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Andy Verol & Hirsute

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

Présentation

Sortie du premier roman d'Andy Verol,le 02 avril 2008: Les Derniers Cowboys français. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/



Sortie du second livre d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, le 25 juin 2008, aux éditions Scali. Infos ici: http://www.scali.net/




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A lire absolument

Sans doute le meilleur roman de Franca Maï, L'Amour Carnassier. Infos ici: http://www.francamai.net/

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Tout est bon dans le pognon, les patrons sont plus des cochons. Ben voyons... | 21 décembre 2007

Peu de temps avant que tout ne tombe, je me rappelle que le chômage commençait à me peser. Pas seulement parce que mes moyens baissaient, parce que ma certitudes de retrouver du boulot dégringolait, mais aussi en raison des affligeantes démonstrations du "ce-qu'il-faut-faire" des personnes les plus proches. Les parents, la famille quoi, les amis de la famille, des potes plus que trentenaires... Des personnes sur la corde qui ne cessaient plus de se la péter en me retournant durant les repas censés être conviviaux. "Mais si tu ne trouves pas de travail, c'est peut-être parce que tu ne t'y prends pas bien. Je sais que c'est difficile, mais bon, c'est vrai qu'avec tous ces immigrés, tous ces profiteurs, tous ces gens qui prennent les aides pendant que les autres bossent. Chacun dans son pays. Et toutes ces bonnes femmes qui font des gosses pour les allocs. Tu ne devrais pas t'acharner à chercher du boulot dans des domaines où c'est la crise, etc." Je sortais des repas familiaux avec une tête grosse comme ça. Le tribunal des gens bien qui savent tout sur le monde, ce qu'il faut faire, ce qu'il faudrait faire, sur ce qu'on pourrait faire pour lourder tous ces sales profiteurs de feignasses de merde... Le monde tombait durant les années 2000.

En France, la paupérisation et la précarisation s'accéléraient.

Ceux qui conservaient leurs boulots à la force de leurs égoïsmes continuaient à croire qu'il suffirait de foutre les immigrés, et toutes les personnes de couleur dehors pour sauver la situation... Lorsqu'ils buvaient leur café, avec leur chocolat, à la fin du repas, ils ne pensaient pas une seconde qu'on avait ravagés des pays entiers pour ça, pour qu'ils ne produisent que ça, pour qu'ils éradiquent les solidarités parfois millénaires... Ils se foutaient bien de savoir que lorsque toutes les terres d'un  pays d'Afrique ou d'Amérique avaient été consacrées à la culture de deux voir trois produits seulement, il ne restait plus rien pour nourrir la population locale. Ils ne pensaient pas que dans le cube de sucre de canne (c'était tellement meilleur!) qu'ils balançaient dans leur pur Arabica, il y avait l'une des raisons de l'afflux permanent de misère venue de pays lointains. Ils ne pensaient pas qu'une fois que les grands propriétaires de champs avaient employé un maximum d'ouvriers agricoles misérables, payés au lance-pierre, et à la baguette, parfois à la machette, il restait encore des millions de personnes qui ne bouffaient pas, ne travaillaient pas, ne bénéficiaient d'aucun soin, d'aucuns liens sociaux... Lorsqu'ils mettaient leur délicieux café au fond de leurs gorges de salariés repus, jamais assez satisfaits de pouvoir d'achat, d'abonnements téléphoniques, d'augmentations de salaires, de cadeaux en tout genre pour leurs gosses, rien que les leurs, ils ne pensaient pas que jamais aucun de ceux qui croupissaient dans les cités délabrées de leurs banlieues de merde, ne "rentreraient" dans aucun autre pays que celui où ils survivaient. Ils préféraient profiter des miettes sociales que leur servaient les salariés blancs, buveurs de café et mangeurs de chocolats, plutôt que d'aller crever dans des pays qui n'étaient déjà plus que des unités de production dirigées et gérées par des blancs, propres sur eux, fondateurs de fondations pour les orphelins et autres causes causantes...

J'avais ça à leur dire. Leur dire de la fermer. Leur dire d'arrêter de gueuler devant la télé... "Tu sais où elle a été fabriquée ta télé? Tu sais combien d'existences misérables ont a créées pour que tu l'achètes à un prix avantageux chez But ou Darty? Tu sais que c'est grâce à cette télé de merde qui ne cesse de répéter que c'est celui qui travaille en Occident qui souffre, pas les autres, que tu es aussi con?" Pas un seul de bâtard de blancs salariés, de classe moyenne ne se rappelait que leur confort, leur niveau de vie n'était absolument pas normal. Que pour vivre avec leurs plaintes de travailleurs, tout leur matos, il faut affamer d'autres gens, des pas-blancs souvent, des pas catholiques, souvent! Tu leur disais que les blancs n'étaient plus que les pires fascistes du monde. Que seuls quelques survivants du savoir et du bon sens étaient encore capables de regarder leurs vies en face: être  de classe moyenne en Occident, ou même au Brésil ou en Chine, c'est être la honte, la honte de la culture occidentale... Le mec qui travaillait pour n'utiliser que 15 à 20 % de son salaire pour bouffer! Le reste pour le toit, pour 25% - 35 % de ses revenus, puis les mutuelles et autres assurances... Le reste... Pour les loisirs... Aller dire ça aux mecs qui traversaient les mers sur des barques pourries, à ceux qui croupissaient dans des villages sans école, sans terre arrable, sans travail, à ceux, des petites mains qui fabriquaient des composants, à ceux qui travaillaient à fabriquer des hôtels de luxe...

J'ai la peau des pieds craquelée, violacée. C'est douloureux, comme marcher sur du métal en fusion. Je ne cesse plus de vomir. Les diarrhées m'assassinent. Mes intestins sortent de mon cul, descendent dans mes couilles. Je n'écris plus jamais. Je pense. On sniffe tout ce qu'on peut, pour crever inconscient... Mourir. Là, voila. J'ai choisi, à cette époque-là, de ne plus voir ma famille. Ceux qui donnaient les leçons, ceux ne m'apaisaient pas, ne m'entouraient pas d'amour doux. L'amour des familles blanches de classe moyenne était trop rapeux, trop imbibé de certitudes. Jamais de baffes, mais de grosses doses de tabassages moralisateurs...

Polo se relève lourdement. Son bras est la peau avec les os dessous... Il décolle ses lèvres séchées-gluantes pour tousser mollement et me lancer, en murmurant: "On va se sortir de là." Je sens tout mon corps se raidir, se fournir en frissons, tout le long. Je sens mon corps choper, dans l'air pourri de notre décharge géante à ciel ouvert, des microgrammes de vitalité! Je sens soudain que Polo, que dans le fin-fond des yeux de Polo, il y a la solution.

"On va se sortir de là", je répète, aussi en murmurant...

Extrait de Mon Usine, la suite... Décolonisation définitive (Sera achevé en 2008)

Andy Vérol

Publié par hirsute à 12:07:57 dans Andy Verol | Commentaires (3) |

Les zombies-vous ont aussi besoin d'amour, de beaucoup d'amour, même le sale... | 20 décembre 2007

Sur le déchet de livre: Le L.S.D. 25 est actif à doses très faibles, de l'ordre de 200 à 500 microgrammes, ingérées sur un sucre, dans un bonbon, solubilisées à partir d'un buvard.

Où peut bien mener cette vie? Pourquoi suis-je né dans ce monde? Pourquoi m'a-t-on mis au monde? Pourquoi devrais-je encore subir mes pensées de pleurnichard minable, d'abruti capable de penser que sincèrement, il est possible de sauver tous les êtres humains de la faim. C'est aussi con que de penser atteindre l'immortalité en lisant la Bible ou le Coran. C'est aussi con que de demander à un flic d'arrêter de se la péter, aussi con que de supporter un militaire au réveillon, un tueur d'Etat qui veut faire marrer la galerie.

Sur le déchet de livre: L'inhalation de substances volatiles n'est pas une nouveauté, leur ingestion non plus. L'éther provoque une saoulerie rapide qu'on peur renouveler plusieurs fois par jour. L'excitation manque rarement et amène des violences; parfois se produisent des crises convulsives. Je me tiens le crâne à mort. Dans les chiottes qui puent. Planqué dans les chiottes. Je sais plus les noms des collègues, du chef. Je sais plus si je vaux quelque chose. Mes yeux sont rouges vifs. "Allergie au pollen", en plein hiver.

Sur le déchet de livre: Les amphétamines sont des substances de synthèse, proches de l'adrenaline et de l'éphédrine. Elles ont pour caractéristiques de s'opposer au sommeil (effet d'éveil), de réduire l'appétit (effet anorexigène). Ce sont des stimulants, des activateurs du système nerveux central qu'elles mettents en tension et en alerte.

On n'a plus rien. Je dis à Polo d'aller se faire enculer... Sa bouche est pâteuse. gravement épaisse. C'est à flipper, une bouche de chien en train de crever après avoir combattu à mort un collègue clébard. "On a humilié tout le monde. On a écrasé tout le monde. On a plié tout le monde. On nous a foutus par terre. On nous a enterrés, on nous a pliés. Putain. Aussi, on était des blancs putain. On était que ça. Toujours à cracher ouvertement sur les arabes, les noirs, les jaunes qu'on appelait des chinois. C'est pas ça le problème Polo. Les Portos comme toi, après Colomb, ça servait plus à rien, à que dalle. Tu sais qu'on était lessivés. Qu'on était la gueule par terre. Tu sais bien qu'on était au sol. En sueur. Notre mission civilisatrice de chiens sur-puissants n'a fait que nous brûler la gueule. Ta gueule Polo! Merde! Même anti-racistes, on était racistes! Fils de pute! Même avec les femmes libérées et indépendantes, on était des bêtes pleines de bites, des couilles pleines à s'en vider sur tous les dictateurs du monde, si nécessaire! On était bien comme ça! On était puissants! On a lâché tout pour rien, pour devenir des chiens mouillés devant de nouveaux dominateurs! Nous les blancs devenus la chose des jaunes, des portos du Brésil! Ouais tes collègues Portos de Rio, de Brazilia, de Sao Paulo! Chiens mouillés les blancs! Des ordures millénaires jetées en patûre sur une île pleine d'ordures! Des déchets! On est des déchets! On est les lambeaux des hommes que nous fûmes! On est la salive séchée, comme celle qui colle à tes lèvres de merde, la salive séchée, la chiure! On est les enflures! On est les brûlures du monde! On est ça! Ferme ta gueule toi et tiers-mondistes gauchistes de merde, allez vous faire foutre! J'ai pas à boire vos dégueulis pour excuser mes ancêtres de merde! T'es le chien portos mouillé avec qui je sais crever! Je suis le blanc en larmes avec, dans mon sang, le pur-sang civilisateur, colonisateur, impérialiste, la bête conquérante mondiale! Le froc aux pieds. La puanteur sur ma peau de pute de blanc déchu de merde! Je sais qu'on va crever là! A snifer les déchets du monde! On finit là où on a commencé! Je sais plus. Je dis rien..."

Sur le déchet de vie: Polo chute sur son épaule gauche. Les cheveux survivants sur son crâne à quelques centimètres des braises. Y a le feux là. Le froid autour. Il n'y a même plus d'entre-jambes avenant pour s'oublier un instant. Se mourir. Se pourrir dans l'autre...

Par là la sortie. Trou.

Extrait du roman Mon Usine, la suite... (Sera achevé en 2008)

Andy Vérol

Publié par hirsute à 17:42:25 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

Je ne passerai pas ces fêtes, seul. Un classique. Compagnone bombasse. | 20 décembre 2007

ça m'évitera de te régler ton affaire.

Tu fermeras ta gueule.

Finis les soirées bougies qui finissent en pugilat conjugale.

J'ai pas eu honte. Il n'y a que ce sex-shop de daube à Nice. C'est le seul que j'ai trouvé pour assouvir mes envies d'amour. Tu vois pas. Mais faut penser un peu p'tit lecteur... Le mec qui tient la boutique à cul, est un mec que tu imagines pas une seconde qu'il puisse avoir une queue qui fonctionne. Il est lourdingue, baveux, pas adipeux. Il est commerçant. Et menaçant, un peu, quand je lui demande "une amoureuse pour passer les fêtes. J'ai essayé les trucs virtuels, j'ai essayer des vraies putes, une femme en vrai plus chère que la prostitute. J'ai même essayé un pote, un soir que j'étais bourré. Une fois aussi une bande de potes et une horde de gonzesses défoncées dans des nightclubs à salive... Mais ce que je veux moi, une amoureuse calme, une compagnonne bombasse qui bronche pas." Il me toise. Il s'affaisse. Il prend une taffe sur son clope et me dit l'mou d'la voix: "J'ai ce qu'il faut pour vous"...

Donc le plumard qui grince, je lui ai bourrée sa bouche en latex avec du foie gras, histoire qu'on échange les aliments comme dans la Belle et le Clochard (Parait que les références à Disney, c'est plus la honte...). Histoire qu'on s'complice avant que j'me glisse. Dans elle, ma belle. Je l'ai appelée Emmanuelle. La bouche ouverte et ronde comme le négatif de mon gland. L'Emmanuelle. Ses pauses biscornies, sa façon de m'enlacer, mon envie de l'étouffer, de la dégonfler de la crever...

Ma compagnonne bombasse, pour pas cher, elle se prélasse. Moi je me lasse pas d'elle. J'ai le sens de la formule. Des phrases. Je fais des textes sur le plumard qui grince, pendant qu'elle dort, les yeux grands ouverts...

Andy Vérol

 

Publié par hirsute à 12:42:48 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Y a quelqu'un qui m'a dit que tu nous baiserais encore, y a quelqu'un qui m'a dit que tu m'baiserais encore, serais-je une merde alors? | 19 décembre 2007

De toute façon, c'est mort... L'année 2007, c'est mort. Putain, tout crève. Je pensais que cette année 2007 survivrait plus longtemps que les autres années. Mais non. Elle est morte la 2007. Une fois de plus une année crève et tout le monde fête la venue au monde d'une nouvelle année. Selon toutes les prévisions, il semblerait que ce soit l'année 2008 qui succèdera à celle qui vient de s'écouler et mourir, dans le mur du temps de merde...

De toute façon, je la regretterai pas la salope. Licenciement économique, des textes à chier pondus à longueur de journée, un nabot futile et dangereux à la tête de l'Etat de ce pays la connasse la France, la dislocation du pseudo-collectif Hirsute, ... Putain, et quand je pense qu'il y en a qui se plaignent que les hébergements c'est jamais assez bien pour eux. Ils sont là. Tous les hivers, à nous faire chier, les sans-abris, avec leurs gueules et leurs corps qui puent, leurs phrases et leurs râles qu'ils sont seuls à apprécier... Merde, ces cons se foutent bien de la perte de notre pouvoir réel, notre pouvoir d'achat. Avant, on aurait lutté pour qu'un monde meilleur s'impose où les sans-abris n'existeraient plus, le Tiers-Monde non plus. Un monde parfait avec des gens équilibrés, vivant en symbiose, cultivant des terres, respectant le Terre. Un monde comme ça où, comme à Disneyland Paris, les gentils gagneraient à la fin, qu'ils vaincraient le mal à la force de leur bravoure, de leur droiture et de leur sens de la justice. On rêvait d'un monde comme ça. On l'a eu. Maintenant, les sans-abris de Paris, on les cale à Nanterre. Ils se plaignent  les cons qu'on les entasse avec leurs puanteurs dans des centres jamais assez bien pour eux... Pendant que nous, tous les autres, l'écrasante majorité, après avoir acquis un monde meilleur où Mickey fait des bisous à Sarko qui fait des bisous à Poutine qui fait des bisous de la mort à tout ce qu'il y a de vivant sur la Place Rouge, essaie de conserver le vrai, le bon, le plus fort des pouvoirs: celui d'acheter. Celui de courir les magasins en période de Noël, que c'est beau Noël, les guirlandes, les plats chauds pour les sans-abris, les enfants éblouis par la Playstation, le foie gras à la tonne, que le canard qui faisait coin-coin, a été vidé de son organe surdimensionné à la becquetance, pour remplir nos estomacs de gens en manque de pouvoir d'achat...

Alors simplement, comme je dois partir là, bon tu t'en fous, je te le dis, mais je me casse dans le sud de la connasse la France, avec mon pouvoir d'achat et le foie bien gras d'un coin-coin, je te le dis tout net:

y a quelqu'un qui m'a dit qu'on me baiserait encore,

y a quelqu'un qui m'a dit qu'on m'planterait encore,

suis-je une merde alors?  (Car la bru nie...)

Andy Vérol

Publié par hirsute à 09:59:31 dans Andy Verol | Commentaires (8) |

En fait, vraiment, ça a commencé à devenir pénible... | 18 décembre 2007

De grosses lacunes? A travailler rapidement? Mais pourquoi faire? Pour quelle raison? J'étais bien là, à Animalis à faire ma maline avec les litières à chat. J'étais bien, bonne, portable sur l'oreille à causer d'mon livre avé le patron. ça sentait bon la paille pour rongeurs, un truc du genre. La la la.

Bon ben voilà.

Andy Vérol

Publié par hirsute à 13:41:04 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

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Collection Pylône, éditeur d'Andy Vérol

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Vidéo de Gorzar sur un texte "vérolé"

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