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Andy Vérol, ne vous aime jamais

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Des cris dans des larmes, j't'arrache la jambe | 01 janvier 2012

« Des cris dans des larmes, j't'arrache la jambe, j't'arrache la tête, la langue, tes p'tits cris dans les larmes... J'veux t'oublier, j'veux que tu sortes de là, j'veux t'oublier». Son visage rougi d'pali plia ses paupières. « J'veux t'oublier, j'veux te virer d’moi! ».

Dans la chambre de Malik, ça sentait la vieille chaussure et les jouets en plastique brûlés au briquet à essence. Un Monopoly était posé sur la moquette, la thune éparpillée tout autour et le gun clinquant trônait sur la case « prison ».

« Les gens qui mettent des lustres, c’est des pédales de bourgeois. Tu sais c’que c’est un bourgeois ?

-          Ben c’est ceux qui ont plein de fric.

-          Nan, c’est ceux qui s’prennent pour la raie du cul du monde ».

Maudits. Ils allèrent crever au trou, petites choses faibles enculées par d’horribles criminels. « Mon père, il est mort en prison parce que c’était un sentimental.

-          Surtout parce que c’était un salaud. Ceux qui vont dans les prisons, c’est des monstres.

-          T’es encore qu’un con.

-          Pfff, c’est c’que je dis.

-          Ah ! Ah ! On va lui tirer une balle dans la tête à ton porc, et c’est toi qui seras le salaud ?

-          Non, c’est pas pareil. Moi c’est normal.

-          Ben t’iras en prison pour ça et tout le monde pensera que t’es qu’un enfant monstre.

-          T’as peut-être raison. Alors ça veut dire que les gens, c’est des connards.

-          Nan, les gens, c’est des taulards qu’ont de la chance de pas se faire choper.

-          Tous gens tuent pas des gens, ou violent ou font du mal aux autres…

-          Regarde les Allemands et les Français quand ils se sont tapés sur la gueule, y faisaient quoi les mecs ?

-          Ben y tuaient et y blessaient… mais c’était pas pareil.

-          Ah ouais ? Et pourquoi ? Ils mitraillaient un mec qui connaissaient pas et après ils rentraient à la maison.

-          Ben oui mais c’était pour se défendre ! C’est pas pareil que le docteur des fous.

-          C’est vrai, lui il aura pas l’temps d’aller en prison parce qu’on l’aura buté comme un boche avant.

-          Ça veut dire qu’on ira en prison parce que j’ai voulu me défendre alors.

-          Alors tu seras un monstre ?

-          Ben non…

-          Alors dis pas que tous ceux qui sont en taule sont des monstres.

-          T’as raison… Bon, on joue ?

-          Ouais… »

 

 

Ils sortirent les cartes et commencèrent une partie de pouilleux massacreur… Le garçon se sentit serein, sûr de son bon droit. On doit bien réfléchir, s’imbiber de la mort que l’on va infliger avant de passer à l’acte. Ils étaient comme des résistants, incompris d’adultes aveugles, des gnomes, des androïdes, quelques fantômes et des lacs de terreur, des papas noyés suicidés dans l’alcool et des grands enfants qui l’on avait vendu des happy ends et des illusions de bonheur… C’était un monde très triste, je me rappelle, un monde de boîtes de conserve, de boules moches dans des sapins, des rires rares et forcés, des cuites plutôt que des ivresses dans des brises depuis longtemps brisées par les fumées industrielles… La tache de café a séché sur mon short. Ça fait un style, hum, j’aime avoir du style, j’vais dandiner l’boobs sur « try to be positive… ». J’ai quelques minutes encore. « MARY-LINE ! MON CAFE ! ». Elle ne viendra pas, fluette hypocrite frétillant maintenant dans les jupons d’un soldat…

Ces vacances allaient être le moment le plus exaltant de sa vie de gosse. Une parenthèse ardente, un feu de joie, une bête d’aventure…

 

Extrait de la première partie de mon roman en cours d’écriture, « Mon Usine, la suite ».

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 17:03:18 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

Un porc découpant des cadavres d'autres porcs | 30 décembre 2011

Il ouvrit son cartable et en sortit l’arme. Elle brillait de nouveau entre ses petites mains fines, le canon tourné vers le visage du gamin apeuré. Des mimiques, des tiques plein le visage, les paumes posées sur le bois d’une table massive. Il était, je crois, porté par un rêve. Méduse flasque étalée sur le sable d’une plage, le balbutiant chiffonné par le gras des mots. Ce gosse était une réplique fébrile d’un être humain, le « nonosse » au chien-chien malmené par les crocs, broyé puis digéré dans un bouillon de bile et de bactéries sur infectieuses. Il pensait la vie comme un processus digestif, déjà, si jeune, bombardé par des images de lacs en fusion dans l’hémisphère sud d’OTO et des cascades de bave l’inondant totalement. Bouche dégueu d’un docteur avarié. Depuis quelques jours, ce dernier était la cible obsessionnelle de Malik. Au fond, il pensait qu’il n’irait pas jusqu’au bout, qu’il ne faisait que parader, pris par la colère. « Il t’a fait des trucs qui font mal et personne s’occupera de t’aider. Les grands sont tellement sûrs qu’ils sont les plus forts, qu’ils verront trop tard ce qu’il t’a fait. Ce mec, c’est un salope, c’est un diable et je veux plus qu’il te fait du mal ! ». Il braqua l’arme vers le sol, imaginant le corps allongé du psy. Il arma le chien et tira. Un « clic » ferme raisonna dans la pièce. « Imagine quand y’aura des balles. Ça fera comme un Mammouth qu’explose et en même temps t’aura le bruit des « osses » qui pètent…

-         Ouais Malik, ça fait quoi comme bruit ça ?

-         J’crois que ça fait drôle. Chez l’boucher, j’ai entendu quand il pétait les genoux des poulets, ça fait un gros bruit.

-         C’est dégueulasse.

-         Ouais mais c’est ça qu’est bon.

-         Il faut tout préparer. Déjà, aujourd’hui, on va aller acheter une tête de cochon chez l’boucher. J’vais piquer des sous dans le porte-monnaie d’ma vieille et on y va ».

Le gamin avait la sensation d’être un gangster. Malik disparut de la pièce et revint avec deux billets de 20 francs. « Frime pas hein ? On a d’l’argent, r’garde on est riche ! ». Ils se sourirent, les visages gonflés de fierté. Et partir, bras dessus, bras dessous, comme ils en avaient pris l’habitude.

« Un jour, on se mariera.

-         C’est interdit.

-         Ouais par les Hommes. Mais nous, on le fera direct devant Dieu.

-         Mais il veut pas lui.

-         C’est c’qu’ils disent les autres, mais c’est pas vrai ».

Instantanément, il entendit les « allelua » scandés par les foules sur OTO. A son retour, il pourrait mettre ça sur papier, et sceller l’union maritale du Président des pauvres d’Okalia la Sainte et le Roi Nervetef de Haute-Chantrilly, du Royaume des bâtisseurs de Temples de glace… « Si on marche les deux sur la plaque d’égout en même temps, on sera millionnaire comme la famille Hart quand on sera grand ». Il attira Malik contre lui. Ce dernier prit ce geste pour de l’affection et l’embrassa sur la joue.

La boucherie était une petite boutique engoncée dans l’angle d’une rue étroite, dangereusement traversée par des chauffards. A côté de la vitrine, là où le virage était le plus raide, deux enfants avaient déjà été fauchés, amochés à vie, éclopés meurtris et bannis des rues de la ville. Les maisons de quatre étages étaient grises, insalubres… Ce quartier humait le commérage, l’aigreur, la lie dépressive, les chômeurs sans espoir. La boucherie Albert Cosson était une sorte d’îlot lumineux, avec ses guirlandes de Noël poussiéreuses qu’il laissait pendouiller toute l’année… Sur le pas de la porte vitrée, les odeurs de viande remplissaient le pif, pourrissaient la bouche et saturaient l’estomac. C’était bon, délicieux, quel panard le souvenir de ces effluves, la viandasse, la coriace, la mollasse, la juteuse, la nerveuse ! L’espace était petit, entre l’entrée et le comptoir. L’homme était petit, quadragénaire chauve et moustachu à l’œil torve. Il arborait, du matin au soir, un tablier blanc aspergé de taches de sang, de pus et de résidus bileux… Un boucher qui essuyait ses doigts après avoir curé son pif, un ouvrier du désossage grossier, pas avenant pour un clou, un porc découpant des cadavres d’autres porcs. « C’est pour quoi les gosses ? Qu’est-ce vous voulez ?

-         Une tête de cochon M’sieur.

-         C’est pour quoi faire ?

-         Ben c’est ma mère qu’en a besoin.

-         Et putain t’es un p’tit melon. Vous bouffez d’la charcutaille maintenant ?

-         Ben nous ouais.

-         Ah ah ! Faut vraiment être dégénéré comme vous pour même pas respecter les lois à la con de votre religion.

-         Ouais ben on peut l’acheter la tête ?

-         Ouais, au prix fort ! ».

Il disparut dans l’arrière-boutique. Le gamin chuchota :

« Putain comment il te parle ?!

-         C’est rien, j’ai l’habitude.

-         Et tu t’laisses faire ?

-         Ben ouais, c’est Dieu qui le foutra dans la prison du paradis ».

Le père Cosson revint avec une bonne tête à la peau quasiment blanche. Il l’a pesa. « ça fera 37 francs p’tit raton.

-         C’était écrit 30 francs 90 Monsieur.

-         Ça, c’est sans la main d’œuvre. Tu sais pas c’que c’est toi la main d’œuvre hein ? Vous autres, vous foutez rien et vous vivez des allocs qu’on paie »…

C’était le moment fatidique, celui qui consistait à emballer la pièce dans ce papier qui servait à dessiner le vrai monde. Malgré la répulsion qu’il avait à voir le bourrin emballer la tête avec ses mains craspecs, le garçon fut aimanté par le geste parfait de l’homme, une forme d’envoûtement, un bercement pour les yeux s’ensuivit.

Sitôt le règlement effectué, ils sortirent et partirent en sautillant jusqu’à l’orée de la forêt, dans un secteur où deux usines désaffectées offraient encore, malgré leur décrépitude, toute leur majesté cathédrale. Le gigantisme de ces monuments morts fascinait les gosses. Ce jour-là, une cheminée en briques de quatre vingt mètres de hauteur rentrait dans le coton du brouillard. Ils levèrent la tête et c’était « comme les buildings à New York ». Il pensa : « C’est aussi comme les stalactites géants de Mousse en Soleil, ou ceux de Risque Mourir ». Ils entrèrent dans l’immense hangar accolé à l’Usine Gaillard fermée depuis 1980 (Les 112 derniers ouvriers avaient fait une grève de deux mois pour bénéficier d’un plan de licenciement digne, pour finalement se faire jeter par les CRS, représentants les citoyens travailleurs contre ceux qu’on lourdait). Malik ouvrit le paquet, posa le crâne du porc sur une palette et admira son trophée.

« Bon, voilà, c’est l’toubi. C’est lui qu’a fait du mal. C’est lui qui doit crever ».

Le flingue jaillit de nouveau de son cartable et il mit directement la gueule ferme de la bête en joug. « Maintenant, on va savoir ». Il arma le chien, le visage déformé par un sourire diabolique, et tira la balle. La détonation fut assourdissante, amplifiée à outrance par l’immense espace où ils se trouvaient. Le crâne explosa… Mais ils n’entendirent qu’un pauvre splatch de viande…

« Ah merde, ça fait pas comme j’aurais cru.

-         Nan, c’est nul.

-         Ouais en attendant, c’est dégueulasse, regarde ».

Il est vain de décrire une tête déchiquetée. C’était simplement immonde et abasourdissant à la fois. Ils étaient déçus mais tremblant, en état de choc, la chique coupée par leur geste. « Demain, on est en vacances, et on pourra faire c’qu’on veut. On a traversé l’Usine, on a explosé la tête du goret, et maintenant, on va voir comment il vit ce salope de psy.

-         Pour quoi faire ?

-         Pour choisir le bon moment ».

Deux jours plus tôt, le gamin avait subi son dernier rendez-vous chez le docteur des fous. Il en avait gardé le goût de gicle et de sueur dans la bouche. Etrangement, il ressentait de plus en plus de compassion pour cet homme. Même si ce qu’il faisait le réduisait en bouillie, il se dirait, ô débile, ô décalqué de l’encéphale, que ce bonhomme avait besoin qu’on l’estime. « T’es vraiment un dingue. Ce mec, c’te salope, faut le réduire en steak haché ».

Roman en cours d'écriture, extrait de la première partie (sortie prévue en 2012, environ)

Andy Vérol

Publié par hirsute à 12:01:20 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Saint-François... Hollande | 28 décembre 2011

je préfère ne pas savoir ce que c'est ton roi (j'espère que tu n'es pas biblique au point de prendre un bordélique naze comme moi à la place de ton Dieu), et oui tu es un fou de Jésus Christ, avec tes délires sur le paradis, la lumière devant, le mieux être ensemble... C'est un truc de crapeaux de bénitier, un jésuite séculier, une Sainte Verge Marie. Les gens de gauche ressemblent affreusement à des Chrétiens... Culpabilité, purgatoire, rachat de Salut, et conquête du Paradis... Saint-François... Hollande... Gre-nouille de bénitier, je ne voterai ni pour toi, ni pour tes ennemis... J'en veux pas du Paradis... Vieux produit d'appel du marketing chrétien... Marketing = créer le besoin, inculquer la dépendance. Le Capitalisme a simplement appliqué les règles de bourrage de crâne de toutes les religions. Avant avec les dieux, on n'achetait pas, on faisait des dons, contraints ou forcés...

 

Andy Vérol   

Publié par hirsute à 21:05:13 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Niquer Sarko avec le trou de la sec-cul! | 28 décembre 2011

nous allons nous débarasser de Sarkozy (tu sais le connard qui nous dit sacrifices quand on est la 5ème puissance mondiale, son AAA au Karscher, sa femme de mauvaise vie (pour éviter de dire P*** vis à vis de la loi et leurs lois, leurs salons luxueux et leurs blablabla à la télévifion) à Rome), et on va recommencer à foutre le bordel, mollarder tranquilles planter l'cul sur notre trône de superpuissance! au trou de la c'est-cul? Au trou du Fillon?

La Dame de fer, c'est Tatcher nan?

AV

Publié par hirsute à 20:20:36 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Y disent « winneur » eux, ça veut dire qu’y sont les plus forts | 28 décembre 2011

Extrait de Mon Usine, la suite... Roman en cours d'écriture avec des morceaux manquants dedans (histoire de pas vendre la peau du roman avant de l'avoir achevé):

  

Le Benco sentait bon. Les Petits Beurres, trempés quelques secondes, devenaient mous, onctueux. Il suffisait de le placer sur la langue et le laisser se dissoudre : explosion de sucre, de chaleur et de bien-être dans la buccale.

« Traverser l’usine comme on a fait, c’est pareil que buter des viet’ comme les amerloques. Eux, c’était les plus forts. On dit que c’est les Viets, mais c’est pas vrai. Les USA gagnent toujours. Y disent « winneur » eux, ça veut dire qu’y sont les plus forts. On a traversé les lignes de sales cocos et on a mis la bombe dans le lit de leur chef ! ».

Il prit un temps, regardant avec dégoût, le garçon qui s’empiffrait. « T’as jamais bu du chocolat ou quoi ?! Putain on dirait qu’t’as pas bouffé depuis 2 ans ! ».

Le gamin s’interrompit, les lèvres crades et fixa Malik sans broncher.

« Bon maintenant, faut que l’aut’ porc là, on lui fait payer ! J’ai vu que t’étais courageux mon pote, alors on va passer à la bataille d’après.

- C’est quoi ?

- On va préparer le terrain avant que j’utilise le flingue.

- Ça fait peur.

- Nan ! Maintenant on peut plus reculer ! ».

Il ouvrit son cartable et en sortit l’arme. Elle brillait de nouveau entre ses petites mains fines, le canon tourné vers le visage du gamin apeuré. Des mimiques, des tiques plein le visage, les paumes posées sur le bois d’une table massive. Il était, je crois, porté comme dans un rêve. Méduse flasque étalée sur le sable d’une plage, le balbutiant chiffonné par le gras des mots. Ce gosse était une réplique fébrile d’un être humain.

Immuablement, il se levait à 8h15, allumait la cafetière puis allait se doucher en écoutant RTL. A 8h30, il allait chier, porte ouverte puis allait directement se servir un café qu'il buvait debout à côté de la radio. Il s'installait à 8h45 dans la véranda pour fumer un cigarillo. Le crime se perpétrait ainsi, selon un rituel bien précis. Le jeudi matin était une plage de repos qu'il consacrait à la lecture du journal, assis en peignoir qu'il finissait par ouvrir après avoir remplacé le journal par des albums photos dont il se servait pour se masturber.

Andy Vérol

Publié par hirsute à 18:50:53 dans Andy Verol | Commentaires (1) |

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