1 - Tu sévis sous le pseudo konsstrukt sur Internet... Explique-moi ce que ça signifie...
---> j'ai tartiné une vingtaine de pages imbitables là-dessus, mais, en gros, konsstrukt était le nom que je voulais donner à mon collectif, avant de me rendre compte que j'étais tout seul dedans. plus tard, d'ailleurs, c'est devenu un vrai collectif (qui entre dans sa vitesse de croisière en ce moment). konsstrukt, c'est un terme qui vient à la fois de la kabbale et du jeu de rôle (argh), et c'est une sorte de variante du golem, à ceci près que ce golem-là ne fonctionne pas, il est tout à fait mal branlé et il risque de tomber en morceaux tous les trois pas. je trouvais (et je trouve toujours) que c'est un nom approprié pour dénommer un collectif qui n'a aucune direction, qui n'est qu'un ramassis d'individus dont l'unique point commun est, et bien, de faire partie de ce collectif.
2 - Tu mets énormément de textes sur ArtSolid totalement marqués par la violence, le sexe (dans le sens "pure baise" du terme) et autres phobies post-ados. Tu as un style saccadé, sans consession. Tu associes des idées qui, généralement, provoquent de la répugnance dans la tête des lecteurs... LA question sera donc aussi conne que ce qui précède. Mais où tu vas comme ça? (Développe un peu!)
---> déjà, je ne crois pas que la violence et le sexe, ou leurs associations plus ou moins névrotiques, soient des phobies post-ado. je crois, au contraire, que la violence (réprimée) et le sexe (mal foutu), c'est ce qui sert de point commun à 90% des gens. j'écris pour eux, héhéhé. c'est ce que disait artaud : j'écris pour les muets et les morts. moi, j'écris pour les névrosés de tous poils, j'écris pour décrire une souffrance qui affecte beaucoup de gens : l'impossibilité d'assouvir ses pulsions les plus stupides, et le déni que la société en fait. dans mes fictions, mes personnages sont soit dévorés par ce déni et cette impossibilité de passer à l'acte, soit se laissent aller et vont jusqu'au bout de leur échec. je ne pense que mes idées soient répugnantes. elles le sont superficiellement. mais, au bout du compte, celui qui réfléchit dix secondes se rend compte qu'elles sont à la fois banales et familières, ces idées. ce sont celles des protagonistes du journal de vingt heures. et ce sont celles de tout le monde, à un niveau plus ou moins enfouis. donc, où je vais comme ça ? j'en sais rien. je me suis rendu compte récemment (aujourd'hui, en fait), que ce que je voulais faire, sur un plan technique, c'est un roman totalement immersif et pas du tout psychologique, et j'en suis encore un peu éloigné. je veux écrire un bouquin qui parte d'un type normal, que ce type dérive vers les pires atrocités, et que le passage soit à la fois inexpliqué et tout à fait normal et compréhensible. et je veux que le lecteur s'identifie à ce nauffrage. voilà ce que je veux. peut-être avec le prochain. il va s'appeler paranoïa, il y aura un type qui converse avec le caca des autres, et qui projette de faire exploser benoît 16.
3 - Tu écris depuis combien de temps, à quelle fréquence? As-tu toujours écrit dans ce style et sur ces thèmes?
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