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Andy Vérol - Une dernière usine avant extinction

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Blog à vocation satyrique - Tous les textes sur ce site appartiennent exclusivement à l'auteur aux termes des articles L 111-1 et L112-1 du code de la Prop. intellectuelle.


Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Extrait de Cliché (2) | 17 novembre 2006

Les moments arrondis des parois de cette tour stupide élevée dans les années 70. Le soleil frappe l'aile ouest de l'édifice et les fenêtres arc de cercle détournent les faisceaux longs crachés par le soleil... A des millions de kilomètres de là.
 
 La caissière de ce magasin de déco s'est habillée sexy. Ce matin, elle était en pleine forme. Elle avait envie d'épater les clients mais aussi, et surtout, le garçon étudiant qui s'occupe de l'entrepôt. Ses ongles vernis marron brillant posés sur ses doigts longs tapotent sur les touches de la caisse. Le client-type adipeux lui fait du gringue sitôt le regard détourné de sa femme. Le magasinier ne bossait pas aujourd'hui.
 
 

La démesure dans la petitesse. Pas de songe en cet après-midi d'été où l'on ne croise que la nature consommatrice de l'humain.

Andy Verol

Publié par hirsute à 16:28:38 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

Joue de la scie qui crisse comme un violon | 16 novembre 2006

La première ponte est la suivante: le vent. Le vinaigre. Elle a les pieds dans l'eau froide. Clapotis des vagues contre ses orteils et sur le haut/courbe/peau... A sa droite, le corps imbibé d'eau de son homme. L'eau soleil, tout le tralala romantique.



Andy Verol

Publié par hirsute à 12:03:04 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

On l'a vraiment fait finalement | 16 novembre 2006

Je... pris mon pied avec mon meilleur ami. Je lui ai fait le bien qu'il méritait. On s'est griffé ensemble, c'était amusant. On s'est léché ensemble, c'était un peu dégoûtant. On a pris la voiture en pleine biture. On a pensé vachement à Lynch et on s'est finalement dit que c'était inutile.



Là, juste devant, il y a un mur trempé sur lequel est écrit "Tu n'oublies pas".



C'est triste un peu. Mais le pendant de tout ça, c'est le reste du décor. Le calcaire qui coule des fissures. Les rigoles d'eaux usées que l'on cure. En chantant. Bien sûr, comme dans tous les décors qui se respectent (la biture, se raccrocher à l"idée que la biture est la base même de la description. Les yeux qui roulent trop vite dans les orbites), une route, un boulevard. Regarde une voiture passe rapidement. C'est une voiture américaine kaki à la carrosserie cabossée. Je reste là, comme un con, avec lui qui s'invisibilise sur le banc en bois (peinture marron écaillée). C'est comme une chanson de groupe New Wave qui affirme sans ambage: "La domination, c'est ce qu'il a de plus sensuel. La nuit glisse sur moi comme une couette trop chaude." Ensuite plus de voiture. Le détail important: cette affichette de Sarko un peu déchirée... Un pont métallique Eiffel/sans/doute/ou/l'genre où le métro a cessé de passer depuis plusieurs mois.



L'odeur aussi. Des poussières de rouille confondues aux effluves d'outretombe (une façon littéraire de parler des eaux usées). Je pensais un nouveau mot: les effleuves. ça colle pas mal.



Les maisons sont abandonnées. La plupart des fenêtres et des portes sont, soit comblées par des parpaings, soit fermées par des planches de bois. L'image est un peu identique à celle que l'on reçoit en découvrant un village détruit par des bombardements: des enseignes ternies par l'usure, la crasse noire et jaune. "Boulangerie". "Tout à 1 euro!". "La maison impériale Restaurant Vietnamien Thaïlandais". "Pizzeria Dolce Vita". "Quick"...



Des poubelles par terre déversées sur le macadam. (Rester sur l'idée que ça pue sans cesse, c'est infect. C'est joli ces aparthés. C'est très sexy... Lis le à haute voix. ça berce pas mal). Malgré l'alccol, il y a les doigts qui tremblent très fort. J'ai réussi à me siffler trois cafés d'affilé.



La rue encombrée bruyante. Ma tête entre les cuisses de mon meilleur pote. "Tu fais l'pédé là?" Le casque, la migraine saveur douleur. Le dédale des pensées soufflées par la vase des pensées. Une foule chante Everything Counts de Dépêche Mode. Minable.



Andy Verol

Publié par hirsute à 11:52:40 dans Andy Verol | Commentaires (3) |

On a la sueur à deux. | 16 novembre 2006

Tu dois dire ça. On te dit de dire ça. Même si tu n'as plus de force, il faut dire ça . Uniquement ça.


Andy Verol

Publié par hirsute à 02:09:04 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Extrait de Steady Bicycle Of France (8) | 15 novembre 2006

Encore un extrait de Steady Bicycle Of France (Putain c'est super long d'écrire ce roman!). Il y a un côté immature que je cultive avec ferveur:


 


 

Alors elle me courtisait de nouveau, sans pour autant faire les efforts qu'elle faisait avec ses amants. Elle ne s'habillait pas spécialement sexy. Elle se contentait du missionnaire ou d'une levrette, au mieux, pour les jours les plus radieux. En plus de ça, coucher avec elle, me dégoûtait très fort. Mon esprit était inondé des images de types léchant sa peau à l'endroit où ma langue ou mes doigts gesticulaient sensuellement. A vomir encore. Justine me dégoûtait profondément. Simplement, je ne sortais pas de la logique du chien merdique qui accomplit ce qui le répugne le plus. S'enfiler cette salope, c'était comme ravaler un mollard en réunion : rapidement, discrètement sans faire de moue de dégoût.  C'est insidieusement que, périodiquement, j'ai commencé à ressentir le besoin incroyable de me travestir, un peu. Ça a commencé un soir où elle dormait chez un amant (un type style rocker/voyou du film Zombies). En regardant la télévision, j'ai senti les larmes couler sur mes joues. Des larmes de femme, un peu. Enfin, j'étais sûr que c'était des larmes de femme. Les miennes. Mes larmes de femme personnelle. Sans avoir trop bu, j'entrai dans un état second extraordinaire, à laminer toutes les certitudes. Mes larmes étaient plus encore que celle d'une femme quelconque. C'était les larmes de Justine, ma Justine qui pleurait en moi, à travers moi, parce qu'elle réalisait la douleur que je ressentais. Elle m'essuya les joues. Je reniflai et ravalai ses sécrétions nasales abondantes m'empêchant de respirer. Un peu. De plus en plus. Je me baffai encore. J'avais envie de vomir. Mon corps était le sien. Ses larmes, ses sécrétions, ses fluides corporels étaient les miens. Elle était l'eau en moi, sur moi. J'étais elle et elle était moi.  

C'est pourquoi, quand elle était dans ses phases « amants », je me plongeais en elle, pour la récupérer, pour être à sa place. Parce que je devenais la Justine saine qu'elle n'était plus quand elle suçait, baisait avec tous ces connards.


 


 

Andy Verol

Publié par hirsute à 12:13:47 dans Andy Verol | Commentaires (2) |

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