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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/
Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.
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Ne me demandez pas ce qui lui a pris d'écrire ce texte, mais BKz, un scribouillard croisé à Paris dans quelques soirées Flufluuuu, a lâché ce texte avec du Vérol inside:
Complètement ivre, je scrutais un plan de Paris pour montrer au type assis à côté de moi où je venais de trouver mon studio (il s'agissait d'un homo qui voulait que je le suive chez lui, histoire de voir son quartier, beaucoup mieux que le miens...), et puis elle est arrivée, et je pense qu'elle était ivre aussi.
Elle m'a touché, elle a pris ma main pour regarder ma bague, le contact chaud de ses doigts sur les miens, un contact qui trainait et prenait son temps.
Ce genre de rencontre arrive fréquemment la nuit à Paris, mais je fus surpris de la voir approcher de moi, une semaine plus tard, dans le même bar.
D'habitude, les femmes font semblant de ne pas me reconnaître lorsqu'elles me revoient à jeun.
On s'est un peu parlé, ce fut moi qui lui pris la main cette fois, et puis je l'ai embrassé, ça n'a pas trainé.
Elle me proposa ensuite de venir boire un verre chez elle, nous sommes sortis du bar, et moi, j'avais pas mal picolé, alors comme je savais que nous ferions l'amour, je lui ai dit que j'avais besoin de manger un peu, d'avoir le ventre plein.
Andy Vérol dirait déjà plein de trucs, parce que c'est sa spécialité de dire des trucs. J'sais pas trop quoi, là. Oui, peut-être « Bah moi je suis pas dans l'egotrip, je scanne le monde, je suis témoin de mon temps, je ne parle jamais de l'homme que je suis. Et puis... Ça n'intéresse personne ces conneries de soulot et de petite putes bourgeoises de merde ! »
L'idée n'était pas d'aller s'enterrer dans un restau, j'avais peur qu'une discussion dans le détail lui fasse découvrir un truc rédhibitoire sur moi. Je produisais cet effet parfois, lorsque je me mettais à trop raconter ma vie. Et puis j'avais envie d'être chez elle, alors je lui dis « On va au Mc Do, y en a un à côté d'ici ! ».
Elle m'a regardé d'un drôle d'air, comme si je lui proposait un truc vraiment original, et c'était le cas, je ne le réalisais que trop tard. Elle avait de l'argent, pas mal, beaucoup par rapport à moi, elle faisait partie des personnes que j'aime désigner comme « ce que la société a à offrir de mieux ».
Elle ne devait pas mettre souvent les pieds au Mc Do...
J'essaye d'imaginer ce que dirait Andy Verol sur ce passage, mais je ne trouve pas. Ah ouais, il dirait peut-être « Arrêtes de parler de moi merde ! D'imaginer ce que je dirais ! ».
C'est vrai que je parle beaucoup de lui, mais c'est parce que je pense beaucoup à lui aussi. La première fois que je le vis, je profitais de son inattention alcoolique pour lui voler sa casquette. C'était un acte prémédité depuis longtemps. J'étais parti dans un délire de prendre un trophée, cela faisait un moment que je lisais ses billets d'humeurs sur différents réseaux. Depuis ce jour, je pense à lui tout les soirs, lorsque je suis seul chez moi. Je me branle dans sa casquette. Non pas que cela corresponde à une bizarre pulsion fétichiste de ma part, c'est seulement un truc que je lui avais répondu lorsqu'il m'avait demandé par mail de la lui rendre, je lui avais écris « Tu rêves mec ! Pour ton information, je vais me branler et jaculer dedans tous les jours ! ». Depuis, je mettais régulièrement ma menace a exécution, parce que pour moi, les mots sont toujours importants.
Arrivés à la caisse, j'ai commandé ce que je commande toujours au Mc Do, un cheese. Comme ça l’intéressait, j'lui ai expliqué que c'était le seul truc que je mangeais, rapport au fait que ce sandwich était le seul qui ne contenait pas de sauce mayonnaise dégueulasse. J'lui ai demandé ce qu'elle voulait, et elle m'a dit « un 280, avec des frites et du coca ». Le 280 était le seul sandwich qu'elle pouvait manger quand elle venait (rarement), m'expliqua t-elle. Il s'agissait du plus luxueux, fabriqué avec du vrai pain, et du vrai steack. Comme elle n'avait pas l'air de vouloir sortir la monnaie, j'ai tendu un billet de dix euros à la caissière, qui me l'échangea contre de la ferraille rouge de clodos. Je vis s'envoler l'argent pour mon paquet de clope du lendemain. Elle le savais, cette fille. J'avais fais un effort pour aller dans ce bar de riches, mais je ne portait aucun des accessoires qu'il fallait, et mes chaussures ressemblaient à ce qu'elles étaient, de similis pompes habillées achetées trente euros vers Barbes.
Je savais qu'elle savait, aussi je ne pu m'empêcher de pester.
Les femmes riches étaient les plus pingres ! Enfin, sorti des miséreuses, toujours près de leurs sous. A bien y réfléchir, c'était bien toutes les femmes, toutes vénales. Mais ça ne me dérangeait pas plus que ça, parce que d'autres devaient lâcher bien plus cher qu'un Mc Do à dix euros pour la coucher, et parce qu'il était hors de question que je ne me conduise pas comme un Homme ce soir, je savais qu'elle savait ça aussi.
Andy Vérol serait sûrement vénère. Il dirait que je ne suis pas un vrai pauvre, que je garde tout les réflexes du bourgeois, que d'autres n'ont même pas dix euros pour s'acheter des clopes ou inviter une fille au Mc Do, il me parlerait sûrement des ouvriers chinois, où de je ne sais de quels autres trous du culs d'esclaves ! Ou alors il dirait que je suis un parasite social buvant ses allocs. J'sais pas trop ce qu'il dirait, mais ce dont je suis sûr, c'est que j'en aurait rien à foutre !
Nous nous sommes assis et avons mangé nos sandwich, j'étais affamé, je ne me souvenais plus trop de quand remontait mon dernier repas. J'ai englouti le truc, et j'avais de la sauce qui me coulait sur le menton. Je l'ai regardé un peu gêné de mes manières, mais elle fit semblant de ne rien remarquer.
Elle me raconta son boulot, et j'imagine que c'était dans le but de m'impressionner. Toutes les stars du rock dont elle s'était occupée... Je me suis dit qu'elle me parlait de ces choses pour être attirante à mes yeux. De ce que je pouvais en juger, son corps scientifiquement sous-alimenté correspondait à celui d'une fille de vingt cinq ans, son visage à une femme de trente cinq, mais quelques rides trahissaient une poignée d'années de plus que moi, un âge où les femmes commencent à avoir peur, en particulier lorsqu'elles souhaitent plaire à un type plus jeune. Je savais, elle savais que je savais, mais non, ce qu'elle ne savait pas, c'est que je n'en avait rien à foutre de son métier, ni de Mick Jagger, ni de son âge, elle me plaisait c'était tout, mais je crois que ça elle ne le sut jamais vraiment.
En sortant nous nous sommes embrassés, nos bouches étaient huileuses et sentaient le Mc Do.
« BKZ, ton histoire est ridicule et pathétique. De la romance de TF1. Mais c'est ce que demande la masse ! La majorité bêlante et abrutie ! Je vais te dire, tout ce dont tu parles est régis par des molécules, de la biochimie, des trucs secrétés par tes glandes de connard ! Ou bien, encore plus vulgaire, t'es attiré par ses yeux qui brillent, tu t'aimes toi même. T'es impressionné par ce qu'elle est, ou parce qu'elle est plus âgée, ou qu'une femme qui a socialement réussi t'aimes, parce que toi tu n'es pas important ! Qu'est-ce t'en penses, Hue Hoe ! »
« J'en pense ferme ta gueule. »
Nous sommes arrivés chez elle, pendant qu'elle conduisait, j'avais caressé ses cuisses et même égaré un doigt dans son ventre brulant. Elle a garé sa voiture dans le parking sous-terrain, et puis nous nous sommes embrassés dans l’ascenseur. J'avais jamais vu d'appartement comme le siens ! Enfin si, dans les magazines ou dans les films, mais je ne pensais pas que de vraies personnes pouvait habiter dans ce genre d'endroit. Impressionné, je me suis recroquevillé dans le canapé pendant qu'elle allait prendre une bouteille dans la cuisine. Je bandais fort.
Elle me fit visiter, et je n'ai pu m'empêcher de hurler mon excitation arrivé dans la salle de bains géniale ! Elle m'a dit « Tu veux prendre un bain ? », et moi je lui ai répondu « Ouais putain ! Ouais ! ». Encore une fois j'ai compris trop tard où elle voulait en venir, lorsqu'elle se mit à gratter à la porte. J'lui ai gueulé « J'ai fermé j'suis pudique ! J'aime pas être avec quelqu'un dans une salle de bains tu comprends ? ». Je fus gêné, peur de lui paraître encore bizarre.
Bref je me suis dépêché, j'ai foutu de l'eau partout, une véritable inondation, ce qui me mit mal à l'aise lorsque je dus lui dire, « Excuse moi je suis un véritable hippopotame, dans les bains j'adore faire gicler l'eau partout ! » Elle m'attira contre elle sur le lit dans un « c'est pas grave...», et puis nous avons baisé.
J'ai pensé encore à Vérol ce soir là, au moment fatidique, pour me ralentir...
Ça a duré trois mois, après... Nous étions trop pathétiques chacun dans notre style. Mais je l'ai aimé, malgré le mal qu'elle me fit à la fin en pensant pouvoir soulager sa peine, et je suis sûr qu'elle m'aima, j'espère qu'elle se souviendra un peu de moi comme je me souviens d'elle, dans les bons moments comme cette première nuit, malgré le mal que je rendis au sien à la fin, toujours à la puissance dix, comme à mon habitude.
Je sais pas comment conclurai Vérol, ni quelles saloperies il trouverait à dire. Mais quoiqu'il dise ce ne serait que du bluff, de la posture. Parce que si je me trouvai face à lui, je lui demanderai de m'expliquer ses mots que je ne comprends pas, et au bout d'un moment, il me raconterai une histoire, en spécifiant bien qu'il ne s'agit pas de lui, il me raconterait une histoire parlant d'un homme et d'une femme qui se sont aimé, un truc qui résonnerai intime, aussi triste et pathétique que ce que j'écris.
Parce qu'au final nous en sommes tous là, écrivains ou pas, nous avons tous besoins des mêmes choses, et ce n'est pas d'art, ni de pensées ou d'idéologies.
Nous avons besoin d'un toit, et puis de quelqu'un a aimer.
Ça s'arrête ici.
BKz
Publié par hirsute à 19:35:44 dans BKz | Commentaires (0) | Permaliens
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