer... ».

 

Extrait de Mon Usine, la suite... (Roman en cours d'écriture)

 

Andy Vérol

 

Publié par hirsute à 16:51:05 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

On n'est plus que des cancers potentiels | 22 mai 2011

Et nous étions passés de la 4L à la justice pro-pédophile si l'on n'avait que les images télé à bouffer, les infos-buzz du réseau et les usines en friche... J'avais eu le projet d'inventer mon Usine, de redonner à l'Humain de l'industrialisation destructrice du monde, ses Lettres de noblesse. J'avais le rêve débile de retrouver les jupettes, les Cadillacs roses, les déhanchés trisomiques du King... Un temps qui avait valu deux, peut-être trois décennies, après le suicide collectif européen... ça ne se limitait pas au simple fait de laver mes dents, durcir mes muscles dans des boites de nuits, être solidaire avec des collègues propriétaires... Réinventer les bulles dans les binouzes et la fumée de cigarettes dans les bars, accepter des milliers de morts sur les routes, des vies courtes mais sans névroses... J'avais eu cette prétention... Dans la maison régnait un calme terne, un silence plâtreux, une commisération pour tous ceux qui s'étaient éjaculés les uns dans les autres pour faire naître les minables que nous étions, des cheminés bouchées, des robots de chair avé l'oreillette sur l'esplanade des buildings... "Oui je pourrais changer le monde, je reviendrai au 4L, à la justice, aux gangsters, au rock n'roll , le soviétisme, le capitalisme à papa, j'préfère, aujourd'hui, on m'effraie tellement que j'ai peur d'attraper un cancer avec l'dentifrice, dans le cadre de l'affaire du fluor et des poils hydrocarbures de ma brosse à désinfecter mes canines... J'ai plus peur de bouffer une pomme et respirer l'air de mes villes que d'aller chez le dentiste ou au front... On n'est plus que des cancers potentiels...".

En trainant entre les tours géantes de la Défense, Paris, le phone wi-fi oui-fion vissé dans la vulve à écouteur, j'avais envie que tout ça ne soit plus que le Diable qui m'absorberait avé ses crocs de béton armé... Mais je me tus plutôt que me tuer... Hein...

Extrait de Mon Usine, la suite... (Roman en cours d'écriture)

Andy Vérol

Publié par hirsute à 22:21:27 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Dead Bodies - Air | 22 mai 2011

Publié par hirsute à 21:46:56 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

Présomption d'innocence aux USA | 19 mai 2011

Publié par hirsute à 23:41:26 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

La présomption d'innocence comme nouvelle loi | 19 mai 2011

Berthe avait ce gros chien dont elle parlait tout le temps. Nous buvions des Pastis en l'écoutant se plaindre, le fait est, se plaindre, elle n'était jamais heureuse, en l'écoutant se plaindre du dit vétérinaire, ce grand lourd qui pilonnait sans doute certains de ses patients. Elle était persuadée que son chien avait été violé par le toubib durant sa convalescence à la clinique vétérinaire, vinaigre des temps qui pique les yeux, soigner la bête, son animal domestique... Berthe buvait aussi, mais directement à la bouteille, sans diluer.

 

C'était juste avant que la présomption d'innocence ne devienne la nouvelle loi, la belle étiquette... Désormais, nous n'avions plus le droit d'en placer une avant le jugement. Il était interdit de porter un jugement (justement), sous prétexte qu'un mec arrêté ne devait subir qu'un seul jugement des hommes... Alors donc je m'étais soumis un temps à cette logique. Je ne l'ouvris plus, trop inquiété par les réactions épidermiques des bons gens lorsque j'osais dire ce que je pensais de tel ou tel présumé COUPABLE.

 

Berthe vint s'assoir sur mes cuisses, opulente, transpirante odorante, et me fit deux trois mamours en langue virgule sur ma joue râpeuse : « Y'a que toi qui m'comprends mon gros Lulu, y'a que toi qui sait m'aimer », avant de me rouler une pelle gluante, mais salvatrice. Tuante. Epuisante à n'en plus finir, filandreuse mais sensuelle, sirupeuse mais amer comme un lambeau de savonnette avalée : « Tu es mon homme, ma gnôle, mon pastis, tu es ma queue et t'as un sacré coup d'reins ». Je comprenais le chien qui l'avait un jour mordu. Le soir, elle se vautrait sur le canapé du deuxième salon et elle lui massait sa queue violette et veineuse à l'instar d'un cœur à vif...

 

Et puis j'avais fait le choix de la jouer à la Lars Von Trier qui, des années plutôt, avait eu le malheur de faire une bonne blague sur son goût prononcé pour Hitler... Dans la chambre d'en haut, Polo joua du banjo, et Eric ria à pleins poumons tellement il était défoncé par deux boutanches de vinasse calées dans son estomac. L'ambiance était bonne, on se partageait deux clopes et on vautrait nos paupières sur nos valoches de fatigue carrées sous nos yeux... Mais l'alcool aidant, je balançai, tout net : « Lars Von Trier a dit kiffer Hitler... Qu'y a-t-il de grave? Hitler n'a pas été jugé devant un tribunal, alors que fait-on de la présomption d'innocence dans ce pays! »

 

Tout le monde se tue. Berthe m'embrassa. Polo recommença à jouer... « Y'a eu des choses tout aussi graves depuis hein ? ». Je pensai à la roquette qu'un ami d'enfance avait tirée dans une église catholique. A force de subir la tyrannie théologique des « parfaits de dieu », il avait fini par choisir de les détruire. Nous étions au bout d'une rue, dans une ville dont je ne me rappelais même plus le nom. Lui s'appelait Cédric, grand blond façon viking, que dire de plus, puis, il s'allongea, le sol était trempé, il avait plu des cordes quelques minutes plus tôt « ah putain ça va dégueulasser mon tee-shirt », puis il se releva « pourquoi tu t'es allongé là ? », il était mouillé tout le long, il luisait, et l'envie et la haine et la colère dans son regard de guerrier, « c'est ma façon de prier l'ami du p'tit matin, l'ami du plein d'entrain, on va les faire dégobiller de peur hein ? Maintenant »... D'un énorme sac, il sortit le bazooka... lourd kaki ferme métallique et fascinant. L'arma. Le cala sur l'épaule et se figea, un court instant... avant de lâcher la roquette : ligne de fumée et de feu vite qui percuta explosa sur la porte de l'Eglise Notre-Dame... Boum ! Le feu, les flammes encore, et les cris, les corps pitoyables des charcutés... Nous nous étions couchés pour observer. Je n'avais pas peur de l'attentat, je flippais de la venue des flics.

 

Berthe brilla par son désir : « Je bande dedans, comme toutes les filles pour toi hein ? Mon Lulu »... Limite... Je m'endormis contre ses énormes seins, et son triple ventre, comme un gros bébé... J'aperçus, avant de clore mes yeux, qu'elle étalait mon sperme comme une crème... « C'est bon contre les boutons du rasage de chatte »... Chimique.

 

Je crois que Léonel hurla de détresse à ce moment-là.

 

Extrait de Mon Usine, la suite... Roman en cours d'écriture.

 

Andy Vérol

 

Publié par hirsute à 17:09:17 dans Andy Verol | Commentaires (6) |

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