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Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/
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Une fois n'est pas coutume et en attendant le retour d'un site sans barbelés qui aidera sans doute une littérature libre, je mets un texte d'un jeune auteur prometteur qui ne me les casse pas menu quand je le lis.
On Buvait... Un texte de Martin Tournadre
Pour ça, on buvait... À la santé du monde, à la ruine de l'Europe. On s'enfilait des litres de bière quand les nations qui nous avaient bercés s'effritaient, quand leurs veines commerciales pompaient jusqu'à l'implosion, pour que les nouveaux empires, avec la perversité de la foule organisée, vinssent se coller à nous comme des moustiques baveux sur une charogne encore chaude et saignante qui autorise un dernier réflexe pré-mortem. Sans rancune, hein, nos ancêtres en ont fait de même. Société antique société contemporaine, mise à part une poignée de subtilités, quelle différence?
Ouais, on buvait, parce que le mot d'ordre général était à la décadence. Une décadence assez plate quand on y réfléchit parce qu'on ne baisait pas – de laids chômeurs, quelle folle femme eût voulu de cela? » à penser qu'une demoiselle débarquât d'une autre époque, peut-être, mais là, de la frustration, de la concurrence, du désespoir et du suicide, voilà ce qu'il fallait pour laisser tourner les rouages de la consommation... Hein? Ils ne tournent plus les rouages? tant pis, on perpétue la souffrance, car un idéologue libéral – tout comme ses frères ennemis – ne décolore jamais son avis, et ce même lorsqu'il a tort... bien au contraire, c'est le moment idéal pour s'embourber dans la folie. Et jouir.
Niveau drogue on était également plutôt mal lotis, il faut l'admettre... le prix de l'héroïne connaissait une augmentation historique, le speed redevenait crade, on le coupait à nouveau à la manière old school laxatifs mort aux rats et toutes les saloperies qu'énumèrent infirmières flics et médecins qu'on ne croit pas, avant d'en sniffer soi-même, et d'écouter un tox en fin de carrière... on se contentait de cachets soutirés aux généralistes généreux, ainsi que d'une vinasse acide, pour cela, il faut reconnaître que les vignerons restent les dealers français qui ont le plus de rouge sur les mains. Et je ne parle pas de vin. Quoique... le sang n'est finalement pas le premier liquide corporel qui vient à l'esprit quand on pense à nos amis défunts, la pisse, la merde, le vomi, le teint jaune ou blafard, voilà les couleurs du monde moderne dont on se souvient. La peinture du progrès.
Et on se marrait. Et puis on se réconciliait avec Dieu. Que faire d'autre? entre Steve Jobs et le Christ il fallait en élire un, et défendre une femme qu'on lapide c'est, sans hésitation aucune, bien plus cool que de faire du porte à porte médiatique pour fourguer un téléphone. Si jouir m'était devenu indispensable, ça m'était inaccessible par le biais d'un cellulaire qu'on pianote, non, mes proches savent que mes transes sereines proviennent d'une montagne qu'un vent gris balaye, d'une feuille qui narre la sombre histoire des villes, d'un corps humain qui, décidément, ne se lassera de me fasciner. Comment peut-on scruter un écran quand on a sous les yeux la magie d'une modeste main qui, à elle seule, parvient à réunir à la perfection un emboîtement de mathématiques, de mécaniques, de structures chimiques et biologiques? J'y passerai(s) ma vie à vénérer la beauté essentielle de l'homme. Mais nous étions réduits dans la boisson, passant outre notre état de machine bâti par ceux-là mêmes qui, lentement, nous accompagnent dans un gouffre étrange, insondable, dans un cône invisible respirant tel un poumon gorgé d'angoisses. C'est la main qu'on ne voit pas, celle qui nous broie, elle passe d'un bout à l'autre de notre planète (oui, c'est encore la nôtre!), comme un ogre cyclopéen.
Notre monde s'effondre, voici la fin avec ses pop corn, les marchés tantôt s'affolent tantôt se lèchent les babines les États meurent, les cinglés prospèrent les paniqués les écoutent de toute leur attention, qu'adviendra-t-il? Nous n'en savons rien, contentons-nous d'observer cet ensemble du haut des falaises contemplant cette île débordée qui tremble et chute. Dans cette énergie dont l'absence de nom fut pour moi l'incontestable attrait... pour une fois, pour une fois, nul post-it à coller sur le front d'un fou, nul dossier à entasser pour avancer, nul tyran pour masquer l'horreur d'un coup de pinceau de la « réalité », fini le cynisme de ceux qui, dans la chaleur de celui-ci se pensent libres... pauvres bougres persuadés de se révolter en tuant le père Dieu au profit du Père commerçant... pauvres amis qui violent la mère humaniste pour inviter les tentacules de la déshumanisation... J'ai bien de la peine, j'ai bien de la peine parce que je vous aime.
Mais la roue dentée tourne... et puis, d'ici, j'oublie. Désormais sans bières ni biens, j'oublie tout cela, dans l'amour de l'essence humaine et de son aventure passée, j'oublie tout cela.
L'illumination dans la création brute, sans provenance ni direction, enfanter pour enfanter, vivre pour vivre,
il n'y a que cela,
le reste?
le reste est une couche de merde graisseuse livrée avec la laisse.
Publié par hirsute à 18:21:01 dans OPERATION AUTODAFE | Commentaires (0) | Permaliens
Opération Autodafé, deuxième phase. J'ai lancé un appel à textes libres, pas mièvres auprès des internenéteurs et ça donne ça... Diffusion de ces créations non-stop, les jours à venir... On prend le temps de se digérer les dents hein? Déjà plus de 40 auteurs, et ce n'est pas terminé mes p'tites volailles...
Extrait du prochain roman de Siébert:
Six jours avant Noël Serge Tramoni fut convoqué par le proviseur pour la quatrième fois. Il avait emmené Philippe Garcia de force aux toilettes, lui avait maintenu la tête sous l'eau, avait tiré la chasse à plusieurs reprises avant que l'élève ne pût se dégager et appeler au secours. Un pion alerté par les cris avait ceinturé Tramoni et ils s'étaient battus pendant que l'élève Garcia vomissait et s'enfuyait, tête dégoulinante, cheveux collés au front et ses lunettes brisées.
Tramoni en cinquième mesurait un mètre soixante-trois et pesait soixante-huit kilos. Cette année il se rasait. Il utilisait le Biedermeier que lui avait offert son père, un héritage familial, un coupe-chou grand comme un couteau à pain.
Il portait un pull gris et en-dessous une chemise bordeaux qui sentait la transpiration, un bas de jogging usé aux genoux et aux fesses, des baskets de supermarché. Il avait un cartable. Son père estimait que les sacs c'était pour les voyous. Il avait les cheveux courts, tondeuse, sabot à trois millimètres.
Il était debout dans le couloir et face à la porte vitrée. Il attendait que le proviseur lui dît d'entrer. Pour l'instant le proviseur parlait au téléphone. Le bruit de sa voix se mêlait au vacarme de la cour. C'était l'interclasse, huit cent élèves âgés de onze à seize ans quittaient leur salle et se dirigaient vers la suivante.
Tramoni regardait devant lui. Son visage était sans expression. Ses yeux ne cillaient pas. Ses yeux étaient noirs. Les pupilles étaient noires et étroites. Personne ne soutenait ce regard longtemps. Aucun élève, aucun professeur. C'était peut-être à cause de ça, de ce regard, qu'ils le haïssaient. Le seul qui lui faisait baisser la tête, c'était son père. Lui, ses yeux aurait pu faire fondre de l'acier.
Christophe Siébert
Publié par hirsute à 14:23:19 dans OPERATION AUTODAFE | Commentaires (0) | Permaliens
Opération Autodafé, deuxième phase. J'ai lancé un appel à textes libres, pas mièvres auprès des internenéteurs et ça donne ça... Diffusion de ces créations non-stop, les jours à venir... On prend le temps de se digérer les dents hein? Déjà plus de 40 auteurs, et ce n'est pas terminé mes p'tites volailles...
PARC D'ACTIVITES DE MES COUILLES
Comme je n'arrive plus à me satisfaire des endroits considérés comme évidents, je suis bien obligé de chercher ailleurs. Qu'est-ce qu'un endroit évident ? Je ne sais pas, il en existe tant. C'est une affaire de situation, de contexte. Par exemple, je peux de moins en moins déjeuner dans un restau classique, je veux dire, même un snack. Le décor, en fait, joue énormément. Ce n'est pas la peine d'essayer de m'entuber avec des nappes à carreaux rouges et blancs, des instruments aratoires accrochés aux murs. Je sais que les tenanciers se feront leurs marges sur les desserts et les boissons. Vouloir détourner mon attention de ce fait très simple, par le truchement d'un décor étudié, thématique ou non, est un échec. L'arnaque ne m'échappe pas. Le pire (selon moi), ce sont tous ces points de restauration arty, et en particulier les bars à tartines, le style pub Bouillon Kub-pince à linge-fer blanc-France des années cinquante. Ca me fait carrément chier de payer cinq euros pour une tartine qui ne va pas me caler, surtout que, dans cet état, je ne résisterai pas à l'envie d'en manger une deuxième. Il suffit que, par-dessus, je rajoute une bière et un café, et je peux rapidement arriver à quinze euros. Une arnaque, vous dis-je. J'adore voir leurs gueules, à tous ces commerçants, quand je commande une carafe d'eau. A part un jour où j'ai chié comme pas permis, en Bretagne, quelques heures après avoir bu de l'eau du robinet, cette façon de me désaltérer me convient.
Sinon, je vais au McDo. Je reprends à mon compte la phrase de Mike (« car j'adore mal manger pour cher »). Mais jaffer à l'intérieur de ce ketchup universe me contrarie de plus en plus. Ou alors je ne sais pas, c'est que je me fais vieux, mine de rien.
Ce jour-là, je ne restai pas. J'emmenai dans un sac ma commande à emporter. Je pris le transport en commun le plus proche et filai au terminus, loin en fin de banlieue, au pays des friches industrielles. Après, il doit y avoir des champs. Peut-être. Même quelques arbres. Mais autour de moi, personne, des architectures usées, des façades à moitié crevées, du béton tagué, de la tôle, au sol quelques traces d'engins de démolition durcies par l'abandon et les hivers successifs. Ca ne sert plus à rien. Il se trouvera bien un politicard pour vouloir transformer tout ça en parc d'activités.
Je me posai à l'entrée d'un hangar, au bord d'une plateforme de chargement. Je pris soin tout de même de vérifier que des junkies ne traînaient pas. Le soir venait. J'étais seul au bord du gouffre occidental avec deux cheeseburgers, mes frites, mon sundae et mon coca. Cela faisait vingt-quatre heures que je n'avais pas mangé. Dans le sac et les emballages, ça n'avait pas trop refroidi.
J'entendis un bruit derrière moi, environ une dizaine de mètres en arrière. Je me retournai. J'avais le couteau de chasse le long d'un mollet, sous le jeans. La fille s'était bien planquée, je l'avais complètement ratée mais, ayant constaté que j'étais seul, elle était sortie de sa cachette, un amas de tôles près d'un mur. Elle trimballait aussi du McDo à emporter. Sans rien dire, nous échangeâmes un sourire. Ca devait être, je ne sais pas, une étudiante, aussi timbrée que moi pour oser manger dans un lieu pareil. Peut-être était-elle quand même un peu mécontente de ne pas se retrouver totalement seule. Moi, ce n'était pas la première fois que je venais ici, j'avais effectué plusieurs repérages auparavant, l'endroit m'avait paru tout à fait digne d'intérêt pour son esthétique involontaire. Elle avait dû se tenir un raisonnement similaire sauf que, pas de chance mademoiselle, je l'avais devancée. Mais en fait, c'était un faux problème. Je mangeai ma tortore en la regardant à la dérobée. Elle fit de même. Nous parlâmes un peu, les politesses d'usage. Une petite jeune, un peu baba en apparence, pas très grande dans son pull de laine un peu tombant, sa parka ; cheveux bruns et longs, un peu frisottants. Yeux noirs. Un tout petit peu potelée comme j'aimais. Gros seins. Bouche bien dessinée.
La nuit s'installait pour de bon. Nous baisâmes dans le hangar. Au début, elle rota un peu en me suçant, ce qui faillit me faire gicler prématurément mais bon, à part ça, pas de danger de dérapage incontrôlé. C'était une ardente et il fallait en profiter. Nous savions que les missiles de croisière ne tarderaient plus à s'abattre sur l'agglomération. En quelques secondes, le ciel virerait au rouge incendie. Avec un peu de chance, les radiations ne nous atteindraient pas de suite, ce qui nous laisserait encore un peu de temps pour la baise. Il n'y avait pas trente-six options, de toute manière. Soit on crèverait quand même par l'effet de souffle qui serait plus puissant que ce que j'escomptais, l'entrepôt s'effondrerait sur nous pile au moment où je lui éjaculerais sur le visage. Ce serait une belle mort. Ou alors il ne se passerait rien de tout ça, et on n'aurait plus qu'à attendre que des mecs en combinaison blanche nous emmènent dans un camp de déportés, pour notre bien.
En fait, on les attend encore. Je peux même dire qu'aucune ogive nucléaire n'est venue raser le pays. Mon imagination est encore partie en roue libre. Valérie, en revanche, est bien réelle ; pelotonnée contre moi, sa chaleur me fait du bien. Je ne suis pas égoïste : peut-être que moi aussi, j'arrive à la contenter de cette manière. On regarde la friche, sans rien dire. Les derniers détails s'estompent. On rote encore un peu. Le coca fait digérer.
On va finir par se lever, épousseter un peu nos sapes. Après, on se trouvera bien encore un bus ou un tram pour retourner en ville. On se fera un film.
Paul Sunderland
Publié par hirsute à 12:03:56 dans OPERATION AUTODAFE | Commentaires (2) | Permaliens
Opération Autodafé, deuxième phase. J'ai lancé un appel à textes libres, pas mièvres auprès des internenéteurs et ça donne ça... Diffusion de ces créations non-stop, les jours à venir... On prend le temps de se digérer les dents hein? Déjà plus de 40 auteurs, et ce n'est pas terminé mes p'tites volailles...
Quelques choses à foutre...
Agenouillé là, dans ces chiottes, j'avais tendance à me sentir un peu con. Comme ça, dans le noir, avec la queue entre les mains comme si j'avais prévu de me l'arracher. J'aurais peut-être dû, tiens... Mais non, finalement : je préférais toujours en rester au truc classique. Glauque. Gluant ; enfin, tout ce qu'on voudra. Qu'est-ce que j'en ai à foutre, après tout, hein ? Ouais, bin voilà justement : rien à foutre. C'est du dépit, non ? Parce que si je suis là, bordel, c'est que j'y suis tout seul. Rien ni personne à foutre, et l'envie de foirer cette érection là aussi, comme les précédentes. Par dépit. Pourtant, tu y arrivais bien, toi...
A chaque fois que tu t'enfermais là-dedans ; combien d'heures t'as pu passer là ? Ou ailleurs, tiens : t'aimais bien le faire en cachette, comme si j'étais ton putain de père et que ça avait pu te faire peur que je le sache. Que je m'énerve, que je t'en colle une... Parfois je me dis que c'est c'que t'attendais, en fait. Mais j'ai jamais voulu jouer le jeu, moi, je suis un connard buté quand je m'y mets. Tu veux te faire mal ? Fais-le toi même ! J'ai la gueule d'un bourreau, peut-être ? Et tu y allais, tu remettais le couvert et puis l'ouvrage sur le métier. Tu vomissais tes tripes et ta colère, à en remplir des seaux. Et moi ? Je savais pas vraiment quoi foutre, en fait. A part me tripoter le paquet, furieusement, comme d'autres vont gratter les tickets au PMU. Sauf que je cherchais pas à gagner le pactole, moi : peau d'balle, hein ! Juste à cracher mes forces, évacuer les tensions comme un putain de chimpanzé nain. Et je m'astiquais comme un singe, là, dans ces chiottes ou tu vomissais tous les jours cette société de merde qu'avait pas l'air de vouloir de toi et sur laquelle t'aurais craché tout ce qui te restait de bile, si t'avais pu seulement mettre un pied devant l'autre. Après...
Mais non, tu sortais vidée, aussi déglinguée que je me sens inutile avec ma bite comme seul objet de rébellion. Elle serait belle ma révolution, tiens : des torrents de foutre dans les rues, et des enfoirés vidés de toute substance envoyant ça, comme disait Bertrand, aux étoiles. La révolution des branleurs... Branleurs, ouais, parce qu'on en foutait pas une, à part ça. On aurait pu les péter, ces vitrines de merde pleines de nanas-squelettes qui te crient 'MAIGRIS !' avec des sourires obscènes ; personne en veut, pourtant, de ces meufs-là, à part pour passer derrière. Se les faire et partir en courant. Les gros enfoirés de la pub, de la télé, du business quoi, ils aiment bien se rappeler qu'il y en a certaines qui claquent, juste pour devenir leur petite choses, et qu'elles aiment ça, en plus. Et ils se font des saloperies de chef-d'oeuvres de stupidité sur papier glacé, avant d'aller choper le styliste. Un mec, un vrai, métrosexuel comme on fait pas mieux ; tiens, toi la blondasse, tu peux aller te rhabiller. Ah, ça se voit pas sur l'affiche qu'elle s'est fait tèj après, avec un billet dans le soutif et une jolie seringue dans le bras. J'aurais bien dit dans l'cul, mais elles n'en ont plus... Nan, les grosses ça leur arrive pas, ça. C'est peut-être bien pour ça que je reste à me branler dans ces chiottes dégueulasses, à rêver que j'étouffe dans des monceaux de chair.
L'orgasme ? Laisse moi rire, c'est pas au milieu des odeurs de vieille pisse que j'en choperai un, tu peux me croire. Sinon, j'aurais pigé la méthode et je m'en serai mitonné un bien gratiné. Un dernier, pour partir en beauté. Alors que là, je tremble et je pleure à l'idée de crever sans jamais avoir eu l'occasion de baiser à nouveau. De le faire avec toi, parce que quoi que je fasse, c'est toujours à toi que je pense : celle qui voulait pas se résigner mais s'y prenait à l'envers, celle qui voulait bien de moi pour des raisons qu'il vaut mieux pas que je connaisse. Celle que je peux plus avoir. Tu t'en rends compte, toi ? Non, sûrement, et c'est peut-être pas plus mal. Qu'est-ce que t'y pouvais, de toute façon, hein ? Tu te dis que je suis rien qu'un satyre, mais un satyre masochiste à la con. Faut l'être, pour préfèrer se taper une bouteille ou sa main plutôt que d'accepter de se voir comme un salopard. Comme sont les autres, en fait, ceux qu'on déteste par ce qu'ils se vautrent dans les trucs auxquels on a décidé de renoncer, lâchement, parce qu'on y arrivait plus. Qu'importe que ce soit par flemme ou par sentimentalisme ? On y croit plus, c'est tout.
Alors on s'imagine des choses, de belles images inaccessibles, immaculées, et on se branle le mental avec jusqu'à être submergé de fatigue. Ensuite on sombre dans un sommeil sans rêves, un truc lourd qui fait mal au crâne et dont on ne peut plus sortir. La Petite Mort, ce doit être ça, en réalité. On clamse à petit feu, par petites étapes on se rapproche de la fin. On prend quelques bouchées du dessert, faute d'aimer le plat principal déjà pourri à l'avance. Jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien. Hé oui chérie, la branlette, en fait, ça ne fait qu'accentuer le vide...
Gatrasz.
Publié par hirsute à 11:47:03 dans OPERATION AUTODAFE | Commentaires (0) | Permaliens
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Pas citoyen du monde pour un sou. Sous l'homme, son enveloppe. Mon propre chef. Je me dresse et me fige. Ma citée intérieure. Unique multiplicité, forge des caractères. Je me décline à l'infini. Dans le son des coïts internes, la forge est en ébullition. Ardent. Tâcher. Mes déclinaisons, mon armée intime. Échafaudage de plans, de répliques. Entrainement, affinement. Dans le but d'un retour massacrant. L'intime dévastant la réalité et ses hordes de chiens. Je compte mes têtes. Espère une victoire écrasante.
Grand stratagème de la fin. Théâtralisation de l'hors du commun. Nous marchons, à l'intérieur, nous sommes des centaines, avides de sang. Cette armée est unique. Je ne suis pas vide comme ces chiens, ce corps ligués les uns aux autres contre le mélange hétérogène d'eux-mêmes. Nous marchons, nous apprenons à vivre écrasés, suffoquant. Prêts à tout, nous sommes puissants et exploserons ces enceintes de vide abyssal. Je suis ici, chez moi. Mon état, ma nation, et sa systémique :
Un jour, il faudra choisir, trancher. Clairement, s'inscrire dans un choix de société. Euthanasie, ne pas lutter. La médecine qui répare les bobos. Les conchiants dorlotés par la médecine réparatrice. Les trous qui s'approfondissent. Les territoires en friches, ravagés. Des clivages. Tant de cartes à établir pour enfin comprendre et voir li monde sans la bienveillance d'eau truie.
Joe Numodual
Publié par hirsute à 12:43:39 dans OPERATION AUTODAFE | Commentaires (2) | Permaliens
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