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Andy Vérol, ne vous aime jamais

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Death In June | 12 décembre 2011

Publié par hirsute à 17:23:45 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Scènes de chasse "hord-inaires" | 12 décembre 2011

Ses dents grincèrent… Sa bouche était presque tapie sur la peau de son jeune tapin. Il se pourléchait et murmurait quelques saloperies à peine audibles. Le premier baiser était aussi douloureux qu’un bubon de pus qui éclatait. Les suivants n’étaient plus que des répliques, des bombardements de dégueu… La goutte, les mots « t’es frais comme la rosée, ma beau ». Il prenait ensuite son visage entre les mains, retroussant ses babines d’équarrisseur de môme et s’assurait le motus du nabot par un cinglant : « Si tu dis, j’te fouette jusqu’aux os, j’te brûle l’anus et le sexe avec le chalumeau de ton oncle ». Le petit tremblait, balbutiait un « promis » contraint et grimaçant. Puis il se recroquevillait sur sa chaise, attendant que le « docteur dans l’corps » ne s’arrête dans un halètement de bête et le froissement d’une feuille d’essuie-tout sur les parties souillées. Lorsque sa viande était marteau-piquée, il s’évadait à Nevada Du Ciel et  ses canyons géantes qui culminaient à 24 kilomètres d’altitude… et ses milliers de ratons-poules déferlant, toutes ailes déployées, dans les eaux vives de la rivière salée, Valdas, chopant en un coup de bec bref et précis, l’échine des poissons-chiens, ces parasites d’eau pullulant grâce aux rejets bénéfiques de l’usine de Mercure. Dans ce bordel, quelques fourmis géantes aux cuisses dodues pleines de veines violacées, se saisissaient des quelques membres sectionnés que les prédateurs n’avaient pas emporté. Ceux-ci, sitôt en possession de leurs proies grâce et emplies de chair fraiche métastasée – leur assurant vingt journées de protéines – remontaient à une vitesse vertigineuse vers leurs nids perchés aux sommets de la canyon.

L’enfant était le spectateur exalté de ces scènes de chasse « hord-inaire » qu’il ne manquerait pas de reproduire sur une de ses feuilles de papier de boucherie. Le merveilleux tenait à ça. Il savait que son corps n’était qu’une invention destinée à l’empêcher de mater le monde tel qu’il était. « C’est comme ça que j’aime. Tu vois que tu finis par y prendre plaisir ». Le psychiatre saisissait souvent son visage pour lui coller des pelles visqueuses. C’est alors qu’il constatait ce sourire rêveur sur le visage de l’enfant, l’interprétant comme un signe de satisfaction. Dans sa furie bestiale, il ne remarquait jamais le regard vide du gamin. « Mon caneton, tu es l’amour de ma vie hein ? ».

Les journées ne duraient que sept heures sur OTO, du pain béni pour les écoliers qui n’avaient à plancher que deux heures quotidiennement. « Ceux qui vivent là-bas sont encore plus heureux que quand Malik et moi… ». La douleur asphyxiait parfois sa connexion aux mondes, le plongeant dans un puits de cris retenus. Dans les mondes, on ne s’agrippait pas, on ne se touchait pas sauf si l’on s’appelait Malik.  Il confondait tout parfois. J’en ai marre, c’est douloureux. Il le faut. On n’échoue plus à la fin de sa vie ; on range ; on nettoie la crasse et la poussière ; on ne garde que les rubis, les beaux rubis, leur couleur éclatante. On range et puis on balance aux ordures toutes les merdes accumulées dans la maison-vie. L’enfant shootait dans les cailloux nombreux qui jonchaient les trottoirs des années 80. Tata n’était qu’une main ferme et une marche forcée. La ville était belle. C’était Los Angeles comme à la télé, c’était Dallas, c’était les taxis jaunes de New York. Malik le disait : « Maintenant ici et partout dans le monde, ça sera les USA ! Ça sera le paradis ! ». Il était libéré jusqu’au lendemain… « Et si en vrai le temps nous ment et qu’on vit pas si longtemps, si ça se trouve, demain je serai mort, j’irai pas chez le docteur des fous, et on m’emmènera  dans les mondes ». Quel soulagement !

A l’heure qu’il est, au rythme des retors des hélicoptères, mes doigts sont figés par les crampes. J’écris façon damné… 30 secondes pour baver 200 pages balancées à la quidam…

Il faisait ses devoirs en rentrant, recopiait les cours que Delphine lui amenait gentiment. « Ben t’as de la chance d’avoir cette petite pour t’amener les leçons ! C’est ton amoureuse la Delphine hein ? ». Elle comme lui rougissaient, terriblement gênés qu’on puisse les assembler…

 

Extrait du roman en cours d’écriture, « Mon usine, la suite… »

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 14:31:50 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

Les épines de pin leur traversaient le cul | 08 décembre 2011

Des réflexes dans les mains, je ne parlerai pas pinard. Des soubresauts dans les cuisses, je toiserai les p'tites gens (et leurs crèmes glacées qui coulent su' les doigts). Les épines de pin leur traversaient le cul, leurs ongles leur faisaient du bien dans le dos. « Coucher avec un chien, ça doit être bien. Les femmes c'est comme des mamans ». Malik savourait les coups de griffes de son seul ami... qui lui avait confié les attouchements du psychiatre… L’odeur des jeunes pins, les braillements des quelques moineaux qui n’avaient pu fuir l’hiver.

« J’aime bien quand tu mets des pantalons en velours. C’est moche mais c’est doux et ça fait mal aux dents quand tu touches ».

L’ardoise était bleue, presque noire, éclatée en milliers de morceaux tranchants sur les pans abrupts de la face nord du Maroc.

« Il faudrait qu’on grimpe là-haut. Ça sera comme le toit du monde, on monterait comme les héros au sommet hein ? Là-bas, pas de parents et pas de méchants. Il y aura que les tempêtes et on aura la tête dans les nuages. Ça m’fait rêver, ça m’fait du bien… ».

La crête fendait le ciel. Ils s’imaginaient des bestioles de haute-montagne sautant de roche en roche, les ruches de rien, la mémoire moulée dans le scorbut mental qui ronge l’arrête des songes. Je dis les choses et les mélange. Le garçon aimait voir le dessin des gènes des vieilles à travers leurs blouses à fleurs. « Mieux qu’un chien, y’a une vieille pour faire des câlins. C’est plus des femmes, c’est que des grands-mères, et souvent elles sont tristes parce que leurs maris ils sont morts ». Leurs yeux se noyaient dans la rêverie, la joie était à son comble lorsqu’ils s’imaginaient, escaladant le corps flasque et déstructuré d’une mamie.

« Ils pensent qu’on est des fous. Mais c’est eux les fous. Je sais qu’ils existent pas vraiment et que c’est Dieu qui nous teste.

- Ouais, il nous met à l’épreuve, elle dit ma mère. Il fait ça parce qu’après, on aura un job de super-héros. On dit pas travail aux USA, on dit job. Ceux qui disent travail, c’est des communistes ou des vieux.

- Moi je veux pas travailler plus tard.

- Moi non plus, je veux pas travailler. Je veux piller l’argent des riches ».

 

Extrait de « Mon Usine, la suite… », roman en cours d’écriture.

Andy Vérol

Publié par hirsute à 18:29:17 dans Andy Verol | Commentaires (3) |

Ton corps te condamne d'avance... | 06 décembre 2011

Publié par hirsute à 20:55:28 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

JE NE LES HAIS PAS, JE LES EXPLOITE! | 06 décembre 2011

Cet homme avait été de ces élites qui avaient fait du monde, une immense partie de poker... Ce jeu avait pris une importance grandissante sur plusieurs décennies... des types, qui auraient été des militants communistes dans les années 30, étaient des paumés du jeu en ligne, surendettés, tristes, socialement suicidaires... j'étais attendri par cette force de réaction malgré ce théâtre corporel en ruine...

Il rehaussa sa carcasse, son regard se ralluma et sa bouche s'emplit d'un torrent boueux de salive...

« Je vais te dire pourquoi... Je vais te donner les armes intellectuelles pour que tu deviennes un grand... je sais que tu es coincé, que tu ne pourras rien faire pour moi ».

Il prit un temps pour continuer. Pas ce temps qui sert à ponctuer un récit ou attiser la curiosité malsaine du lecteur ou du spectateur, pas ce temps qui dramatise le propos… Un temps nécessaire pour amortir un assaut diarrhéique momentané… Son visage reprit son aspect conquérant en l’espace de quelques secondes. Il plaça son cul osseux dans la boîte de Lego vide qui faisait office de table de nuit, et se lança dans le vide :

« Peu importe, tu sais, tu me connais, je suis qui je veux, j’ai fait le mal tant que j’ai pu. Mais vous là ! Vous faites quoi hein ? Tes potes sont des raclures ! A ma place ils auraient ruiné des vies, tu sais bien ils auraient RUINE des VIES ! Les petits ont pas à me faire la morale, ils puent, ils fouettent, ils mangent leurs têtes de crétins sans ambition. Ils savent râler hein ? Mais tu sais, tu te rappelles hein ? Tu sais très bien ! Tu sais parfaitement que je ne suis pas pire que les minables que j’ai fait travailler ! Tu sais, ils savent traiter de bougnoule tout ce qui n’est pas de chez eux ! Leur trou ! Moi j’distingue pas les gens ! Les malades de la cafetière, les ouvriers, les chômeurs, les SDF, les couillons de classe moyenne, les riches, les de droite, les de gauche, les du centre, les fachos ! L’odeur de leurs pets est infecte pour tous ! Tu le sais toi, je sais comment tu es, tu as senti des culs bien avant la plupart, t’as eu à en ruminer de la saucée, de la pestifère, de la molle gluante ! Tu sais de quoi j’parle ! Les gens cherchent des Saints parce qu’ils vivent comme des lâches ! Je NE LES HAIS PAS ! JE LES EXPLOITE ! Vous pourrez me tuer, m’éviscérer in vivo, je continuerai, je lâcherai pas! REGARDE OU J’EN SUIS ! JE PLEURS parce que j’ai perdu ma partie ! TU NE PEUX RIEN pour MOI ! Tes porcs de potes vont t’entrainer dans l’merdique ! Eux ils rêvaient de vacances, ces pauvres trucs, ces parenthèses, tu sais toi, avec bobonne et les marmots, les locations, la tente près de la mer, les randos dans la montagne et les rigolades à la luge… Tu sais ça, tu comprends ça… Je crois que personne n'a le goût de la claustration comme toi et moi. Tu es le moins con de tous, tu choisiras la bonne voie, celle qui consiste à foutre le compassionnel dans mes immenses décharges. J’ai besoin de toi, comme j’ai eu besoin de toi depuis le début. Tout a commencé par amour, et tout s’écrasera dans l’amour… Hein ? Dans les pieds… des mains… des schismes… J’ai soif… Donne-moi d’l’eau… ». Léonel s’effondra sur son flanc gauche… et dans la lueur de la bougie, je le reconnus… Son visage figé par la perte de conscience reprit soudain ses traits passés… Et je le pris dans mes bras, oubliant sa crasse et sa puanteur. Je le serrai contre moi, happé violemment par une mon affection démesurée… Je l’avais de nouveau à moi… Malgré les maladies, l’effort, l’humiliation, la réduction d’une vie à l’état de règne animal… je sus soudain qui il était… L’abominable Léonel Houssam n’était autre que…

 

Extrait de « Mon Usine, la suite… ». Roman en cours d’écriture

 

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 17:40:14 dans Andy Verol | Commentaires (0) |

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