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Andy Vérol - Une dernière usine avant extinction

Le moindre de vos dons m'aidera à arrêter - Les écrits d'une petite frappe de la littérature

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Une biographie d'Andy Vérol: Manu Chao, le clandestino, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/ 


Une biographie d'Andy Vérol: Noir Désir, le vent les portera, juin 2009, Editions Pylône.Infos ici: http://pylone.wordpress.com/


Nouvelle d'Andy Vérol dans le livre collectif, Le Livre Noir de Ta Mère, Ed. de Ta Mère - 2009. Infos ici: http://detamere.blogspot.com/


Premier roman d'Andy Verol, Les Derniers Cowboys français. Collection Pylône - 2008. Infos ici: http://pylone.wordpress.com/

Une biographie d'Andy Vérol: Un noir désir, Bertrand Cantat, 2008, aux éditions Scali. Périmé.


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Un extrait de "PALIERS", de Régis Nivelle. | 30 juin 2008

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Sortir de Babel, des implorations, des appels & des menaces. Plus de confusion, tu es bien le gringalet qui déchargeait des wagons, en pleine chaleur, quai St Bernard, ces milliers de foutus sacs d'engrais de 50 kilos; qui manqua se tuer en Simca 1000 juste avant Tours, dans cette maudite côte qu'un poids lourd dévalait en aveugle ; prit l'allure d'un personnage, un soir d'été, en ramassant sur un trottoir de Pigalle un P38 qui ne quitta plus  la poche de son veston; qui dit que ses instants alors se firent soudain attente; se mit à dessiner & à peindre sur les murs de sa piaule les traits voulant figurer la question du commencement, non pas une histoire, mais tentant d'écrire le commencement; marchant vers l'amorce; refluant, détournant son esprit de l'empoignement général.

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 Ça venait de la baraque de planches & de tôles d'où s'échappait la fumée maigre d'un poêle. Les faibles échos d'une musique techno-rock se dissipaient dans l'air vitrifié. Le dégel transformait insidieusement les champs alentours en bourbier. Vouloir se dégager de la  force était illusoire. Deux hommes sortirent pour briser quelques palettes de bois & ranimer le feu extérieur qui couvait dans un ancien baril de gasoil.

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Les couleurs du jour étaient basses, le ciel haut gelé ne témoignait d'aucun système de valeurs. Déréaliser l'objet piquet c'était entrer cependant de plain-pied en matière du réel.

  Sous la cage thoracique, une tension gastrique narrait ce qui se produisait à la lisère du bosquet de petits pins maritimes mais qu'on ne vit pas.

L'imagination domestique ne permit pas non plus de prendre conscience de ce qui se passa à la lisière du bosquet. Des fils fiévreux agaçaient le visage de la victime. Toute sa face la démangeait. Mais rien ne permit de la montrer en train de se frotter le visage avec ses mains gelées. Elle devint folle. Des hommes au mauvais rire dansaient gauchement autour de la femme, d'un corps devenu noir, une ombre au visage have déjà tourné vers le vide.

Au loin on pouvait entendre la toupie d'une bétonnière en action. Ça faisait comme les grognements d'un troupeau de porcs satisfaits par la boue.

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Dans un muladar -aire réservée au nourrissage des vautours où les paysans abandonnent leurs animaux d'élevage morts accidentellement ou d'une maladie-, parmi les charognes, une brebis récemment jetée en pâture gisait telle, qu'on eut dit de loin une forme humaine la face plongée dans les jus noirs du charnier. Nous ne fîmes pas halte. Devions avancer sans plus de mots que nécessaire. La feuille d'or qui se déposait sur quelques-unes de nos paroles nous suffisait amplement pour marcher dans un silence de sherpa durant des heures entières. Chaque parole est une prophétie. Chaque parole est une prophétie.

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  C'est qu'avant le carnaval, les mondanités du moment se font ici, chez les Basques, avec l'ours cornu. Si Kismi c'est le signe, avec Maju & Maru, les génies souterrains, on ne peut pas toujours avoir le bon Patu.

J'ai les doigts noirs à gratter mes chines. L'ennemi est tout près ; celui qui veut dominer & pactiser.

Mais pas de chance pour lui, j'ai la rage du théâtre coté terrasse des symétries. Suis sorti du blabla & des faux-semblants pour librement respirer jusqu'à la fin les odeurs du massacre, le remugle du lit de sang & de merde qu'un rêve de puissance aura déposé sur le rêve des attentes qui n'attendaient rien du songe, que sa sève explosive & létale.

  Sortir de Babel ! Être un oiseau de tous les âges. Nu, en état de combat, tantôt je crève l'impatience du moment à venir en courant à sa rencontre, tantôt je reste aux aguets, asphyxié attendant l'hypothétique vague d'assaut en tapant au cul des casseroles, la radio cervicale hurlante.

Je déballonne la toute grande perversité philosophique & la drolatique guerrière des vieux chefs. Crève de crever par la lame tous ceux qui voudraient m'obliger à gober leurs petites morales ataviques.

C'est ma vie.

En attendant l'ennemi rampe, c'est tout ce qu'il peut faire de mieux. Moi, je suis là,  au bord du  boyau, au bord de ma tranchée obstinément creusée; qu'ils y viennent.

 

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Le respir voit soudain qu'il n'y à plus rien sur les cotés – & puis plus loin encore – Il n'y a rien – Tout est vide – Plein – Les champs descendent jusqu'à la mer & rien d'autre – Il n'y a rien d'autre – L'air est chargé de flux – Le monde embaume – La veille est pour le peuple des animaux, sous la  respiration de l'oeil

 

Régis NIVELLE - Extrait de PALIERS

Publié par hirsute à 19:08:49 dans Régis Nivelle | Commentaires (0) |

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Vidéo de Gorzar sur un texte "vérolé"

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