Sortie du premier roman d'Andy Verol,le 02 avril 2008: Les Derniers Cowboys français. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
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Sans doute le meilleur roman de Franca Maï, L'Amour Carnassier. Infos ici: http://www.francamai.net/
Je recommence le texte puisque ce fil de pute d'ordinateur vient de sauter et me bousiller l'ensemble de ce que j'ai travaillé pendant près d'une heure auparavant. Je redis pas, je résume. Mais grosso modo, tu avais de Niro, c'était un héro, maintenant c'est un vieux con avec des problèmes de vessie, de coeur, qui joue dans des grosses merdes... Des souvenirs, quand je vivais chez tata en ce temps-là, elle me disait tout le temps, très souvent: "Tu manges pas la peau du saucisson". Moi je mangeais la peau du saucisson et je regardais mes héros à la télévision. Je pensais pas à l'Afrique à cette époque-là et je trouvais ça bien la démocratie, les urnes et les discours de l'abbé Pierre et les chansons de Pierre Perret et les petites tresses des filles mais j'en voulais pas.
Puis ça a empiré. J'ai fait mime de héro gangster en picolant, en essayant de baiser dès que j'ai pu choper des filles et tout le reste. Et bouffer la peau du saucisson comme j'avais envie.
T'avais de Niro dans le taxi, qui va dans la foule avec la crète, putain, il déchirait, il te retournait la tête. "Quand je serai plus grand j'irai tuer des députés et je mangerai la peau du saucisson." Avec un copain, on allait au Maroc, c'était une colline couverte d'une forêt dense derrière chez tata. Là, on torturait toujours un autre copain. On l'attachait à un arbre, on lui donnait des gros coups de pieds dans les couilles et on lui arrachait les cheveux en l'insultant. C'était comme si on était des héros, qu'on avait du pouvoir. Parce que le torturé, c'était un plus petit et plus maigre que nous, mais nous, on savait que c'était un fils de pute, un qui travaillait pour l'URSS qui était une saloperie de communiste des pays de l'est, un polonais un hongrois, un truc comme ça. J'étais toujours de Niro, et l'autre c'était Hutch. Il voulait que je m'appelle Starsky mais ça faisait trop polonais ou un truc comme ça, alors je m'appelais de Niro. J'avais du savon, je faisais la crète.
Avec mon pote, on lui baissait aussi le froc au méchant attaché à l'arbre. Des fois on lui donnait tellement de coups qu'il allait à l'hosto avec ses parents après. Il disait rien parce qu'on lui avait dit qu'on le tuerait sinon. Moi le de Niro et Hutch, on aimait bien qu'il pleure bien pendant qu'on bouffait de la peau de saucisson... "Oh le pauv'URSS de communiste il a pleuré oh! Il fait l'bébé le méchant." On aimait bien les Etats-Unis, les séries télévisées et leur armée qui nous avait libérés des allemands. On aimait bien aussi les Etats-Unis parce qu'à l'époque il s'agissait du pays où ils avaient inventé la chirurgie esthétique pour devenir beau. Hutch et moi on rigolait bien devant le méchant ligoté baillonné. Ensuite on descendait de la colline le Maroc avec le méchant plein de sang. On allait chez tata qui disait, faussement sévère: "Mais vous êtes allés trainer où les garnements? Vous êtes tout cradingue..." Nous on lui disait qu'on avait chassé du communiste et ça la faisait rire parce que tonton était communiste...
C'était bien cette époque-là... et Robert de Niro, ben c'était moi... Alors. Je t'en raconterai un autre bout un autre jour.
Robert de Niro, c'est plus un héros
Andy Vérol
Publié par hirsute à 22:42:30 dans Andy Verol | Commentaires (0) | Permaliens
Loin de moi l'idée de lui en vouloir. Il devait impérativement me donner la solution pour me sortir de cette impasse. Depuis deux jours je regarde tout ce cirque et j'oscille entre affection affectueuse et pitié piteuse. Enfin t'as compris. Tu continues à bosser des trucs et en fait, plus tu sors la gueule de l'eau (je parle des écrits vérolés exclusivement), et plus tu deviens un trou du fion étroit, quasi infranchissable (J'aurais pu dire Quasiment au lieu de quasi, mais j'ai gagné du temps, encore que maintenant en expliquant ça, j'ai perdu mon temps. Le temps c'est des finances. Nous entrons dans l'ère de la finance tout azimut, c'est pas la peine de le chialer ton monde meilleur. Tu ferais mieux toi si tu gagnais des fortunes? Comment tu crois que tu aurais pu avoir tout ce fric si tu n'avais pas, à un moment donné écrasé quelques connards. Je sais, tu te dis que toi tu seras jamais riche. Mais il est là le problème mon pote. t'as pas d'ambition. Quand on pourrait faire de la france-la-connasse une nouvelle Silicon Valley mais avec du vin et skteches de Coluche à télé, toi t'es là, les HH avec ses médocs, la fol avec ses veines, la Lilith avec les humidités littéraires, Malbrouck avec son fion citoyen, et tous les autres hirsutiens (je te parle pas d'Arturo B, parce que lui, avec ses "je baise ta mère en écoutant les Smith mais j'te parle comme un chien, j'fais l'plus malin avec mes comptes en banque juste au vert-p'tit-bourgeois) a te dire "moi je serai jamais riche toute façon l'argent j'm'en fous", parce que toi c'que t'aime c'est des textes à la mords-moi l'pif putain et des lamentations, des analyses du que-dalle. Tu pourrais au moins te dire une fois que tu vas faire un casse, avoir du fric ou jouer à un truc de Naguy ou de Foucault au lieu de nous casser les couilles avec tes médocs et tes idées sur "c'est cool hirsute". Tu t'es cru où? Tu crois qu'on est là pour se taper des queues comme ça juste prendre et rien faire?)... Je disais quasi infranchissable.
Je voudrais que l'on passe au stade: on se fait des bouffes, Andy Vérol a vendu 100 000 livres, il a du pognon en veux-tu en voilà. Parce que je vais te dire que si tu te dis que tu ne peux rien faire, c'est simplement parce que t'es une daube. Tu peux faire quelque chose pour le monde. Ecrire pour Hirsute, toutes ces conneries qui te sortent de ta gueule enfarinée, mais aussi accélérer la destruction de ce monde de chiotte, en accélérant ta consommation, en balançant tes poubelles dans la rue, en traitant les clochedus de merde, direct, dans la rue. Il faut pouvoir devenir le cynisme du cynisme... Tu vois ce que je veux dire? Le plus complet en la matière est ce gros bâtard d'Arturo B. C'est le mec le plus à fond dans le système hirsutien. HH est pas mal, mais trop de médocs comme moi je me siffle trop d'picole. Malbrouck, ça se tient, c'est une chienne lui. Il te fout la merde dans la bien-pensance que c'est pas possible. Passager, il est vraiment Hirsute de gueule, je l'ai vu moi et je te jure qu'il fume des cigarettes roulées et qu'il dit "bonjour" au caissière. Mais au moins c'est un branleur comme moi. ce que j'aime pas trop chez lui, c'est qu'il est démerdard, donc très performant, ce qui pose problème quand t'es Hirsute, enfin j'me suis bien compris pas toi. Je peux pas parler de tous leshirsutiens, vous êtes des dizaines à être entrer dans le gang, mais il y a encore des milliers d'autres trous du cul à recruter. C'est pas facile. Les gens ont peur. Ils se demandent pourquoi tant de méchanceté, de noirceur. Ils ne savent pas encore que c'est de la joie et du bonheur Hirsute.
Hirsute, c'est le nouveau-né qui braille plein l'sang sur la face et l'placenta et l'infirmière grosse (sont moches les infirmières en fait on dirait des grosses gouines certaines j'ai rien contre mais c'est pas ragoûtant en plus elles ont pas forcément des idées sur ce qu'elles font encore que vaut mieux pas trop s'en poser des questions quand tu nettoies les excréments d'agonisants).
Hirsute, c'est la belle bagnole moteur hybride garé dans l'garage de la maison d'banlieue classe moyenne.
Hirsute, c'est Noël avec le vieux qui fait gicler la farce de la dinde sur la nappe que la maîtresse de maison gueule "oh non! pas ma nappe toute neuve!" ça te nique la soirée pour une nappe et c'est pas foutu de voter différemment de son mari.
Hirsute, c'est la ville de Paris. Un homo qui s'habille comme un hétéro, parle comme un papa, et fait du baisodrôme des bords de Seine une plage avec des gens qui regardent l'eau pleine de produits toxiques hein?
Hirsute, c'est l'heure j'suis en retard. c'est bon ta gueule.
Andy Vérol
Publié par hirsute à 12:33:19 dans Andy Verol | Commentaires (5) | Permaliens
Je touche les draps. ça me fait un mal de chien toute cette matière moelleuse, cette douceur, ce confort de folie. Le soleil redevenu l'ami qui baigne la pièce tout entière... Une baie vitrée géante, des draps, un matelas. Une pièce blanche. Une chambre.
Nous avons dormi dans les détritus. Nous nous sommes enivrés aux odeurs de pisse, de merde, de produits toxiques et de corps décomposés. Et j'appuie juste sur le bouton de la télécommande. L'écran plat passe de nuit à images en turbulence. Les émissions de télévision, et les informations, les visages propres, bien propres, ... Les voix. Des textes lus avec précision. Je suis avalé par cette chienne de télé.
Malik aurait aimé renaître avec moi. Il y a des engins militaires qui tirent. Il fait bon dans la pièce.
La télé. La télécommande. Que ça de vrai. Que ça. Plus rien d'autres. J'entends des "eh viens voir putain l'enfoiré il a un putain d'jacuzzi, j'lui foutrai un uzzi dans la gueule à c'fils de pute!" Je zappe à mort. Je veux pas qu'on fasse du mal à Vérole.
"Polo! Chien d'portos! Viens là putain!" Il se pointe en sueur, en transe. Il est submergé par le trop-plein de confort.
"T'as trouvé à bouffer?"
Il me jette un morceau d'viande crue. La crue d'viande dans ma gorge, dans mon estomac. Inondation d'viande crue fraîche fixée malaxée dans mon estomac. Remise en route. J'dégueule. Polo est allongé à poil à côté d'moi. Il zappe et se triture la bite. Il essaie de la faire fonctionner. Mais fonctionne plus nos corps. Plus rien. Toutes les pièces de nos corps/viande sont vidées de leurs fonctions premières. On marche comme si l'on avait des fractures des tibias et des ch'villes combinées. On déglutit à la façon de phoques asphyxiés. On tremble. On tousse pas, on dégueule l'air. Expectorations piteuses de glaires et de bribes d'peau, d'sang, v'nus d'on ne sait où... "Arrête d'zapper Polo... J'veux r'garder ce jeu où ils gagnent des thunes à avaler des rognons en enfilade. Faut pas qu'on soit méchant avecHan! Polo a une semi-gaule d'pute. ça r'tombe direct. Et le poignet avec. "J'ai pas bien mon vieux. On fera ce que tu voudras du... véro..."
Extrait de Mon Usine, la suite... Roman qui sera achevé en 2008 (mais quand exactement?)
Andy Vérol
Publié par hirsute à 21:54:57 dans Andy Verol | Commentaires (1) | Permaliens
dans chien, y a la chienne, l'chieur, l'serrurier d'la sauciflarde à salope you see? Han? ! Dans la coquille y a l'cocon des salopes han! l'gland des glaneurs d'glands han! y'a l'stupéfiant, l'fion à maman, l'faîte à lames, le fear quand t'as peur des pan! pan! Panpan, ça voulait dit "pantalon trop court", quand j'étais p'tit. Tiens...
Andy Vérol
Publié par hirsute à 22:22:38 dans Andy Verol | Commentaires (1) | Permaliens
Les feuilles sèches qui craquent. Les fions secs qui crachent. C'est facile. Ses longs doigts glissent sur l'écorche rugueuse la chienne bâtarde le défouloir. Ses longs doigts fermes avec les sons et les cris de fantômes. La voiture qui cale sur le chemin de boue devant le coron abandonné.
Un vent implaquable.
Il se rappelle un joint collé à la lèvre du bas. Comme il se souvient sa langue engluée dans les lèvres d'en bas de la fillleee la fille il a les lèvres du bas lui aussi et le son de fantômes en millions... Les fantômes est une fantaisie on le dit. Pas pour lui. Des choux ont poussé des mois durant devenant gigantesques. Plus personne n'entretient les tombes. La pluie.
Le vent.
Ses pieds au souvenir de ce béton foulé cent milliers de fois.
Le vent.
LEs rognons d'vents qui battent comme du boudin noir sur les paroies parpaing d'la maison l'coron. La grosse porte en bois et les battements de son coeur. L'hors-temps dans l'en-zone. LEs fantômes. Les courses de chars dans les films pour gosses et les grosses plaques rouges sur les épaules, les rendez-vous à répétition pour des boulots qui viendront jamais. La décadence, la sensation de tomber dans sa vie. La porte en bois est ouverte. Y a des échardes verdâtres qu'il voit même dans la nuit pleine lune et petits nuages qui passent à toute vitesse et les effets caisse de résonnance de sa boîte crânienne. vendredi c'est apéro avec les cousins lointains qui viennent de loin, qui ont de gros doigts qui tapent sur la toile cirée. Souvenir de branlettes fameuses volées dans la cave sur le tas d'pommes et l'tas d'pommes de terre. Les cris des fantômes. Le froid et le vent plus forts encore dedans, le vieux frigo à l'américaine avec des cadavres de mouches de moucherons et de fourmis sur les morceaux noirâtres de victuailles depuis longtemps t'as compris. Inutile de t'expliquer encore. Le parquet qui grince dans les escaliers étroits. Totalement dans le noir. Le bruit métal du pot d'chambre que l'on shoote. Jamais terminé cette fellation à ce mec de force. En souvenir. Ce vieux Marcello qui voulait une dernière fellation d'un p'tit garçon avant de se pendre, repus d'orgasme et de repentir. La guerre. Le gros lit en bois massif et les soldats morts en photos sur les murs. Les mecs, les gaillards de la 1ère guerre M t'as compris. Les fantômes plus pressants. L'accent des fantômes qui crient dans les murs pourtant froids et immobiles.
Le vent.
La voiture bloquée dans la boue. Schlac! Marcello qui se pend. L'enfant qui s'essuie la bouche. Les souvenirs de guerre. "C'était pire que pomper un viocque la guerre". Il en est persuadé, avachis sous le crochet qui tenait la corde solide de Marcello. Les quelques gouttes de liquide blanc un peu gluand qui tombent du plafond du grenier... Les fantômes jouissent à l'infini s'ils sont morts pendus, asphyxiés par l'orgasme... Dans l'homme de passage... Devenu l'adulte. Les souvenirs en boucle. L'odeur de pisse dans le pot d'chambre... Sort son portable. "Allo? Oui, bonjour euh, bonsoir... Ma voiture s'est embourbée à Flize, à quelques kilomètres de Charleville..."
Les fantômes aiment se taire et écouter les conversations téléphoniques...
Andy Vérol
Publié par hirsute à 02:39:22 dans Andy Verol | Commentaires (38) | Permaliens
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