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Andy Vérol - Une dernière usine avant extinction

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Blog à vocation satyrique - Tous les textes sur ce site appartiennent exclusivement à l'auteur aux termes des articles L 111-1 et L112-1 du code de la Prop. intellectuelle.


Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Un truc rose à faire des bulles | 18 mai 2012

Je sais pas... J'ai souvenir d'un parc très vert, plein de cette lumière parfaite d'un soleil jamais abîmé par... J'étais assis à cette table et je tenais mes joues dans mes mains... J'étais vêtu d'un pyjama et mes cheveux étaient laqués. En face de moi, un frère qui m'écoutait dire: "Je crois que je me suis trompé de voie"... J'avais un truc rose à faire des bulles à proximité de mon index droit. Et je faisais des bulles parfaites dans la lumière si claire de ce matin où j'ai choisi de ne plus obéir au vortex de mes envies. Je n'étais pas fou. J'étais simplement, bêtement, en pyjama, dans un parc, devant mon frère imaginaire.

 

Extrait de...

euh du roman en cours d'écriture. Comme d'hab' raymonde...

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 17:54:19 dans Mon Usine, la suite... | Commentaires (0) |

Le LSD du bonheur | 14 mai 2012

En fait, nous ne sortions jamais des douleurs. Ereintés du matin jusqu’au soir, nous trimions avec le souci de réussir à faire un boulot impeccable. Pour faire passer la pilule des crampes sempiternelles, je pensais à des choses relativement basiques, ces plaisirs passés que je dénigrais, et dénigrais et dénigrais… Un kebab gras baigné dans ses sauces, ses frites molles et huileuses… Une télévision allumée toute la journée, l’actualité en boucle, les rituels journalistiques et les mains jointes devant le LCD du bonheur. L’horreur, le coude posé sur le bord de la fenêtre, aux abords du péage, panneaux 110, 90, choix de la queue la plus courte, la CB… On tortillait, l’enchevêtrement vu des cieux révélait le caractère organique de la société industrielle, ce miel, ses jolies paumes portant délicatement des grappes de gens « biens ». L’alcoolisme, les crises d’angoisse. Ça manquait : « Avant j’avais peur de mourir… A force, j’avais peur parce que je savais que c’était bien d’être le chien de cette époque-là »… Le LSD du bonheur, l’écran plasma, l’écran tactile, l’écran de surveillance… Il fallait régler son rétroviseur comme on cale son vit dans l’interstice sexuel d’un/une autre. « J’aimais pas pendre le linge propre. Maintenant j’aimerais bien ». L’angoisse de finir à la rue, de n’avoir plus un centime pour pousser un caddie. J’ai même pas un euro pour décrocher c’truc. C’était si bon, remplir, puis payer, puis gaver le coffre d’une bagnole, les roubignoles de l’Homme du 20ème siècle. Quand il y eut l’immense coupure électrique, les crevasses s’étaient creusées plus encore, des flèches avaient percé l’orage et ouvert un ciel terrifiant.

« La grande coupure d’électricité provoquée par les vents solaires… C’était comme si on avait été bombardés… Plus de liaisons, zéro info. Nous pensions qu’il y avait des bombes atomiques qui étaient tombées tout autour de nous… ». Nous étions soudain enfermés en nous-mêmes, tels des insomniaques… pire, des zombies, errant dans les rues, sujets aux agressions diverses, spectateurs des pillages. Ça faisait le même effet qu’une éclipse. Un refroidissement soudain et un silence calfeutré généralisé. Les premiers instants, nous étions comme assommés, dépités, cherchant des réponses dans les yeux des autres. Mais les leurs brillaient de panique. Aussi. « Putain mais qu’est-ce qui se passe ? »… Les portables ne captaient plus de réseau. Plus aucune télé, radio n’émettaient. C’était magique, les minutes qui précédaient un orage… Nous restâmes près d’une journée à espérer que ça revienne. Nous étions comme des grands malades : le cerveau encagé dans un corps de souffrance. Nous avions peur, nous ne savions pas si le monde venait tout juste de s’arrêter, sans que personne nous ait prévenus. L’avant-goût d’une jolie dégringolade collective. Pour ma part, la trouille prenait le pas sur tout. Je ne m’étais jamais figuré si lâche avant que tout ça ne commence.

« Chérie, on ne s’en sortira pas.

-          Mais si…

-          Non ».

Quand tout s’est enfin rallumé, ce fut pour moi les premiers instants de l’extinction de cette vie-là. « Je sais que ça va faire mal, mais lorsque c’est comme ça, il faut provoquer la bascule plutôt que de l’attendre »… Les cartons étaient faits. Il ne restait plus qu’à « ouster » vers la dernière chance.

 

Extrait de Mon Usine, la suite… Roman en cours d’écriture.

(Version brute non corrigée)

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 15:38:31 dans Mon Usine, la suite... | Commentaires (0) |

Avec ces gays, elle devenait une norme | 12 mai 2012

 

Publié par hirsute à 21:38:29 dans Mon Usine, la suite... | Commentaires (0) |

Le crépuscule dégoulinait | 10 mai 2012

« J'suis sûr que la petite, elle est excitée que par les vieux. C'est plutôt bon pour nous ça"... "T'es sûr de ça ou tu t'persuades? »...

Les yeux ne regardent qu'à l'intérieur, la vieille tuyauterie bouffée par la rouille, les viscères aussi sexys qu'un mouton écorché. Mari-Lyne se rappelle à mon bon souvenir, haletante, courbée sur le sol... la robe déchirée. Les mecs trimaient. Je mélange tout là ! Liam lorgnait sur les biscuits des autres, sur leurs réserves de bouffe. « Y’en a qui peuvent s’offrir des trucs et d’autres non ». Je ne possédais que quelques vêtements. Le dénuement occidental le plus total : je n’avais plus qu’un passeport, deux slips, deux paires de chaussettes, deux tee-shirts, une paire de mocassins. Ah oui, j’ai oublié de dire. Il ne faut pas se priver de dire la vérité : j’avais été dépouillé à plusieurs reprises. Lorsqu’on ne vit pas dans mon Usine, on s’expose aux larcins, aux petits trafiquants d’illégalités diverses et variées. Leurs mains tremblantes et humides monnayant tout pour vivre mieux que la bouchée de pain des autres.

« Y’a Martin qui s’occupe du recyclage papier. Il arrive à choper des morceaux de photos, parfois des posters, et mieux encore, des magazines entiers. Il troque ça contre d’autres choses… Mais il faut que tu saches, si les boss d’Astérions apprennent ça, tu seras viré illico »…

Ça fait boom au-dessus de ma tête. Ils s’attaquent au bulldozer au toit de mon Usine. Contrefort, fil directeur. Je veux oublier. Liam s’avança et se figea juste devant moi : « T’as trouvé ça bien l’autre jour hein ?

-          Non pourquoi ?

-          Je sens que t’aimes ce genre de trucs ».

Sa pression libidineuse commençait à me porter sur les nerfs. Et puis le monde, avouons-le, n’est qu’un ciel noir et tout ce crépuscule dégoulinant dedans. Je n’invente rien. L’enfant n’inventait rien. Quand dans l’estuaire d’UTTRIHA, les Hommes Filons déferlèrent, il ne restait que très peu d’options pour les barbares repus d’ENGOLIE… Non. L’enfant n’inventait rien. Mon Usine n’invente pas, elle lessive le temps.

Liam s’octroyait le rôle de chef, ou sous, sous-chef, du moins se persuadait-il qu’il avait un ascendant sur moi. Mais il ne perdait rien pour attendre, ma rage en embuscade… Dès le deuxième jour, je souffrais intensément. Les courbatures, migraines et divers hématomes me tuaient de douleur. Ce crépuscule. Il était beau, dégoulinant de promesses… Malgré ça, je ne cessai de travailler et je pris peu à peu le pli de mes besognes.

Les nuits étaient courtes et les soirées affreusement alcoolisées. Il n’y eut pas de nouvel épisode de viol en bande organisée durant les soirées, mais la présence des obsédés était oppressante. Le crépuscule dégoulinait sur des centaines de talus de déchets… Sur la plage couverte d’encombrants, je m’asseyais parfois avec ce Polo, ce rude ouvrier que personne ne défiait.

« Regarde comme c’est beau ces soirs-là.

-          C’est vrai que c’est beau. Mais c’est triste aujourd’hui.

-          Oui c’est triste. Mais c’est bizarre, plus on vit sur l’île, et plus la pourriture déversée par les Hommes devient notre p’tit jardin d’Eden. Les déchets de tous ces salopards deviennent comme les jolies mains d’une fille désirée.

-          Joli».

 

Extrait de Mon Usine, la suite… Roman en cours d’écriture.

 

(Texte brut non corrigé).

 

Andy Vérol

Publié par hirsute à 12:04:23 dans Mon Usine, la suite... | Commentaires (0) |

La moitié de son visage | 07 mai 2012

"Moi je prépare ma mort... C'est pour ça que je profite de plus en plus de la vie"... Malik, la mâchoire fracturée, essayait de retenir la moitié de son visage déchiquetté avec la paume de sa main droite...

Extrait de Mon Usine, la suite... Roman en cours d'écriture.

Andy Vérol

Publié par hirsute à 22:17:55 dans Mon Usine, la suite... | Commentaires (0) |

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