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Andy Vérol - Une dernière usine avant extinction

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Un trou dans ta gueule | 23 novembre 2010

C'est le pète vorace d'un pieu invisible qu'on te plante dans la tronche, les tricheurs se prennent ça, se font défoncer, défoncer, se font défoncer. Le pieu, le trou dégueu, la glace du dedans qui sort comme un souffle. On te défonce la gueule, on défonce la gueule des tricheurs, on tronche les trouillards... Ta viande fuie, fuit, ta viande coule, ta viande se vide sur le miroir cradingue qu'ils ont fixé sur le mur de ta taule. Les tricheurs finissent en cellule. Les tronches des taulards finissent avec un trou dans la gueule. Défoncés, détruits, démolis.

Photo : Kate Polin
Texte : Andy Vérol

Publié par hirsute à 16:10:47 dans Kate Polin & Andy Vérol | Commentaires (18) |

fol lol / Andy Vérol vomissent les agonies de Kate Polin à Paris le 4 juillet | 15 juin 2010

Affiche pleine de coquilles, incomplète, sans les infos sur l'événement dégueulizzz du début de l'été dans l'underground parisien de merde!

Publié par hirsute à 22:51:20 dans Kate Polin & Andy Vérol | Commentaires (1) |

Ton visage empli d'une tristesse noire | 13 juin 2010

©Kate Polin - #17

Des petits sourires le matin lorsqu'un courant d'air glisse sur ton corps nu... Ton visage, tes yeux sont l'entrée d'une grotte... Il y a dans ton regard, les résidus d'une jument folle, les muscles secs, longs, griffés par des ronces salopes... Tu chiales, tu rumines. La proximité de la mort t'offre une dernière occasion d'être désirée par les survivants.

Kate, tu agonises, tu souffres, tu es mangé par des crabes, mais les survivants vont passer, devant ton corps, ta face en larmes et t'offriront l'amour charnel dont tu as toujours rêvé...

Tu es allongée sur un matelas imprégné de nos urines. Nous n'étions pas sortis de là plusieurs jours après que la tempête ait tout dévasté. L'île sentait le pétrole, le bois pourri, le macadam trempé et les plastiques brûlés. Nous n'avions plus été humains depuis des jours. Nous n'avions pas mangé, nous étions vautrés dans nos excréments... Nous étions les survivants, les bêtes à quatre pattes gémissant dans ce réduit de tôles, de pneus et de sacs de sable.

Je n'ai pas rêvé Kate. Je n'ai pas encore éjaculé. Les survivants sont là, à faire la queue derrière la porte. Alors allonge-toi, qu'on en finisse. J'ai le reflux incontrôlable du sperme qui veut jaillir... j'ai l'envie de jouir des hommes, des bêtes viriles. Je me fous de ton plaisir, tu le sais, l'envie de jouir est plus forte que mon humanité. Cette fois comme des dizaines d'autres fois...

Ton corps est osseux et sent la maladie à des mètres à la ronde. Mon sexe n'en a cure... Il veut ton sexe à toi pour exploser... Tu écartes tes cuisses, comme tu l'as fait des dizaines d'autres fois... Quelque soit la taille de la queue, la forme du visage, les râles, "l'entre-dedans" de l'animal est toujours le même... Je le sais quand j'entre là-dedans. Dépêche-toi de faire semblant de prendre du plaisir, qu'on en finisse! Que les autres survivants ne s'impatientent pas! Lorsque j'éclaterai en toi, alors seulement j'aurai de vagues regrets, je m'apercevrai soudain de la réalité de tes sentiments en regardant ton visage empli d'une tristesse noire...

(J'entends que tu murmures "I love you" dans mon oreille. Nous glissons l'un contre l'autre dans nos sueurs... Je sens ça à l'instant de l'éjaculation... Ton visage se déforme puis se remet à l'endroit).

Série: Agonies de Kate Polin (Expo prévue à compter du 4 juillet à Paris, infos bientôt)

 

Photo: Kate Polin

Texte: Andy Vérol

Publié par hirsute à 18:51:34 dans Kate Polin & Andy Vérol | Commentaires (1) |

La voix du caporal-chef nazi moderne | 12 juin 2010

©Kate Polin - #16

Tu ne reçois pas le coup de fil attendu :

« Allo, petite méduse, je suis Mike, directeur-adjoint du pénitencier AFG56 de Florence, Colorado. »

Tes yeux pleurent encore. Tu te rappelles avoir une chatte en fonctionnement. Les animaux de compagnie...

« Oui ?

- Votre mari s'est pendu hier soir.

- ...

- Madame Polin?

- Oui.

- Votre mari s'est pendu hier soir.

- J'ai entendu.

- C'est tout ce que ça vous fait?

- Je n'ai pas de mari.

- Je suis bien en ligne avec Kate Polin, domiciliée au Quevilly, France?

- Oui.

- Alors c'est bien votre mari qui s'est pendu... Julien Polin...

- C'était mon petit frère...

- Ah oui! désolé, c'était noté sur ma fiche! Désolé, c'est votre frère qui s'est pendu, hier. Il en avait marre... Que Dieu le bénisse... Au revoir...»

 

Il a raccroché... Des collines rocailleuses surplombaient la fenêtre de sa cellule. Florence, ton visage Kate, Florence, ta gueule Kate, ta souffrance Kate, ton esprit à Florence, Colorado, la voix du caporal-chef nazi moderne... Kate, Florence Colorado t'a raccrochée à la gueule. Polin, Kate, le corps de Polin Julien, pendu dans la cellule, le cou brisé, tordu... La langue jaillissant d'entre les lèvres et le filet de bave.

Baver Kate, la souffrance est sur ta gueule Kate... Ton nez saigne. Tu presses la narine avec ton index... Le café est chaud, tu t'en sers une tasse. Tu en avales une gorgée avant d'aller t'affaler sur le canapé, pour suer, repenser à la voix. Tenter de te toucher puis finalement caresser le chat qui dort, handicapé de l'arrière-train, sur l'accoudoir... La télévision allumée et les images du pénitencier qui défilent... La cassette VHS est abîmée. Les matons amerloques sourient comme des freaks, font des torsions avec leurs hanches... singent la démocratie en se serrant la main...

Je ne terminerai pas ce texte, Kate, je suis à Florence, Colorado, et je vais me pendre, avec le drap plein de pisse... Kate, ma sœur, tu n'étais rien pour moi, tu n'as jamais rien fait pour moi, tu n'as jamais servi à rien... Kate, je me pends à Florence, Colorado, et je te vois, forcer tes larmes, avaler une gorgée de café, caresser un peu le chat, puis ta vulve... Kate, je t'écris ces mots pour te dire que tu n'as jamais rien été d'autre qu'une sœur merdique pour moi... Mon voisin de taule gueule sans cesse: "The Policeman is my real sister!"

Ton frère raccroche, Kate. Tu n'as pas reconnu sa voix... Tu te rappeleras à jamais son visage...

Série: Agonies de Kate Polin (Expo prévue à compter du 4 juillet à Paris, infos bientôt)

 

Photo: Kate Polin

Texte: Andy Vérol

Publié par hirsute à 22:36:29 dans Kate Polin & Andy Vérol | Commentaires (0) |

Pas un Dieu, un Allah n'a retenu ma main qui s'écrasait sur ton visage... | 22 mai 2010

 ©Kate Polin - #15

Je suis comme tout le monde... On me donne des qualités que je sais ne pas posséder. Malik aimait baisser son jean et son slip et s'asseoir dans les épines de pin:

« ça pique, ça chatouille, j'aime bien... C'est une fessée sexuelle... »

ça a longtemps trainé dans ma tête, puis ça a disparu, pour ne revenir que ponctuellement à l'adolescence, au moment où une fille passait presque entièrement dénudée sous mes yeux injectés d'hormones mâles de désir gourmand...

Je t'écris cette courte lettre, Kate, parce que je veux que tu comprennes les coups de l'autre soir... Dans ton lit d'hôpital, tu dois sûrement me haïr.

Il y a aussi qu'on jouait au foot, qu'on se tapait sur le cul et qu'on se défiait dans la cour... Et mon père-la-main-lourde... Je disais « I love you » à Malik le cul dans les épines...

« Je suis Jésus par les fesses »... Qui saignaient, que j'explorais de près. Sa peau lisse était un brin jaune, entre les picots de pin. J'apercevais un peu ses couilles entre ses cuisses, un peu sa pine aussi.

« Et tu regardes ma bite par derrière? T'aimes bien? Donne-moi des claques sur le cul pour voir... »

Je n'osais pas, j'hésitais au début... si bien que je ne faisais que l'effleurer.

« Vas-y tape ! Dieu nous r'garde !

- Toi c'est Allah!

- Ouais, et toi c'est Dieu! Vas-y claque, ils nous regardent! J'aime bien!»

Il faut que tu comprennes. Ce n'est pas de ma faute. Ce que je t'ai fait, est terrifiant, mais, Kate, ce n'est pas de ma faute. Dieu et son pote Allah m'ont laissé faire... J'avais besoin de ça. Je frappais un peu plus fort à chaque rendez-vous. On jouait au foot,  on se tapait sur le cul, on se battait dans la cour. On nous apprenait ça très tôt... Papa-la-main-lourde apprenait ça. Voisin costaud apprenait ça en traitant sa femme de pute, en traitant son fils de petit pédé. L'autre voisin apprenait ça à ses fils en leur disant de relaver son camion sans fin... On nous apprenait ça, à nous taper le cul, à nous bastonner dans la rue, dans la cour, pour une fille, un territoire ou une poignée de francs... Parfois même pour des bonbons ou des accessoires de Playmobils...

Kate, l'image de Malik à quatre pattes m'est revenue dans la gueule comme un boomerang, quand tu m'as dit que je n'étais qu'un sale harceleur d'alcoolique de merde. Tu te rappelles que tu as menacé de me quitter ? Tu te rappelles un peu ? Tu ne dois plus te souvenir de ça, sur ton lit d'hosto... Tu m'as dit ça alors que j'avais décidé, dans ma tête, de devenir meilleur pour toi... Malik et son cul, toi et ta gueule haineuse, tes menaces, papa-la-main-lourde et les bastons dans la cour, m'ont fait faire ça... Ce n'est pas moi, c'est tout ça, c'est la peur de te perdre, de te voir partir, de me retrouver seul... ça provoque la même colère que lorsqu'on me piquait des jouets, des fringues de Big Jim

Les dieux des monothéistes n'ont rien fait pour toi, n'ont rien fait pour moi... Ils consacrent tout leur temps à protéger les maîtres de ce monde... Pas un Dieu, un Allah, un Bouddha n'a retenu ma main qui s'écrasait sur ton visage...

Kate, je tombe, et je veux que tu comprennes les bleus, les hématomes, les cicatrices, les plaies, les bosses, les fractures, les veines éclatées, les lustrations, les écorchures... Je veux que tu les comprennes... Je t'expliquerai tout en t'écrivant des lettres... avant que tu meures sur ton lit d'hosto, je veux que tu comprennes comme je tiens à toi, comme j'ai peur de te perdre, comme les dieux nous ont abandonnés...

Série: L'agonie de Kate Polin

Photo: Kate Polin

Texte: Andy Vérol

Publié par hirsute à 11:06:47 dans Kate Polin & Andy Vérol | Commentaires (1) |

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